Par Toka Diagana, Chef de Département Mathématiques du “University of Alabama” aux États-Unis d’Amérique

RÉSULTATS CATASTROPHIQUES DU BAC 2021 :
Baccalauréat – Solution pour redresser ou corriger le taux de réussite au Bac
Le baccalauréat Mauritanien, dans sa conception actuelle, est inefficace, injuste, élitiste, etc. Ce qu’il faut dire aussi ; c’est que le Baccalauréat en Mauritanie a toujours été catastrophique.
Une solution pour redresser ou corriger le taux de réussite au Bac ; à mon humble avis ; consiste à prendre en compte le contrôle Continu dans la moyenne générale. L’’idée consiste à associer un certain coefficient au contrôle continu (je propose : ½) et un autre à l’épreuve du Baccalauréat elle-même (je propose : ½) et puis faire la moyenne générale.
Il est tout simplement injuste de constater qu’un élève qui travaille très dur au cours de toute une année scolaire puisse, dans certains cas, se retrouver éliminé du baccalauréat pour des raisons qui, souvent n’ont rien à voir avec ses compétences.
Il faut absolument avoir le courage de reformer ce système qui ne marche pas. Le statu quo en la matière est tout simplement suicidaire : la jeunesse de tout un pays que l’on sacrifie par entêtement à utiliser un système qui ne marche pas !



Le Bac Mauritanien en 2021: une leçon à ne pas oublier et un message clair

Abdul Aziz Malik Diop, PhD

Je suis un produit du système d’éducation de la Mauritanie depuis le primaire. En tant que normalien j’ai enseigné deux ans au secondaire en Mauritanie. Titulaire d’un doctorat (PhD) de linguistique j’ai enseigné l’anglais et la linguistique aux USA pendant dix-huit ans au cours desquels j’ai aussi servi comme vice doyen et chef de département pendant onze ans. Je pense donc être bien placé pour partager mon avis (qui ne reflète aucunement celui des institutions pour lesquelles j’ai travaillées ou pour lesquelles je travaille présentement) sur des questions portant sur l’éducation.

Il n’est pas rare en Mauritanie d’entendre le citoyen lambda critiquer le système d’éducation, avec anecdotes à l’appui. Que ces critiques, quel qu’en soit leur fréquence et leur volume, ne portent pas de (ou prennent une éternité pour porter leurs) fruits est chose étonnante, car des anecdotes d’une telle envergure souvent cachent des données scientifiques non négligeables. Une anecdote récurrente est celle du bachelier littéraire incapable de s’exprimer correctement aussi bien dans son parler qu’à l’écrit et qui, paradoxalement, se retrouve en train d’enseigner quelque part dans un établissement en Mauritanie. En voilà un scénario qui est destiné à assurer une chose: le recyclage de la médiocrité. Et cette médiocrité remonte chaque année les maillons de l’éducation nationale jusqu’en terminale. Il explique en partie les résultats du baccalauréat 2021 en Mauritanie.

Cependant il y a plusieurs autres facteurs aussi ou plus importants qu’il faut tenir en considération pour diagnostiquer le problème de l’éducation en Mauritanie et en proposer des pistes de solutions. Dans les paragraphes à venir, nous tenterons de mettre en exergue les grandes lignes de cette problématique.

Tout système d’éducation doit reposer sur au moins trois piliers: un curriculum bien conçu et adapté aux réalités du pays, une infrastructure adéquate et taillée sur mesure et une philosophie d’éducation bien conçue, bien articulée et rigoureusement mise en application. Tout cela devra être appuyé par un budget digne de ce nom alloué au ministère respectif avec un technocrate à sa tête qui n’a pour seul but que de matérialiser les objectifs fixés.

De 1960 à nos jours (2021) il y a eu plusieurs réformes de l’éducation en Mauritanie. Mauritaniennes et mauritaniens se perdent dans les méandres de ces réformes. Le curriculum change tout le temps. Ces perpétuelles réformes du système d’éducation en Mauritanie ne permettent pas de mettre sur pied une base de données empiriques fiables permettant de prendre des décisions scientifiquement justifiables pour améliorer la qualité du savoir de manière pérenne.

Ces perpétuels changements de curriculum sont d’autant plus difficiles à cerner pour les encadreurs qu’ils constituent un cauchemar pour les apprenants certains desquels dès le départ débutent leur scolarité avec beaucoup de  désavantage. Nous développons.

La dernière réforme introduite indique clairement que l’arabe, le français et l’anglais sont les langues de formation. Quand aux langues nationales Pulaar, Soninke et Wolof elles continuent d’avoir un statut plutôt ambigüe et ne sont certainement pas considérées comme langues de formation. Ceci constitue un problème et c’est le suivant.

Il est très difficile d’enseigner quelqu’un dont on ne connaît ni la méthode d’apprentissage préférée ni le capital cognitif. Le résultat est un enseignement purement et exclusivement transmissif au lieu d’être participatif ou associatif.

À titre d’exemple, tout enfant Pulaar, Soninke ou Wolof sait partager de l’argent avec ses ami(e)s à l’occasion du Eid. C’est un problème qu’il (elle) va résoudre de manière très banale dans sa langue maternelle. Ce même enfant est souvent incapable de résoudre le même problème en classe. Pourquoi? Parce que tout simplement la même opération lui sera posée dans une langue qu’il (elle) ne maîtrise pas et dans un format qui est pédagogiquement mal conçu: un format abstrait qui n’a aucun encrage dans le concret. Ces nuances échappent à beaucoup d’éducateurs et ce n’est point de leur faute. Ils bénéficient rarement de stages ou d’ateliers de mise à niveau visant ces subtilités de l’art. Pour mieux enseigner il faut savoir comment apprendre.

L’une des pistes de solutions envisageables pour ce problème réside dans la conception d’un enseignement de base solide délivré dans la langue maternelle de l’apprenant. Beaucoup d’études sérieuses et des recherches pointues en la matière on été menées au fil des décennies à travers les universités du monde. Elles portent dans leur majorité des voix concordantes sur la question du rôle central que joue l’usage de la langue maternelle de l’apprenant. À cela il faut ajouter la nécessité de faire subir des formations continues au personnel enseignants et des contrôles de performance (c’est faisable et ça n’a pas besoin d’être très couteux). Dans un système qui marche bien tout le monde doit avoir le niveau requis et tout un chacun doit rendre compte.

L’infrastructure doit non seulement inclure les bâtiments et matériels scolaires mais aussi l’infrastructure destinée à la santé et à l’alimentation des enfants issus de familles indigentes, et la quête constante de leur bien-être général. Un enfant qui a faim ou qui est malade n’apprend rien de bon en classe. Abandonnes-le tu auras à construire deux mètres carrés et à recruter un policier et un pénitencier au futur pour s’en occuper.

L’infrastructure inclut aussi tout le dispositif nécessaire pour le recrutement d’enseignants compétents, la mise à niveau des enseignants « récupérables », et la tenue d’ateliers pédagogiques réguliers par des experts aux connaissances pédagogiques pointues et bien adaptées aux réalités mauritaniennes.

Ces dernières décennies la Mauritanie a alloué à l’éducation un budget allant de 2.29% à 3.6% puis encore à 2.6%, selon les données des Nations Unis et celles de l’UNESCO. Des efforts ont été fournis, mais elle doit en fournir davantage et peut-être faire de l’éducation nationale sa plus grande priorité, démontrant ainsi son support infaillible, et encourageant en même temps un retour à cette culture du savoir qui a longtemps fait la fierté de la société mauritanienne.

Je ne suis pas sûr que dans le contexte actuel créer des départements de langues nationales à l’université sert à beaucoup de choses. Ces langues nationales sont beaucoup plus utiles au stade où l’enfant a le plus besoin de béquilles linguistiques pour découvrir les chemins tortueux qu’offre son architecture cognitif.

Il y a un proverbe Pulaar qui dit: « Ganndal tiiɗaani; suuɗi tan ». Traduit avec une certaine largesse sémantique, ce proverbe dit tout simplement que le savoir n’est pas difficile à assimiler, mais qu’il est plutôt tout simplement caché.

Durant ces trois dernières décennies ce proverbe m’a servi de référence, de philosophie d’éducation et de boussole aussi bien en temps qu’étudiant qu’en temps qu’éducateur et chef de département. Vu de près il est très complexe car il laisse présager que ce savoir est enfoui dans plusieurs cachettes. En Mauritanie, il faut chercher cette cachette dans notre philosophie d’éducation, dans nos idéologies et nos pédagogies, dans nos resources pédagogiques et infrastructures. Bref, dans notre soif du savoir.
Si les orientations du Plan National pour le Développement du Secteur Éducatif (PNDSE) incluent l’universalisation de l’accès à un enseignement de base de qualité, comme il en a été fait cas dans pas mal de communications, cet accès doit être fait, surtout dans son stade initial, dans la langue maternelle de l’apprenant (e). Toute autre approche l’aliènera et lui imposera une pente cognitive très difficile voire impossible à remonter. Le normalien et professeur de langues et linguistique que je suis en reste convaincu.

Certes les résultats du bac 2021 en Mauritanie sont peut-être ´catastrophiques’ comme le caractériseront certains. Ceci est probablement dû en partie à une surveillance stricte et un niveau de compétence très faible de la plupart des candidats. À y voir de plus près, cependant, on peut espérer que l’année prochaine ils auraient au moins eu un effet ´washback’ (pour emprunter le jargon technique anglo-saxon). Cet effet pourrait positivement influencer, l’an prochain, aussi bien le curriculum que les méthodes d’enseignement et, j’ose espérer, l’attitude de certains parents d’élèves qui, jusque tout récemment, n’hésitaient pas à aider leurs enfants à tricher durant les concours. Ces résultats pourraient aussi avoir comme effet de mettre fin à toute forme de promotion sociale de l’apprenant(e) d’une classe à la classe supérieure sans en avoir le niveau. En ce sens ils pourraient ainsi marquer un retour à une époque qui semblait être révolue en Mauritanie: celle de la passion pour le savoir. Vus sous cet angle, ces résultats auront peut-être servi de leçon et auront envoyé un message très clair à la nation.

La sécurité nationale de tout pays repose en partie sur l’éducation de ses enfants.
La Mauritanie n’est pas une exception. Toute tentative d’améliorer cette éducation doit être avant tout dénudée de préjugés, d’idées reçues ou préconçues, l’idée maîtresse étant la création d’un lendemain meilleur pour tous. Bien de pays jadis moins dotés que la Mauritanie ont pu sortir de l’abysse qui les étouffait pour devenir des exemples dans tous les domaines, surtout dans celui de l’éducation. Singapour en est un exemple. La Mauritanie peut et doit faire même mieux. Il lui suffit tout simplement de mettre tous ses atouts en œuvre. Allahul Musta’an.

Abdul Aziz Malik Diop
La Mecque
Arabie Saoudite
22/8/2021

Sources

https://mp.mr/202



Rosso pousse un Ouf

Enfin Rosso débarrassé d’un virus pire que le covid-19. Le DREN du Trarza vient d’être muté au hodh. Il a échappé au tsunami qui a balayé bon nombre de ses collègues. Certes ce n’est pas par ses performances car sur ce point il n’en a point. Mais plutôt par les chemins tortueux qu’il sait si bien emprunter. Son passage au Trarza est une catastrophe et il laisse derrière lui un système a terre. Des nominations qui n’ont comme critère que l’appartenance ethnique ou la coloration politique. Des recrutements abusifs et la liste n’est pas exhaustive. Espérons que son Successeur sera loin du monde politique et ne va pas faire allégeance aux caïds de la politique locale



La nationalité sans Nation

défaut d’avoir bâti une Nation, l’Etat mauritanien veut en bâtir une en choisissant ses nationaux.

 

Outre que le recensement a exclu des franges entières de mauritaniens du droit à la nationalité, le débat est largement faussé par un faux postulat de départ : « la nationalité mauritanienne existe et elle est nécessaire ».

 

En effet, la nationalité mauritanienne non seulement n’existe pas, l’imprimé administratif octroyé qui porte le nom de certificat n’a ni la valeur ni l’effet de la nationalité. Et l’on pourrait même pousser le raisonnement plus, en prouvant que cette nationalité peut même nuire à celui qui la porte.

 

Au vu des restrictions draconiennes que les autorités à travers les modifications du régime de la nationalité seraient introduites (inéligibilité aux mandats publics, exclusion de la fonction publique etc…), la question se pose avec acuité : Pourquoi vouloir être Mauritanien ?

 

Etre américain, canadien, européen c’est certainement bénéfique mais être Mauritanien ça sert à quoi ?

 

Pouvons-nous dire en quoi la « nationalité » mauritanienne est bénéfique pour celui qui la porte ? Il est certain que si on laisse de côté le reflexe patriotique mal placé pour la Mauritanie d’aujourd’hui, la réponse est simple. Ce qui attache les populations à ce territoire, qu’on a appelle « maladroitement » Mauritanie, c’est simplement des liens affectifs (naissance, parents, famille alliés), et une mémoire individuelle (souvenirs d’une vie), c’est tout.

 

Mais quels autres liens peut-on évoquer pour dire qu’il y a une nation ? Y’a-t-il une mémoire historique d’un combat collectif qui a cimenté les franges de la société ?

 

Y’a-t-il une fraternité semée et entretenue dans la société mauritanienne dans sa diversité par l’Etat ? Une solidarité institutionnelle que l’Etat à travers une vision politique a instituée ? Un développement social et humain qui a promu l’être mauritanien à un niveau d’intégration social et économique le liant à son pays ?

 

Rien.

 

Pourquoi ?

 

La cruauté et la rudesse de la réponse n’ont d’équivalent que ce que vit actuellement la Mauritanie. Une société divisée, tribalisé, ethnicisée jusque dans ses quartiers populaires. Un Etat-vautour violent et corrompu, une jeunesse sans lendemain, délinquante et criminalisée une économie exsangue, une société dans l’insécurité et la peur une diaspora immense …

 

Après les calamiteux recensements de la décennie, voilà que par les manipulations du régime de la nationalité, à défaut d’une nation, l’Etat veut choisir ses nationaux.

 

Et pourquoi tout cela arrive-t-il ?

 

Parce que fondamentalement la « Mauritanie » ça n’existe pas -(I). Dès lors à quoi sert-il d’être Mauritanien ? (II) Et comment doit-on faire pour que ce pays à défaut d’être une Nation, puisse le devenir (III).

 

I- La Mauritanie, ça n’existe pas

 

Le nom de Mauritanie est une déformation de la « Maurétanie » romaine qui, géographiquement, n’a jamais couvert le territoire de la « Mauritanie » actuelle. Invention de Xavier Coppolani, dernier gouverneur français du grand « Sahara Occidental », qui remplaça avantageusement le « trab el bidhane » ou encore bilad chinguitt » pour dépecer ce qui constituait dans l’empire colonial français le grand « Sahara Occidental ».

 

Portant déjà portant mal son nom, la Mauritanie, est alors tracée géographiquement à l’équerre. L’équerre de Coppolani ne trouva pour seule limite que les méandres des rives du fleuve Sénégal. Toute la carte est une « triangulation » coloniale. Les faits sont là. Personne ne peut observer la carte de la Mauritanie, sans se rendre compte de l’énormité de la chose. Et l’on a appelé cela « Mauritanie ». On aura pu l’appeler “l’Angle-désert”, comme on appela plus au Nord un autre pays, l’Angleterre.

 

Un Angle-désert qui fut partie de l’empire du Ghana, puis partie de l’empire Almoravide, puis arrière-cour de l’empire Almohade, puis, désert tribal en petits émirats éclatés, puis conquête française, puis Xavier Coppolani, l’appela « Mauritanie », alors que tous les historiens savent que la « Mauretanie » romaine s’étendait de la Tunisie à l’Algérie jusqu’aux frontières Est du Maroc, mais jamais le territoire de la Mauritanie actuelle. Puis vint Moctar ould Daddah, avec ses « que dis-je ? », puis l’ombre kaki couvrit la Mauritanie avec Ould Mohamed Saleck, qui en fut le premier produit, et Ghazouani, le dernier succédané, en passant par le défilé de putschistes qui en fit la République « bananière », qui importe aujourd’hui jusque ses fruits amères.

 

Les grands Cheikhs, Sidiya Baba, Saad Bouh, Ma al Aynin qui se battirent sur un territoire indéfini, qui aujourd’hui a pris une forme angulaire et qui renie ses populations, doivent être en train de se retourner dans leurs tombes. Xavier Coppolani, lui-même, se prendrait à en rire.

 

Comment peut-on gouverner un territoire tracé à l’équerre sans être obtus ? Dans cette situation peut-on dire d’un territoire si vaste, morcelé et découpé d’empires, de royaumes et de colonies, qu’il constitue un pays ?

 

Un pays certes, mais pas une nation. Et c’est en cela que la Mauritanie n’existe pas. Elle répond à la définition de l’Etat telle qu’elle ressort du droit international et n’en est, cependant, pas une Nation.

 

Elle occupe géographiquement un territoire, elle a un gouvernement, elle a une population et dispose de sa « souveraineté ». Mais cela n’en fait pas une nation. Et c’est cela tout le problème qui est à l’origine de toutes les impasses que le pays vit actuellement.

 

Le premier Président de la Mauritanie, Moctar Ould Daddah, avait bien compris cette absence d’une histoire commune aux mauritaniens au sens de peuple historique (car il n’y a pas dans l’histoire de mauritaniens, comme on parlerait de grecs, de carthaginois, de romains etc.), il n’y a que des tribus en transhumance sur des territoires qui s’étendaient du grand soudan aux rives de l’Atlantique.

 

Pour pallier cette absence de liens historiques, mais que l’avènement de l’Etat rendait désormais indispensables, il fallait trouver des concepts unificateurs tel celui de « Mauritanie trait-d ’union ».

 

Les bâtisseurs de l’indépendance voulant une Nation nouvelle, que devait être la Mauritanie, trouvèrent très vite des freins à leur élan (la bataille raciale de 1966, la guerre du Sahara de 1975, le putsch militaire de 1978) qui réduisirent ce qui restait de l’élan patriotique naissant de l’indépendance et qui était favorable au « vivre ensemble » et à la cohésion de toutes les composantes de la société. La suite on la connait. Les militaires se soucièrent très peu de la nation. Au contraire, ils renforcèrent le tribalisme, par putschistes interposés, pillèrent tour à tour le pays par cousinage institué, imposèrent une arabisation effrénée, mal pensée et instrumentalisée sous le régime de Ould Haidalla qui détruisit ce qui restait de de liens communautaires.

 

Ainsi, tracée à l’équerre et découpée d’autres territoires, sans histoire unificatrice, sans dirigeants modèles, sans vision pour l’avenir, la Mauritanie n’existe pas. C’est un pays mais ce n’est pas une Nation.

 

La Nation ne se décrète pas.

 

La Nation ne se décrète pas, elle est avant tout la conscience de l’individu de son appartenance à une communauté humaine dont les membres sont liés par une identité commune (l’histoire, la culture, la langue, la religion.). La nationalité octroyée ne donne pas cette conviction de l’appartenance nationale. La Nationalité résulte de la Nation, elle ne la crée pas.

 

Il n’y a pas de nationalité là où il n’y a pas de nation. Et l’on ne peut réclamer une nationalité qu’à une Nation. Les errements des recensements l’ont bien prouvé.

 

Ce n’est pas une nation qui à travers la Nationalité essaye de rassembler ses enfants, c’est un régime au service d’un Etat qui ignorant la Nation veut en créer une en choisissant ses nationaux.

 

Alors pourquoi vouloir coute-que-coute obtenir une nationalité octroyée au mépris de sa propre dignité ? En vaut-elle réellement la peine ?

 

II- Que vaut la nationalité mauritanienne ?

 

La nationalité mauritanienne, a-t-elle une valeur pour mériter tant d’égards ?

 

Analysons-la sur le plan des valeurs. Sur la bourse des valeurs mobilières (actions et obligations) sur la bourse des valeurs sociales (intégrité et morale) et sur celle des institutions républicaines (Etat et administration)

 

a) Sur la bourse des valeurs mobilières : une entreprise en faillite

 

Si les nationalités du monde étaient cotées en bourse des valeurs mobilières, la nationalité mauritanienne ne trouverait pas preneur. Car, en bourse, la valeur d’un titre se mesure aux performances, aux perspectives d’investissement et de croissance de l’entreprise émettrice. La nationalité mauritanienne est un titre émis par un Etat en faillite, surendetté, hypothéquant l’avenir des générations à venir pour des siècles (pour approfondir la question voir nos articles précédents sur la question : L’Etat Mauritanien est-il en déliquescence ? et La Mauritanie existera-t-elle encore dans 50 ans ? )

 

En détenant la nationalité mauritanienne, le national devrait en principe bénéficier des avantages qui vont avec. Mais pourrait-il y prétendre dans un pays classé parmi ceux à niveau de vie le plus bas de la planète, sinon à autre chose qu’à végéter au seuil de subsistance. Un système sanitaire où ne fleurissent que les structures mouroirs, où les médicaments sont plus mortels que le poison, où le système éducatif est en dégénérescence avancée, où tout se paye et se monnaye, ou l’emploi est aussi rare que l’eau du robinet et l’électricité, où la justice est inexistante où la sécurité est menacée jusqu’aux frontières. Un pays où 5% d’individus accaparent 90% des ressources nationales et monopolisent toute la sphère économique, du commerce aux banques, où le citoyen ne reçoit que les miettes….

 

La détention de la nationalité mauritanienne, est dans ce cas de figure un mauvais investissement dans un monde ouvert où elle peut condamner son détenteur à subir indéfiniment le poids d’une misère imposée qu’il combat par sa dignité. Et c’est là où la cruauté de la chose s’amplifie d’une nationalité qu’on lui refuse, qu’on lui accorde comme une aumône et qui est une atteinte non seulement à ses droits mais à sa propre dignité.

 

b) Sur La bourse des valeurs sociales : une société en faillite

 

Sur la bourse des valeurs sociales, la nationalité mauritanienne n’est pas une valeur sure. Il suffit de constater ce qui est arrivé au pays ces trente dernières années. Toutes les valeurs sociales et morales ont périclité. Le vol, le mensonge, la corruption, la violence se sont érigés en valeurs.

 

Il y a quinze ans, déjà, nous écrivions :

 

« L’Etat par la violence qu’il montre et par les tensions qu’il engendre est bien le premier responsable de cette traumatisante situation, il n’en reste pas moins que les facteurs immunisant du peuple se sont depuis longtemps émoussés. En effet, ce qui protégeait mieux, que tout autre bouclier notre société et l’esprit de nos enfants des dérives, était notre foi, notre culture et le respect de nos valeurs. Où est donc notre foi qui prône la tolérance et l’amour du prochain ? Notre Islam s’est réduit dans nos têtes à un simple appel de muezzin et non point en une confiance en l’infinie miséricorde de Dieu.

 

Nous avons réduit notre foi en prières de pardon mille fois répétées oubliant que bien mieux que de demander pardon c’est de ne point commettre de crimes. Nous avons, jusque dans ces lieux construits pour adorer Dieu, immiscé les politiques d’ici-bas au nom de gouvernants éphémères face à l’éternité de Dieu.

 

Nous avons réduit nos enfants à quémander dans les rues leur pitance pour plaire à quelque marabout au détriment d’une bonne éducation coranique initiée par leurs géniteurs.

 

Géniteurs défaillants, enfants abandonnés. Une foi en déliquescence. La culture qui est le moyen de résistance des peuples à l’oppression et à l’adversité s’est quant à elle réduite à sa plus simple expression. Elle est ce que les organes officiels veulent qu’elle soit ou qu’elle devienne. En somme rien. Sinon une culture du non-développement, de l’esprit grégaire. Une culture de l’oisiveté et de la propagande. Quant à nos valeurs, elles ont souffert de tant d’années d’injustice et d’oppressions qu’elles ont fini par céder et se transformer en leur contraire.

 

Tout ce que la morale réprouvait, tous les vices se sont transformés en vertus…Le vol, la traitrise, le mensonge, pour ne citer que ceux-là, ont envahi l’espace des valeurs. Et le dernier bastion de résistance à l’interdit, est tombé mettant ainsi à nu les faiblesses du citoyen face aux hégémonies du pouvoir. Voilà pourquoi, la foi, la culture et les valeurs morales s’étant affaiblies, la brèche par laquelle la violence s’est infiltrée s’est ouverte. Et quand cette violence est au quotidien que restera-t-il au peuple sans défense sinon le trauma ou la reproduction de cette violence ? »

 

Dix ans plus tard tout cela est encore d’actualité. Peut-on alors vouloir appartenir à un Etat qui a bâti sa politique sur les non-valeurs, qui a commuté les vices en vertus et qui veut bâtir une nation en choisissant ses nationaux ?

 

c) Sur la bourse des valeurs institutionnelles

 

Les institutions républicaines qui doivent être la référence première de tout « national » pour le respect de ses droits, de ses biens et de sa personne sont inexistantes. Ceux qui détiennent le pouvoir l’ont fait par la force donnant ainsi la plus mauvaise image des institutions.

 

Avoir la nationalité d’un pays où les institutions fonctionnent à coup de gifles, équivaut à faire allégeance à la violence. Or la nationalité est basée fondamentalement sur la notion d’allégeance. Sur ce plan encore la détention de cette nationalité équivaut à accepter de son plein gré d’être esclave de cette violence, et de l’entériner pas son allégeance.

 

La nationalité mauritanienne dans l’état actuel des institutions mauritaniennes, n’est autre qu’un certificat délivré pour servir (un Etat violent) et valoir (des autorités imposées) ce que le droit et la morale refusent.

 

Sur la bourse des valeurs institutionnelles, la nationalité mauritanienne ne donne droit à rien. Sinon de tomber sous la loi mauritanienne et ses juridictions.

 

De quels services bénéficient le « national » du fait de sa nationalité. Rien. Nos administrations publiques n’en font pas grand cas, nos représentations à l’étranger l’ignorent. Devant de telles administrations un étranger est mieux traité qu’un Mauritanien. Présentez-vous sous une autre nationalité (américaine, européenne…) et vous verrez la différence.

 

Votre nationalité ne servira que le jour où vous commettez une infraction. Vous serez alors un vrai national, passible de la loi et des tribunaux de l’Etat d’allégeance. Mais votre nationalité ne vous servira à rien si votre employeur étranger vous chasse (l’administration publique vous ignorera), si vous réclamez la protection de votre Etat à l’étranger (votre ambassade vous négligera) … Ainsi à la bourse des valeurs institutionnelles, la nationalité mauritanienne, est une non-valeur.

 

III- La Mauritanie peut-elle devenir une nation ?

 

A cette question la réponse ne peut être que positive. Tous les ingrédients d’une nation se retrouvent en Mauritanie. Toutefois, il y a une difficulté majeure. En effet, le seul obstacle à l’édification de cette nation est celui qui paradoxalement devait en être l’artisan et le promoteur : l’Etat mauritanien. Après les errements et les tâtonnements de la période Mokhtar ould Daddah, vinrent les trente années de plomb, les années militaires, qui portèrent un sérieux coup à l’édification de cette nation (division des communautés, tribalisme, clanisme, répression, violence…).

 

Aujourd’hui encore l’Etat se soucie peu de cette Nation (que nous voudrions tous d’égalité et de droits) pour se consacrer à une nation qu’il veut « monter de toutes pièces » pour répondre à des objectifs qui vont à l’encontre de l’histoire, des réalités sociales et des exigences du peuple. La manipulation du régime de la nationalité, après celui du recensement, en est l’un des instruments les plus apparents.

 

L’Etat se devra de changer de politique et se consacrer à bâtir la Nation mauritanienne, avec tous ses enfants et toutes ses communautés, sans laquelle il n’y a pas de salut.

 

Obtenir une nationalité sans Nation, c’est être apatride dans son propre pays.

 

Pr ELY Mustapha

 

 

Cridem

 

 



Paul Kagame

Paul Kagamé sur radio Rwanda :
« Si notre pays est au rang premier en Afrique, et que le monde entier nous observe aujourd’hui, ce n’est pas parce que nous avons le Vatican, la Kabba, la Maison Blanche, l’ Élysée ou le Taj Mahal ici chez nous.
Non plus parce que vous avez un certain Paul Kagamé comme chef d’Etat, mais plutôt parce que vous avez des fils et des filles du Rwanda dans ce pays.
Des hommes et surtout des jeunes et des femmes Rwandais qui se sont pardonnés entre eux, et qui ont pris le destin de leur pays en main par le sens du travail, des innovations et du patriotisme comme étant la clé de leur progrès et de leur développement. Ce que nous faisons ici au Rwanda n’est pas un miracle, ni impossible ailleurs, il s’agit tout simplement de l’engagement de toute une nation, des jeunes et de femmes Rwandais surtout, mais aussi de volonté politique.
Bientôt, nous aurons les meilleures université du monde chez nous,(NYU, Hardvard, London school of Economics, FIT…) Nous aurons aussi les meilleurs hôpitaux au Rwanda. L’intelligence et la compétence de nos enfants seront égales ou supérieurs à celle des grandes puissances, et notre pays le Rwanda sera une nouvelle porte d’opportunité, de savoir, de technologie et d’innovation pour tous les enfants Africains et du monde qui désirent appendre chez nous ou encore nous encore nous apporter leur savoir.
Le Rwanda sera non seulement au rendez-vous des civilisations, mais aussi des sciences et des technologies et de toutes les cultures qui domineront le monde.
Aujourd’hui, plus de 40% de notre agriculture est entrain d être dominé par la technologie, l’Afrique tout entière peut faire mieux que nous pour une autosuffisance alimentaire primordiale, tout est question d’intérêt national et des peuples Africains.
Bien que nous sommes désormais loin de notre passé, faisons bon usage du présent pour faire mouche au futur. Car, le plus difficile n’est plus la d’ou on vient, mais plutôt l’a ou nous désirons et rêvons d’y aller. Au Rwanda, nous désirons et rêvons d’aller loin grace à ce peuple et à cette jeunesse désormais consciente »
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Partageons et faisons en sorte que ça nous inspire, que ça inspire nos élus et dirigeants !!!



Notre école va mal

Chers collègues ,je suis amer.Ça fait mal .Cela me fait mal.

L’école de notre pays connaît une crise de valeurs sans précédent .Du jamais vu dans l’histoire de l’humanité !

Cette crise est causée par la gestion gabegiste,clienteliste ,tribaliste et régionaliste sans commune mesure.

 

Cette gestion cynique de notre école est un crime contre l’école,contre les élèves,contre les enseignants et contre le peuple mauritanien dans son ensemble.

 

L’un des faits diaboliques de cette gestion (sabotage)consiste ,dans certains collèges ou lycées de Nktt à soustraire volontairement certaines disciplines du programme officiel établi par le Ministère.

Il n’est pas rare de voir ,dans certains établissements ,des élèves finir leur cursus de collège avec zéro cours de français.

 

D’un autre côté, dans une des Moughataa de Nktt ,devenir directeur d’école s’est une affaire purement tribale ou de corruption.

 

_Pourquoi cette lâcheté gratuite ?

_Pourquoi laisser ces responsables sans foi ni loi se livrer à leurs actes criminels.

_Pourquoi passer sous silence ce comportement abject et abominable?

_Pourquoi de tels individus ont_ils droit de tout mettre à genou?

 

Nous avons entendu de belles paroles ,de belles intentions ,mais ce qui compte ce sont les actes posés.

 

L’école n’est pas un marigot pour magouilles,l’école n’est pas le lieu de rendez_vous pour corrompus et corrupteurs , l’école doit cesser d’être un marché pour achat de conscience.

 

Cette gestion de l’école a fait plus de dégâts que des tremblements de terre sans fin.

 

Si vous n’avez jamais honte continuez votre sale besogne.

 

Moussa Alassane Diallo /Dar naim.



La grève est leur droit

La députée Mana Bint Bouhbeni a écrit : Leur grève est leur droit

 

 

Depuis mon entrée au parlement, j’ai fait de l’enseignant ma priorité la plus importante, et j’ai essayé de faire entendre la voix de l’enseignant et d’être le lien entre eux et les autorités concernées.

Ils ne demandent pas l’impossible et leurs demandes ne sont ni juridiquement ni financièrement injustes

J’ai fermé toutes les portes au nez

A l’heure où des privilèges et des millions de salaires sont accordés à tout le monde sauf à l’enseignant

Aujourd’hui, alors qu’ils utilisent les moyens les plus démocratiques pour revendiquer leurs droits, je leur déclare mon soutien inconditionnel et je souhaite que les tuteurs répondent positivement à leurs demandes.Tout retard dans cette démarche a un impact négatif sur l’avenir de nos enfants.



Demis de ses fonctions il décroche une place à l’ENA

Notre frère le diplomate Kidé Mouhamed Al Habib est admis au concours de la prestigieuse (ENA) école d’administration en France.

 

Nos félicitations à tous les jeunes mauritaniens qui brillent à travers le monde en faisant leur entrée dans les grandes écoles d’élite dans le monde.

 

L’admission du diplomate Kidé Mouhamed Al Habib à l’ENA de France prouve que la jeunesse mauritanienne consciente est prête à s’armer par le savoir et le travail pour un monde meilleur dans le contexte de la globalisation.

 

L’espoir est permis, car les occasions se présenteront pour que les talents de la jeunesse mauritanienne soient reconnus à travers le monde.

 

Nous avons au sein de la jeunesse beaucoup d’exemples à suivre comme cet autre compatriote mauritanien Mouhamadou Falilou Sy qui vient de rejoindre l’équipe de Martin Hairer Médaille Fields 2014.(grâce à sa théorie des structures de régularité qui ont permis de résoudre des problèmes mathématiques extrêmement difficiles et restés sans solutions depuis des décennies).

 

Que le travail, le sérieux, l’éveil, la compétence et les valeurs républicaines soient notre seule arme pour un monde meilleur.

 

Merci à cette jeunesse bouillonnante

 

El hadj Sy



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Déclaré admis et aussitôt disqualifié sans raison par la commission nationale des concours

Déclaré admis et aussitôt disqualifié sans raison par la commission nationale des concours

 

Terroir Journal - Yahye O Salek matricule 73319 est un professeur de philosophie arabe qui professe depuis une quinzaine d’années au lycée de Boghé. Il est à sa deuxième candidature pour devenir inspecteur du secondaire.

 

Le 27 mars dernier, il a fait parti des milliers de candidats mauritaniens dans les salles de concours. Le concours terminé, le jury proclame les résultats et Yahye O Salek est déclaré admis. Les félicitations de ceux qui le connaissent fusent de partout.

 

Se rendant à Nouakchott pour rencontrer la commission, il ne fait pas quelques secondes devant le jury qui lui pose une seule et unique question : votre diplôme original qu’il décline immédiatement. L’entretien se limite là. Pas autre chose selon l’intéressé.

 

Aussitôt admis aussitôt rétrogradé

 

Surprise générale, le candidat, Yahye déclaré publiquement admis est aussitôt disqualifié sans aucune raison avancée par le jury. Nous savions dans le communiqué diffusé par la commission nationale des concours que les raisons de l’exclusion dans l’entretien personnel des candidats à ce concours étaient les suivantes:

 

-Être fonctionnaire de la Fonction Publique n’ayant pas une autorisation des autorités compétentes ;

 

-Sans équivalence de Diplômes ;

 

-Sans présenter les originaux des Diplômes demandés sans raisons acceptées -Absence à l’entretien personnel ;

 

-l’Absence des conditions nécessaires pour effectuer l’emploi demandé en matière d’efficacité physique, conformément avec le contenu de l’article 46 de l’ordonnance N° 043.2006 du 23/11/2006 relatif à la promotion et la protection des personnes handicapées et son décret d’application n° 062.2015 du 06/04/2015.

 

Ce communiqué ajoute, le jury établit la liste des candidats déclarés admis classés par ordre de mérite en fonction des places à pourvoir, ainsi que les listes complémentaires. C’est quoi finalement le mérite ? Depuis combien de temps, les résultats d’un concours sont publiés de la sortes ?

 

Dans un concours, le tout doit être transparent, ce qui n’a pas été le cas dans ce concours.

 

Magouilles modernes

 

Aucune raison valable et consistante, aucun argument n’est avancé par la commission nationale des concours pour justifier la disqualification du sieur Yahye. Par contre la commission énumère une panoplie de détails relatifs à la diffusion d’une liste provisoire en passant par la réclamation des candidats (… ?), la re-correction et l’organisation de la liste provisoire des admissibles (du jamais vu), évaluation faite sur la base de l’éligibilité ou l’exclusion (confusions) faite certainement à dessein pour brouiller les pistes. Sans compter les contradictions entre le communiqué diffusé en arabe et celui diffusé en français.

 

Comment peut-on publier une liste nommée ordre de mérite sans les notes obtenues par les admis ? vous voulez nous convaincre à accepter vos manœuvres mensongers ? Non, non et non.

 

Venu demander sa note, le monsieur trouvé devant l’ordinateur lui dit une note sans le laisser voir l’ordinateur.

 

Obligation de transparence

 

Cette institution a l’obligation de fournir la transparence sur le concours pour persuader les mauritaniens sur leur crédibilité. A défaut, nous retiendrons que c’est une commission devenue professionnelle de la magouille, orfèvre du faux, spécialiste des mensonges et relais de la politique discriminatoire et raciste du régime en place.

 

Plus loin, nous réclamons l’audite de la commission nationale des concours. Nous avions l’espoir avec l’arrivée de Ghazouani au pouvoir mais la situation est devenue pire. Une promotion de centaines de médecins qui ne compte qu’un seul noir sinon pas. Même chose dans le secteur de la justice, de l’armée, de la police, de la garde. Pourquoi alors s’émouvoir de la situation des palestiniens alors que le régime en place reproduit la même politique ?

 

La victime garde heureusement sa tête sur les épaules mais reste psychologiquement très atteint.

 

L’avocat Zakaria Mohiddine a été commis par Yahye et qui a saisi la justice. Le dernier rempart qui reste au professeur même si notre juste reste ce qu’elle est.


Editorial : Une lecture objective de l’article triomphaliste du ministre de l’Education Bakary Guèye 30 mai 2021

Editorial : Une lecture objective de l’article triomphaliste du ministre de l’Education

Bakary Guèye 30 mai 2021

 

Le ministre de l’Education a apparemment choisi la confrontation au dialogue avec les syndicats de l’enseignement.

 

Ainsi, à la veille de la énième grève qui secoue le secteur depuis l’avènement du président Mohamed Ould El Ghazouani le ministre a mis à contribution ses qualités de rédacteur pour faire un bilan reluisant à mi-parcours.

 

Ce bilan qui ne résiste pas à la réalité des faits fait figure de subterfuge visant à contrer la grève qui débute ce lundi et se poursuivra jusqu’au vendredi.

 

Au début de son article panégyrique qui est à mille lieux de la réalité sur le terrain il parle d’emblée d’un nouveau mode de gouvernance du système éducatif alors que le système immuable des nominations n’a pas changé d’un iota. L’appartenance politique demeure le seul critère qui vaille comme nous l’a montré le précédent mouvement au sein de l’administration centrale. Par ailleurs la vieille garde (Responsables centraux, Chefs d’établissements, Inspecteurs, Conseillers pédagogiques…) issue des parachutages politiques, tribaux et ethniques, est toujours là. On se demande alors légitimement quelle est cette nouvelle bonne gouvernance dont parle le ministre. Et parmi les arguments qu’il avance la présence du président de la République et de la première dame à l’occasion de l’ouverture de l’année scolaire à l’intérieur du pays. Autre argument « choc », l’augmentation de 2 pour cent du budget de l’Education.

 

Parmi les réalisations cités, il y a entres autres : la création du Conseil National de l’Education, des comités de gestion des écoles (700 jusque-là), d’un système informatique pour la gestion du personnel ayant permis le redéploiement de 1000 enseignants et la réouverture de 400 écoles, l’amélioration de l’organisation des examens, le recrutement de près de 5500 enseignants, l’augmentation de la masse salariale de 14 milliards, l’augmentation des indemnités des enseignants, le lancement d’un projet de revalorisation de la fonction enseignante, la réforme des ENI, le lancement du processus de la formation continue, l’augmentation des infrastructures scolaires avec notamment un projet de construction de 2000 salles de classes, la révision des programmes et la distribution de 500000 manuels scolaires, l’extension du programme des cantines scolaires, la bonne réactivité contre la pandémie du Covid …

 

Le ministre a aussi promis le lancement dans les mois qui viennent d’un projet ambitieux pour l’avancement de l’école. Comprendra qui pourra. Ce projet viendra peut-être supplanter celui de l’école républicaine que le ministre n’a pas mentionné une seule fois dans son article.

 

Il y a lieu de rappeler que le Conseil National de l’Education qui pèche par l’absence de représentants du corps enseignant n’a pas encore débuté de manière effective ses activités.

 

Et pour ce qui est du système informatique, il a montré ses limites malgré un coût jugé exorbitant. Le lancement d’une plateforme informatique ayant pour objectif une gestion intégré des établissements scolaires du pays et du personnel, et dont le lacement était prévue au début de l’année scolaire en cours fut un échec patent.

 

Autre argument superflu, le fait d’affirmer que la masse salariale a augmenté de 14 milliards. Il y a eu des milliers de recrutements et il faut aussi compter avec les indemnités colossales de la pléthore de hauts responsables et autres conseillers dont le travail qu’ils assurent ne représente quasiment rien comparativement à celui des enseignants en classe qui vu leur nombre n’obtiennent que la potion congrue de cette gigantesque masse salariale.

 

Concernant l’intervention du ministère pour faire face à la pandémie, on aura juste constaté au tout début la distribution limitée de masques et de détergents mais ce ne fut que de la poudre aux yeux provoquée par un effet de mode.

 

Aujourd’hui alors qu’on est en pleine troisième vague rien n’est fait au niveau des établissements scolaires et même gestes barrières ne sont pas respectés ni par l’administration, ni par les enseignants et encore moins par les élèves.

 

Quant au projet de revalorisation de la fonction enseignante qui devrait normalement être la priorité des priorités, il demeure toujours à l’état de slogan rabâché à toutes les occasions. On n’en connait ni le fond ni la forme.

 

Quoiqu’il en soit, toutes ces prétendues réalisations ne peuvent être évaluées qu’à l’aune de ce qui se passe sur le terrain. Or la situation dans nos écoles n’a pas du tout changé. Où sont passés par exemple les 500000 livres dont parle monsieur le ministre quand on sait que même à Nouakchott ces livres sont introuvables dans certains établissements scolaires et dans les kiosques de l’IPN. Mais au marché on en trouve à gogo.

 

Par ailleurs on ne note aucun investissement pour améliorer l’environnement scolaire. Les écoles sont mal entretenues, mal gérés, certaines sont délabrées et les conditions générales ajoutées à ceux très mauvaises des enseignants n’incitent pas à l’optimisme.

 

De ce fait, le discours du ministre est destiné exclusivement au pouvoir, au président de la République notamment. Fraîchement reconduit et sûr de son bon droit, il n’a pas jugé nécessaire de faire son mea culpa et de tendre la main aux enseignants qu’il a crânement ignoré dans son article.

 

Par cette attitude désinvolte le ministre fait une erreur monumentale car sans l’accord des enseignants dont les doléances doivent être discutées et réglées en priorité dans la mesure du possible, on ira nulle part.

 

L’échec cuisant de l’évaluation des enseignants du primaire pour lequel un budget colossal était prévu (on parle de 5 milliards) et celui des séminaires qui étaient prévus en début d’année pour le secondaire, ainsi que les grèves à répétition qui ont secoué le secteur durant l’année écoulé dont la grève d’une semaine du mois de mars et celle d’aujourd’ hui, ce sont là autant d’occasions qui devraient inciter le ministre de l’éducation à revoir sa copie.


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