interview avec le Pr Lô Gourmo

Les infos de l'actualité05 février 2008 : x

  interview avec le Pr Lô Gourmo dans articlePour son retour au pays pour des raisons professionnelles, depuis la tenue de la dernière élection présidentielle, le Pr. Lô Gourmo membre du Comité exécutif de l’UFP a bien voulu nous accorder cette longue interview. il a abordé entre autres des questions liées à la situation politique actuelle, la genèse du PNDD, le statut du chef de file l’opposition, le retour des déportés et la vague terroriste qui touche la Mauritanie

On ne vous a pas vu ces derniers temps au pays !

Lo Gourmo Abdoul : C’est vrai que depuis les élections je ne suis pas revenu pour diverses raisons d’ordre professionnel, en particulier une mission d’observation des Nations Unies au Cameroun et au Nigeria. Cela m’a un peu éloigné du pays. Maintenant, j’espère pouvoir être plus présent sous nos cieux…

Quelle lecture faites-vous de la situation politique actuelle du pays ?

LGA : La situation me semble être particulièrement complexe et même paradoxale. Manifestement nous sommes dans une phase de reconfiguration du paysage politique qui crée un sentiment de confusion et d’incertitude. Ainsi, les forces de l’opposition cherchent encore leurs marques par rapport à un chef d’Etat dont nombre des positions proclamées sur des questions essentielles rejoignent en grande partie les leurs. Un chef d’Etat dont le système de gouvernement reste encore largement tributaire des pratiques du passé et dont certains de ses « partisans » ont le plus grand mal à accepter de s’en affranchir….

La « majorité » demeure très fractionnée voire virtuelle du fait des contradictions héritées de son passé lointain et récent, en dépit du processus en cours de construction d’un parti dominant voire unique, en son sein. Son attitude générale vis-à-vis du Gouvernement laisse sceptique et renforce le sentiment de malaise politique qui tend à gonfler dans le pays. Le moins que l’on puisse dire est que la confiance ne règne pas au sein de cette majorité, ou en tout cas ne transparaît pas nécessairement dans les relations entre ses différents membres, notamment entre ses parlementaires et ses ministres, entre ses ministres et conseillers présidentiels etc.

Pour l’instant tout ce beau monde n’a qu’un seul mot d’ordre : attendre de toute urgence ! Quant à savoir ce qu’il y’a lieu d’attendre, seul Dieu le sait…Tout le monde dit vouloir le changement mais, peu au sein de cette majorité sont réellement prêts à s’y engager, pour diverses raisons. Cela fait qu’on est dans une situation où on ne sait pas encore très bien qui est qui, avec par exemple, l’APP qui reste encore instinctivement dans l’opposition, du point de vue de ses positions politiques essentielles alors qu’il est classé dans le camp de la majorité du fait de ses accords de second tour. Même l’opposition parlementaire est dans cette même expectative.

Comment expliquer cette situation et comment pourrait-elle évoluer ?

LGA :
On est dans une situation extrêmement confuse, complexe, probablement parce qu’on n’est pas encore sorti de la période de transition. Les choses ne se sont pas encore cristallisées et la clarification ne s’est pas encore faite entre les acteurs. Dans une telle situation il très difficile de dresser des perspectives claires, surtout si l’on y ajoute un contexte économique et social des plus compliqués, des plus difficiles pour la grande majorité des gens, surtout les plus humbles…

Ce qui est sûr, c’est que, compte tenu de la nature de notre système d’Etat, il revient au Chef de l’Etat de prendre l’initiative de sortir le pays de cette attente. Le Gouvernement, en dépit de toute sa bonne volonté ne pourra le faire. L’expérience de ces 8 ou 9 derniers mois prouvent qu’une gestion strictement technocratique ou prétendue telle, ne saurait combler le vide politique que ressent, à tort ou à raison, l’opinion à la tête du pays. Il faut en revenir au choix d’un « Gouvernement politique » fondé sur une large confiance de l’opinion car notre pays fait face à des difficultés dont la nature et l’ampleur iront crescendo et exigeront la cohésion la plus large possible entre le plus grand nombre possible d’acteurs politiques, économiques et sociaux…En un mot, il faut un Gouvernement de large union nationale…

La création du parti de la majorité ne pourrait-elle pas précisément contribuer à cette clarification et à combler ce vide ? Pourquoi dans ce cas, vous y opposez vous ?

LGA : Moi je ne poserai pas le problème dans ces termes là. La création des partis politiques est une des données fondamentales de toute démocratie pluraliste et c’est une liberté gagnée de haute lutte par les démocrates de ce pays. Je pense qu’il est sain également qu’un système politique moderne fonctionne sur la base des partis politiques. Et nous, nous avons un système politique multi partisan dont le rythme respiratoire est déterminé par les rapports entre les partis de la majorité et ceux de l’opposition.
 
Par ailleurs, je rappelle que nous avions dénié le phénomène des « indépendants » en récusant le principe des candidatures dites indépendantes aux élections législatives et municipales passées. En tout cas nous, à l’UFP, nous pensons que c’est une très bonne chose que des gens se constituent en parti politique, que les « indépendants » s’affranchissent de leur prétendue « indépendance » et se constituent en parti politique pour clarifier les choses. Ce que nous récusons c’est une certaine façon de le faire avec des arrières pensées qui affleurent clairement, à savoir créer un parti présidentiel. Il y a un certain nombre de signaux qui ne trompent pas et en Mauritanie tout le monde se connaît.

L’intention réelle des initiateurs est de créer un parti du président, un parti qui tirerait sa force de son identification au Président de la République de sorte que le statut de surpuissance politique de ce dernier se reflète dans la surpuissance bureaucratique de ce parti… et le tour est joué. Dans le contexte de notre histoire constitutionnelle, une telle identification est dangereusement anachronique. Car une chose est de proclamer son soutien au Chef de l’Etat et une autre de créer un parti qui occuperait, en termes d’image dans l’opinion, tout l’espace institutionnel de ce dernier….

Les gens s’activent à créer un parti en laissant penser et dire que c’est la volonté du Président de la République d’avoir un parti à lui. Or le Président de la République ne peut pas vouloir un parti si l’on reste dans la lecture honnête de la constitution actuelle, car la constitution actuelle veut que le Président de la République soit au dessus des partis, même s’il peut être membre du parti qu’il veut. Ce n’est pas seulement un problème de position à l’intérieur du parti (membre de ses instances dirigeantes).

En fait c’est une approche particulière du statut du Président qui, dès lors qu’il est aux commandes, cesse d’être un président militant pour être un président arbitre. D’où la singularité et la surpuissance de ses pouvoirs. On peut contester cette vision là mais il se trouve que c’est l’esprit de la révision constitutionnelle opérée durant la période de la transition, eu égard à l’expérience passée des parti-Etat dans notre pays.

Est-ce que ce flou n’est pas entretenu par le Président de la République lui même qui ne s’est jamais exprimé clairement vis-à-vis de ce parti ?

LGA : Le président de la République est un homme politique mais on a tendance à l’oublier parce que l’opinion le crédite d’être de bonne volonté et de bonne foi en même temps. C’est assez rare sous nos cieux pour un homme politique. Mais nous savons tous que ce parti sera le sien et qu’il y’a de gros risques qui en découleraient sur les équilibres politiques du pays s’il y’avait cette identification que je relevais précédemment.
 
Encore une fois,il est tout à fait sain qu’une majorité veuille soutenir les actions du Président de la République sinon les institutions ne fonctionneraient pas ; c’est sain également qu’un Président de la République cherche le soutien d’un ou plusieurs partis politiques pour l’exécution du programme pour lequel il a été élu. Mais c’est malsain qu’il y’ait une confusion des rôles et fonctions entre les deux. Il reviendra donc au Président de la République de veiller à faire respecter tant la lettre que l’esprit de la constitution. C’est de son attitude que dépendra la clarification nécessaire et le respect des principes…

Ces derniers temps l’opposition est divisée surtout autour de son statut et autour de la distribution des postes de responsabilités, quel est votre avis la dessus ?

LGA :
Ce statut dont on parle, est un statut à problèmes. Beaucoup de gens nous demandent pourquoi nous ne l’avions pas contesté lors de son adoption par le CMJD, en mars 2007 je crois. C’est très simple. C’est nous l’opposition qui avions toujours réclamé ce statut dont nous avions même fait l’un de nos chevaux de bataille à l’époque de Ould Taya. Le contexte de l’élaboration du texte du CMJD est un contexte de crise aigue du « vote blanc » après celui des « indépendants ». Or, en polarisant l’essentiel du texte sur la figure du chef de file de l’opposition, le CMJD créait (peut-être sans le vouloir) les conditions d’un déchirement interne de l’opposition future, c’est à dire celle qui sortirait réellement des urnes présidentielles.

C’était là un conflit hors contexte qui aurait comme signé l’acceptation par avance de la défaite à venir. Psychologiquement et politiquement ce n’était pas tenable. Aussi, avions nous privilégié, peut-être à tort, le fait de l’existence du statut malgré ses lacunes manifestes. Ce que nous estimions nécessaire, c’était d’abord d’avoir un statut et par la suite apporter les corrections nécessaires. Aujourd’hui, il apparaît que ceux qui ont conçu ce statut l’ont fait sur la base de préoccupations qui étaient plus tactiques que stratégiques. Quand on dit statut de l’opposition on pense au rôle et à la place de l’opposition au sein des institutions c’est-à-dire à la manière dont elle va se faire entendre et contribuer à améliorer le fonctionnement des choses et cela dans les normes.

Cela signifie aussi définir la manière dont l’opposition devrait avoir, au sein de l’Assemblée, voix au chapitre ; comment au sein des commissions parlementaires qui existent, malgré qu’elle soit minoritaire, elle pourra quand même marquer la présence de ceux qui ont voté pour elle. En bref, l’idée est que quand on parle de l’opposition, on doit avoir à l’esprit qu’elle pourrait gouverner le pays demain. Donc ce statut doit permettre à l’opposition d’être relativement impliquée dans certains dossiers dont s’occupe la majorité actuelle et qui pourraient lui être transmis une fois au pouvoir. Donc quand on parle du statut de l’opposition on parle d’abord des institutions républicaines et de leur fonctionnement.

Mais si vous lisez le statut actuel de l’opposition, ce qui frappe d’abord, c’est le fait que c’est le statut du chef de l’opposition, le « chef de file de l’opposition », comme le dit l’ordonnance actuelle suivant une terminologie naïvement journalistique et juridiquement creuse. On a intégré cette donnée dans le statut parce qu’on a voulu donner une place centrale à celui qui, de tous les chefs de partis d’opposition est arrivé en tête. C’est une très bonne chose à condition qu’on lise cela en fonction des institutions du pays. Nous sommes dans un régime multipartiste, contrairement au régime bipartiste comme le système anglais où deux partis principaux se partagent l’essentiel de l’espace politique et institutionnel.

C’est d’ailleurs de là qu’est venue la notion de chef de file de l’opposition puisque « l’opposition » se réduit pour l’essentiel à un seul grand parti. Donc dans ce système anglais, c’est naturel. Cela n’est évidemment pas le cas du système politique mauritanien dont la sociologie politique et le mode de scrutin a généré un système pluripartite quasiment à la française voire à l’italienne en raison du phénomène indépendant ! Dans une telle situation, il est aberrant de focaliser ce statut autour de ce prétendu « chef de file » de l’opposition, en en faisant le porte-parole obligatoire de toute l’opposition comme si celle-ci était constitué par un seul parti politique. Cela pose le problème de la faculté qui sera laissée aux autres partis de l’opposition de choisir celui qui sera leur porte parole.

Là on entre dans la logique de la coalition, mais on n’est plus dans le système anglais, car la logique de la coalition suppose que l’on n’y soit pas obligé, le propre d’une coalition étant qu’elle est volontaire sinon c’est la dictature, la violation de la liberté et de la constitution.. Or c’est bien de cela qu’il s’agit dans le statut actuel de l’opposition qui transfère l’hégémonisme traditionnel du parti -Etat au parti majoritaire au sein de l’opposition ! Cela est malsain, dangereux et anti-constitutionnel…

Aujourd’hui,quand le chef de file n’est pas en accord avec les autres chefs de partis d’opposition, la seule chose que prévoit le statut c’est de dire qu’il devra exprimer par consensus le point de vue des autres. A supposer que l’on ne se reconnaisse pas dans ses déclarations, comment savoir si les opinions qu’il a émises sont celles de tout les monde ou non ? Légalement, c’est l’opinion du chef de file qui prime sur tous les autres car le texte ne donne aucune possibilité à quelqu’un qui n’est pas de son avis d’exprimer son refus. Et cela donne au chef de file de l’opposition une position exceptionnelle dans le jeu des institutions.

C’est tellement vrai que tout va se dérouler dans une sorte de jeu entre lui et le Président de la République car en cas de contestation même de sa qualité de chef de file, c’est le conseil constitutionnel qui a été considéré comme l’organe compétent pour gérer le conflit. Le problème est qu’il n’y a que le chef de l’Etat qui peut se saisir du conseil constitutionnel en cas de litige. Alors, dans ce cas, pourquoi le Président de la République devrait-il se saisir du conseil constitutionnel du moment que c’est son opposition qui est en crise ? Voilà l’absurdité de la situation dans laquelle on se trouve ; on va avoir quelqu’un qui est de l’autre bord qui va seul décider d’arbitrer ou non un conflit au sein de l’opposition !

Maintenant accessoirement est venu se poser le problème de la répartition des postes au sein de l’institution de l’opposition.. Soyons clairs : cette institution est une institution de l’opposition parlementaire, c’est d’ailleurs les termes utilisés dans le statut. Il y a en effet une opposition parlementaire et une opposition extraparlementaire, c’est bien d’ailleurs que le statut reconnaisse les deux avec autant de considération pour l’une que pour l’autre sauf que pour ce qui concerne les aspects institutionnels, c’est l’opposition parlementaire qui est pris en compte dans ce qu’on appelle de manière très curieuse l’institution. Dans cette institution, il apparaît que le chef de fil est celui qualifié comme tel parce qu’il dirige le premier parti de l’opposition parlementaire. Donc l’institution est une institution parlementaire. Il en découle que l’esprit qui anime l’institution est l’esprit parlementaire.

Si on veut distribuer d’autres postes au sein de cette institution, il est évident que le même critère du nombre de députés va devoir jouer. Du moment qu’il y a un premier parti parlementaire d’opposition, il faut également prévoir pour le 2ème, le 3 ème etc. C’est de cette inconséquence vis-à-vis de l’UFP que découlent les difficultés que vous évoquez au sein de l’opposition.Nos amis de l’opposition ont été comme d’habitude d’une grande iniquité et même d’un grand irrespect à notre égard alors que nous avons toujours été loyaux et fidèles à l’égard de tous nos alliés.

Pour nous à l’UFP ce n’est pas un problème financier je tiens à vous le dire en toute honnêteté. D’ailleurs nous avions proposé de trouver des formules de compromis dans lesquelles on ne bénéficierait pas des avantages financiers attachés à la fonction qui nous a été déniée par nos. Par contre l’aspect « protocolaire », c’est-à-dire l’aspect politique nous y tenons comme la prunelle de nos yeux. Il n’y a pas de raisons que l’on donne à Ahmed Daddah le chef de fil de l’opposition son statut comme quoi que son parti est majoritaire au sein du parlement et qu’on refuse à l’UFP qui est le deuxième parti quelque avantage honorifique que ce soit. Voila ce que nous avons dit, c’est un problème de bon sens et de respect parce que toute attitude contraire est irrespectueuse et injuste vis-à-vis de l’UFP.

En conséquence de tout cela, notre groupe parlementaire a déposé une proposition de loi qui amende le statut actuel pour le rendre plus conforme à l’esprit d’un authentique statut d’opposition. Nous conservons le principe d’un rôle de premier plan pour le leader du pricipal parti d’opposition avec les mêmes avantages. Nous recadrons simplement l’existence et le fonctionnement de l’institution de l’opposition pour sauvegarder la liberté de chacun de ses membres et pour garantir à chacun son dû, dans le respect de l’égalité démocratique.

Quel est votre avis après l’arrivée de cette première vague des déportés ?

LGA : En ce qui concerne le retour des déportés nous nous en félicitons tous parce que c’est quelque chose d’essentiel dans l’histoire récente du pays et du point de vue de ce que cela représente symboliquement pour l’unité nationale. C’est une excellente chose pour l’ensemble de nos communautés qui ont toujours ressenti cette pratique des déportations comme contraire à nos intérêts et à nos valeurs .Le fait que les déportés soient de retour et qu’il y ait eu un accueil aussi chaleureux de la part des populations toutes ethnies confondues le prouve sans conteste alors que certains avaient voulu bloquer le processus au prétexte d’un risque de tensions intercommunautaires…

Deuxième élément, il est bien que cela soit une promesse faite explicitement par le Président de la République et qu’il l’ait respectée parce que ce n’est pas courant dans notre pays qu’un Président respecte la parole donnée. Mais je me dois d’être honnête avec vous. Je suis resté sur ma faim par certains côtés, dans cet accueil. Je considère qu’il y a eu un certain nombre de lacunes dans cet accueil qu’il faut combler pour la suite. Tout d’abord nous savons que la question des déportés, la question de l’esclavage comme un certain nombre de dossiers sensibles ont fait l’objet d’un consensus national. Tout le monde est d’accord au plan politique sur le fait qu’ il faut qu’il y ait le retour des réfugiés et leur réintégration dans leurs droits, on peut donc considérer que c’est un consensus dur.

Le discours du Chef de l’Etat a reflété l’opinion démocratique saine du pays sur la question. Or, à Rosso, les partis de la majorité étaient absents sauf si je me trompe et j’aimerai bien que ce soit le cas. Il y avait effectivement le Secrétaire Général à la présidence, Chef de fil du nouveau parti, mais ce dernier représentait le Chef de l’Etat ; lui même l’a dit, il ne confond pas ses activités au sein du parti et ses activités au sein de l’Etat. Il n’était pas là pour représenter son parti. Il en va de même du Ministre de l’Intérieur. Il n’y avait pas de personnalités représentatives de la majorité hormis quelques individualités comme le sénateur de Rosso. Il n’y avait que les partis de l’opposition plus l’APP…

Ce n’est pas normal que lors du retour du premier contingent de réfugiés que ces partis dont des dirigeants ou des membres ont eu des attitudes au moins négationnistes dans cette déportation, boycottent cet accueil et ratent ainsi l’occasion de faire œuvre de justice avec leur propre conscience. Ces gens là, on les attendait au tournant car leur présence aurait été significative. Dommage qu’ils ne soient pas venus…

Peut-on alors dire que cette absence montre qu’il y a un vent défavorable à ce retour au sein de la majorité ?

LGA : J’ose espérer que non parce que à ce moment là, ils seraient en position d’opposition vis-à-vis de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Mais ce qui est certain, c’est qu’il y a eu un consensus officiel sur cette question pour moi c’est le plus important. J’espère que beaucoup ne sont pas dans cette posture où ils accompagnent le Chef de l’Etat parce que c’est le Chef de l’Etat mais qu’ils n’en pensent pas moins. Mais je me dis aussi que cela est peut-être un réflexe de gens qui ont l’habitude de s’identifier à l’Etat et qui se disent du moment que leur chef de fil s’est déplacé, il est n’est pas nécessaire de se déplacer.

Sur cette question des réfugiés, les patriotes, les démocrates dans ce pays devront être vigilants afin que ces déportés puissent revenir chez eux, qu’ils réintègrent leurs droits , conformément au compromis national existant sur cette question.. On acceptera pas qu’il y ait des blocages, on acceptera pas qu’il y ait une politique de double jeu qui déboucherait sur une situation contraire à l’intérêt de notre pays. Il faudra aussi faire en sorte que l’organisation soit beaucoup mieux faite matériellement et moralement. Afin que tous puissent y prendre part , en particuliers les organisations de la société civile dont le rôle a été décisif durant toutes les années de braise pour que ce dossier des réfugiés ne soit pas enterré ou escamoté. .

On ne peut pas par exemple donner la parole à une ONG technique chargée d’organiser le retour des réfugiés avec le HCR, et qu’on laisse de coté le FONADH, ce n’est pas du tout normal. Dans cette situation on ne peut pas laisser de coté ceux qui se sont sacrifiés pour cette cause pendant plus de quinze ans, et qui sont allés partout pour la défendre et ont subi toutes sortes de tracasseries. C’est tout dans l’intérêt de l’Etat de faire un bilan sincère de ce premier accueil pour en tirer les leçons, avec comme axe central le maintien de la cohésion politique qui a été obtenue sur un dossier aussi délicat, aussi sensible.

En dépit de ces faiblesses, l’Etat à travers son administration centrale semble jouer le jeu et les discours des ministres présents ont été à la hauteur de l’évènement et il faut s’en féliciter. Mais,il ne faut pas que les partis de la majorité fassent défaut dans cette histoire car si ça ne marche pas c’est tout le pays qui en pâtirait..

Que dire de l’insécurité qui affecte le pays ces derniers temps ?

LGA :
Avec la crise économique et sociale, l’insécurité est devenue l’une des raisons essentielles de l’inquiétude qui règne dans le pays. On a l’impression que le pays est comme insensiblement happé dans un processus dont le développement échappe de plus en plus à l’administration et à ceux qui ont la charge de la sécurité publique. Ces attaques ( contre les touristes français et contre l’ambassade d’Israël) revendiquées par une branche locale d’Al Qaeda se cumulent avec les grosses affaires pendantes de drogue non élucidées pour nous rappeler la précarité de notre situation sécuritaire. Jamais le pays n’a connu une telle situation.

Combinée avec la crise économique et sociale aiguë qui affecte le pouvoir d’achat des masses, cette situation sécuritaire traduit l’ampleur des risques auxquels notre pays est actuellement exposé. Seule une politique de large union nationale, fondée sur les préoccupations essentielles des populations pourra nous aider à nous en sortir. Sinon, l’expérience prouve qu’une fuite en avant sécuritaire détachée de toute politique patriotique est vouée à l’échec et même ne fera qu’accroître les difficultés au lieu de nous aider à y faire face. Telle est en tout cas ma conviction…

 

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