les aveux des tueurs

 les aveux des tueurs dans article aleg_terroristesEXCLUSIF. –SUD OUEST s’est procuré en exclusivité les extraits des procès-verbaux des auditions des deux terroristes impliqués dans l’assassinat des quatre Charentais en décembre dernier. Ils révèlent avoir décidé de tuer les Français « après les dernières déclarations de Sarkozy où il a affirmé qu’il soutenait l’Amérique dans sa guerre contre Al Qaida ». DOCUMENTS EXCLUSIFS à consulter.

C’est le 24 décembre dernier que s’est produit le drame qui a coûté la vie à quatre Français dont trois Charentais-MaritimesGérard, Jean-Philippe et Didier Tollet et Adda Hacène – qui traversaient la Mauritanie pour se rendre au Burkina Faso.

Les touristes ont été tués d’une rafale de mitraillette par un commando en voiture alors qu’ils stationnaient sur une route du Sud-Est mauritanien à 250 kilomètres de Nouakchott. Un seul Français – François Tollet – a pu en réchapper vivant quoique grièvement blessé.

Pris en chasse par la police mauritanienne, deux des agresseurs présumés ont été arrêtés en Guinée-Bissau après une cavale à travers le Sénégal et la Gambie. Ce sont ces deux hommes – Mohamed Ould Chabarnou et Sidi Ould Sidna – dont « Sud Ouest » a pu recueillir le témoignage en exclusivité à travers les auditions effectuées par la police et la justice mauritaniennes.

  1. DOCUMENT EXCLUSIF. Extraits du procès-verbal de l’audition de Mohamed Ould Sidi Ould Chabarnou (fichier .pdf / poids :6Mo)
  2. DOCUMENT EXCLUSIF. Extraits du procès-verbal de l’audition de Sidi Ould Sidna (version arabe) (fichier .pdf / poids :6Mo)
  3. DOCUMENT EXCLUSIF. Extraits du procès-verbal de l’audition de Sidi Ould Sidna (version française, traduction de Lemine Ould Med Salem) (fichier .pdf)

Qui veut voyager loin ménage sa monture. Son corps aussi, surtout lorsque celui-ci commence à porter le poids du temps. En cette journée de fin décembre, après de longues heures au volant de sa Jeep, François Pierre Tollet, 73 ans, fait sienne ce vieil adage. Aux passagers qui l’accompagnent et à ceux de la voiture qui le suit depuis La Rochelle, en direction du Burkina Faso, le vieil homme suggère une petite pause.

C’était en fin de matinée à 250 km au sud-est de Nouakchott, capitale de la Mauritanie, un peu après Aleg, une petite ville au bord de la route de l’espoir, ce long serpent d’asphalte qui traverse le désert mauritanien de l’Atlantique à la frontière malienne. Les deux véhicules se garent. Mais leurs occupants ont à peine le temps d’en descendre que surgit une autre voiture, une Mercedes, d’où sautent trois hommes enturbannés, dont l’un armé d’une kalachnikov.

A bout portant. « Montez » ordonne l’un des inconnus. François se lance en direction de sa Jeep. Cherche-t-il de quoi se défendre ? Il ne l’atteindra jamais. Une rafale le couche au sol. Touché à la jambe, le vieux routard fait le mourant. Ses compagnons se jettent, eux aussi, par terre. Sans tirer une balle de plus, les assaillants regagnent leur voiture.

Mais sur l’ordre de celui qui fait figure de chef du groupe, le tireur fait-demi tour, tire à bout portant sur les touristes tandis que ses deux complices leur font les poches, puis le trio repart persuadé que les cinq hommes sont tous morts, y compris François lui-même, finalement miraculé, aujourd’hui soigné en France.

Photos publiées. Le trio se rend alors à Aleg, abandonne sa voiture, loue un taxi, puis se rend à Boghé, une ville frontalière avec le Sénégal. En début de soirée, il traverse la frontière à bord d’une pirogue, passe la nuit dans un petit village. A l’aube, il se rend à Richard-Toll, d’où un autre taxi le conduit à Dakar.

Dans la capitale sénégalaise, où ils s’installent dans une chambre de location au quartier de la Patte d’Oie, les fugitifs constatent que les photos de deux d’entre eux ont été publiés. Ils décident de quitter la ville. Auparavant, ils se débarrassent des documents des victimes qu’ils transmettent à un inconnu qui leur a été conseillé au téléphone.

Fin de cavale à Bissau. Les deux autres prennent la direction de la Gambie, avant de se rendre en Guinée-Bissau, où se présentant comme hommes d’affaires, ils s’installent dans un grand hôtel de la capitale. Là s’arrête leur cavale. Dans la nuit du 11 au 12 janvier, des policiers bissau-guinéens les arrêtent.

Après deux jours d’interrogatoires, un avion de l’armée mauritanienne les ramène à Nouakchott. Ils sont accompagnés de trois autres compatriotes interpellés alors qu’ils rôdaient autour du commissariat où les deux criminels présumés étaient détenus.

40 ans à eux deux. Ce récit précis est celui que vient de reconstituer la police mauritanienne après plus d’un mois d’enquête sur l’attaque anti-française survenue le 24 décembre en Mauritanie. Il se fonde sur les aveux des deux sus pects arrêtés le 11 janvier dans l’hôtel de Bissau, avant d’être extradés vers Nouakchott : Mohamed Ould Chabarnou et Sidi Ould Sidna, deux hommes de 20 ans, déjà fichés auprès des services de sécurité et de la justice pour plusieurs délits dont des vols de voitures, braquages, trafic de haschich et surtout appartenance à la mouvance islamiste radicale. Ils sont aujourd’hui incarcérés à l’isolement total au quartier de haute sécurité de la prison civile.Le troisième suspect, Maarouf Ould Haiba, lui, est donc toujours en fuite.

Selon les procès-verbaux des interrogatoires, dont «Sud Ouest» a obtenu copie en exclusivité, les deux hommes assument leur acte que chacun décrit dans sa propre déclaration comme « une opération de djihad».

  1. DOCUMENT EXCLUSIF. Extraits du procès-verbal de l’audition de Mohamed Ould Sidi Ould Chabarnou
  2. DOCUMENT EXCLUSIF. Extraits du procès-verbal de l’audition de Sidi Ould Sidna (version arabe)
  3. DOCUMENT EXCLUSIF. Extraits du procès-verbal de l’audition de Sidi Ould Sidna (version française, traduction de Lemine Ould Med Salem)

Son commanditaire? L’Algérien Mokhtar Belmokhtar, alias Belaouar (Le Borgne), ce fameux commandant en chef des zones sahariennes de l’ex GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) rebaptisé en septembre 2006 Brigade d’al-Qaida au Maghreb islamique (BAQMI). Les deux hommes revendiquent leurs relations avec cet homme dont il ont fréquenté les camps d’entraînement situés dans le Sahara malien, à la frontière avec l’Algérie et la Mauritanie, entre juin et octobre 2006. Avant de les quitter, celui-ci leur avait demandé d’étudier la possibilité d’opérations visant des ressortissants européens ou américains en Mauritanie. Une fois prêts, il leur ferait parvenir l’ordre.

Celui ci est arrivé « le 15 décembre », explique Ould Chabarnou, lorsque Maarouf Ould Haiba, « l’émir du groupe », selon le jeune homme, a téléphoné pour l’«informer de son retour du nord du Mali et des instructions qu’il a reçues de Mokhtar Belmokhtar ». Le jeune homme évoque d’ailleurs plusieurs thèmes favoris du « Ben Laden du Sahara » : Irak, Afghanistan, Palestine, Etats-Unis.

Ould Sidna, de son coté, évoque la France, un pays qui n’étaient pas initialement visé, selon lui, mais qui est devenu une cible « après les déclarations de Sarkozy où il affirmait qu’il soutenait l’Amérique dans sa guerre contre al-Qaida ».

«Opération satisfaisante». Maintenant qu’ils se préparent à passer devant la justice, alors qu’ils encourent la peine de mort, les deux suspects regrettent-ils leur gestes ? Les policiers ont visiblement omis de leur poser la question et nulle trace de tels sentiments n’apparaît dans leurs aveux. Mais Ould Chabarnou, « le seul à avoir tué les quatre touristes et blessé le cinquième », comme il le soutient dans sa déclaration, affirme qu’il n’a jamais été dans son intention de les tuer.

L’objectif était, selon lui, de les kidnapper pour les conduire dans le nord du Mali puis les échanger contre une rançon (1). Le problème est que, selon Ould Sidna, ils n’y seraient jamais parvenus. «Nous avions l’intention de partir loin du regard des passants et de les égorger avec un couteau, puis de les filmer et d’envoyer les images au groupe salafiste», affirme Ould Sidna. «Mais les événements se sont précipités et l’opération a été exécutée d’une manière différente, sauf qu’elle est satisfaisante de toute les façons »

(1) En référence à l’enlèvement par une fraction de l’ex-GSPC, en 2002, de plusieurs Européens, en majorité allemands, qu’elle a libérés contre une importante somme d’argent.

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02 Mars 2008: Parents du Tireur Présume. –S’ils peinent à admettre que leur fils soit un terroriste, ils affirment : « Il faut lui appliquer la peine la plus dure »

A Toujounine, c’est une maison simple comme tant d’autres, un modeste carré de béton qui ne détonne en rien des autres bâtisses. À l’intérieur, le mobilier correspond, lui aussi, à la norme qui prévaut dans cette banlieue populaire de l’est de Nouakchott : des tapis orientaux, des banquettes maures, un écran de télévision qui diffuse des clips arabes. C’est tout juste si l’on remarque un Coran posé dans un coin du salon.

« La vie réserve parfois des choses que l’on ne souhaite pas »

« Nous sommes tout ce qu’il y a de plus normaux dans ce pays. Une famille musulmane normale qui a éduqué ses enfants selon les valeurs classiques de l’islam : prière, ramadan, charité, respect de la vie humaine, pas plus. Tuer ? Jamais », se désole, d’une voix attristée, Oumou Kalthoum Koné, la mère de Mohamed Ould Chabarnou, alias Abou Mouslim, le tireur présumé des Français. « Le seul à avoir tué les quatre touristes français et blessé le cinquième », comme il l’affirme lui-même dans ses aveux devant la police.

Croit-elle à ces aveux ? « J’espère que ce n’est pas la réalité. Si c’est vrai, je ne peux que l’admettre. C’est dur à envisager, mais la vie réserve parfois des choses que l’on ne souhaite pas forcément », affirme cette femme qui évoque le caractère « calme et posé » de son fils, un garçon « doux et gentil, incapable de tuer une mouche ».

Oumou Kalthoum se souvient pourtant que son fils n’est plus le même depuis quelques années. « Depuis qu’il a séjourné dans une école coranique de l’intérieur du pays, il en est revenu complètement transformé. C’est sans doute là qu’il a rencontré ceux qui l’ont poussé dans la situation où il se trouve aujourd’hui », explique-t-elle.

Cette fille d’ancien combattant de l’armée française pense beaucoup aux victimes et à leurs familles. « Des Français, en plus. Des gens que notre père nous a appris à aimer. Si leurs familles en veulent à mon fils, je les comprends. À leur place, j’aurais peut-être eu le même sentiment », confie-t-elle.

Compassion. Assis à même le sol dans sa maison de Tin Soueilim, un quartier voisin, Sidi Ould Chabarnou, le père de Mohamed, aujourd’hui séparé d’Oumou Kalthoum, mesure, lui aussi, « ce que doivent vivre ces pauvres gens, surtout s’ils savaient que le meurtrier présumé de leurs proches est, lui aussi, d’origine française ». Ce petit-fils de colon dit « compatir sincèrement à la douleur des familles des victimes » qu’il souhaite « visiter chez elles ou inviter personnellement en Mauritanie ».

En attendant, cet homme veut retrouver celui qui aurait fait de son fils le dangereux terroriste que décrit l’enquête de la police. « Je lui mordrai le foie. Quant à mon fils, s’il est coupable, il faut lui appliquer la peine la plus dure », insiste cet ancien fonctionnaire aujourd’hui sans emploi.

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DÉCRYPTAGE:
Ahmed Jiddou Ould Aly, Journaliste, ancien officier de l’armée mauritanienne, spécialisé dans les questions sécuritaires

Croyez-vous aux aveux des terroristes présumés à la police ?

Il n’y a aucune raison d’en douter. Les trois hommes soupçonnés d’être les auteurs de l’attaque contre les Français sont tous des partisans notoires du Djihad. La police et la justice les connaissent bien. Tous ont déjà été interpellés et emprisonnés pendant de long mois pour des faits liés au terrorisme.

Ils ont pourtant tous trois été relâchés par la justice mauritanienne?

Il est vrai qu’Ould Chabarnou a été acquitté et les deux autres ont été condamnés à de petites peines avec sursis. Mais ce verdict est à lire à l’aune des derniers changements à la tête de l’État. Le nouveau président, élu au printemps 2006, est proche des milieux religieux. Même si le courant dont il se réclame, le soufisme quiétiste, n’a rien à voir avec l’idéologie salafiste qui produit les djihadistes, cette proximité a sans doute joué dans la libération de ces hommes.

Après l’attaque d’Aleg, le gouvernement français a demandé à ses ressortissants d’éviter le pays. Est-ce à dire que les Français sont désormais visés en Mauritanie ?

Sans doute. Mais pas seulement parce que la France serait considérée par les terroristes comme une nouvelle cible. Mais pour la simple raison que les Français sont les étrangers les plus nombreux en Mauritanie. La communauté française est estimée à plusieurs milliers de résidants et la quasi-totalité des touristes qui visitent le pays viennent de France.

Quels sont les liens des terroristes avec al-Qaida au Maghreb islamique ?

Je ne pense pas qu’il s’agisse de liens organiques avec une organisation centralisée, avec des rôles bien déterminés. Mais plutôt d’une sorte de « franchise », les initiatives restant décidées sur le terrain.

Quelle est l’ampleur de l’implantation de cette mouvance djihadiste ?

L’islam pratiqué par la grande majorité des Mauritaniens est un islam de type traditionnel, largement dominé par le courant soufi, qui privilégie la méditation. La mouvance djihadiste est donc archiminoritaire dans la société mauritanienne. Mais elle pourrait bien se propager dans les années à venir, si l’État n’engage pas d’urgence un plan de prévention et de lutte.

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TÉMOIGNAGES. –De la région lyonnaise, où François Tollet est toujours hospitalisé, à la Charente-Maritime, les familles des victimes demeurent sous le choc.

Un cauchemar
 Par Frédéric Zabalza

Près de deux mois après l’attaque dont il fut le seul à sortir vivant, François Tollet est toujours hospitalisé. Blessé à une jambe par une rafale de Kalachnikov, le Charentais-Maritime de 73 ans avait dû subir une opération dans un hôpital de Dakar, avant d’être rapatrié en France et transporté à l’hôpital Édouard-Herriot de Lyon, la ville d’où est originaire sa famille.

 « Lors de l’attaque ou pendant l’opération, un virus exotique a infecté sa jambe blessée. Il a été transféré dans le service d’infectiologie d’un autre établissement », explique le frère du rescapé, Bernard Tollet, dont l’autre frère, Gérard (60 ans) a perdu la vie en Mauritanie. « Jusqu’à ces dernières semaines, poursuit-il, les médecins pensaient l’amputer. Après plusieurs greffes, les pronostics sont de plus en plus satisfaisants. François va de mieux en mieux, il commence même la rééducation. Mais il devra sans doute rester encore trois mois à l’hôpital. »

Son épouse Marie-Josèphe, après un bref passage dans leur maison de Villedoux, au nord de La Rochelle, est restée dans la région lyonnaise, où réside également leur fille. Très choqué, François Tollet n’a pas souhaité bénéficier d’un soutien psychologique, sinon celui de sa famille, qui tente de le protéger des sollicitations des médias.

Tourner la page. À Geay, près de Rochefort, Géraldine Cussac, compagne de Didier Tollet (38 ans), l’un des deux fils de François, avec Jean-Philippe (47 ans), tués en Mauritanie, tente de tourner la page. « J’ai passé des moments très pénibles, mais j’ai trois enfants et j’ai besoin d’avancer, de reconstruire. Que la justice fasse son travail, très bien, mais je ne suis pas dans la vengeance. J’ai porté plainte contre X, mais je ne me porterai pas partie civile. »

Les cinq Français étaient partis au mois de décembre du petit village de Villedoux, où François et Marie-Josèphe Tollet résident depuis plus de trente ans et où ont grandi leurs deux fils et leur ami d’enfance Adda Hacène (33 ans), agent immobilier en Charente. Où vit aussi la mère de ce dernier, que le souvenir de cette tragédie hante.
« Je ne dors pas la nuit. Je suis obligée de mettre des bougies pour avoir un peu de lumière. Je fais sans cesse des cauchemars », avouait, hier, Colette Hacène, fragilisée par une greffe de rein subie il y a trois ans.

« Mes enfants viennent me voir de temps en temps, mais ils n’habitent pas ici. Ma fille vient me chercher tout à l’heure (hier) pour aller au cinéma avec mes petits-enfants, pour me changer les idées. Les gens me demandent comment je vais. Il faut bien dire oui, mais ce n’est pas vrai, j’y pense sans arrêt ! Rendez-vous compte : j’ai reçu une carte postale du Maroc de mon fils le 9 janvier. Je me suis demandé si tout cela était vrai. Ma fille en a reçu une le 12 janvier, le jour de son anniversaire? C’est un cauchemar. »

Traumatisme. Colette Hacène, comme son fils et sa fille, ignore à quel stade en est l’enquête (lire page précédente). « Nous n’avons eu aucune nouvelle du Quai d’Orsay. Nous ne savons rien de l’enquête. Ses vêtements et ses affaires ne nous ont même pas été envoyés. Nous avons failli écrire au procureur de la République pour tenter d’en savoir plus. »

La mère d’Adda se dit triste pour la famille Tollet, qu’elle connaît depuis longtemps et dont son fils était très proche. « J’ai vu Mme Tollet il y a quelques semaines. Elle aussi a passé un moment difficile, elle a perdu ses deux fils. Je sais que M. Tollet est traumatisé parce qu’il se sent responsable de l’attaque, mais je tiens à lui dire que ce n’est pas de sa faute. »

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02 Mars 2008: Paris observe avec inquiétude la montée des périls – Christophe Lucet

L’ENQUÊTE. –Devenue cible prioritaire du terrorisme islamique, la France voit désormais la Mauritanie comme un « pays à risque »

Dès la nouvelle du meurtre des Français connue, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire et confié les investigations aux policiers antiterroristes de la Sous Direction antiterroriste (Sdat) et à la Direction de la surveillance du territoire (DST).

« Le parquet suit l’affaire de près et des moyens importants ont été mis en œuvre », a confié hier à « Sud Ouest » un magistrat parisien. L’enquête a été ouverte aux chefs « d’association de malfaiteurs en vue de commettre un acte terroriste, assassinat, tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste ».

Pour l’heure, l’affaire reste entre les mains de la police. « Aucune information judiciaire n’a été ouverte », nous a confirmé hier soir un magistrat antiterroriste du tribunal de grande instance de Paris. Cette section, dont le juge Bruguière fut jusqu’à une date récente la figure tutélaire, possède une connaissance approfondie des réseaux terroristes internationaux. « Mais, pour le moment, les policiers peuvent très bien poursuivre l’enquête au même niveau qu’un magistrat instructeur », plaide-t-on au parquet, qui vante la qualité des liens avec les autorités mauritaniennes et de la coopération judiciaire internationale. Et qui précise qu’à ce jour, aucune interpellation ou perquisition n’a été effectuée sur le territoire français.

Que l’affaire soit traitée sur le sol mauritanien n’empêche pas d’en voir les implications côté français. La plus évidente est que la France est désormais une cible prioritaire des islamistes radicaux. « Les salafistes du GSPC, auteurs du détournement de l’Airbus et des attentats de 1995, ont des comptes à régler avec la France, dont ils dénoncent la loi de 2006 sur le voile », souligne Claude Moniquet.

Ambassade mitraillée. Ce directeur d’un cabinet privé spécialisé dans le terrorisme estime donc « que cela ne date pas de l’élection de Nicolas Sarkozy, ni d’une déclaration précise de celui-ci ». Il n’en demeure pas moins que son rapprochement avec les États-Unis et l’Otan, son amitié affichée avec Israël et son projet d’Union méditerranéenne, « perçu par les islamistes comme un soutien aux régimes « impies » du Maghreb » (dixit Moniquet) ont placé la France dans la zone de turbulences.

La mort des Charentais confirme aussi que la Mauritanie n’est plus le « pays calme » vanté par les agences de tourisme mais un « pays à risque ». Deux jours après le quadruple meurtre, il y eut à 700 kilomètres de là celui de trois policiers mauritaniens. Un mois plus tard, le 1er février, la Branche d’al-Qaida au Maghreb islamique (Baqmi) a revendiqué l’attaque contre l’ambassade d’Israël à Nouakchott (seule capitale arabe avec la Jordanie et l’Égypte à avoir des liens diplomatiques avec Tel-Aviv) qui a fait des blessés parmi les clients d’un restaurant fréquenté par des Français.

On oublie aussi trop souvent que les menaces contre le rallye Dakar datent d’au moins cinq ans. Autre facteur d’inquiétude : la révélation, le 4 février, par un quotidien marocain, « As Sabah », que des écoles coraniques au nord de la Mauritanie formeraient des centaines d’extrémistes?

Note: Info Source: Sud Ouest (France)

 

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