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Le retour du colonel ely ould mohamed vall. Comment l’empêcher? 27 mars, 2008

Classé dans : opinion — Amadou Abdoul Ndiaye @ 19:04

L’éventuel retour du retraité le plus célèbre de notre paysage militaro-politico-financier est inéluctable si des mesures concrètes et urgentes ne sont pas prises, afin d’empêcher ce retour aux allures d’inceste institutionnel du soi-disant père de la démocratie mauritanienne. L’homme qui a confié habilement le pouvoir au docile et nonchalant actuel président. En effet depuis quelques mois, son nom revient dans toutes les conversations. Il multiplie aussi bien les apparitions sur la scène médiatique internationale, qu’à l’intérieur du pays, et les spéculations vont bon train sur une future candidature à la magistrature suprême en 2012 voire avant. Au point que la question elle-même est devenue récurrente au sujet de son retour anticipé à travers des élections « prématurées ».
Quelle étrange bénédiction pour un pays qui ne vibre avec effervescence qu’au rythme des élections ?Cette question est une simple déduction qui est le fruit d’une crainte inavouée ou refoulée d’un retour vers le passé sombre. Je me la pose afin de prévenir les déconvenues du retour d’un compagnon de la première heure du dictateur Ould Taya, aux côtés duquel il a servi, de bourreau et de matraque sans états d’âme. « Depuis qu’il a été nommé, en 1985, directeur de la sûreté nationale, jusqu’au 3 août 2005. ہ ce titre, il a vécu toutes les crises : celle de 1989 avec le Sénégal, celle de 1991 lors de la guerre du Golfe, celle de 1992 lors des débuts heurtés de la démocratisation, les arrestations d’opposants, les exécutions aussi ». (Jeune Afrique).
Si la machine de propagande qu’il a mise en place lors du putsch du 3 août 2005, (chose qui ne doit pas étonner vu son expérience du paysage sécuritaire du pays) est mise en route pour le remettre au pouvoir, il serait trop tard pour lui barrer la route et je ne vois pas qui pourrait s’y opposer. Nous aurons droit à des élections préfabriquées. Souvenez vous Ould Cheikh Abdallahi nous a été vendu sous forme de Pack thématique périmé, puis ils nous a été imposé par des urnes domptées d’avance. Sa politique militairement assistée « économique et sociale » est jugée mauvaise par la population dont le pessimisme ces jours a atteint des niveaux record, perceptible dans la ville Nouakchott où tous les baromètres habituels sont au rouge. Que serions- nous alors sous la présidence de Ely ? ……
à suivre
Dr Kleïb

 

 

Réplique : « Arrestation d’un journaliste ayant essayé de faire une enquête sur la situation des populations « 

Classé dans : article — Amadou Abdoul Ndiaye @ 19:01

Réplique : « Arrestation d’un journaliste ayant essayé de faire une enquête sur la situation des populations C’est dans un souci de rétablir objectivement les faits que je vous livre ce présent témoignage. J’étais un témoin oculaire de cette scène regrettable qui s’est déroulée, hier à la commune de Sebkha. Il est important de livrer une version objective des faits et non des versions erronées afin de passer pour un héros ou une victime.

C’est une propension répandue dans le milieu de la presse. C’est déplorable d’orienter les faits qui sont sacrés et de leurs donner un élan racial ou tribal. Il est important de maîtriser les textes régissant la presse, les droits et devoirs des journalistes et des personnalités publiques.

On n’a pas le droit d’enregistrer quelqu’un à son insu, ni même de le photographier. Ce sont des principes élémentaires que tout journaliste devrait savoir. Mais, ici chacun se fixe ses règles et ses textes.

Quelle presse ?
Avant-hier, j’ai été averti par Cheikh Ould Sidi, président du syndicat des chauffeurs des taxis appelés communément « tout droits », desservant les quartiers périphériques du département de Sebkha, de l’organisation par leur syndicat d’un sit-in dans l’enceinte de la municipalité. Ce mouvement visait à protester contre le déguerpissement des marchands d’étals, des chauffeurs de taxis, des vendeuses de poissons et d’autres marchands ambulants du principal marché de Sebkha.
 
Injonction leur avait été donnée de se rendre au nouveau marché de Basra, en attendant la fin de la construction des kiosques aux alentours du dispensaire du cinquième arrondissement et de l’édification d’un marché spécialisé de vente de poissons en lieu et place de l’actuel marché de vente des poulets, en face du dispensaire inter entreprises.

Je me suis rendu donc à la commune pour couvrir ce sit in. Après avoir écouté la version des marchands déguerpis, venus en masse. Le Maire de Sebkha, Mme Raby Haïdara a reçu sept représentants délégué par les protestataires, en présence du secrétaire général de la commune, du trésorier municipal et de deux journalistes en l’occurrence Mohamed Elmoctar Ould Abeka, du quotidien «Essevir » et moi-même.

Elle a tenu, rien ne l’obligeait à accepter notre présence, à ce que nous soyons les témoins oculaires de cet entretien et à en rendre compte. Lors de cet entretien, le bureau du maire était fermé pour éviter tout dérangement.
A l’entame de cet entretien, Mohamed Elmoctar a commencé à enregistrer les propos du maire. Elle a, poliment, demandé Ould Abeka de ne pas enregistrer ces propos. Elle se disait prête à la fin de cet entretien de répondre aux questions des journalistes et a donné d’autres précisions. Mon confrère se pliera tout bonnement.

L’entretien se poursuivra. Mais quelques minutes après, Ould Abeka revient à la charge. C’est un collaborateur du maire qui lui demandera de ne pas poursuivre l’enregistrement. Il prétexta qu’il ne comprend ni le Poulaar, ni le wolof et qu’il se doit d’enregistrer. Le Maire lui demandera également de manière polie d’écouter l’enregistrement.

Ould Abeka opposera un niet catégorique. Le maire laissa entendre qu’elle se réserve le droit de porter plainte contre le journaliste pour s’être livré à un enregistrement illégal sans son consentement.

Malgré les différentes doléances du maire, de ses collaborateurs et même des marchands, Ould Abeka restera intransigeant. Il ordonnera à ce que la porte soit ouverte. Le maire refuse d’obtempérer. « Tant que nous n’aurons pas fini notre réunion, nous n’allons pas ouvrir cette porte ». Ould Abeka entre alors dans une vive colère et se laissera aller à des propos désobligeants et peu amènes. Je ne saurai les répandre ici.

Il a forcé la porte à coup de pied. Jamais, Mme Raby Haïdara ne s’est emportée et n’a tenu, ni injures, ni menaces. Humiliée devant ses propres administrés et dans ses locaux, elle a appelé le commissaire de police de Sebkha I pour porter plainte contre Ould Abeka.
Par ailleurs, Mme Le maire n’a d’aucune manière, au cours de cet entretien, poussé les marchands à se rebeller contre l’autorité administrative. Elle a déclaré que cette opération de déguerpissement émane des pouvoirs publics qui entendent, dans le cadre d’un vaste plan de sécurisation et de salubrité publique, réorganisé les marchés de la capitale.

Elle a demandé aux marchands d’aller occuper le marché de Basra qui sera bientôt doté de tous les services de base (route bitumée, eau, sanitaires et électricité). Elle a fait part aux marchands du dilemme auquel elle est confrontée. Les marchands lui ont fait part du racket auquel ils sont confrontés. Elle a tenu à leur dire que d’aucune façons, elle n’a envoyé des agents collecter des taxes.
La cassette en question est aux mains de la police.
Je me tiens disposé à vous apporter d’autres éclairages.
THIAM MAMADOU du journal LE CALAME

 

 

Entretien avec Hani Ramdan 25 mars, 2008

Classé dans : article — Amadou Abdoul Ndiaye @ 20:00

Entretien avec Hani Ramdan  dans article ramadan_hani«…l’idée de s’en prendre à une ambassade israélienne ailleurs dans le monde, de s’en prendre à un rabbin ou à des juifs ailleurs que dans des lieux où des militaires israéliens, des colons agressent des palestiniens (…) ne se justifie en aucune manière. »

La Tribune : Vous êtes en Mauritanie, un pays islamique qui a adopté au parlement une loi incriminant l’esclavage et ses pratiques. Y a-t-il en islam des textes qui interdisent de façon concrète et expressive l’esclavage ?

Hani Ramadan : Dans les sources, le coran et la sunna, il n’existe aucun texte qui interdise la pratique de l’esclavage. Mais dans les enseignements de l’islam, au niveau de la zakat, au niveau de ce qu’on appelle ‘al kaffaraat’, c’est-à-dire lorsque quelqu’un doit expier un certain nombre de fautes, tout va dans le sens de l’affranchissement des esclaves. Et si on observait l’ordre de ces principes et si on les mettait en pratique, on arriverait progressivement à dépasser le problème de l’esclavage…

La Tribune : Si l Islam n’est pas une religion violente comment se fait-il que dans leurs sermons certains prêcheurs fustigent et maudissent en les nommant l’Amérique, Israël, etc. ? N’est-ce pas-là une invitation des fidèles à la haine et à la violence ?

Hani Ramadan : Ecoutez, dans le coran on nous dit : ‘alaa la’natoul laahi alal kaafiriin’, c’est-à-dire, ‘certes la malédiction de Dieu soit sur al kaafiriin, c’est-à-dire sur les incroyants, sur les négateurs. Ça c’est une proposition générale. Nous autres musulmans lorsque nous nous adressons à tel ou tel individu même s’il se présente à nous comme un incroyant nous lui devons le respect dans le dialogue. Nous devons, dans le respect, dialoguer de façon à faire comprendre ce qu’est l’islam.

On ne peut pas comme le disait l’imam En Nawawi maudire nommément un incroyant pour la bonne et simple raison que la malédiction veut dire la mise à l’écart à tout jamais de la miséricorde divine. Et cela personne ne peut le décréter à la place de Dieu soubhaanahou wa taalaa. Il se peut que cet homme soit orienté plus tard et qu’il en vienne à la soumission. Donc je ne peux pas, moi, décréter de façon péremptoire et catégorique que tous ces gens-là sont maudits et qu’il faut les balayer tous. Il faut entrer dans une logique de dialogue et de respect de l’être humain.

La Tribune : Ce qui veut dire que les imams qui parlent en ces termes sont aux antipodes de ces principes…

Hani Ramadan
: Moi je ne vois pas à quoi vous faites allusion. Il faudra peut-être analyser le contenu de ces sermons. Dans quels contextes ils ont été dits, par rapport à quelles formes d’agressions ils ont été prononcés venant de tel ou tel gouvernement occidental. Lorsqu’on pense par exemple aux agressions répétées du gouvernement des Etats-Unis contre le monde musulman, que ce soit en Iraq, que ce soit en Afghanistan ou que ce soit l’aide apportée à l’Etat d’Israël contre les Palestiniens, eh bien parfois un discours peut être tenu au nom de l’islam pour rendre attentifs les musulmans au fait qu’il y a là des hostilité ouverte déclarée, néfaste et nuisible pour l’ensemble de la communauté ; et qu’il convient de la dénoncer avec véhémence.

La Tribune : Dans la conférence sur Islam et violence que vous avez présentée samedi après midi, vous avez répondu à une question se rapportant aux kamikazes. Vous semblez justifier ces opérations comme une forme de légitime défense, arguant qu’elles se seront déroulées sur des champs de bataille hostile à l’épanouissement des musulmans…

Hani Ramadan
: Ecoutez, dans l’exposé que j’ai fait, j’ai donné une image très simple. D’ailleurs je l’avais écrite dans un article en Suisse et cela avait été publié dans la presse francophone et parfaitement admis de lecteurs qui ne sont pas musulmans. J’avais donné cette image de quelqu’un qui est chez lui et qui voit qu’on entre dans sa maison, on viole sa propriété, on vole son bien ; on l’agresse de cette façon là et on lui propose d’aller vivre dans la cave ou dans la niche, dans la cour ou bien de quitter complètement ce lieu sous prétexte qu’il ne lui appartient pas.

Cet homme peut exécuter ces ordres ou bien choisir de s’exiler. C’est une possibilité. Il peut choisir dignement de se défendre chez lui. Et puisqu’il voit que ces soldats qui entrent chez lui tuent ses voisins, tuent ses proches, ont tué sa fille ou bien son père ou bien ses grands parents ; et voit ces actions qui sont menées de façon complètement inhumaines par un Etat qui, il faut bien le dire, est un Etat assassin, s’il choisit de se défendre en se disant : ‘je n’ai plus d’autre recours. Soit je meurs, je suis tué par ce soldats et mon bien va être volé, soit j’attends qu’ils viennent dans mon appartement là ou je suis et je prépare quelque chose et le fait sauter, je me fait sauter et je fait sauter avec moi tous ces gens qui n’ont rien à voir avec moi’. Eh bien dans ce cas extrême, il s’agit d’un acte de légitime défense. C’est un cas extrême.

L’homme n’a pas d’autres moyens, n’a pas d’armes sophistiquée pour répondre à une agresion militaire qui elle dispose d’armes extrêmement perfectionnées. Et donc il se défend, il est chez lui. En dernier recours, est-ce que cet acte est une forme de suicide ou bien c’est le martyr ? La plupart des savants considèrent que c’est une forme de martyr.

La Tribune : La légitime défense c’est pour à sauver la vie. Si cette forme de martyr consiste tout simplement à mourir, ce n’est plus de la légitime défense…

Hani Ramadan
: Comment ça ce n’est pas de la légitime défense ? Pensez simplement à l’exemple que je vous ai donné. Et le prophète Muhammad alayhi salat wassalam a explique que celui qui lutte pour défendre son bien et qui est tué en défendant son bien est un martyr…

La Tribune : tué par qui ?

Hani Ramadan : Par l’agresseur.

La Tribune : Pas par lui-même, alors.

Hani Ramadan
: Oui mais vous allez discuter dans ce sens-là autant que vous voudrez mais vous n’êtes pas à la place des palestiniens. Pour les palestiniens il y a un agresseur qui est là et ils ne disposent pas d’armes, ils ne disposent pas de moyens pour le combattre dans leur propre pays islamique qui est colonisé. Ils sont abandonnés et laissés à eux-mêmes. Et moi je pense que l’image que je vous ai donnée peut vous laisser comprendre que quelqu’un peut choisir de mourir dignement plutôt que de céder son bien ou de remettre en cause son honneur.

La Tribune : Comment expliquez-vous alors que la plupart du temps les martyrs soient des jeunes ; envoyés souvent à la mort par des leaders soi-disant islamistes…

Hani Ramadan : En posant cette question, vous montrez que vous êtes complètement influencé par les média occidentaux : ‘ce sont des jeunes envoyés par des responsables religieux, des responsables du Hamas. Ce sont des barbares qui utilisent ces jeunes pour les envoyer se faire tuer’
. Il faut arrêter ! Ce ne sont pas que des jeunes, ce ne sont pas que des personnes qui sont lancées. Ceux qui vivent cette situation défendent leurs territoires ! Et vous verrez que la plupart du temps ces gens-là ne sont pas des enfants. Ce sont des gens qui ont pris une décision d’agir dans ce sens.

La Tribune : Donc, il peut y en avoir qui soient âgés de plus de cinquante ans…

Hani Ramadan
: Vous parlez de quelle région ? Moi par rapport à tout ce qui vient d’être dit, j’illustre le cas de la Palestine en Palestine. Pas à l’extérieur. Il ne s’agit pas d’aller faire des attentats à l’extérieur de ce territoire. C’est là ou il y a agression qu’il y a légitime défense. Et je parle de la Palestine occupée.

La Tribune : Il y a eu ce 11 septembre 2001. A l’époque certaines interprétions ont fait le rapprochement avec les contenus des versets 108 et 109 de la sourate Altawba (Le repentir). On a voulu y voir une prévision de la Révélation. Docteur en philosophie, monsieur Hani Ramadan, qu’est-ce que vous en pensez ?

Hani Ramadan : Penser de quoi ? Je n’ai pas compris votre question.

La Tribune : Le 11 septembre, on sait que les deux tours jumelles qui sont tombées étaient numérotées 108 et 109. D’aucuns ont dit que selon le contenu des versets 108 et 109 de la sourate Tawba ce qui est arrivé à l’Amérique ce fameux 11 septembre était prévu. Qu’en dites-vous ?

Hani Ramadan : Je ne vois pas quel rapport il peut y avoir entre ce qu’on appelle l’histoire de Masjid Ed dharaar, la mosquée qu’avaient construite les hypocrites pour faire concurrence au prophète Alayhi salaat was salam, alors que c’étaient des hypocrites et le prophète a ordonné que l’on détruise cette mosquée. Ce qui avait été fait. Ça n’a aucun rapport avec ce qui s’est passé au niveau des deux tours jumelles.

Ce que nous pouvons affirmer de façon tout à fait claire c’est que l’attentat contre les tours jumelles, que ce soit à New York, que ce soient les attentats qui se sont déroulés à Madrid ou dans des capitales occidentales différentes, dans le monde en général ou dans les capitales, j’allais dire, arabes… tout cela est injustifié. Parce que là on touche des innocents qui sont en dehors du cadre de l’agression. Et puis là il s’agit de terrorisme qui ne se justifie en aucune manière. Et le coran est tout à fait clair.

Le coran nous dit : ‘celui qui transgresse contre vous, qui vous agresse, agressez-le dans une mesure équivalente’. Agressez-le, transgressez contre lui comme il a transgressé contre vous. Cela veut dire qu’il faut s’en prendre à celui qui est responsable de l’agression. Non pas à son voisin, celui qui a la même couleur de peau, ou qui appartient à la même nation et aller toucher des innocents ici et là. Non !

Le monde musulman est agressé par les armées, par les gouvernements qui agissent. Et pour autant il ne faut pas considérer que toutes les populations de ces nations sont pareillement responsables. Il faut être juste et l’islam interdit cette forme de terrorisme. Cette forme de violence qui est exportée et qui ne concerne pas les lieux d’agression. Par conséquent j’irai plus loin, je dirai que l’idée de s’en prendre à une ambassade israélienne ailleurs dans le monde, de s’en prendre à un rabbin ou à des juifs ailleurs que dans des lieux où des militaires israéliens, des colon agressent des palestiniens, est non seulement une erreur, mais ça ne se justifie en aucune manière. Il faut se respecter les uns les autres dans un cadre où on vit de façon pacifique.

La Tribune : La notion de République est rendue en arabe par le mot ‘al joumhouriyya’. Un terme que l’on ne rencontre pas certainement dans les textes islamiques, coran et sunna. Pensez-vous que l’érection de la République dans un pays islamique tient la route ?

Hani Ramadan : Ecoutez, La ‘respublica
’, cette notion qui va permettre en occident de réaliser un Etat qui repose sur l’idée qu’il y a un lien public, qu’une communauté défend dans le sens qu’on respecte les individus au sein de cette communauté, qu’on y propage la démocratie, qu’on y respecte les règles d’une certaine laïcité ; il faut bien dire qu’on va dans ce sens à partir du moment où on évolue dans le sens du modèle occidental. Cela en Islam doit être considéré avec beaucoup d’attention.

En ce sens que normalement les musulmans doivent se définir ce qu’est un état islamique. Non pas se définir en utilisant des concepts qui sont étrangers mais revenir aux sources qui sont les leurs. Qu’est-ce qu’un Etat islamique ? Et quand on veut définir ce qu’est un Etat islamique, on revient au coran et à la sunna. On revient à son application historique du temps du messager de Dieu et ce que les savants ont pu concevoir autour de ce principe là. Et dans cet Etat islamique on reste ouvert à la modernité. Parce que les orientations coraniques, les orientations dans les sources de l’islam concernant l’Etat, l’appareil de l’Etat, le droit constitutionnel sont des orientations qui nous donnent de grandes lignes et de grands principes généraux.

Si on applique ces principes généraux, on pourra adapter ou utiliser ou intégrer des éléments qui sont positifs dans d’autres cultures par rapport au droit constitutionnel. Ce n’est pas interdit. Mais il ne faut pas que cela contredise le cadre dans lequel le penseur ou les musulmans pensent ou agissent et appliquent les principes de l’Islam. Je donne un exemple : quand on parle de démocratie et de souveraineté du peuple, est-ce que le peuple est souverain dans l’islam ? Est-ce que le peuple est roi en Islam ?

La réponse est tout à fait claire. On ne peut pas dire que le peuple est souverain. Ce qui est souverain c’est la loi islamique qui s’applique à tous en tant que gouvernants et gouvernés. Dans le cadre de cette loi, il est possible de respecter la volonté populaire, d’adopter l’idée d’élection. Mais cela se fait par rapport à des décisions qui ne vont pas heurter et contredire le cadre de la Charia. Donc l’islam permet de conjuguer deux choses qui sont essentielles et qui sont nécessaires à l’homme. Des principes fondamentaux qui ne changent pas, qui sont immuables et en dehors desquels l’humanité est promise à une décadence nécessaire. Et ces principes Dieu les connaît et les transmet à travers la révélation.

Mais ces principes sont en nombre réduit et ce n’est pas un oubli du législateur mais c’est une miséricorde justement pour permettre à l’homme de trouver des solutions à des situations nouvelles ; ce qu’on appelle ‘El’ijtihaad’ Donc une ouverture sur la modernité, sur les éléments positifs de cette modernité : l’homme peut réfléchir, produire et concevoir des instruments nouveaux pour gérer la cité. Cela n’est pas interdit. Mais toujours dans le cadre de la loi. Donc une souplesse à cet endroit qui permette d’aller dans le sens de la modernité. C’est ce juste milieu qui est défini dans l’Islam. On doit éviter les extrêmes. C’est-à-dire soit on s’en tient à une forme d’intégrisme religieux qui n’existe pas dans l’islam.

L’intégrisme, c’est une notion qui vient du catholicisme, une certaine façon de refuser la modernité. Eh bien cet intégrisme-là qui empêche toute réforme dans un dogmatisme fermé, c’est quelque chose qui est étranger à l’islam. L’autre extrême, c’est ce qu’on observe aujourd’hui dans les sociétés occidentales modernes où dans le courant des démocraties, on en vient constamment à voir des principes éthiques et moraux revus à la baisse. Dans le sens que le peuple va finalement déterminer la norme et quand un peuple détermine la norme, et qu’il se laisse aller sur la pente de la permissivité, la norme change avec le temps.

Ce qui il y a un siècle était interdit est parfaitement autorisé. Cela ne veut pas dire qu’on va dans le bon sens. On prétend que c’est une liberté fondamentale qui est acquise, mais en fait il n’y a plus la norme essentielle qui permet de préserver les valeurs éthiques et morales. C’est la révélation et se principes fondamentaux qui permettent de préserver ces valeurs éthiques. Et si l’homme laisse ces principes fondamentaux immuables, il va glisser dans le sens de la perte de ces valeurs éthiques et morales. Si bien que les démocraties actuelles, quand elles sont privées de cette référence à la transcendance, progressivement elles vont vers une forme de décadence où on n’a plus de repères.

La Tribune : Un peu comme la légitimation de l’homosexualité et autres pratiques. Mais dites moi, est-ce que le hadith du prophète selon lequel « ne réussira jamais un peuple qui aura confié leur destin à une femme » peut être actualisé dans le monde musulman d’aujourd’hui. (NDR : hadith rapporté par Boukhari se référant à une réaction du prophète Muhammad à l’information selon laquelle à la mort du roi, Kisra –Kecheros- le trône a été confié à sa fille).

Hani Ramadan : Alors, il est clair que c’est une orientation prophétique. C’est pour nous un élément qui montre que par rapport à la direction suprême de la communauté ce rôle revient aux hommes. Mais l’islam n’interdit pas à la femme d’avoir un engagement politique, d’être ministre, d’être représentée au parlement. Déjà au 7e siècle c’était le cas : on voyait les femmes se rendre vers le messager de Dieu alors qu’elles étaient déléguées de la communauté des femmes pour aller poser un certain nombre de questions ou revendiquer certaines choses. Ce qui nous permet de dire que l’engagement politique est ouvert devant la femme dans le cadre qui est imparti selon la loi islamique.

Propos recueillis par KISSIMA

Exergues : « On ne peut pas comme le disait l’imam En Nawawi maudire nommément un incroyant pour la bonne et simple raison que la malédiction veut dire la mise à l’écart à tout jamais de la miséricorde divine. » « On ne peut pas dire que le peuple est souverain. Ce qui est souverain c’est la loi islamique qui s’applique à tous en tant que gouvernants et gouvernés »

«… les démocraties actuelles, quand elles sont privées de cette référence à la transcendance, progressivement elles vont vers une forme de décadence où on n’a plus de repères. »

La Tribune n°392 via www.barrada.unblog.fr

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)

 

 

Rapatriement: La machine se serait-elle grippée ?

Classé dans : article — Amadou Abdoul Ndiaye @ 19:56

Les rapatriés des deuxième et troisième contingents arrivés les 13 et 18 mars 2008 n’auront pas eu autant de chance que ceux de la première vague arrivés le 29 janvier. Pourtant on pensait qu’avec l’expérience du premier contingent test, nos experts du HCR, de l’ALPD, de l’ANAIR avaient rodé la machine et que la suite se passerait comme sur des roulettes.
Il n’en est rien. Seul l’aspect administratif s’est bien déroulé pour les deux derniers contingents. Dès l’arrivée au débarcadère, les rapatriés accuillis par les autorités civiles et militaires, les élus locaux et des représentants de partis politiques sont conduits au site de transit où une quarantaine de tentes avaient été placées. C’est là que les formalités d’enregistrement ont eu lieu avec les services de l’état-civil et de la carte d’identité nationale.C’est là que les délégations envoyées par des partis politiques sont venus leur souhaiter la bienvenue. L’APP par exemple a envoyé une forte délégation avec notamment le député de Nouadhibou et le maire de Zouérate.
Par la suite les rapatriés ont été acheminés dans leurs sites d’accueil. C’est là que la confusion a commencé. Des rapatriés placés à Rosso entre Ndiourbel et l’ancien lycée ont vu leurs bagages envoyés à Madina Salam à 31 km vers l’est. Cette même famille ne recevra le paquet d’aide au retour que le surlendemain. Les habitants de ce même site ont passé la journée du 19 à attendre et ce n’est que vers 23 heures qu’on leur a apporté deux cabris et une brebis.
Toute la journée les enfants l’ont passé à guetter les voitures qui approchaient. Notons que ces rapatriés contrairement aux autres sont dans une zone où il n’y a pas le moindre voisin chez qui on peut s’abriter entre 11 heures et 16 heures quand la chaleur est insupportable sous les bâches du HCR. Ces sept familles n’auront des latrines provisoires (1m2 ) que plus de 48 heures après leur arrivée et ce sur l’insistance du wali et du hakem.
Contrairement aux rapatriés du premier contingent, ceux des deux autres qui ont suivi n’ont pas eu droit à une aide financière de 3500 UM par personne. En lieu et place ils ont eu droit à un réchaud à gaz par famille. La différence est énorme. Nos derniers rapatriés venus d’un pays où circule une autre monnaie se sont retrouvés seuls sans argent dans un pays qui pour être le leur était plutôt étranger après toutes ces années d’exil.

Au Pk 6, quand nous sommes arrivés le 20 mars vers 13 heures, il n’y avait pas âme qui vive. Ils étaient tous allés s’abriter dans les huttes de leurs voisins. Il était 13 heures. C’est en ce moment même que le HCR apportait l’eau dans ce site appelé pk6 2. Un peu plus loin au Pk 7 (juste derrière la centrale) les rapatriés se plaignaient de leurs conditions. ‘Ce n’est pas la famine qui nous a fait quitter le Sénégal. On s’y plaisait bien. Nous avons cependant préféré revenir chez nous, mais ce n’est pas encourageant ce que nous avons trouvé. Nous finirons par aller faire un sit in chez lez wali’ nous a confié un rapatrié.

Dans tous ces sites le problème de la scolarisation des enfants se pose. En pleine année scolaires des élèves venus d’un système éducatif différent, perdent des semaines précieuses ce qui risque de compromettre leurs études.

Il est urgent que les responsables prennent les choses en main.
Djigo Aboubakry

Note: Info Source: La Tribune (Mauritanie)

 

 

Coup d’Etat démocratique’ : Mise en valeur ou mise en scène ?

Classé dans : article — Amadou Abdoul Ndiaye @ 19:45

Coup d’Etat démocratique’ : Mise en valeur ou mise en scène ?  dans article ely_0006C’est à Genève que l’ancien chef d’Etat, président du CMJD, le colonel Eli Ould Mohamed Val, a choisi de faire sa première grande sortie publique pour 2008. En marge du festival international de film, une sorte de table-ronde a été organisée autour de l’expérience mauritanienne.
Le colonel Ould Mohamed Val était la personnalité centrale du débat. Le débat était modéré par François Sergent, rédacteur en chef adjoint de Libération. Contrairement à ce qui a été annoncé aucun film n’a été projeté concernant la vie du colonel.
Pour beaucoup, ce fut l’occasion d’ouvrir un vrai débat sur l’expérience mauritanienne. Ce que Ould Mohamed Val appelle simplement “changement” a fini par être une véritable révolution dans les mœurs politiques. Surtout que dans le monde arabe, l’exemple risquait d’être suivi.
Une précision cependant : le coup d’Etat du 3 août est le fait d’abord des deux jeunes colonels Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazwani, les autres ont été obligés de prendre le train en marche. Les détails du processus, son timing, ses objectifs et sa philosophie ont été fixés longtemps avant. Parce que la gestation du changement a commencé au lendemain de juin 2003.
Le seul mérite des ‘anciens’, c’est d’avoir accompagné le mouvement du changement. Pour le reste, on sait comment ils ont essayé de le dévoyer, tantôt en voulant prolonger la transition, tantôt en voulant la ‘diriger’. Les épisodes des ‘indépendants’, puis de l’appel au ‘vote blanc’ sont des étapes notoires de cette volonté de récupérer les dividendes du coup du 3 août.
La fermeté des auteurs du coup, la pression extérieure et finalement intérieure devaient barrer la route à toutes les velléités. En attendant d’y revenir avec plus de détails, nous vous proposons en lecture ‘l’événement de Genève, tel qu’il a été couvert par www.ikiru.ch/blog/ :
«A priori, on peut se demander ce que les termes “démocratique” et “coup d’Etat” peuvent bien avoir en commun. Quel sens peut-on trouver à une phrase composée de ces deux antinomies. Un coup d’Etat ne peut être démocratique, puisqu’il se solde immanquablement par un régime autocratique, voire oligarchique.
C’est pourtant en pariant sur la réussite d’un coup d’Etat de transition, un “changement” comme il préfère dénommer son acte, que Ely Ould Mohamed Vall renverse Maaouiya Ould Taya, au pouvoir depuis plus de vingt ans en Mauritanie. Jusque-là directeur de la sécurité du pays, il profite du départ de Ould Taya en août 2005, qui se rend aux obsèques du roi saoudien Fahd, et prend le pouvoir à la tête d’un junte. Il promet de remettre le pouvoir à la population “au plus tard dans 2 ans”.
Personne n’est dupe, la communauté internationale, l’Union européenne et l’Union africaine, tous condamnent la prise de pouvoir contraire au droit international, et demandent à Vall de rendre les rênes. Et 19 mois plus tard, Vall et sa cohorte se retirent. L’ancien président a pris la peine de s’expliquer sur ce coup d’Etat lors de la 9ème et dernière journée du 6ème Festival international du film sur les droits humains.
Brève présentation de la Mauritanie, tout d’abord. Grande comme deux fois la France, elle est composée de 3 millions d’habitants, dont 1 million de votants. Elle est sous le régime d’un parti unique depuis son indépendance (en 1960), et connaît une succession de coups d’Etat jusqu’en 1984, année où Maaouiya Ould Taya prend le pouvoir. Il le perd en 2005, lors du dernier coup d’Etat (réussi).
 Le pays est majoritairement arabe, officiellement musulman (le pays se nomme “République islamique de Mauritanie”) ethniquement très diversifié, et fait partie depuis peu du club des Etats producteurs de pétrole. Ca n’en reste pas moins un pays très pauvre du monde arabo-musulman.
C’est dans un contexte qu’il décrit comme sans issue, qu’Ely Ould Mohamed Vall renverse le président d’alors. Il explique, en effet, que le “droit le plus élémentaire pour un peuple est de disposer de sa propre liberté”. Or, invariablement depuis l’indépendance, le régime du parti unique décide à la place du peuple. Chaque nouveau dirigeant décrétait, jusqu’en 2005, que “le peuple n’était pas prêt pour la démocratie”. Cette situation aurait pu se perpétuer sans fin.
“Nous avons décidé que cette situation devait être changée, et qu’il fallait s’attaquer au système. Plus qu’un problème d’homme, c’était un problème de système”, explique l’ancien n° 2 du régime. Et si Vall décide de révolutionner le système pour le bien de son pays, pour que le peuple puisse reprendre en main son destin, l’après-putsch est minutieusement préparé.
La reconstruction du pays, une fois l’ancien despote renversé, doit répondre à deux impératifs : la concertation et le consensus. Tous les acteurs doivent être associés au processus (intellectuels, partis politiques, journalistes, population, ONG de tous les horizons), et ces acteurs doivent réussir à se mettre d’accord entre eux.
Le programme qui sera élaboré au fil des mois mettra en avant la nécessité d’avoir des mécanismes garantissant la bonne gouvernance, une justice impartiale, et que la démocratie soit le coeur de la vie politique mauritanienne. Le résultat, une constitution et des élections transparentes et équitables, a requis l’implication de toute la société du désertique pays ainsi que les “recommandations et financements de la communauté internationale”, précise Vall.
Ce processus inédit permit à ce que “la légitimité du pouvoir soit assurée, la société de mon pays s’apaise, la société civile se sente impliquée dans la vie nationale, la justice soit efficace, la presse soit libre, les partis politiques soient nombreux – à ce jour, entre 5 et 6 partis siègent au parlement”, continue-t-il.
Moncef Marzouki, de la ligue tunisienne des droits de l’homme, un bourlingueur qui a rencontré beaucoup de dirigeants lui promettant un “processus démocratique”, raconte sa surprise lors de son arrivée en Mauritanie : “c’est un exemple important pour tout le monde arabe. La démocratie s’est imposée dans l’un des pays arabes le plus pauvre, c’est un exemple pour toute la région”.
Ayant passé la majeure partie de sa vie en Tunisie, un Etat où la liberté de la presse est inexistante et le bourrage d’urnes la règle, il n’en revenait pas, explique-t-il : “Les gens interrogés, dans leur grande majorité, ne me rapportaient aucun incident, aucune tricherie”. L’exemplarité de la Mauritanie lui tient à coeur, et le voilà à se prendre à rêver d’une transposition de ce processus dans son propre pays.
Premier – et seul – cas de transition d’un pays arabe vers une démocratie pleine et entière, l’expérience mauritanienne amène Robert Ménard, président de Reporters sans frontières (RSF), à expliquer que la Mauritanie est source de “remises en questions pour tout ce que nous croyions jusque-là. Peut-être que nos leçons sur les droits de l’homme ne sont pas si justes que cela”, et que si le fond de la démocratie et ses valeurs ne devraient pas être remises en question, la forme que peut prendre une démocratie peut être adaptée à la culture du pays.
Les exigences posées par l’Occident aux dictatures actuelles sont peut-être déplacées : si un coup d’Etat peut amener un pays à se transformer en démocratie exemplaire, il est peut-être temps de revoir bien des idéaux défendus jusque-là; et Ménard de se demander si, lorsqu’il condamna l’arrêt des élections avant la tenue du deuxième tour en Algérie – ce qui aurait permis aux Islamistes de prendre le pouvoir -, était si justifié que cela.
Tout semble pour le mieux dans le meilleur des mondes, n’est-ce pas ? Cela étant impossible, des éléments doivent nous être cachés; on ne saurait passer d’un système autoritaire à un système démocratique sans heurt. Même en Allemagne, la Chute du Mur et la réunification qui s’en est suivie ne s’est pas effectuée sans l’épreuve de l’amnistie – des corrompus -, des violences entre les financiers du processus – RFA - et bénéficiaires – RDA.
La Mauritanie, qui prétend le contraire, doit forcément avoir des cadavres sous le placard. Ménard semble avoir perdu tout esprit critique en l’affaire, en dehors du lucide cri “ne revenez pas” adressé à Vall. Il est vrai que RSF a été pleinement impliqué dans la réalisation de la loi sur la presse; y a-t-il une relation de cause à effet ? Pour éviter une telle suspicion, RSF aurait dû rester dans son rôle de juge; en devenant partie, son objectivité sera sans arrêt questionnée.
 Autre bémol, plus clairement exprimé, Marzouki présente une longue liste de critiques qu’il aurait entendu : ce sont les militaires du dernier coup d’Etat qui se cacheraient derrière le vainqueur de la présidentielle, l’impunité des précédents bourreaux rallume parfois des braises cachées, les journaux ne sont pas impartiaux, la corruption est loin d’avoir disparue, etc. Il se garde bien de formuler ces critiques en son nom propre; plus tard, en aparté, il explique que bien qu’il ait constaté des irrégularités, la Mauritanie est aujourd’hui le meilleur espoir pour le monde arabe.
Le cas mauritanien est porteur d’espoirs immenses, certes, mais il pose plus de questions qu’il ne donne de réponses. A vrai dire, les seules réponses concernent les activistes des droits de l’homme : tous ont fait du chemin, sont capables de placer leurs pions sur une table d’échecs, et de les laisser se faire manger pour faire un plus beau coup par la suite.
Le temps où les militants fonçaient tête baissée dans l’idéalisme, faisant fi de toute stratégie, semble définitivement révolu. Le monde des droits de l’homme, encore jeune, s’est professionnalisé à toute allure. Il est capable de fermer les yeux sur quelques mineures broutilles, espérant des gains plus élevés pour le futur. Certains appelleront ça du cynisme; c’en est peut-être. Est-ce forcément un mal ? N’y a-t-il pas la place pour le doute ?
 Les questions soulevées sont aussi nombreuses que fondamentales : peut-on accepter une violation du droit, le remplacement d’un gouvernement, si c’est pour installer une démocratie ? Doit-on pousser en toute occasion les revendications occidentales pour les droits humains, jusqu’au bout et sans égards pour les avis contraires ? Sur quelle base une démocratie peut-elle prendre racine ?
A ce sujet, Ely Ould Mohamed Vall rappelle avec pertinence qu’il faudra attendre la IIIème République française – presque un siècle après la Ière – pour que la démocratie s’installe définitivement en France. Quelles leçons peut-on tirer de notre passé, et ce passé est-il transposable dans toute société, en tout temps, sans délai ? Ou encore, quel rôle accorder à la justice dans la réconciliation nationale, alors qu’on met en place des systèmes de justice transitionnelle un peu partout en Amérique du Sud et en Afrique ?

Auteur d’un coup d’Etat, qui plus est ancien responsable des services de sécurité, le voilà qui est invité et prend la parole lors d’un festival consacré aux droits de l’homme. C’est sûr, certaines certitudes volent en éclats.

Après tout, les certitudes sont faites pour voler en éclats

La Tribune n° 392

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)

 

 

Les abus de la police française contre Me M’Baye

Classé dans : article — Amadou Abdoul Ndiaye @ 19:34

 Les abus de la police française contre Me M'Baye  dans article Bmaye_fatiPlusieurs ONG mauritaniennes membres du Forum national des droits de l’homme (FONADH) ont dénoncé, lundi soir au cours d’une conférence de presse, « la violence et les abus » de la police française contre maître Fatimata M’Baye, présidente de l’Association mauritanienne des droits humains (AMDH).
Il s’agit de la Commission nationale des droits humains (CNDH), Conscience et Résistance (CR), la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADHO) et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).
Lors de cette rencontre avec la presse, maître Fatimata M’Baye, par ailleurs vice-présidente de la FIDH et avocate au barreau de Nouakchott, a déclaré avoir été arrêtée et placée en garde à vue le 11 mars 2008 à l’aéroport Charles De Gaule de Paris, en même temps qu’un médecin français du nom de Bernard Pierre Marie.
L’avocate mauritanienne et le médecin français devaient prendre un vol Paris-Nouakchott (Air France 765) à bord duquel un jeune mauritanien du nom de Mohamed Sidibé faisant l’objet d’une mesure de reconduite à la frontière était également convoyé par des éléments de la police française.
Alertés par les cris de détresse du jeune homme, maître Fatimata M’Baye et le Dr Bernard Marie Pierre avaient vivement protesté contre « le traitement inhumain » infligé au clandestin. Cette réaction à aussitôt créé un incident avec la police, entraînant le placement en garde en vue des deux protestataires.
« J’ai fait l’objet d’une fouille corporelle, délestée de tous mes objets personnels, complètement déshabillée et jetée dans une petite cellule pour une garde à vue de 24 heures allant du 11 au 12 mars 2008. En fait, j’ai été humuliée« , a détaillé Me Fatimata M’Baye.
L’avocate a été ainsi entendue par la police pour s’être opposée à une mesure de reconduite à la frontière, et le dossier est actuellement confié à une juridiction parisienne qui devrait la convoquer très prochainement pour un procès.
Les ONG ont manifesté, au cours de ce point de presse, leur indignation devant tous ces faits et invité les autorités françaises à veiller à ce que les forces de sécurité aéroportuaire respectent les droits fondamentaux de la personne humaine.
Elles jugent également « non opportunes et graves » les poursuites initiées contre maître Fatoumata M’Baye et le Dr Bernard.

Nouakchott – 25/03/2008

PanaPress via Afriqenligne

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Mauritanie: une responsable de la FIDH dit avoir été maltraitée en France

Une célèbre avocate mauritanienne, la vice-présidente de la FIDH Fatima Mbaye, a affirmé mardi à l’AFP avoir été maltraitée et détenue pendant 24 heures dans un aéroport parisien le 11 mars après être intervenue en faveur d’un jeune Mauritanien reconduit vers son pays.

« J’ai été maltraitée, obligée de passer 24 heures en garde à vue dans une cellule crasseuse de la police judiciaire de (l’aéroport parisien de) Roissy pour avoir compati avec un jeune Mauritanien objet d’une mesure de reconduction à la frontière, solidement ligoté et qui étouffait dans l’avion« , a expliqué la responsable de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

L’avocate, également présidente de l’Association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH), a indiqué avoir exigé des policiers français qui assuraient la garde du jeune homme de le détacher du siège et de lui rendre sa liberté de mouvement. Me Baye a ensuite été conduite hors de l’appareil avant d’être placée en garde à vue en compagnie d’un médecin français, Pierre-Marie Bernard, qui était aussi intervenu pour réclamer « un traitement plus humain au jeune expulsé« .

Elle s’est dite « marquée » par cette « épreuve difficile et inattendue » au cours de laquelle elle a indiqué avoir été privée de ses effets personnels et subi une « fouille corporelle humiliante« .

Après l’incident, les policiers français avaient selon elle « reconduit (le Mauritanien) par le vol qui devait suivre« . Me Mbaye était de passage à Paris en provenance du Caire où elle avait pris part à une réunion de la FIDH. L’avocate a précisé que ces faits remontant au 11 mars avaient déjà été rapportés par la FIDH sur son site internet.

Note: Info Source: AFP

Note: Info source : PanaPress / AFP

 

 

Réfugiés mauritaniens : La difficile reconversion 23 mars, 2008

Classé dans : article — Amadou Abdoul Ndiaye @ 18:21

Rapatriés de la Mauritanie, près de 700 réfugiés devraient regagner, dans le courant du mois de Mars, leur pays d’origine. Un mois après le report du deuxième contingent, le rythme va aller croissant au grand soulagement du gouvernement mauritanien.
Toutefois, cette euphorie des autorités de Nouakchott cache mal les conditions de vie difficiles des premiers rapatriés. A 6 km de Rosso sur la route nationale, se dressent quelques tentes de fortunes. PK6, c’est l’un des trois sites où vivent depuis quelques mois les premiers rapatriés du Sénégal. Ici, sept familles qui viennent de Richard-Toll tentent de reconstruire leur vie après 18 années de déportation.
Sur les visages se dessinent encore les séquelles d’une longue période de galère marquée par la débrouille. Femmes, hommes et enfants, les yeux hagards mais souriants malgré tout, s’activent à repartir sur de nouvelles bases dans un environnement très austère balayé par les vents du désert. La vieille Rouguiyatou Amadou Bâ, fataliste à souhait, garde toujours l’espoir d’une vie meilleure.
Nous sommes très contents de retrouver notre pays après plusieurs années. Nous tenons à remercier le nouveau régime mauritanien pour avoir eu le courage politique d’ouvrir le dossier des réfugiés’, confie la sexagénaire.
Nous avons beaucoup souffert mais aujourd’hui, nous sommes tous animés d’un sentiment de bonheur : celui de retrouver notre terre et le pays. Déjà, un pas qualitatif a été franchi en vue de la réparation des nombreuses injustices dont nous avons été victimes’, confie-t-elle. ‘J’avais perdu espoir de revoir un jour la Mauritanie’, ajoute-t-elle. ‘Mais nous avons pardonné’, poursuit la vieille dame qui souhaite que l’on reparte sur un nouveau pied dans l’intérêt de la nation.
Ainsi donc, ces populations tentent tant bien que mal de redémarrer leurs activités. Ceci, grâce au concours de l’Agence nationale d’accueil et d’insertion des réfugiés (Anair). Une structure qui a été installée au mois de janvier dernier. Laquelle structure appuie la communauté issue de la déportation et qui s’active autour de l’élevage et de la teinturerie, comme le précise Mohamed Sidi Ould Mohamed, le responsable d’accueil et de la réinsertion de l’Anair.
En application du programme d’urgence et en étroite collaboration avec le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, nous avons livré aux bénéficiaires sur la base des besoins exprimés une dotation qui va de 14 vaches laitières aux médicaments de base en passant par la fourniture de produits céréaliers pour les magasins communautaires’, confie ce responsable de l’Anair.
D’après ce dernier, ‘l’intérêt, c’était d’occuper ces ménages nouvellement installés pour des activités qu’ils ont librement choisies’. Ce qui fait dire à Moussa Amadou Bâ, l’un des sages du site, que toutes ces actions bien que symboliques ont tout de même permis aux habitants de s’adonner à des activités qui, à long terme, seront pérennisées au profit du village.

Même son de cloche chez Kardiata Bâ, la responsable des deux coopératives du village. Cette dernière considère que le magasin communautaire mis à leur disposition et le petit matériel de teinturerie octroyé par la nouvelle agence favoriseront une meilleure insertion de la population pauvre et démunie. Quid de l’éducation des enfants et de la couverture sanitaire des populations ? Pour l’heure, fait remarquer Ould Sidi Mohamed, les deux élèves de la communauté sont pris en charge au niveau des établissements installés à Rosso, distant de 6 km.
Et bientôt un dispensaire sera construit sur ce site pour une prise en charge effective de la population. Toutes ces actions sont prévues dans la deuxième phase du programme de la nouvelle agence qui comporte également d’autres volets pour l’épanouissement des rapatriés, selon le responsable de l’accueil et de la réinsertion au niveau de l’Anair.

Néanmoins au-delà de ces actions programmées par la structure de mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière de gestion du problème des réfugiés, il urge aujourd’hui pour le directeur général de l’agence, Moussa Fall, de mettre fin à la promiscuité dans laquelle vivent les occupants des sites. Car, ces derniers qui s’entassent dans les bâches de fortune livrées par le Hcr suffoquent de chaleur.
Sans compter les conditions incommodantes où parents et enfants sont obligés de dormir sous un même toit. Il y va de la dignité et de la respectabilité de ces victimes d’évènements douloureux, qu’ils sont loin d’avoir provoqués.
Abou KANE

Note: Info Source: Walf Fadjri (Senegal)

 

 

Terrorisme : Quelles sont les origines de cette religiosité mortifère ?

Classé dans : article — Amadou Abdoul Ndiaye @ 18:18

 - Par Mechri Ould Rabbany.

Terrorisme : Quelles sont les origines de cette religiosité mortifère ? dans article mechri_o_rabbanyBien que les attaques récentes, perpétrées sur le sol mauritanien, aient été condamnées par tous les mauritaniens, elles demeurent ‘justifiables’ pour n’importe quel salafiste digne de ce nom. Elles sont surtout un ‘devoir’ pour tout takfiriste qui respecte ses «paramètres par défaut».

Le salafisme et le takfirisme sont les principales causes de cette religiosité islamiste mortifère qui prend de l’ampleur dans le monde.
Cette religiosité est le fruit du mariage de trois écoles ‘trop’ orthodoxes : l’école hanbalite, opposée à tout rationalisme, l’école d’Ibn Taymiya, réhabilité grâce au ‘marketing’ des wahhabites, et l’école de Mohamed Ben Abdelwahab, infiniment sévère…
Venons voir les prétextes de ceux qui fusent le sang pour se rapprocher d’Allah.

D’abord…

Quoi de neuf ?

Les enquêtes sur les actes terroristes se poursuivent. Concernant l’attaque d’Al Ghallawiya, pas de nouvelle publique, au moins.

Quant à l’attaque d’Aleg, le juge d’instruction, chargé du dossier, Mohamed Bouyé Ould Nahi, poursuit ses investigations. Alors que le Parquet de Nouakchott vient de lui renvoyer deux salafistes : El Hacen Ould Ben Ich et Seïd Ould Slama. Ceux-ci seront entendus pour des liens supposés avec le détenu Abdellahi Ould Sidiya. Lequel est activement recherché par les saoudiens. Ils l’accusent d’appartenir à Al Qaïda et d’organiser des attentats en Arabie saoudite. En outre, la famille de l’accusé Ould Sidna a déclaré que celui-ci est, depuis l’intervention de Oul Nahi, bien traité.

S’agissant de l’attaque contre les alentours de l’ambassade d’Israël, sept salafistes viennent d’être arrêtés de nouveau. Ils ont été arrêtés depuis quelques semaines, avant d’être libérés. Un autre activiste salafiste, Sidi Ould Limam, a été arrêté, le 26 février, à Nouadhibou, avant d’être relâché le lendemain. Selon ses déclaration à l’ANI, il avait été questionné «à propos de Ould Semane et (de) plusieurs autres présumés salafistes en cavale».

Cependant, tous les indices font état de l’implication d’El Khadim Ould Semane. Ce salafiste djihadiste aurait subi, selon des sources de renseignements, des entraînements dans les camps du GSPC en 2005. En 2006, il a fui, mystérieusement, la prison civile, où il a été détenu. En 2007, il a été condamné, en contumace, par la Criminelle de Nouakchott pour des crimes marginaux (faux et usage de faux, possession d’armes non autorisées…).
Globaliser et imposer le djihad
Si la machination des djihadistes d’Al Qaïda séduit nos jeunes, c’est parce que le djihad est resté, durant notre histoire, submergé par une grande confusion. Saisissant cette confusion, les califes ont donné une touche de ‘sainteté’ à leurs incessantes conquêtes. Des décisions proprement politiques et très discutables sur le plan religieux ont été prises au nom du djihad. Particulièrement, lors du règne de la dynastie des Omeyyades ; le premier Etat ‘politique’ islamique.
Le djihad va prendre une tournante particulière avec l’islamiste Abd Salam Faraj. Cet ingénieur, chef du Tanzim al Jihad qui a assassiné l’ancien Président égyptien, Anwar Sadate, le 06 octobre 1981, a élevé le djihad du rang d’«impératif communautaire» (fardh kifaya) au rang d’«impératif personnel» (fardh ‘ayn). Dans son mystérieux opuscule «l’Impératif occulté (alvaridha al ghaïba)», il dit que le djihad est une obligation personnelle, tout comme la prière, le jeûne, le hadj… Contrairement aux oulémas de la Oumma qui l’ont toujours jugé, et c’est notoire, impératif communautaire.
Aymane Zawahiry va en ajouter une nouvelle formule : la globalisation et le principe de martyr (istishehad). Tant que le croyant n’est pas prêt à se donner la mort contre le paradis, selon Zawahiry, «son cœur détient encore de l’hypocrisie». Il faut rappeler qu’avant lui, le théoricien chiite, Ali Chari’ati, avait dit que «le martyr est une invitation à toutes les époques et à toutes les générations : ‘‘si tu peux, mets à mort, et si tu ne peux pas, meurs’’».
Zawahiry va appeler les «enfants de l’islam» à «se préparer à un combat qui n’est pas confiné à une seule région. Mais un combat qui vise aussi bien l’ennemi apostat intérieur (les régimes en place, qu’il appelle le Taghout) que l’ennemi judéo-croisé extérieur (l’occident)». Pourtant, les oulémas ont, toujours, été unanimes pour dire que le djihad est exclusivement défensif. Il ne doit viser, selon eux, que ceux qui occupent la terre des musulmans : il est, d’après cette notion, synonyme de la résistance.
Etablir la «hakimiya» pour viser les militaires mauritaniens :
L’attaque d’Al Ghallawiya, comme celle de Lemghaïtty, a visé des militaires mauritaniens. Les deux ont été largement condamnées. Non seulement parce qu’elles sont étranges à la religiosité mauritanienne ; fervente, certes, mais pacifiste et tolérante. Mais parce qu’elles ont visé des mauritaniens. Qui défendaient la première, et la seule, République islamique dans le monde arabe.
Bien que les responsabilités dans les deux attaques ne sont jamais rétablies, des observateurs se demandent s’il est possible qu’un mauritanien tue un autre mauritanien pour passer sur son cadavre au Paradis. Ils se demandent surtout quelles sont les raisons qui poussent un musulman à tuer attendant de cela l’agrément d’Allah ?
On ne sait pas à quel degré Al Qaïda est impliquée dans les attaques. Mais on sait qu’il y a un arsenal de fatwas qui ‘justifie’, voire ‘légitime’, ce genre d’actes. Cet arsenal prend de l’ampleur de plus en plus chez nous. Grâce, notamment, à l’anarchie manifeste dans la scène de prédication. Cet arsenal se pose sur deux bases : la hakimiya lillah (
la Souveraineté du Dieu) et la jahiliya de la société (l’état d’« ignorance » des Arabes d’avant l’islam).
Les deux bases mènent à la même fin : le takfir (condamnation pour impiété). Et le takfir n’est pas, seulement, une sentence qui exclue l’«impie» des «rangs de la Oumma», ce qui est décidemment une insulte pour tout musulman. Mais c’est le début d’une série incessante de conséquences lourdes : son sang et ses biens sont licites, il est passible de la peine capitale, il est séparé de sa femme, privé d’élever ses enfants, du patrimoine des siens… de la prière sur lui après la mort, d’enterrement avec les siens….
Force est de constater ici que l’usage du takfir est resté considérablement restreint par les oulémas. Parce qu’il n’a aucun fondement coranique, d’abord, et, ensuite, par peur de la fitna (la discorde). Et la majorité des affaires dans lesquelles des musulmans ont été jugés impies, avait un caractère politique.
N’empêche que le takfir, via la hakimiya et lajahiliya, soit omniprésent dans les consignes salafistes. Notamment dans celles du pakistanais Aboul A’la El Maoudoudy et des égyptiens Seyid Qotb et Ayman Zawahiry. Côté mauritanien, le radicaliste, Mahfoudh Ould Waled, alias Abu Hafs Elmouritany, est le pionnier de la hakimiya.
Le premier a refusé fermement la constitution des Etats indépendants, les qualifiant d’«irréligieux». Il a prêché la «recréation de l’Etat islamique qui se soumet à la ‘hakimiya lillah’». C’est la première fois que ce terme entre dans les lexiques musulmans. Pour lui, la «hakimiya lillah doit arracher les musulmans à la oubeydiya (adoration qui est l’antithèse de la hakimiya)». Il prend pour référence «l’âge d’or» de l’islam, où le Prophète (PSL) incarnait à la fois le pouvoir religieux et le politique. Bien que l’époque médinoise soit, pour tous les musulmans, définitivement, close, depuis le décès du Prophète (PSL).
Selon les dispositions de la hakimiya, les régimes d’aujourd’hui, démocratiques ou autocratiques, sont des idoles. Et tout bon croyant a, de facto, le devoir de les combattre. C’est sur principe qu’Ayman Zawahiry a qualifié d’«ennemis apostats intérieurs» les régimes en place dans le monde islamique. Avant lui, Mahfoudh Ould El Waled, avait dit que la Constitution mauritanienne est «franche dans son apostasie et (que) la stipulation, dans son préambule, qu’elle a pour source la Charia n’est qu’une façon de jeter la poudre dans les yeux».
On voit que l’établissement du principe de la hakimiya est suffisant pour convaincre nos jeunes à viser nos militaires qui «s’obéissent au Taghout». Reste à savoir combien d’entre eux adoptent déjà ce principe ?

Etablir la «nouvelle jahiliya» pour tuer des civils mauritaniens:

Malgré qu’aucune attaque terroriste n’a encore visé les mauritaniens lambdas, ceux-ci ne doivent pas croire qu’ils sont en protection. Car, les inspirateurs d’Al Qaïda diffusent un grand stock de consignes qui ne les épargneraient pas. Lorsque la Jamââ islamiya a décidé de frapper les simples citoyens égyptiens, elle se posait sur des fatwas qui se fondent sur le principe de «la nouvelle jahiliya».
Selon ce principe, la société musulmane d’aujourd’hui vit dans l’état d’«ignorance» des Arabes d’avant l’Islam. Ce principe s’entrecoupe amplement avec le principe de la hakimiya. Il est d’usage de recourir à la hakimya pour condamner d’impiété les régimes ; et à la jahiliya pour dire que les sociétés musulmanes sont athées. Ce qui les rendra, la société et les régimes, des cibles ‘légitimes’ du terrorisme. C’est ce qu’a fait Seyid Qotb, qui a forgé, avec Al Maoudoudy, les deux principes, lorsqu’il a dit que «tout pouvoir non soumis à ‘la souveraineté d’Allah’ est impie. Toute société non soumise à la juridiction d’Allah est semblable à ‘la société qui vivait dans l’état de barbarie antéislamique’».
Qotb, révolté, manifestement, contre tout le monde, va donner, dans son livre «A l’ombre du Coran», une notion plus claire de la jahiliya : «quand un individu fait une législation pour un groupe, c’est une jahiliya. Parce que c’est sa volonté ou son point de vue qui fait la Loi. Quand une formation fait une législation pour d’autres formations, c’est une jahiliya. Parce que ce sont les intérêts de cette formation ou l’opinion de la majorité qui fait la Loi.
Quand les représentants des formations font des législations pour eux-mêmes, c’est une jahiliya. Parce que la volonté du public ou parce que le mot du peuple fait la Loi. Quand un collectif de nations fait une législation, c’est une jahiliya. Parce que ce sont leurs objectifs nationaux qui font la Loi, ou parce que c’est l’avis de la Communauté internationale qui fait la Loi…».
Cette analyse qotbiste va influencer des figures emblématiques de l’islamisme. Ainsi, Hassan al Houdhaybi dira que «le musulman est apostat dès qu’il accepte d’obéir à un sultan qui ne juge pas d’après ce qu’Allah a fait descendre». Son ami, Maher Bekri, dit que «toutes les communautés qui prétendent, aujourd’hui, appartenir à l’islam sont des communautés de la jahiliya. Aucune exception».
Ainsi nous voyons qu’en implantant le principe de la jahiliya, il sera facile aux extrémistes de convaincre nos jeunes à nous frapper. Parce que respecter les dispositions de notre démocratie est une «Idolâtrie» ; et parce que notre société, ouverte à la modernisation, est une société de la nouvelle jahiliya.

La Tribune via http://barrada.unblog.fr

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie

 

 

Les milliardaires au sommet des pouvoirs africains 22 mars, 2008

Classé dans : article — Amadou Abdoul Ndiaye @ 22:29

La brigade financière française relayée par France Télévision a révélé une liste des biens immobiliers et mobiliers appartenant à certaines chefs d’Etats africains ; une liste sûrement non exhaustive des investissements qui profitent d’abords aux proches des chefs d’Etats, aux pays de destination ou d’accueil au détriment des populations africaines dont les pays affichent des taux de croissance économique positif et dont les retombés bénéficient toujours aux puissances protectrices et aux multinationales étrangères.

Certains chefs d’Etats africains continuent d’avoir le culot d’étaler leurs richesses au grand jour sans le moindre remords ni pitié pour leurs peuples qui ne cessent de compter les jours difficiles sans emplois ni perspectives de s’en sortir du jour au lendemain.

France Télévision a eu la chance de tomber sur une enquête de la brigade financière française sur les biens des chefs d’Etats africains en France. Deux présidents africains respectés y sont épinglés : Omar Bongo du Gabon et Dénis Sassou Nguesso de la République du Congo.

Le premier est au pouvoir pendant plus de trois décennies et se targue depuis, de figurer parmi les chefs d’Etats qui ont plus ou moins modernisé leurs pays, aidé par la manne pétrolière que dispose son pays. Avec un salaire mensuel de 15 000 euros par mois, il possède de 33 propriétés en France, évaluées à au moins 19 millions d’euros l’unité.
Les milliardaires au sommet des pouvoirs africains dans article Omar_Bongo301107200Des maisons reparties de Paris jusque dans le Midi de la France. Une voisine interrogée par la presse française a eu de la peine à témoigner et révéler que son voisin est M. Bongo, Omar Bongo. Elle n’a confirmé qu’au bout des lèvres que le locataire ne vient maintenant que rarement et que cela fait plus d’une année qu’elle n’a pas vu son voisin président. Des affaires sensibles que même les voisins n’osent pas dévoiler au public, étrangers fussent-ils.
Une de ses résidences du 16e arrondissement de Paris fut visitée par la télévision ; à la grande surprise, un homme noir, sûrement un de ses proches, fut très agacé de se retrouver en face de la caméra et peut-être a-t-il peur que les Gabonais, dont 70 % vivent sous le seuil de la pauvreté, le voient et s’indignent de leur « vieux président ». Mais le président Omar Bongo n’a rien à craindre : il reste et restera pendant longtemps le protégé de la France via les multinationales pétrolière qui bénéficient des richesses que ce président leur a offertes.
Ce chef d’Etat dirige son pays comme un chef coutumier sans opposition crédible et a sous son autorité toute la classe politique et la majorité de la société civile parmi lesquels plusieurs intellectuels qui relativisent toujours la mauvaise gestion du pouvoir en place surtout que les pays voisins n’ont aucune leçon à donner aux Gabonais. Sauf imprévu, ce président, restera toujours à la tête de l’Etat tant que la santé lui permettra de gérer tous ceux qui l’entourent et aussi longtemps que la France lui assure son soutien.

Denis_Sassou_NGuesso2806072 dans articleVient ensuite, Dénis Sassou Nguesso. France Télévision parle de 18 biens immobiliers que dispose cet ancien militaire qui a retrouvé son fauteuil présidentiel grâce toujours aux multinationales pétrolière après avoir été chassé du pouvoir par la voie des urnes.

Cet éternel jeune homme que l’âge n’affecte jamais, est passé, selon France Télévision, maître dans la collection des voitures de luxe dignes des stars hollywoodiennes : des Mercedes, des Ferrari, une Bugatti appartenant à son épouse, peut-être, vraisemblablement, belle-mère du président gabonais ; cette Bugatti vaut un million d’euros ; des voitures de luxes dont les prix moyens varient entre 250 et 400 000 euros, de quoi nourrir et soigner des milliers de Congolais qui attendent depuis plus de vingt ans, désespérément, l’amélioration de leurs conditions de vie.
D’ailleurs, l’augmentation des cours de pétrole sur le marché mondial, ne fera qu’enrichir la collection de parc automobile de luxe de leur président.
Toute chose restant égale par ailleurs, les autres pays africains ne sont pas en reste. Bien que les médias ne soient pas tombés sur leurs biens, il est évident qu’ils ne font pas exception à leurs deux homologues gabonais et congolais dévoilés au grand jour. Le système extraverti des pouvoirs en place et la faiblesse des institutions des pays africains offrent les tentations à beaucoup de chefs d’Etats de garder de côté quelques fonds, pour assurer leur avenir. Ces maigres fonds, selon eux, constituent, dans la plupart des cas, des sommes colossales comparées aux trains de vie de leur population.
 Des président au pouvoir depuis des décennies notamment Biya du Cameroun, Idriss Deby du Tchad, Lansana Konté de Guinée, à Mugabe du Zimbabwe, pour lesquels il est difficile de compter les richesses amassées depuis qu’ils sont aux commandes de leur pay, pensent pouvoir assurer leur avenir avec les fonds tirés des ressources publiques. Disposant du bois, de l’or et détournant les fonds publics avec la complicité des multinationales, ils disposent des richesses, domiciliées sûrement, dans les pays, considérés comme paradis fiscaux. Ensuite, les jeunes présidents aussi n’en restent pas moins à l’écart.
Malgré les élections qui les ont mis au pouvoir, ils ne sont pas sûrs de tenir longtemps. Fragilisés souvent par leurs entourages mus par le pouvoir plutôt que par l’esprit de construire le pays, ces dirigeants se retrouvent confrontés aux défis de satisfaire les attentes de leur population diamétralement opposées aux intérêts de leurs proches. Le président Joseph Kabila de la RD Congo, en est la parfaite illustration. Nouvellement élu et confronté au grand défi de surmonter plus de quarante ans de mauvaise gestion de ses prédécesseurs, la population n’attend que les réalisations de cinq grands chantiers qui vont transformer, dit-on, le quotidien des Congolais. Mais rien n’arrive. Les fameux chantiers sont devenus comme de la propagande, un véritable somnifère qui endort les Congolais. Des rumeurs, arme politique utilisée par ses détracteurs, ne peuvent que le pousser à se prémunir au cas où.
A la tête d’un « pays-argent » où le diamant, l’or, le cuivre et le bois tournent à plein régime et où la population ne voit que de la fumée, se servir constitue une ultime priorité pour l’ensemble du pouvoir en place. Et quoi de plus rationnel que de placer les fonds détournés dans les endroits les plus sûrs, notamment en Afrique du Sud, Chine, Inde, Amérique latine, paradis fiscaux où la presse est de moins en moins curieuse…
Et malgré une forte croissance de l’économie africaine de plus de 4 % depuis cinq ans, les retombées de cette manne ne font que profiter aux puissances protectrices de ces chefs d’Etats, aux multinationales, aux politiciens-parasites et aux débrouillards. Les autres, s’ils sont toujours en vie, ne feront qu’attendre les réalisations des chantiers, grands comme leurs dirigeants ne cessent de le leur annoncer.

Note: Info souce : Camer.be (Belgique)

 

 

La mauvaise gouvernance est un des causes du sous developpement de la Mauritanie 21 mars, 2008

Classé dans : opinion — Amadou Abdoul Ndiaye @ 14:24

 Encore une fois c’est un plaisir pour moi de manifester mon opinion par rapport à la gestion des ressources de notre pays.

La démocratie est un système politique dans lequel la souveraineté appartient à l’ensemble des citoyens. Dans un tel système, le peuple gouverne directement (démocratie directe) ou par l’intermédiaire du gouvernement qu’il a choisi d’établir (démocratie représentative). Mais malheureusement en Mauritanie se sont les autorités qui exercent leur pouvoir sur le peuple, et elles s’obstinent a dire que notre pays une démocratie
Dans une démocratie les autorités écoutent le peuple, elles s’évertuent de satisfaire tout leurs besoins fondamentaux et les protégent contre les dangers de l’environnement dans lequel il se trouve.
Le peuple Mauritanien pleure de ne pas pouvoir manifester son opinion, il pleure de ne pas être écouté par ses dirigeants, il pleure de faim, il pleure d’injustice, il pleure de chômage… . A qui la faute ? La mauvaise gouvernace.

La mauvaise gouvernance est en règle générale la première cause de sous-développement de la Mauritanie. Cette mauvaise gouvernance est identifiable selon les symptômes suivants: 

  • Détournement de l’argent public ;
  • Incompétence administrative ;
  • Mobilisation des ressources du pays à des fins personnel
  • Administration tatillonne et bureaucrate ;
  • Développement de réseaux de corruption ;
  • Surendettement;
  • Mauvais choix stratégiques de développement ;
  • Dépenses d’infrastructures délaissées au profit de dépenses de fonctionnement ou d’apparat ;
  • Insécurité des investissements ;
  • Fait du prince ;
  • Intérêts personnels privilégiés.
  • Insécurité alimentaire.
  • Analphabétisme en hausse, qui limite le désir de révolte face à une administration incompétente.

La mauvaise gouvernance met en cause la façon dont le pays est gouverné et non la qualité intrinsèque du pays. Elle est en général rejetée par les gouvernements en question, qui s’estiment bons gestionnaires de la chose publique.

Si la Mauritanie ambitionne de se developper elle devra respecter les étapes du developpenment. Le pays a beau trouvé des milliards de dollars pour son developpement, cet argent ne sera pas destiné à des fins de developpement mais à celles subjetifs ou d’investissements contre productif.

Il faut au prealable se debarrasser de certaines autorités incompetentes qui constituent un fardo pour notre émergence. Ensuite sur d’autres facteurs explicatifs de notre sous developpement dont j’aurais le plaisir d’ecrire un article prochainement.

CHEIKHNA

Note: Info source : Cheikhna

 

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