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Le 3 Août 2005 nous a-t-il sorti de l’auberge ?

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Le 3 Août 2005 nous a-t-il sorti de l'auberge ? dans article Aziz_AbdelDisons-le tout de suite. Pour répondre à cette question, il ne faut pas voir les FAITS dans leur singularité. Le putsch, la Transition, le phénomène des Indéendants, les élections, à tous les niveaux, le second tour et ses marchandages politiques, le Mithag, l’élection de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, la formation du gouvernement, le partage -inégal – du pouvoir entre les différents groupes qui ont soutenu « le candidat qui rassure », le traitement de choix réservé aux questions qui fâchent (le retour des déportés et le problème de l’esclavage), la création d’un statut pour le leader de l’opposition démocratique, le cycle sans fin de concertations à propos de tout et de rien et, enfin, la création d’un nouveau parti pour la Majorité présidentielle sont, à mon avis, les éléments d’un puzzle qui, recomposé, donne une idée de tout le cheminement fait pour nous donner l’impression d’avoir franchi un pas sur le chemin du changement.
Le danger ici est que personne ne se rend compte que, à part le retour des réfugiés, qui est à saluer comme le plus grand succès de la nouvelle ère que nous vivons, et le fait d’avoir un président qui n’a rien de celui que les militaires ont bouté dehors le 3 août 2005, RIEN n’a changé !

Commençons par le plus visible de notre martyre : Nous continuons à souffrir économiquement. L’arrivée du nouveau pouvoir a été « saluée » par les commerçants de la manière la plus insolite : une flambée des prix sans précédent. Pour faire face à ce phénomène, les autorités ont pris des mesures circonscrites dans le temps et sans impact réel sur la crise qui dure encore au moment où nous parlons.
Nous continuons à avoir une administration qui trainent les mêmes travers que celles qui l’ont précédé. Des responsables fénéants, véreux et surtout choisis en fonctions des vieux critères qui ont permis aux pouvoirs précédents d’entretenir leur cour pour faire durer le plaisir et les privilèges de gouverner. Nous continuons à entretenir les mêmes relations malsaines avec Israël, un Etat qui a tous les droits pour lui et aucun engagement envers la communauté internationale.
Nous continuons à payer, cher – très cher même – nos soins et à voir notre système éducatif sombrer dans la médiocrité car le remède de cheval que la nouvelle ministre veut lui administrer rencontre des réticences partout. Mais la grande désillusion est sans doute du point de vue politique.
Qu’est ce qui a changé, selon vous ? On se rappelle que les militaires de la Transition avaient justifié, sur le bout des lèvres, l’apparition du phénomène incongru des « Indépendants » par la volonté de sortir de la Bipolarité Majorité-Opposition, ce qui d’ailleurs était un non sens puisqu’un régime démocratique est ainsi fait. Nous avons marché avec cette astuce des militaires parce l’essentiel pour nos hommes politiques étaient de croiser le fer et d’arriver à cette Présidence devenue pour eux une sorte d’obsession. Personne ne s’est demandé quel type de « liens » peut-il y avoir entre un « indépendant » de Kobenni, par exemple, et un autre de Maghama !
En fait, personne n’a compris que les « indépendants » étaient dépendant d’un subtil jeu politique qui cherchait à donner l’illusion aux Mauritaniens que le pouvoir de la Transition se désolidarise complètement de l’ancien régime mais que, en même temps, ils cherchaient à récuper la mise à l’issue d’élections générales où l’opposition divisée avait peu de chance de l’emporter. Tout cela pour dire qu’il y avait bien une stratégie de retour (awda, le nouveau nom du « nouveau » parti le prouve bien) à un système qui est le seul à « rasurer » ceux qui ont mis le pays à sac durant plus de vingt ans.
Le danger n’est peut-être pas dans le mandat actuel de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi mais dans la recomposition de la force politique qui a permis à Ould Taya de rester au pouvoir durant plus de vingt ans. Personne ne semble remarquer que le futur candidat en 2012 de la Majorité actuelle n’est pas dans le personnel politique, sans envergure, choisi pour constituer la direction provisoire du PNDD.
Alors on est en droit de se demander qui tire les ficelles présentement et pour qui roule cette formation politique destinée, c’est clair, à asseoir un AUTRE pouvoir dans les prochaines années ? Rendez-vous à 2012. Si Allah nous prête longue vie.
Sneiba Mohamed

 

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