Une équation à variables multiples : Le terrorisme, la drogue et le laxisme des autorités

Les évènements qui se déroulent actuellement au pays montrent que la Mauritanie semble s’insérer à grands pas dans la logique du terrorisme, du crime organisé et du brassage de fonds faramineux issus de la vente de la drogue. Et cela même au moment où, le pays s’engage dans une démocratie encore infantile.

Les évènements actuels risquent-ils de compromettre, à tout jamais, la démocratie naissante, en offrant aux militaires un droit de retour, au nom d’un « Comité National de Préservation de la Démocratie » (CNPD) ?

Les pouvoirs publics viendront-ils à bout de la poignée de terroristes qui exercent présentent dans le pays ? Quelles sont les personnes qui sont derrière les activités terroristes et la vente de drogue ? Les citoyens et les pouvoirs publics sont-ils suffisamment conscients de la gravité de la situation que traverse actuellement la Mauritanie ?

D’où viennent les complexités de la situation ?

Le présent article n’apporte pas de réponses claires à ces différentes questions. Il donne, cependant, un certain nombre de données qui pourront aider à mieux cerner les activités terroristes, les activités de vente de drogue et blanchissement d’argent.Nous savons tous, qu’aujourd’hui, de part le monde, les activités terroristes et les activités de vente de la drogue sont considérées comme des crimes graves, intimement liées, et traitées comme telles, aussi bien, par les gouvernements, que par les citoyens.

En Mauritanie la façon dont sont traités ces deux types d’activités laisse penser que, ni les pouvoirs publics, ni la population, ne sont réellement conscients de la gravité de la situation :

  • La drogue est saisie au quotidien, et les auteurs sont traités avec beaucoup d’égard, puisque fils d’un tel ou d’un tel autre ;
  • Les assassinats sont commis, et les auteurs sont paisiblement en cavale, voire même en fête (de noces notamment). Et ceux qui sont arrêtés échappent aux mains des policiers chargés de leur surveillance en plein jour, au sortir d’un interrogatoire avec le juge chargé du dossier ;
  • Un groupe de trois criminels présumés, activement recherchés, est encerclé dans une villa, par des dizaines de policiers, et les trois criminels présumés s’échappent aisément.

 

Au regard de tout ceci, le discours officiel minimise la portée des évènements, considérant que le peuple mauritanien est fondamentalement islamiste modéré et paisible, de tradition.

La jeune démocratie va-telle survivre dans ces conditions ?

Le simple citoyen, voire l’intellectuel même, pense que c’est au gouvernement, à l’État d’instaurer, seuls, la démocratie et la paix sociale. Ils oublient que l’instauration et le renforcement de la démocratie sont des faits sociaux. Il ne revient pas aux pouvoirs publics d’y travailler seuls.

Les pouvoirs publics ont un rôle de facilitateur du jeux de la démocratie, par l’adoption d’une attitude positive et encourageante, en établissant des lois et règlements définissant le cadre juridique et social du dit jeu et en veillant au respect de ces lois et règlements.

L’instauration et le renforcement de la démocratie doivent être une exigence et une œuvre sociales. De ce fait, en tant que citoyen de la jeune démocratie, tout mauritanien doit être conscient de l’importance de son rôle dans l’instauration d’une société paisible. L’existence et le maintient d’activités liées au crime organisée et à la vente de la drogue pourraient compromettre grandement la paix sociale et le renforcement de la démocratie.

La plupart des citoyens ont dénoncé et combattu farouchement l’attitude des gouvernements précédents. Nous devons dénoncer et combattre, aujourd’hui, avec la même vigueur, les activités terroristes, les activités de vente de la drogue, et la mollesse, le laxisme avec lesquels, la gravité de la situation est traitée par les pouvoirs publics actuels.

Nous ne devons pas nous contenter à observer les pouvoirs publics lutter seuls, à leur façon, contre le crime organisé. Nous devons être déterminés à prévenir et à lutter contre le crime, sous toutes ses formes, en exigeant l’instauration de lois claires et un cadre juridique et social précis de lutte contre la criminalité.

Pour cela, nous devons exiger des pouvoirs publics de définir clairement ce que sont les activités de terrorisme, les activités de vente de drogue et de blanchiment de l’argent. Il faut chercher également à identifier et définir clairement le profil des individus voués à ces différentes activités. C’est une des manières premières de prévenir l’utilisation de l’Islam (pour commettre des crimes), le brassage de fonds pour financer de telles activités et le blanchiment de l’argent de la drogue.

Nous devons exiger la mise en place de mécanismes de détection des activités de financement de la criminalité, un mécanisme de surveillance étroite des circuits financiers, des banques, des compagnies d’assurances exerçant dans le pays, et des organismes de collectes de fonds à caractère de charité.

Car, terroristes et vendeurs de drogue utilisent les mêmes circuits financiers pour financer légalement leurs activités de crime organisé : le blanchiment de l’argent. Blanchiment d’argent et financement d’activités terroristes sont devenus des problèmes planétaires de plus en plus complexes et en constante mutation.

Les pouvoirs publics, les institutions financières et les citoyens doivent avoir l’obligation juridique de détecter le blanchiment  d’argent et le financement des activités terroristes, de protéger le pays des criminels et des terroristes. Tout manquement à cette obligation serait susceptible d’accroître l’incidence des activités criminelles et des attaques de terroristes dans la société, en plus de nuire à la réputation du pays à l’étranger.

Comment détecter ces différentes activités du crime organisé ? C’est quoi le blanchiment de l’argent et le financement des activités terroristes ? Comment les blanchisseurs d’argent et les financiers du monde terroriste exploitent-ils les institutions financières pour blanchir des fonds ou financer le terrorisme ?

Le blanchiment d’argent peut être défini comme tout acte réussi, ou toute tentative, de camoufler la source de fonds ou de biens dérivés d’une activité criminelle. Les fonds à blanchir sont généralement issus des produits de la criminalité.

Ceci comprend l’argent obtenu du trafic de drogues et d’êtres humains, du racket, de la prostitution, de la contrebande, d’enlèvements, du vol et de l’extorsion. Ce sont des capitaux dérivés fondamentalement d’activités illégales et criminelles.

Le financement des activités terroristes quant à lui peut être défini comme le fait de collecter ou de posséder des biens en sachant qu’ils serviront à financer des actes terroristes, ou celui de fournir des services financiers à un groupement terroriste. Les capitaux de financement des activités terroristes ne proviennent pas nécessairement d’activités criminelles. Il peut s’agir de contributions privées ou de dons de bienfaisance de la part de personnes qui sont conscientes ou pas de financer le terrorisme.

Quels sont les objectifs du blanchisseur d’argent du crime ? Quels sont les objectifs du financier du terrorisme ?

Le blanchisseur d’argent a pour objectif principal de camoufler les origines de ses fonds et de les rendre « propres ». Tandis que l’objectif principal d’un financier du monde terroriste est d’extraire de l’argent du système financier et d’en masquer la destination prévue. Le blanchiment d’argent et le financement des activités terroristes ne sont pas toujours dissociés.

Car certains des revenus criminels qui s’infiltrent dans le système financier peuvent provenir d’activités terroristes. Tandis qu’une partie de l’argent propre émergeant du processus de blanchiment peut être consacré à des actes terroristes.

Comment procèdent-ils?

Pour arriver à leurs fins, les blanchisseurs d’argent et les financietrs du monde du terrorisme tissent souvent une toile enchevêtrée de transactions. C’est ainsi que de nombreux montants passent par au moins une institution financière.

L’argent est habituellement blanchi en trois étapes.

  1. Pour commencer, l’argent à blanchir est introduit dans le système financier. C’est le placement de l’argent sale dans le circuit financier.
  2. Les capitaux passent par de nombreuses couches de transactions, dans une tentative de brouiller la relation entre les fonds et leurs origines criminelles. On dit que les fonds sont empilés.
  3. À la dernière étape du processus, l’argent blanchi est réintégré dans l’économie et prend l’apparence de capitaux légitimes, propres. L’argent ainsi anobli est reversé proprement dans le système économique.

 

Les blanchisseurs d’argent et les financiers du monde terroriste recourent donc à une variété de méthodes pour gagner accès au système financier. Les techniques qu’ils emploient évoluent constamment. Prenons deux exemples pour illustrer le mécanisme :

L’exemple de vente de drogue:

  • Des drogues sont vendues au comptant dans les rues de Nouakchott, par exemple. Les revenus en espèces sont ventilés et déposés par petits montants dans des comptes bancaires ouverts par des complices de l’opération de blanchiment d’argent. C’est l’étape du placement.
  • Les titulaires des comptes bancaires, les complices, reçoivent chacun une facture d’une société de ventes de voitures, par exemple, une société qui sert de façade aux blanchisseurs d’argent. Les complices paient les factures de la société par chèque. La société dépose les chèques dans son compte bancaire à, et les produits servent à payer des dividendes à M. Zeid, l’investisseur principal de la société. C’est l’étape de l’empilement.
  • Par virements bancaires, M. Zeid achemine les montants reçus en dividendes, vers un compte situé dans un « havre de secret bancaire » (la Suisse). Puis il transfère ces mêmes fonds vers un autre compte à Paris. M. Zeid n’ayant aucun lien connu avec des activités criminelles quelconques. À la dernière étape du processus, l’argent blanchi est réintégré dans l’économie et prend l’apparence de capitaux légitimes, propres.

L’exemple de vol pur et simple:

 

  • Une bande criminelle commet une série de vols à main armée dans des hôtels du Sénégal, de la Gambie, du Nigéria. Les produits de ces crimes sont déposés dans un compte bancaire à Dakar ou à Lagos, compte détenu par une entreprise d’apparence légitime. C’est l’étape du placement.
  • L’argent retiré du compte bancaire à Dakar ou à Lagos servira à acheter des pierres précieuses de source illicite en Afrique du Sud. Ces pierres précieuses sont introduites par avion en Europe. Elles sont ensuite vendues au comptant à Amsterdam. C’est l’étape de l’empilement.
  • L’argent est versé dans le compte bancaire de Mme V’Lana, une cliente de longue date d’une institution financière réputée. Mme V’Lana transfère ces fonds dans son compte de courtage, d’où elle achète et vend des valeurs mobilières ou des bijoux. L’argent est ainsi intégré avec succès au circuit économique traditionnel.

Peut-on identifier et définir le profile d’un blanchisseur ou celui d’un financier du terrorisme? Comment se présentent un blanchisseur et un financier du terrorisme?

Le blanchisseur, le financier du terrorisme peuvent être M. ou Mme Tout le Monde. Le blanchisseur ou le financier du terrorisme peut être facilement reconnaissable, s’il était un « Am’mbeibile Ould M’neivich », aux proches trouées, se déplaçant à pieds ou en transports en commun et qui, du jour au lendemain, devient un « Zaiim Ould Hellou », un Caid, roulant en Mercedes ou BM, yitt hatett mine el vawwa. Un Zaiim auquel on commence à lui trouver des origines chérifiennes ou à défaut il devient simplement un guerrier de père en grand père.

Ce type de blanchisseur ou de financier du terrorisme, n’est pas un chef de file enraciné du système. Il représente, cependant, les vrais de vrais du système. Cet Am’mbeibile devenu Zaiim est souvent le profile d’individus en mal et en quête de reconnaissance sociale. Ce sont le plus souvent des révoltés d’environnements particuliers de la société. Tbortti wo Zeltt (la dèche, la misère et le mépris social) font d’eux des proies faciles du crime organisé et des organisations souterraines du terrorisme. Ces derniers leur offrant la reconnaissance et la valorisation recherchées.

S’il est difficile de connaître les vrais Zouamas peut-on identifier, les personnes qui font leur boulot? Quelles activités financières entretiennent-elles?

Très souvent, certaines personnes, par la nature même de leur profession, la structure de leur entreprise ou leur type d’activités commerciales, peuvent être des vecteurs de de collecte de fonds pour le financement d’activités terroristes ou le blanchiment d’argent de la drogue.

Versus ces personnes, certains produits et services peuvent comporter aussi un risque accru de blanchiment d’argent. Car ils offrent l’occasion de transférer des fonds hors frontières ou de déguiser le propriétaire réel des fonds concernés.

Les personnes, mentionnées ci-dessus, utilisent très souvent des produits d’assurances dits à haut risque, comme les assurances vie universelles et les rentes, les polices au nom d’une société de portefeuille privée, les polices administrées par un agent ou un intermédiaire ou contractées dans le but apparent de dissimuler le propriétaire réel ou le véritable détenteur de l’intérêt bénéficiaire.

Les blanchisseurs d’argent recourent généralement à des professionnels pour acheminer ou dissimuler les fonds issus de la criminalité. De ce fait, on peut considérer certains professionnels comme étant des vecteurs potentiels de blanchiment d’argent. Car ils agissent au nom et en lieu de leurs propres clients, particuliers ou entreprises, et peuvent donc masquer le propriétaire réel du compte bancaire. C’est possiblement le cas des :

  • Avocats et Bureaux d’avocats,
  • Notaires,
  • Comptables,
  • Agents immobiliers

À cette première catégorie de vecteurs de blanchiment d’argent, viennent s’ajouter les personnes politiquement exposées. Ce sont celles qui exercent ou on exercé des mandats publics. La position et l’inluence de ces personnes les rendent plus susceptibles de corruption, pots de vins et autres, et d’exposition aux produits de la criminalité. Dans cette catégorie de personnes, on peut citer:

  • Les hauts fonctionnaires d’État,
  • Les officiers militaires, les officiers de la police, les officiers de la garde et de la gendarmerie nationales,
  • Les juges,
  • Les politiciens et représentants de partis politiques,
  • Les personnes en vue, comme les chefs de syndicats ou les dirigeants d’organisations qui influencent les décisions politiques,
  • En fin, les familles et les proches connaissances de toutes les personnes ci-dessus.

 

Dans le cas des personnes politiquement exposées, il est difficile de connaître l’origine et la nautre de leurs biens. Elles sont particlièrement pernitieuses, bien organisées et avides de sous et de pouvoir.

Quelles structures organisationnelles sont mises en place pour effectuer les activités de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme ?

Les persoones versées dans le crime organisé et le terrorisme utilisent généralement des structures de propriété complexes pour cacher l’identité du propriétaire bénéficiaire des fonds. Les fiducies, les clubs d’investissement et les sociétés de portefeuille sont des exemples de telles structures.

Voyons de plus près les entreprises pouvant être des structures de blanchiment d’argent, de collecte de fonds et de financement du terrorisme.

Souvent, ces entreprises peuvent être :

  1. Des entreprises de services financiers: certains prestataires de services finaciers sont assujettis à un niveau de réglementation inférieur ou flou. La moindre rigueur de cette réglementation peut fournir une occasion en or aux blanchisseurs d’argent et aux financiers du terrorisme. Parmi ces entreprises, on peut compter:

    o  Les services finaciers de catégorie MSB (Money Service Businesses),
    o  Les bureaux cambistes,
    o  Les établissements d’encaisse des chèques,
    o  Les services de transmission d’argent,
    o  Et toute entreprise qui émet, vend ou échange des chèques de voyage et de mandats ;
    o  Les autres établissements de dépôts, notamment les banques et les coopératives de crédit étrangères ;
    o  Les exploitants de guichets automatiques sans nom précis.

  2. Des entreprises aux flux de trésorie importants : des sociétés de commerce de détail administrant très souvent beaucoup de cash. Il s’agit généralement de :
    o  Des sociétés émettrices de cartes d’appel,
    o  Les boîtes de nuits,
    o  Les magasins d’alcools,
    o  Les établissements de jeu (casinos et autres).
  3. Des établissements de ventes d’objets de valeur : les entreprises qui achètent et vendent des articles de valeurs intéressent très souvent les blanchisseurs d’argent et les financiers du terrorisme qui désirent effectuer l’étape de l’empilement du processus de blanchiment d’argent, par conversion des produits de la criminalité en biens de grande valeur. Il s’agit essentiellement des entreprises de type :
    o  Les concessionnaires d’automobiles,
    o  Les bijoutiers,
    o  Les antiquaires.
  4. Des organismes sans but lucratif (OSBL): certains organismes sans but lucratif sont créés ou sournoisement exploités dans le but de financer le terrorisme par des dons. Pami ces OSBL on peut citer:
    o  Les œuvres de bienfaisance,
    o  Les fondations,
    o  Les organisations religieuses ;
  5. Des sociétés Import-Export : les sociétés import-export et les entreprises qui exécutent un grand nombre de transactions de financement commercial sont d’excellents vecteurs de blanchissement d’argent ; car elles peuvent servir à transférer de l’argent de part et d’autre de la frontière.

Vu la diversité et la position des personnes pouvant être impliquées dans les activités criminelles de vente de drogue et de financement du terrorisme, on peut se poser la question de savoir comment sortir de la situation actuelle sans compromettre la démocratie naissante ?

Ecrit par Sidi Mohamed Ould Hartane via moham


 

 

Info source : Sidi Mohamed

 


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