Courrier du Calame: Il faut sauver le soldat Ould Abdel Aziz.

Courrier du Calame: Il faut sauver le soldat Ould Abdel Aziz. dans opinion GENERAL_03

Les faits sont les faits. Maintenant, il faut sauver le général Ould Abdel Aziz afin qu’il puisse préserver les acquis démocratiques. «Les hommes font leur propre histoire, ils ne la font pas arbitrairement, mais à partir de circonstances héritées du passé». Ce prologue au matérialisme historique de Karl Marx est la voie royale qui nous mène à la compréhension des évènements du 6 août 2008 ; rectification, dirai-je, coup d’Etat, pour d’autres.

En effet, c’est la transition, biaisée, de 2005-2007, qui portait les germes de sa propre destruction. Entre Sidioca – un choix regrettable – et les généraux, la lune de miel fut éphémère, même si la fronde vint du parlement.

Ce dualisme «antinomique» a été enfanté, échafaudé par des forces centrifuges égocentriques, donnant, de facto, au microcosme politique mauritanien, un visage des plus manichéen. D’un côté, les partisans de Sidioca, de l’autre ceux du général Mohamed Ould Abdel Aziz. Est-ce le signe précurseur d’une «real democracy»? On ne peut que l’espérer. Mais comment en est-on arrivé là ?

Un malheureux décret présidentiel, élaboré en catimini – quelle faiblesse pour un président élu! – a failli provoquer un grave conflit entre les différentes composantes des forces armées et de sécurité, avec de grands risques de guerre civile. L’histoire humaine nous apprend qu’un rien peut engendrer des situations immaîtrisables.

Souvenez-vous de la 1ère guerre mondiale (1914-1918) dont la cause, immédiate, fut l’assassinat du prince héritier austro-hongrois François Ferdinand à Sarajevo (Bosnie), par un étudiant serbe. En août 1914, l’Europe s’embrasse, ensuite le monde entier.

Notre petite Mauritanie n’est pas le nombril du monde mais ce qui s’est passé le 6 août 2008 devait, tôt ou tard, arriver. C’est-à-dire : le départ précipité de Sidioca, avant la fin de son mandat, par voie parlementaire ou non.

Point de triomphalisme. «Malheur aux vaincus», s’écria Brennus, posant son épée, pour faire pencher la balance, du côté de l’or que les romains, vaincus, devaient verser aux tribus gauloises.

Mon général, c’est au sommet de la gloire que le cœur délivre ce qu’on est réellement. C’est au moment où l’on constate que tout le monde se courbe à son passage qu’on doit méditer les paroles d’un autre général, cette fois-ci, sauveur de la France, en 1958: « le pouvoir, c’est de l’impuissance« .

La clepsydre se vide. Motions de soutien, exégèses à la  télévision, apologies : elles n’engagent que ceux qui y croient ou font semblant d’y croire. La Mauritanie est au bord du gouffre, un océan de misère comme vous le dites souvent. La faim, la maladie, l’ignorance rivalisent avec l’immobilisme, la gabegie, le pessimisme le plus noir… partout, on constate la démission de l’Etat.

Plus de temps à perdre, nous avons, vraiment, besoin d’un changement, afin que le peuple puisse reprendre espoir. Savez-vous que la Mauritanie est le seul pays au monde – Somalie exceptée – où :

- un mécanicien peut réparer une voiture sur la voie publique bloquant ainsi la circulation ;
- des policiers sont corrompus ; pire : exigent de l’être ; au vu et au su de tous ; - des travailleurs étrangers ont plus de droit que les nationaux.Général, tout le monde sait que vous êtes au pouvoir «accidentellement», peut-être par nécessité, et ce déterminisme vous place dans une mission délicate, mais transcendante.

Il est donc temps de se pencher sur les chantiers cardinaux de la république à savoir :
- la bonne gouvernance, sans quoi rien ne peut marcher ;
- la justice, la santé, l’éducation ;
- l’unité nationale, l’égalité des chances, après que l’esclavage eût été, réellement, aboli ;

- le passif humanitaire : il faut le régler définitivement, sans passion, ni démarche vindicative, source d’intolérance et de stagnation. Il n’y a pas de «ligne rouge» dans la vie d’une nation qu’un président ne peut aborder.
Connaissant les victimes et certains de leurs proches, je suis prêt à m’investir afin de trouver une solution, un modus vivendi, sans esprit de vengeance ;
- le problème des militaires injustement « débarqués» après le 8 juin 2008, ceux victimes du «délit de parenté».

Mon général, vous êtes au-dessus de la mêlée et nous connaissons votre bonne moralité, votre caractère débonnaire, votre sens aigu du nationalisme : vous êtes le seul capable, aidé de vos collègues et du peuple mauritanien, de résoudre les tares, accumulées des décennies durant.

Enfin, on se rappellera que, depuis l’apparition de l’homme sur terre, trois grands démentis ont été infligés à la mégalomanie humaine, à savoir : l’héliocentrisme, l’évolutionnisme de Darwin et la psychanalyse de Freud.

Espérons que le quatrième – la juste perception de ce qu’on est et de ce qu’on a – démentira les pessimistes de chez nous, selon lesquels la Mauritanie n’avancera pas d’un iota, qu’elle est prédestinée à un éternel masochisme, alors qu’elle regorge de potentialités – pétrole, or, poisson, etc. – synonymes de bien-être, quant à eux, et, même, de banquets épicuriens.

Ely Ould Krombelé, ancien officier de l’armée.

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Coup de main sur un décret présidentiel de trop

Le mois d’août à Nouakchott, il fait moite. La chaleur dilate les métaux. Les nerfs aussi. La guerre psychologique, que se livraient Sidioca et ses généraux, a pris fin, de manière brutale, surprenant tout le microcosme politique mauritanien. Le bouillant général aurait-il les nerfs beaucoup plus solides que le sage Sidi?

On s’attendait au contraire, mais les temps ont changé.

Voyons les faits. Le 6 août, au petit matin, un communiqué, laconique, lu à la radio, élaboré, dit-on, en catimini, fait déborder le vase. «Débarquer» quatre officiers de haut rang, dépositaires de la sécurité du pays dont l’un, le général Abdel Aziz, contrôle ce que vous mangez, l’air que vous respirez, et aller prendre son petit déjeuner tranquillement, est, tout simplement, suicidaire.

Quel mauvais rôle d’acteur de série B! Sur ce, Sidioca fait, de son coup d’essai, son épitaphe. Pourquoi en est-on arrivé jusque là? Pouvait-on faire confiance à un président incapable de dialoguer avec ses proches, les convaincre? Peut-on miser sur un président qui n’a pas d’ascendant sur ses subordonnés de militaires, à tel point qu’il se cache pour agir? Quel chef, alors! J’en ai honte.

Quand serait-il, si Sidioca devait négocier, en cas de conflit, en face de généraux d’autres pays? Braderait-il notre souveraineté ? Le cas s’est présenté, en 1975, à Bechar (Algérie) et feu Moktar Ould Daddah, menacé, n’a pas changé, d’un iota, sa ligne de conduite.

La fonction présidentielle n’est pas un vain mot. Pour l’exercer, il faut être apte sur tous les plans : moral, psychologique, physique, mental, social et, même, avoir une libido objectale! Le CMJD avait parié sur un mauvais cheval, gageons que le HCE va rectifier le tir.

Ely Ould Krombelé

 


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