Chronique de Ould Beheit

Monsieur le Président S.V.P un grand coup de pied dans la termitière

Chronique de Ould Beheit dans opinion BeheitLa situation économique et sociale du pays, préoccupante à plus d’un titre, fera comprendre à mes lecteurs, que cette fois-ci, j’ai été obligé de déroger à la sacro sainte règle du sarcasme à laquelle je les ai habitués. Ils voudront me pardonner d’être, pour une fois sérieux, le temps de donner l’alarme en interpellant le président de la république.
Mais une fois, n’étant pas coutume, je leur promet qu’à l’avenir, je m’efforcerais à respecter les clauses du contrat implicite qui me lie à eux et aux termes desquelles, le sérieux n’est recevable que s’il renferme une dimension d’imagination, de symbolique et de… rire (du coin de la bouche pour ceux que la faim est entrain d’anéantir).
Ces précisions étant apportées, je voudrais dire au président de la république, auquel je m’adresse à la troisième personne du singulier, que cette première année (à quelques jours prés) d’exercice à confirmé qu’on ne peut gouverner avec une bonne foi doublée d’une confiance aveugle en une classe politique et un gouvernement, auxquels la confiance en soi, fait désormais cruellement défaut.
Le président doit, en effet, faire preuve de fermeté devant l’atmosphère politique marquée par l’attitude incompréhensible d’une opposition qui réclame, à corps et à cri, un gouvernement d’union nationale qui serait, selon elle, le remède miracle à l’ensemble des problèmes du pays.
Il doit être arrivé à la conclusion que cette opposition, malgré son adhésion sans réserve à une loi organisant son statut, refuse de s’astreindre au rôle qui lui est définis par celle-ci. Un rôle de force de propositions et de contrepoids contre les dérives éventuelles du gouvernement.
Le président doit avoir aussi compris que seule, une participation à l’exercice d’un pouvoir dont elle (l’opposition) semble avoir été bannie par les urnes, est à même de mettre fin à ce qu’elle considère comme une crise ouverte entre elle et ceux qui le détiennent.
Il va de l’intérêt général donc que Sidi Ould Cheikh Abdallahi, fasse aussi preuve de fermeté devant l’activisme d’une majorité hétéroclite, sans véritables projets et dont les pans, qu’ils soient nouveaux ou anciens, se livrent une guerre de tranchées, sur fond de positionnements personnels, régionaux ou ethniques, à la veille d’un probable remaniement du gouvernement.
Cette majorité à laquelle personne, surtout pas Sidi Ould Cheikh Abdallahi, n’a jamais rien demandé, pense que le « soutien » qu’elle a consentit, beaucoup plus par crainte de représailles (des militaires) que par conviction, à ce dernier, lui donne une légitimité, et partant, le droit d’être exigeante envers lui.
En attendant, l’arrière pays, coupé des pérégrinations Nouakchottoises et qui, malgré les campagnes soutenues de Ould Taya, ne connaît toujours ni Internet, ni les E- mail, pas plus  d’ailleurs que les comités permanents, conseils nationaux des partis, et autres symposium des apparatchiks politiques, reste collé à sa seule préoccupation du moment, à savoir, comment, par une année pluviométriquement déficitaire, il passera la période de soudure qui s’étale, pour lui, sur la fourchette allant du mois de Mars à celui d’Août.
Le Président doit se méfier d’être berné par le mensonge à propos de ce pays profond, tout comme il doit faire preuve de résistance au conditionnement psychologique qui tend à le persuader que l’avenir du pays se joue à Nouakchott et que seule l’issue des guéguerres engagées par des politicards véreux qui se prévalent indûment de la légitimité populaire, y est déterminante.
en réalité, ce pays profond, faute de support et de message cohérent ne décrypte que les signes de détresses dont les principaux vecteurs sont les effets pervers de la crise persistante, d’où le fait, que le seul langage dont il maîtrise les subtilités, reste celui des besoins vitaux limités à quelques  produits de première nécessité et à la volonté de l’Etat de voler, en cas de besoin, au secours du seul capital qu’il possède, son cheptel.
Ce sont bien ces besoins simples qui constituent la réalité du pays, n’en déplaise à ceux qui ramènent le monde à quelques conclaves stériles et à huis – clos de leurs partis, sanctionnés par un communiqué coupé, lui, de toute réalité.
Devant les attentes égoïstes et sans grand réalisme de la classe politique, toute tendance confondue et devant la carence du gouvernement des E-mail (comme l’appellent les mauvaises langues), le président Sidi Ould Cheikh Abdellahi, élu indépendant et indépendamment des intentions (de vote) des uns et des autres, se doit, malgré son éducation peu agressive, de donner un grand coup de pied dans cette termitière.
Un coup de pied qui n’est, bien entendu, pas une fin en soi sauf  si des mesures parallèles d’accompagnement sont mises en place en vue d’endiguer la détérioration des conditions de vie des populations et par la même occasion, d’assainir la vie politique.
Le Président Sidi Ould Cheikh Abdellahi, élu indépendant, je le répète encore une fois, et par conséquent n’ayant, en principe, aucun compte à rendre à un parti, en a l’autorité morale dont il ne tient qu’à lui d’user, tout comme celle de dire non à l’abus d’une confiance qu’il a accordé spontanément à des hommes sans mérite particulier.
En bon technocrate, le président gagnerait à ne pas accepter, à ce moment précis, les marchandages d’où qu’ils viennent et choisir, en âme et conscience, une équipe gagnante pouvant répondre aux aspirations du pays profond et traduire en contenu de réalisations palpables ses promesses électorales.
Une équipe faite d’hommes mûrs, compétents, intègres et efficaces, qui connaissent tant ce pays profond que ses problèmes, tout comme leurs solutions dont la spécificité a dérouté plus d’un analyste. Des hommes qui seraient un véritable train humain dont les wagons sauront calquer le pas sur le rythme des performances d’une locomotive que tout incite à passer à la vitesse supérieure.
Que l’équipe choisie sur les critères évoqués ci-dessus, réponde à des profiles de la majorité ou de l’opposition, qu’elle réponde à ceux d’une région, d’une ethnie ou d’une tribu données, ce sera alors, mille fois tant mieux car l’essentiel ici, étant qu’on aurait évité de faire revivre ce qui a toujours été le principe  du marchandage dont la finalité ne saurait être que la médiocrité et les pesanteurs sociales qui en sont les corollaires.

M.S. Beheite

Note: Info source: Le Calame (Mauritanie)

 

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