Course à l’investiture : Le grand oral a Rosso

Dans le cadre de sa nouvelle stratégie de laisser à la population la proposition du candidat l’investiture, une commission du parti Insaaf sillonne le pays pour recueillir les arguments des uns et des autres.
L’étape de Rosso a laissé plus d’un perplexe sur la viabilité de cette commission. Il est vrai que la démarche en soi est à saluer mais des zones d’ombre persistent. Le travail s’est fait dans un chaos indescriptible pour ne pas dire une pagaille organisée au point qu’il est légitime de se demander si tout ceci n’est pas une grosse mise en scène pour égayer la galerie.
En outre la commission a pris des libertés avec les directives du parti . Il est dit que chaque groupe où tendance doit être reçu seul et seulement par les membres de la commission or tel n’est pas cas a Rosso. En plus des membres de la commission on a noté la présence du fédéral, du député et du président et du vice président de la section
Pour qui sait les tares du parti et les luttes intestines qui le minent c’est à se demander quel crédit sera accordé aux rapports de cette commission ?
Le groupe Espoir convoqué à 10h a fait le pied de grue jusqu’à 13h et est reçu à même temps que deux autres tendances. Ce qui ne donnait aucun caractère solennelle et surtout dispersait l’attention des intervenants et des auditeurs et au delà peut être source de conflit ouvert ou latent.
Néanmoins malgré un temps de parole très réduit les mandataires du groupe ont saisi cetteopportunité pour expliquer à la commission le pourquoi du choix de la population sur le Pr Yerim Fassa et Choueyn Sow. Ce choix ne saurait être fortuit

IMG-20230101-WA0032D’abord le Pr Fassa qui a eu à gérer les affaires de la cité et dont la vision économique et sociale pour le développement de la ville n’est plus à démontrer. Quand à Choueyn Sow ancien officier de la douane connu pour son sérieux et son expertise les préoccupations des populations de Rosso seront bien entendues au sein de l’hémicycle ce qui a toujours fait défaut.

 



 » JE FAIS PARTIE DE CE PEUPLE FIER, SCHIZOPHRÈNE ET HYPOCRITE!

Recu du Maroc mais ça nous ressemble tellement :

On ne connaît pas l’auteur du texte .
Merci à lui de nous avoir mis face au miroir :

Je fais partie de ce pays où la religion occupe toutes les sphères de la vie mais où la foi n’est nulle part.

Je fais partie de ce peuple plein de pharisaïsmes qui désire « ressembler » au Prophète et à ses compagnons en apparence en laissant pousser la barbe ou en portant le voile mais où personne ne cherche à lui ressembler dans les actes et le fond.

Je fais partie de ce peuple où les hommes se scarifient le front par des callosités pour montrer qu’ils se cognent la tête contre le sol cinq fois par jour.

Je fais partie de ce peuple où l’habit fait encore le moine, où un homme qui n’a pas le bac mais qui porte un qamis et tient dans sa main un chapelet se croit exégète et fait la misère à tous ceux qui le croisent en leur disant ceci est « makruh », cela est « haram ». Mais ce même individu n’est même pas soucieux de prendre soin de son hygiène corporelle ou de son haleine (car le parfum ou le dentifrice pour lui sont déconseillés, surtout durant Ramadan…) alors que le Coran exhorte à prendre soin de son corps, car « Dieu est beau et aime la beauté », n’est-ce pas?

Je fais partie de ce peuple où l’on te sort des hadiths dont l’authenticité n’est même pas avérée par des historiens mais que tous substituent au Coran et érigent en 6e pilier de l’Islam. Des hadiths dont la plupart ignorent l’origine, l’auteur ou le contexte politique et idéologique de leur rédaction.

Je fais partie de ce peuple qui débat encore de ce qui est « halal » ou « haram » alors que les grandes nations sont à la conquête de l’espace et font évoluer la médecine à un rythme impressionnant.

Je fais partie de ce peuple qui organise des concours d’apprentissage du Coran par cœur mais où il n’y a aucun concours de compréhension, d’analyse et d’explication du Coran.

Je fais partie de ce pays où l



Mauritanie : ces « nègres » de la République. Par Pr ELY Mustapha

 

Il existe et existera toujours ce que l’on appelle les nègres de la politique, qui indépendamment de la couleur de leur peau, leur race où leur religion servent les basses œuvres de ceux qui s’accrochent au pouvoir.
Cependant, en Mauritanie, ces nègres sont de vrais « nègres » au sens de Léopold Sédar Senghor mais avec la dignité et la noblesse en moins.

Pas ceux qui contribuent à la « civilisation de l’universelle », pas ceux dont : « la Négritude est l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie et les œuvres des Noirs », mais ceux qui ont trahi leurs valeurs communautaires pour des prébendes d’un système politique qui les réduit à servir d’agents absorbeurs de toute volonté de leurs communautés.

Ces nègres-là, ce sont des parias d’un système qui aspirent des mamelles de pouvoir en contrepartie de l’infantilisation politique, économique et sociale de leurs communautés.

Ce sont des « relais » politiques  du pouvoir dont la fonction est d’absorber…toute aspiration de leurs communautés au changement ou même à une quelconque évolution qui n’irait pas dans le sens de ce que l’on décide pour elles dans la  sphère militaro-tribalo-mercantiliste, source de toute politique de l’Etat.

Ces nègres-là ce sont ceux avec lesquels le pouvoir saupoudre le gouvernement ou quelques postes au sein des administrations centrales, ou diplomatiques  et qui lui feront allégeance, non pas par une impulsion républicaine mais par un gargouillement de  leur bedaine dans un Etat où la voracité de ses fils a eu  raison des communautés.

Qui sont-ils ?

Des ministres …des secrétaires généraux… des directeurs, planqués au sein de l’Etat et dont l’unique fonction, au-delà des apparences et des fonctions qu’ils n’ont véritablement pas, est de réduire à néant tout effort de changement de leur communauté. Ce sont les « nègres-zéros » de la table de multiplication du développement communautaire, ils sont l’élément absorbant de tout effort de leur communauté. Comme le Zéro l’est pour toute multiplication.

Que font-ils ?

Chaque fois que leur communauté a des aspirations et qu’elle l’exprime dans la moindre ville, le moindre village, hameau ou bourg, chaque fois que cette aspiration ne s’inscrit pas dans le moule du dirigisme militaro-tribalo-mercantile central, les « nègres-zéros » se déploient aussitôt.

Ils voyagent officiellement dans les villes, villages, hameaux ou bourgs pour « prêcher la bonne parole », celle que l’on veut que leurs communautés entendent et qu’ils accompagnent de mille et une promesses, le temps que tout s’oublie. Promesses d’une route, d’un pont, d’un assainissement quelconque, d’une bourse pour une progéniture d’un chef de village, d’un véhicule pour le doyen de la communauté etc. etc.

Les « nègres-zéros » savent machiavéliquement comment manipuler leurs communautés, en usant de leur indigence matérielle, de leur pauvreté, de leurs us et coutumes d’hospitalité et de tolérance, de leurs divisons internes en castes, clans ou tribus et de  l’ignorance de leurs droits….

Leurs discours, sous-tendus par des promesses souvent matérielles, ne visent qu’à les assagir pour un temps, le temps de faire gagner du temps à leurs mandants.

En effets les « nègres-zéros » de la République  savent pertinemment que leur maintien à leurs postes est dramatiquement lié à leur capacité de réduire à zéro toute volonté de leur communauté et de toute aspiration de celle-ci. Ils appartiennent à toutes les communautés ouolofs, peuls, soninkés.

Les jours bénis des nègres-zéros de la république, ce sont ceux qui précédent toute élection (locale ou nationale), et ceux où les communautés sont spoliées (l’exemple le plus éloquent n’est autre que le land-grab des terres paysannes au profit des multinationales.)

Dans toute circonstance où le pouvoir a besoin de soutien des communautés, jusque-là ignorées, les nègres-zéros de la république se déploient. On les voit parcourir le pays, discourir et promettre, rencontrer les notables, distribuer quelques sacs de blé dons des USA ou de riz don de chine ou du Japon. Ils recourent à la politique du ventre et au besoin à la distribution d’argent liquide pour venir « au secours de familles nécessiteuses ». Toujours est-il que leur objectif ultime est la satisfaction de leurs maîtres au pouvoir. Leur devise :  Assagir pour se maintenir.

Toutes les nominations au sein de l’Etat, répondent à cette équation : qui nommer pour assurer la pérennité du système en place par absorption de toute remise en cause. Les nègres-zéros sont un membre absorbant dans cette équation.

Ne pas s’étonner donc que des responsables « négres-zéros » font des sorties médiatiques contraires aux intérêts  leurs communautés pourvu qu’ils gagnent « l’estime » de leurs commanditaires, condition pour continuer à bénéficier de mamelles du pouvoir

Il ne faudrait donc pas s’étonner que le saupoudrage de l’appareil de l’Etat avec quelques nègres-zéros, connus pour leur servitude  soit l’une des stratégies majeures de la politique actuelle en Mauritanie. Assagir pour se maintenir, diviser pour régner.

Cependant ces nègres-zéros ne se différencient que par la couleur de leur peau ou de leur langue. Ils sont ouolofs, peuls, Soninkés ou maures. Il ne se partagent que le fait qu’ils détruisent l’avenir de la Nation en gangrenant l’espoir des communautés…pour des emplois éphémères.

Contrairement à ce qui devrait être à savoir que ceux qui nommés au sein de l’Etat  servent  « d’élites » des communautés et convoient au sommet de l’Etat leur espoirs et aspirations  de développement afin qu’ils soient pris en considération pour consolider l’Etat et affermir la Nation, ils véhiculent, au contraire,  l’égoïsme d’un pouvoir central qui ne se soucie que de sa pérennité. Oubliant par la même que l’avenir de la Nation s’inscrit dans ses  communautés et que l’intérêt de l’Etat ne devrait être que la somme des intérêts de ses communautés. C’est autant dire la terrible responsabilité du « nègre-zéro » dans la multiplication du sous-développement  du  pays.

Pr ELY Mustapha

 



HOMMAGE : AINSI ÉCRIVAIT ABDOULAYE CIRÉ BA

Le pays rêvé

 

La patrie, pour un enfant, est un territoire étriqué dont il est le centre. Á onze ans, à la fin des années cinquante, la patrie se limitait, pour moi, à ma famille, à mon village, au sourire de ma grand’mère, à mes compagnons de jeux. Ma patrie, comme l’écrivit Mahmoud Darwich, dans un poème qui suscita de furieuses polémiques : « c’était l’odeur du café de ma mère ».

La décision de mon père de rejoindre l’administration territoriale mauritanienne et la lecture d’un article du journal « Paris Dakar » m’expulsèrent de mon patriotisme infantile, et ouvrirent mon imagination à une terre qui se résumait jusque-là au sol de mon village natal, et qui prit, tout à coup, les couleurs d’un pays rêvé. L’autonomie interne accordée par la France à ses colonies avait réveillé la fibre patriotique de mon père et de nombre de ses compagnons. Tous anciens combattants de la Deuxième Guerre, ils étaient, depuis leur démobilisation, de petits fonctionnaires (plantons, chauffeurs, cuisiniers, commis) dans les départements et services du Gouvernement Général de l’AOF, dont le siège était à Dakar. La perspective espérée et probable de l’indépendance les avait convaincus de se mettre au service du pays de leur naissance.

L’article du « Paris Dakar » annonçait la pose de la première de ce qui devait être la future capitale de la Mauritanie. Il me fallut un long moment avant de déchiffrer correctement le nom de cette ville future, qui n’était encore qu’un lieu-dit : Nouakchott. La seule magie d’un nom aux sonorités étranges auréolait déjà cette ville qui n’était pas encore sortie de terre d’une mystérieuse beauté. Rien qu’à en prononcer les syllabes, je sentais les grains de sable agacer ma langue et crisser sous mes dents, et sur ma peau, le souffle des vents chauds du désert. Mon imagination débordait d’images incohérentes : de hauts buildings flambant neuf, des dunes et des dunes, ainsi que d’interminables vagues d’un océan sans eau, la chaleur des bivouacs au clair de lune, de larges avenues trouant les horizons, le ricanement d’une hyène, au cœur de la nuit.

Je devais certainement savoir, même de manière vague, que j’étais « mauritanien » ; je me sentais envahi par une sorte de fierté, qui confinait à la vanité, d’appartenir à un pays dont la géographie était indéterminée, dont les frontières m’étaient inconnues, et dont l’improbable capitale était une ville, devant surgir des sables, un jour prochain, comme par un coup de baguette magique. J’agaçais mes camarades de classe et mes copains de quartier à force de répéter que mon pays s’appelait « Mauritanie » et non « Gannar », et que sa capitale, Nouakchott, était une ville nouvelle, mille fois plus moderne et belle que Dakar. Ce faisant, je m’exposais aux réactions de mes auditeurs, qui allaient des moqueries sur mon pays retrouvé (« la Mauritanie est un mouton mort, et tous les chacaux/chacals viennent prendre leur part ») aux méchancetés carrément racistes (« tukuloor, jam nyalli… », « taatu naar amul tubëy »).

J’arrivais à Nouakchott à la fin-septembre 1960 et, le 28 novembre, je participai, dans un modeste et néanmoins impeccable uniforme de scout, à la célébration de la naissance de la Mauritanie indépendante. Je devais être un adolescent chanceux ; en l’espace d’une année, j’avais assisté à l’éphémère expérience unitaire de la Fédération du Mali, été témoin de l’accession du Sénégal à l’autodétermination et défilé (avec peu de majesté, il est vrai) à la fête de l’indépendance de mon pays. Comble du bonheur, j’avais rencontré celui dont j’avais su, à la seconde même où nos regards s’étaient croisés, qu’il était l’ami que j’attendais.

Le Nouakchott que j’avais découvert était très loin de la ville que j’avais espérée. Point de buildings, à peine une dizaine d’immeubles culminant à deux étages, quatre ou cinq rues goudronnées s’aventurant dans une brousse maigre, en attente de voitures et de piétons. Je n’avais entendu aucune hyène ricaner dans la nuit, mais j’avais rencontré des fennecs, cousins locaux des « chacaux/chacals », dont j’ignorais jusqu’alors l’existence. Mais comme mes rêves étaient un kaléidoscope d’images et d’attentes contradictoires, je me consolais rapidement de ce qu’en dehors du vieux Ksar, « ma capitale » ne fut que l’esquisse grossière d’une cité posée sur le sable.

J’arrivais d’une métropole centenaire dont la forte dynamique intégratrice était mêlée de relents d’intolérance et de mépris pour ceux qui venaient d’ailleurs moins bien lotis. J’entrais dans une ville à l’état d’embryon, dans laquelle les forces centrifuges se nourrissaient des instincts grégaires de maigres populations venues de toutes les brousses. Le collège de Nouakchott (l’actuel lycée des jeunes filles), qui entamait sa deuxième année d’existence, était un concentré d’espoirs annoncés et des drames non attendus. Ce fut un creuset, un lieu à la fois clos et ouvert, propice à la découverte de l’autre et à la reconnaissance mutuelle. Ce fut aussi une arène où nous nous épuisions en d’absurdes matches de football rudimentaire et de rudes et joyeuses batailles de dortoirs qui, invariablement, partageaient tous les élèves en deux camps rivaux et immuables : « Maures contre Noirs ». Nous ne pouvions savoir que ces joutes d’adolescents, si amicales et innocentes en apparence, n’étaient que les versions ludiques et prémonitoires de sanglantes tragédies à venir.

Sous ses airs d’Eden retrouvé, la Mauritanie indépendante cachait mal ses laideurs et ses tares : l’esclavage et l’ignorance, les maladies et la misère ; des sociétés anachroniques longtemps contraintes de vivre aux marges du monde, et qu’un fossé, apparemment infranchissable, séparait de la modernité. Et surtout, une indépendance bien mal nommée. Tout entier à notre joie d’être redevenus maîtres de notre destin, nous ne comprenions pas que nous demeurions prisonniers des mailles du filet invisible par lequel l’ancienne puissance coloniale et ses acolytes d’Occident tenaient le reste du monde en laisse. Les mailles étaient plus larges, la laisse un peu plus longue, mais les chaînes étaient toujours à nos pieds. Il fallut quelques années à « ceux de ma saison » pour comprendre la signification du « néo » de néocolonialisme.

Les événements de 1966 et le massacre des ouvriers de Zouérate, le 29 mai 1968, dessillèrent nos yeux, et nous mirent face aux grises réalités de notre pays « indépendant ». Leur gravité et leur caractère presque inattendu stimulèrent une réflexion politique et sociale hors des sentiers battus de la tradition et de la pensée unique néocoloniale. La révision des accords de coopération avec la France, quatre ans plus tard, puis la création d’une monnaie nationale et la nationalisation de la Miferma, peuvent être interprétés comme le début d’une réponse à l’écho lointain d’une fusillade de triste mémoire, et comme une éclaircie dans la grisaille néocoloniale.

L’embellie sera de courte durée ; bien des événements seront passés par là : guerre du Sahara, coups d’Etat successifs et militarisation du pouvoir, développement d’une culture du pronunciamiento, quelque rare exception démocratique, fragile et inefficace.

En cinquante ans, le pays a changé. Toujours en surface, jamais en profondeur. En termes de routes, de centres médicaux et d’écoles, les progrès sont indéniables, mais les services offerts sont largement en deçà des besoins et des attentes. La scolarisation a fait des pas de géants, mais l’enseignement est, depuis au moins trois décennies, d’une intolérable nullité. Les formes d’organisation sociale archaïques et leur cortège d’indignités perdurent. La prégnance des schémas socioculturels rétrogrades au sein de la société et dans les institutions de l’État, est à peine moins forte aujourd’hui qu’il y a un demi-siècle. Les inégalités sociales se sont accentuées d’année en année, clivant le pays en deux catégories d’humains évoluant dans des univers parallèles, de plus en plus étrangères l’une à l’autre.

Aussi grave, sinon plus, la Mauritanie est un territoire et un peuple auxquels il manque un Etat, et c’est notre drame profond. Hormis, peut-être, les tentatives non abouties du premier gouvernement de ce pays, nos maîtres successifs ont toujours confondu Administration forte et Etat. Certain parmi eux a réussi à détruire l’un des rares symboles de la nation, si ce n’est le seul, dont nous pouvons affirmer avec certitude qu’il est notre héritage commun : l’Indépendance. Cela s’est passé à Inal, dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990. Vingt-huit militaires négro-africains ont été pendus, jusqu’à ce que mort s’ensuive, par des hommes qui étaient leurs frères d’armes. Offerts en holocauste à l’Indépendance nationale, grimée pour l’occasion en idole haineuse et sanglante. Que les ordonnateurs et les exécutants de ces crimes odieux n’aient jamais été traduits en justice, pas même interpelés, passe encore…, des centaines d’autres exécutions extrajudiciaires sont demeurés impunies. Mais que nulle autorité, nul gouvernement, n’ait jugé impératif de poursuivre les auteurs d’une telle souillure faite au symbole de la libération nationale est l’indice que c’est l’idée et le sens mêmes de l’Etat qui nous font le plus défaut.

Cinquante ans, c’est l’enfance pour un pays, l’équivalent d’un bref instant à l’échelle des temps géologiques. Mais pour les enfants plus que cinquantenaires du pays, dont je suis, c’est le commencement de la fin. Et que cette fin s’approche sans que se réalise une parcelle de mon rêve ne me rend pas heureux. Je dois avouer une tristesse certaine. Triste mais lucide, et certainement pas amer. Je sais depuis longtemps déjà que la célèbre formule de Gramsci : « pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté » vaut autant pour l’Italie fasciste que pour la Mauritanie conservatrice. Je sais que notre volonté de changer les choses restera longtemps contrariée par la nostalgie des paradis perdus ; que notre attente de justice sociale demeurera longtemps ensevelie sous la masse des privilèges et des égoïsmes ; que nos solidarités grégaires feront obstacle à l’émergence d’une fraternité citoyenne ; que la construction d’une communauté d’avenir sera longtemps entravée par le passé réinventé et fantasmé par nos particularismes socio-ethniques.

Il n’empêche ! Car je sais avec certitude que ceux de mon peuple ne sont ni les meilleurs ni les pires hommes et femmes de la terre, mais qu’ils ont cette qualité inestimable d’être les miens. Et que c’est ensemble – eux en moi et moi en eux – que nous construirons, pierre après pierre, avec patience et détermination, le pays de nos rêves.

 

Abdoulaye Ciré BA

 

28 novembre 2010



Apologie abusive de l’arabe au prix du déni de l’africanité

Golal.media

26.12.20

Senalioune – Tout peuple et toute composante de ce même peuple, au sein d’une Nation, d’une région ou d’un continent est fière de sa culturelle maternelle, de cette identité dans laquelle elle se retrouve sans errement, tout en vouant estime et considération à la langue et l’identité de l’autre, à condition que cette estime soit aussi réciproque et proportionnelle.

La Mauritanie est fière de son arabité, mais également de son africanité. Deux identités condamnées à coexister, sans qu’aucune puisse s’imposer à l’autre comme dominatrice, même si des chauvinistes de tout bord s’investissent corps et âme pour faire l’apologie abusive de l’arabe au point de renier l’africanité des mauritaniens.

L’arabe est sacré, car c’est la langue du Saint Coran et du dernier des Prophètes. Toutefois, il y a lieu de dissocier entre l’arabe en sa qualité de langue sainte et pure, à l’arabe de nos jours, où cette langue est déconnectée de son sens élevé, pour signifier, la digression, l’arriération, le superflu, le quantitatif au détriment du qualitatif, l’illusion…

« La production scientifique, littéraire et culturelle en langue arabe est toujours en deçà des espérances d’où notre devoir, en tant qu’arabes, d’être conscients de cette question et de déployer plus d’efforts dans ce sens ».

Ces propos sont malheureusement est à la surprise généralisée de l’élite mauritanienne ceux du Ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, Mokhtar Ould Dahi.

Pire, il les a tenus le jeudi 23 décembre courant, sous la coupole de l’Assemblée nationale, à l’occasion des travaux du Forum parlementaire de soutien et d’autonomisation de la langue arabe.

Le Département de la culture aurait même, selon le ministre doublé le budget alloué à l’écriture et à l’impression de livres afin d’inciter les auteurs à écrire en arabe, prenant en charge l’impression de leurs livres et manifestant l’intention de les récompenser pour leurs productions.

Une entreprise qui ne fera que creuser le fossé entre arabisants et non arabisants et dont aggraver la fracture linguistique déjà existante, alors que c’est plutôt dans les langues nationales, l’arabe étant arrivé à son paroxysme d’excellence au point de déborder du vase, qu’il faut injecter des fonds, dans l’espoir d’arriver à un équilibre entre toutes les langues, imposant alors à la quête d’une langue d’unité.

Ceci dit, il ne serait pas erroné d’endosser ce déni de l’africanité mauritanienne, à la lumière de ces propos officiels sectaires, au Gouvernement, au Président Ould Ghazouani et à son Premier ministre Ould Bilal, dés lors où le ministre, qui trouve souvent dans ses sorties médiatiques, de la passion pour étaler excessivement son bagage arabe, est le Porte-parole du Gouvernement.

De qui parle le ministre en disant « en tant qu’arabes » ? Des arabes mauritaniens au sens de maures blancs et noirs ? De ces premiers et des négro-mauritaniens ? Des négromauritaniens ?

Un grand pans de la Mauritanie authentique ne se retrouve pas dans de telles incendiaires peu avenantes pour trois grandes composantes de la Nation.

Le ministre n’est-il pas allé trop vite en besogne, en reniant l’africanité et la négritude des mauritaniens ?

Ne pouvait-il pas s’exercer à une meilleure diplomatie langagière en servant son objectif d’apologie de l’arabe sans attenter au Pular, au Soninké et au Wolof, langues de ces communautés qui maitrisent l’arabe mieux que les arabisants, car se contentant d’en apprendre l’essentiel, le Saint Coran, les Hadiths et la Sunna.

Autrement dit, pas l’autre arabe qui ne sied qu’aux peuples développés, inondés par les richesses et pouvant rêver, philosopher, rivaliser dans la poésie et autres ramifications sinueuses de l’arabe qui mènent parfois à l’objectif contraire.

Un monde duquel nous sommes séparés encore et que cette arabité zélée ne pourra nous aider à rattraper.

Il est temps pour les officiels mauritaniens d’accorder les égards qu’il faut à l’africanité de la Mauritanie, tout en défendant sans abus, ni déni l’arabe.

C’est seulement à ce prix que l’arabe pourrait, une fois la dignité retrouvée de l’autre, chercher, pas les moyens de sagesse, de conviction, de concertation à se faire accepter comme langue unificatrice sans être exclusive.

Par Oumlbenina Mint Bamba



Remous fonciers et disparition inquiétante

IMG-20221107-WA0053 Après Ferrallah, Dar El Barka, Aéré Mbar c’est au tour des habitants du village de Ngawlé de faire front face à la politique d’expropriation des terres de la vallée par l’état . Après maintes réclamations auprès du ministère de tutelle sans succès, les habitants ont décidé de monter à l’assaut pour tenter d’arrêter les travaux agricoles dans leurs champs. Cette mobilisation est férocement réprimée par les forces de l’ordre qui ont aussi procéder à des arrestations. Parmi les personnes mises aux arrêts, de propriétaires terriens, des sympathisants et des militants des droits humains. Depuis les doloureux événements de 1989 la question foncière est l’objet d’une politiques de discrimination raciale dans ce pays. Les propriétaires fonciers font face au système qui s’empare des terres du bassin du fleuve Sénégal, dans le sud du pays. Tel est le sens de la manifestation d’aujourd’hui, le 4 décembre 2021. Malheureusement cette mobilisation a été l’objet d’une violente repression et s’est soldée par des arrestations arbitraires,  L’ etat au lieu d’adopter une posture d’arbitre, est parti pris. Des dizaines de manifestants ont été placés en garde à vue au commissariat de Rosso, chef-lieu de la région. Connu pour sa détermination dans la lutte contre les discriminations en Mauritanie, Cheikh Mohamed SAll, militant de l’ONG dénommée IRA qui était sur les terres de Ngawlé pour renforcer le front contre la prédation foncière en Mauritanie est porté disparu. Les autres activistes et ses parents n’ont eu aucune nouvelle de lui. Les autorités sécuritaires ont lancé un avis de recherche concernant cette disparition inquiétante. De nombreuses investigations ont été entreprises pour le retrouver mais sans aboutir. Ce forcing de l’Etat dans le cadre de sa nouvelle politique agricole est mal compris par l’opinion qui pointe du doigt les maladresses du gouvernement qui cherche à mener une politique agricole en expropriant les propriétaires. Moctar Amadou LY



Les circonstances de l’arrestation de Fatimata NDIAYE

Le 28 novembre fête de l’indépendance nationale coïncide aussi avec la commémoration d’un douloureux événement, celui du massacre des 28 soldats négros mauritaniens pendus au camp militaire d’Inal la nuit du 27 au 28 novembre 1990. Pour une partie de la Mauritanie le drapeau national est entaché de sang .Ainsi le 28 novembre est devenu une page sombre de l’histoire du pays. Devant l’impossibilité de recourir à la justice mauritanienne pour lever le voile sur ces pendaisons extra-judiciaires les militants des droits humains organisent depuis cette date des manifestations pour réclamer une enquête et une compensation des victimes, (orphelins et veuves).
Malheureusement, à chaque fois, de telles initiatives sont réprimées dans le sang et s’ensuit des arrestations arbitraires souvenIMG-20221023-WA0079t avant même la célébration comme pour l’étouffer dans l’œuf. C’est ce qui est arrivé à Fatimata NDIAYE alors qu’elle était dans la coordination des activités de la commémoration du deuil du 28 novembre organisant des réunions périodiques. Des éléments de la police nationale, relevant du département de Sebkha, sont venus l’arrêter ce lundi 15 novembre 2021 à son domicile situé dans le quartier Couve. Conduite au commissariat de Sebkha de manière musclée et ce, en dépit des protestations du voisinage, elle sera placée en garde à vue. Dans la journée, des sympathisants sont venus faire le pied de grue devant le commissariat pour demander sa libération immédiate et sans conditions.
Au moment où on écrit cet article, la militante se trouve encore entre les mains de la police du commissariat de Sebkha. Dans la même journée d’autres arrestations ont également eu lieu dans d’autres circonstances, apprend-on de sources dignes de confiance.
Quoiqu’il en soit, le 28 Novembre continue encore de diviser la Mauritanie. L’état a certes reconnu sa responsabilité dans ces crimes odieux mais peine à donner des droits aux victimes. Pourtant l’état mauritanien avait annoncé en mai 2011 l’ouverture d’une enquête pour localiser les tombes de tous les militaires disparus mais cette volonté n’a jamais connu le moindre début d’exécution.
Oumar Bocar SY

 



Concertation sur la réforme du système éducatif : les dés sont ils pipés ?

Eveil Hebdo - Les ateliers régionaux de concertation sur la réforme du système éducatif, ont été lancés jeudi dernier par le ministre de l’Éducation nationale et de la Réforme du système éducatif, M. Mohamed Melainine Ould Eyih, à Nouakchott. Simultanément, les consultations ont été lancées dans les quinze wilayas du pays.

Que peut-on attendre d’une concertation où les dés semblent d’ores et déjà pipés ? De vives inquiétudes sont nourries. L’interminable débat sur les langues est récurrent dans notre pays. Prônant une vision foncièrement rétrograde, les obscurantistes risquent de nous mener dans l’impasse.

Certains appellent les autorités à clore définitivement ce débat par l’officialisation de toutes les langues : l’arabe, le français, le hassanya, le pulaar, le soninké et le wolof.

Instaurer l’école républicaine

Officiellement, ces journées de concertation, « visent favoriser un débat pédagogique serein et sérieux afin de produire un rapport général garant d’un consensus national sur les grandes lignes qui doivent conforter l’orientation politique du secteur dans sa tentative d’instaurer l’école républicaine que le gouvernement s’efforce de mettre en place pour les générations futures ».

Supervisant l’ouverture de la cérémonie, Ould Eyih a déclaré que ces « ateliers représentent une étape décisive dans le processus éducatif, à suivre les recommandations qui seront émises à l’issue de ces journées de concertation et à assurer leur mise en œuvre sur le terrain pour sortir l’éducation de l’état de détérioration qui la mine depuis des années ».

Mme Fatimetou Mint Abdelmalek a souligné que la région de Nouakchott cherchera, selon ses capacités et ses domaines d’intervention, à soutenir et à suivre le rythme de toutes les politiques gouvernementales visant à faire progresser le secteur éducatif et à hisser le pays au rang des nations développées.

Le Président de la Fédération nationale des parents d’élèves et étudiants, M. Ahmed Ould Sghair, a déclaré que l’organisation de ces journées est le fruit des engagements de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour réformer le système éducatif, qui fait suite à un ensemble de mesures incitatives entreprises par le ministère de l’Éducation nationale et de réforme du système éducatif dans les domaines du développement des infrastructures, de l’amélioration des conditions des enseignants et de l’atmosphère générale qui se caractérise par le dialogue et la convergence des cœurs de tous les Mauritaniens sur ce qui unit et rassemble, ce qui peut être considéré comme un signe du succès de cette concertation.

Il a ajouté que la Fédération nationale des parents d’élèves et des associations d’élèves se déclare « prête à travailler sans relâche pour suivre le rythme de cette réforme et en faire un succès afin de garantir que tous les enfants mauritaniens aient accès à une éducation de qualité et restent sur le chemin de l’éducation aussi longtemps que possible ».

Au cours de la cérémonie, une plateforme numérique établie par le ministère a été lancée comprenant un forum virtuel qui restera ouvert pour recevoir la participation de tous, qui seront exploitées pour en tirer profit dans le programme de réforme.

Agenda caché et à quelle fin ?

Pour bon nombre d’observateurs, qui font prévaloir de craintes légitimes, ces concertations dissimulent un « Agenda caché ».

Cette énième réforme qui a pour but d’arabiser systématiquement l’éducation en Mauritanie tout en mettant dans la corbeille tous les acquis des réformes précédentes où côtoyait les deux langues à savoir le Français et l’Arabe, et même dans la constitution, il est mentionné que la langue Arabe comme langue nationale et le français comme langue de travail.

Ce qui devrait être les préoccupations des gouvernants actuels c’est de rehausser le niveau scolaire des apprenants, que tout le monde aujourd’hui sait qu’il est à la limite lamentable au lieu de s’atteler à politiser le système éducatif national.

Samba Thiam, Président des Forces progressistes du Changement, est catégorique : « il est quand même étrange de constater, qu’au moment où on parle de Dialogue national inclusif imminent qui devra plancher sur toutes les questions d’importance nationale, le ministre de l’Education nationale se hâte de mener, tambour battant, sa réforme au travers d’une consultation tous azimuts !…comme pour se soustraire a d’éventuelles conclusions ou imposer aux dialoguistes une conclusion. Préconçue. La question de la réforme de l’Ecole est une question éminemment politique et délicate qui requiert un consensus politique national et ne saurait donc s’accommoder de méthode à la va-vite , dans la précipitation comme à la sauvette … Ce n’est pas une course de vitesse encore moins un problème de paternité de l’œuvre. Le bons sens et le jeu franc auraient demandé qu’il se hâte lentement dans l’abord de cette question cruciale qui divise … Cette manière de faire, suspecte, interpelle ! », a affirmé Thiam.

« L’esprit de cette concertation nationale sur la situation de l’enseignement, qui a fait l’objet d’une large diffusion, soulignant son caractère inclusif et ouvert à tous les aspects soulevés depuis des décennies par la crise multiforme qui affecte ce secteur stratégique de la vie de notre pays.est bien entendu en soi, la bienvenue », souligne d’emblée, le PR Lo Gourmo, Vice-Président de l’UFP (voir ci-dessous.

Dans une tribune intitulée : « Concertations sur l’Education : Pour quelles raisons ? », le Pr Lô s’interroge : « Néanmoins, on ne peut manquer de s’interroger sur les raisons pour lesquelles ces concertations vont être ouvertes, à Nouakchott et à l’intérieur du pays, en principe, à quelques semaines d’un Dialogue national d’ores et déjà convenu entre pratiquement toute la classe politique et qui sera ouverte à la société civile – et dont l’un des sujets essentiels sera précisément cette question de l’enseignement.

Que signifie donc cette initiative du ministère dont la fonction technique l’empêche, par définition, de poser et proposer une vision globale qui soit à la hauteur des attentes de l’ensemble de notre nation et qui aurait précisément fait l’objet d’un large consensus ? Sans remettre en cause cette concertation sectorielle, il me semble indispensable et urgent de la réajuster et de la remettre dans le cadre du dialogue national que le Chef de l’Etat lui même ainsi que son Premier Ministre ont d’ores et déjà annoncé et dont l’organisation pratique est en cours. Si un tel ajustement n’intervenait pas rapidement, ce serait l’esprit même du dialogue national qui risquerait d’être affecté à la veille de son ouverture.

Ces quelques remarques sont tout aussi valables pour toute autre initiative d’un département ministériel qui aurait pour finalité réelle de chercher à court-circuiter ou à saborder le dialogue/concertation national en vue… ».

Saydou Nourou T.

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Contribution au débat sur la réforme de l’éducation en Mauritanie

Dans le cadre des efforts actuels de reforme du système éducatif, les quelques propositions ci-aprés pourraient être considérées comme une contribution de ma part, au débat.

Dans tous les cas, il importe de se départir de certaines considérations subjectives et de certains préjugés pour privilégier les intérêts communs à tous, aussi bien à court qu’à moyen et long terme.

1. Toutes les langues nationales doivent bénéficier du même statut de langues officielles. Ce statut d’égalité doit être exprimé dans la constitution.

2. Toutes les langues nationales doivent être considérées comme langues d’enseignement

3. L’expérience de leur enseignement doit être reprise et renforcée avec des garanties juridiques expresses ( loi d’orientation stratégique en matière linguistique).

4. La loi d’orientation stratégique doit fixer comme double objectif du système éducatif en matière de langue :

- La souveraineté linguistique du pays qui signifie que la science, la culture et toute activité de connaissance devraient pouvoir être exprimées dans nos langues nationales ou être traduites dans ces langues, à terme ( dans les 10 prochaines années au plus ).

-L’intercommunicabilité entre les citoyens mauritaniens qui signifie que les mauritaniens n’auront plus aucune difficulté à communiquer entre eux dans les langues de notre pays sans recourir à aucune langue étrangère.

5. Pour réaliser ce double objectif posé dans la loi d’orientation stratégique en matière linguistique, le système éducatif devrait être réaménagé afin que :

1) Chaque élève soit scolarisé avec au moins 2 langues nationales d’apprentissage : sa langue maternelle comme langue de base sauf choix contraire des parents et l’arabe pour tous. L’arabe doit être assortie pour les enfants arabes, de l’apprentissage obligatoire de l’une au moins des langues negroafricaines. Aucun élève n’accèdera au cycle secondaire sans la réussite aux épreuves dans l’une et l’autre de ses 2 langues d’apprentissage. Celà garantira l’égalité complète en termes d’efforts d’apprentissage pour tous les enfants, durant tout le cycle primaire. Ce système devra être mis en œuvre à la fin d’une période qui sera définie sur la base de critères techniques et scientifiques clairs.

5. Dans le cadre de la mise en œuvre de la loi d’orientation stratégique, la place et la fonction de la langue française doivent être réévaluées et corrigées pour devenir la 1 ere langue étrangere de communication et d’ouverture notamment avec les Etats de l’espace sahelien et du reste du monde.

6. L’institut des Langues nationales doit être rehabilité, restructuré et renforcé en ressources humaines et financières et s’ouvrir aux expériences des autres pays de la région et du monde.

7. La mise en œuvre de cette loi d’orientation stratégique doit se faire en deux grandes périodes :

- une période expérimentale, dans le cadre de laquelle le schéma actuel sera graduellement abandonné, en même temps que seront mis en place les éléments de base du système à instaurer. Cette 1ere période pourrait durer entre 2 et 5 ans.

- une 2 ème période sera celle de la fin de l’expérimentation et le début de la mise en application intégrale du nouveau système éducatif national à la fin de la période initiale ( 2eme ou 5 eme année).

Lô Gourmo Abdoul, vice-Président de l’UFP.



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Nous, Berbère de Mauritanie !

Nous, berbères de Mauritanie!
Par Moulaye El Hassene

Nous, berbères de Mauritanie, avions commis l’erreur fatale d’accepter d’être arabisés par les colonisateurs arabes venu du Moyen Orient.
Ils nous ont arabisés malgré nous, nous ont imposé leurs noms et leurs prénoms, leur culture, nous ont raconté pleins pleins pleins d’histoires religieuses dont on a absolument aucune idée « de si c’est vrai ou faux, ou si c’est juste de la politique ou des rendements de comptes entre eux là-bas ».
Ils nous ont apporté avec eux leurs querelles et leurs guerres qui ne nous concernent pas. Et ils nous ont appris une nouvelle forme d’esclavage extrêmement perverse, dangereuse et dévastatrice: l’esclavage Halal, autorisé selon eux par Allah lui même, et c’est écrit dans leurs livres Malekites qu’ils ont apporté avec eux.
Avec cet esclavage ils ont mis notre peuple à genoux, physiquement, moralement, et psychologiquement. Au point que notre pays a été le dernier sur la planète Terre à abolir l’esclavage, et avec beaucoup de graves séquelles sur notre société.
Puis, comme des « dindons de la farce », nous sommes tombé dans leur piège. Nous avons commencé à essayer d’être comme eux, oubliant que cette terre est la notre, la terre de nos ancêtres, qui n’ont rien d’arabe, ni la langue, ni la couleur de peau, ni la culture, ni l’Histoire ni la Géographie. Et que quoi qu’on fasse, nous ne seront JAMAIS arabes.
Le nationalisme, venu d’Irak et de Syrie, s’est emparé de nos intellectuels complexés et en perte de repères culturels. Et le Wahabisme et Salafisme venus d’Arabie Saoudite ont contaminé, tel un cancer, les cerveaux de nos érudits dépourvus de tout capital scientifique et de tout patrimoine philosophique.
Nous sommes tellement tombé bas qu’en 2017, le rite Malekite nous a été imposé comme seul et unique rite religieux accepté dans le pays. Grâce à leur « pilule magique », l’exploitation du sentiment religieux de nos populations non-averties, on a avalé ça sans broncher. Et nos citoyens risquent donc depuis Juin 2017, 5 ans de prison ferme s’ils contredisent quoi que ce soit dans le rite Malekite.
Pourtant, Malik Ibn Anass, avec tout le respect qu’on lui doit, n’est ni un ange, ni un prophète envoyé par Dieu, ni un citoyen d’origine de notre Terre, ni même de notre continent, l’Afrique. Alors au nom de quoi, contredire son avis religieux doit valoir 5 ans de prison ferme à nos citoyens ?!
Demain, on ne sait pas encore qu’est ce que ces arabes vont encore nous imposer chez nous, sur la terre de nos ancêtres.


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Le baccalauréat Mauritanien, dans sa conception actuelle, est inefficace, injuste, élitiste, etc. Ce qu’il faut dire aussi ; c’est que le Baccalauréat en Mauritanie a toujours été catastrophique.
Une solution pour redresser ou corriger le taux de réussite au Bac ; à mon humble avis ; consiste à prendre en compte le contrôle Continu dans la moyenne générale. L’’idée consiste à associer un certain coefficient au contrôle continu (je propose : ½) et un autre à l’épreuve du Baccalauréat elle-même (je propose : ½) et puis faire la moyenne générale.
Il est tout simplement injuste de constater qu’un élève qui travaille très dur au cours de toute une année scolaire puisse, dans certains cas, se retrouver éliminé du baccalauréat pour des raisons qui, souvent n’ont rien à voir avec ses compétences.
Il faut absolument avoir le courage de reformer ce système qui ne marche pas. Le statu quo en la matière est tout simplement suicidaire : la jeunesse de tout un pays que l’on sacrifie par entêtement à utiliser un système qui ne marche pas !


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