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Qui voudrait vendre des allumettes au paradis ?

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  La presse mauritanienne, ces derniers temps, semble faire ses choux gras de la question relative aux réfugiés et aux déportés mauritaniens vivants au Sénégal et au Mali. Une  question que les mauritaniens de tous poils abordent non sans une certaine trivialité. 

  Faire d’une mouche un éléphant 

Le débat – s’il en est un –  sans aucun doute, draine des torrents de passions. Passions qui, de prime visu, divisent plus qu’ils ne construisent. Pourquoi ? Parce que les termes de ce débat sont, on ne peut plus mal posés et mal cernés. De surcroît, mes compatriotes aimeraient convoquer volontiers  le tribunal de l’Inquisition pour un oui ou pour un non.  Certains pensent qu’il faut souffler dans les trompettes de Jéricho, en instrumentalisant le retour des déportés à des fins sectaires, racistes, ou ethnocentristes. Quand bien même que ces derniers sussent que vivre chez soi est un droit inaliénable, sacré, et ne saurait guère être l’objet de négociation. (Israël doit le savoir, aussi). 

La question des réfugiés dévoyée   

   A  propos de la question des déportés, la réponse est sans équivoque. Oui ils doivent impérativement revenir, au cas où la question eût été posée. Ce que beaucoup de Mauritaniens, de toutes sensibilités, du reste, soutiennent mordicus ; une Mauritanie enfin réconciliée avec son passé, tout son passé. Malheureusement, le ver étant dans le fruit, il est à déplorer que d’autres (quelques affidés d’idéologies mortes) continuent à souffler sur les braises. En effet, il n’est pas de l’insu, de qui dévore les multiples titres de la presse nationale de ce juillet 2007, que  les contributions et articles de mauvais goût et de bas étage donnent au quatrième pouvoir une allure bancale voire insensée et propagandiste – digne de la  Pravda soviétique.  Tenez par exemple, je lis dans des journaux de la place qu’en Mauritanie, existe un ministre sénégalais, des populations venues du Yémen tandis que d’autres étaient fils de harkis pardon, de tirailleurs sénégalais ! Qu’il y’aurait plus de noirs que de blancs et plus de blancs que de noirs. Rien que de la viande creuse, bien sûr. Et comble des insanités, des « intellectuels » sortis d’un chapeau de magicien, d’une outrecuidance démesurée, stigmatisent, dans les salons feutrés des « hôtels Rwanda », les appartenances ethniques, linguistiques et raciales de tel ou tel groupe ethnique. Panier de crabe ou manoeuvre diversion ? Va savoir !Le débat qui devait être axé sur le retour des déportés a été  très vite dévoyé en querelle de chiffonniers. C’est vrai qu’à défaut d’arguments, mes amis les mauritaniens deviennent très vite énergumènes, à la va comme je te pousse.   

  «Mauritanité » quand tu nous tiens… ! 

La raison par l’absurde  -puisque tout le monde veut réfléchir sur l’origine de l’ « homo mauritanicus » !- Cette espèce en voie de disparition serait originaire du paradis. Quel Darwin national dit mieux ?  Mais cela ne satisfait pas les apprentis sorciers, idéologues, sans doute désireux de « mauritanité » –ne cherchez pas le terme dans le dico c’est juste un casus belli, une boite d’allumettes hautement inflammable qui a fait ses preuves ailleurs.  Question : les réfugiés doivent –ils revenir chez eux ? La réponse est encore sans ambages. Oui, oui et oui et de ce fait ils doivent être réhabilités. Libre à qui voudra de crier aux loups ou bien aux invasions barbares. Il reste à l’état qui les avait déportés de boire le calice jusqu’à la lie. Puisque de son propre chef,  il les avait déportés en 89, parce que simplement le faciès qu’ils traînaient ressemblait à celui du sénégalais. On est juste rattrapé par notre passé, il faut l’assumer.  Aux vieux Cassandre, je dis quela Mauritanie ne court aucune invasion, le péril burkinabé Sénégalais ou « kwar » n’est que fantasme d’ignares et de vieux aigris.  La Mauritanie du 21ième ne peut être gouvernée par nos morts et « aucune politique ne vaut en dehors des réalités » disait De gaule. Et les réalités mauritaniennes ne sont guère ceux de vos vues de l’esprit.   On ne le dira jamais assez les nostalgiques d’un Etat Omeyyade Indépendant du khalife de Bagdad ou ceux qui aimeraient restituer la grandeur du défunt Ghana, ceux qui brûleraient d’envie de mimer Toussaint Louverture, Nasser ou Michel Aflaq, devront faire le deuil de leur projet satanique.
La Mauritanie est elle-même en dehors de toutes références spatiales et temporelles. Ici  personne n’a le monopole de l’Etat, des origines ou du patrimoine culturel et historique.
 

L’Etat doit sévir contre l’apologie de la haine  

L’état qui entreprend, depuis l’avènement du Cmjd, de construire ce que tous, avons-nous détruit par ignorance, par arrogance, par vanité ou par goût prononcé pour le désordre, doit sévir, dès l’instant qu’un quidam pour ne pas dire un machin entreprend d’accabler un compatriote, quel qu’il soit, un groupe ou une race, de tous les péchés d’Israël : La liberté d’expression n’est pas un jeu puéril, elle est un outil de travail qui doit être mis  service de l’unité nationale.  Rendre service à son pays n’est pas synonyme de volonté hégémoniste ou d’allégations mensongères ; c’est juste respecter les arrêts aux feux de signalisations, respecter la res publica,  monter et descendre à l’heure lutter contre les formes d’exploitation du mauritanien par le mauritanien -rien de plus facile-  A lire ce qui s’écrit ces derniers temps, on ne sait même plus si la citoyenneté s’acquiert par le droit du sang, par le droit du sol ou par le droit à la médisance.  Pour rappel, il est à constater que dans l’Europe de l’après Vienne (1815) et du Printemps des Peuples,  les revendications irrédentistes et cocardières avaient préparé le lit des futures guerres mondiales (17-45). Tel est le destin de l’exaltation du sang! Le nationalisme arabe ou africain pour autant qu’il veut dire quelque chose : est une maladie infantile, c’est la rougeole  de
la Mauritanie. Pour paraphraser A. Einstein.
 
Le 19e  siècle européen a vu l’Allemagne porter aux nues l’utopie du « jus sangus » comme gage d’appartenance à une nation. Pour elle, comme pour bon nombre de mauritaniens généalogistes à leurs heures perdues- les « morts » devaient gouvernés les vivants. Ce qui  du reste causa par la suite d’énormes difficultés à la « race aryenne ». Ailleurs en France Renan aimait soutenir que la communauté de destin était le plus en même d’unir les hommes : « la nation est une âme et un principe spirituel […] la possession d’un legs de souvenirs et le consentement actuel, le désir de vivre ensemble…». Et personnellement, j’ose croire qu’aucun mauritanien n’aimerait disposer à lui seul du million, 80.000 km2 du pays. Un proverbe wolof- pour peu qu’il m’est loisible de traduire cette langue- dit que quand vous tuez vos génies, vous serez seul, seul avec votre forêt. Quoi ! Nul n’est sensé l’ignorer. Dans la  religion Islamique – dont les mauritaniens  se réclament- le droit du sang et le droit du sol cèdent le pas au droit à la fraternité et à la « coreligionnarité » : « Tous les croyants sont frères », a dit le Prophète (psl).  Mais cela ne satisfait certainement pas les partisans de la médisance. Qu’ils me donnent la liberté de porter à leur auguste connaissance que pour être compatriote de son excellence SIDI OULD CHEIKH ABDALAHI, il ne suffit pas d’être beau gosse, vilain petit canard, riche marchand, pauvre hère, blanc bec, cœur noir ou peau rouge, que sais je encore : Un mauritanien est celui qui dispose de la citoyenneté mauritanienne. (CQFD). Au ras des pâquerettes, on parle de nationalité. Et puis on ne choisi pas son lieu de naissance.    

   Pour mémoire        

Ne l’oubliez plus jamais, messieurs, qui débattez du sexe de nos belles voitures : Quand la libido dominandi vous chatouille le cœur et oblitère votre mémoire d’honnête homme ; sachez précurseurs d’une «Mauritanie bâtarde » -puisque illégitime au yeux du bon sens-  que, quand on viole l’histoire, il est décent de lui faire un joli enfant… 

 Messieurs, vous, qui comme les batraciens respirez par la peau !                                            

                           

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