Archive pour octobre, 2008

Un bel exemple de coopération décentralisée

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Lancé en 1992 la coopération entre le village de Dieuk et la ville de Chevilly-larue a connu un dynamisme  et a rapidement évolué en jumelage entre les deux communes.

Dans ce cadre des nombreuses réalisations ont été faites  dans le domaine hydraulique (construction d’un château d’eau d’une capacité de 253 mètre cube , une adduction d’eau assurant l’alimentation, la construction et équipement de bornes fontaines), agricole( banque céréalière, matériel  et équipement agricole,appui financiers des coopératives), santé et éducation.

Et c’est précisément dans le domaine de l’éducation que se situe  la cérémonie du Samedi 11 octobre pour l’inauguration de l’école  réhabilitée, qui a réuni  un beau : l’ambassadeur de France, SE Michel Vandepoorter,  Fassa Yerim maire de la commune de Rosso,  Christian Hervy maire de Chevilly-Larue,  Mme Hawa Sy adjointe au wali  du Trarza, l’inspecteur départemental , Mohamed Brahim Ould Njoubnane président  régional des Associations des parents d’élèves ( APE) et de nombreuses autres personnalités françaises et mauritaniennes

Dans son discours de bienvenu le maire de Rosso le Pr.  Yerim Fassa a dit que la cérémonie  qui les réunit est le fruit d’un bel exemple d’une coopération  tissée depuis  plus d’une décennie entre les populations de Chevilly-Larue en France et celles de Dieuk.

Mais dira t il si tout ceci a été possible c’est grâce au dynamisme et la manière novatrice du maire de Chevilly-larue, Christian Hervy, de pratiquer la coopération.

Il a terminé en offrant solennellement la clé du village au maire de Chevilly-larue en lui demandant d’ouvrir la porte tout en maintenant le cordon ombilical entre l’Europe et l’Afrique.

Le maire de Chevilly-Larue a lui prôné une nouvelle vision de le coopération nord sud : si la relation est placée sous un angle de coopération et non de domination  on pourra faire reculer la pauvreté et l’Afrique pourra sortir du sous développement. Il a exhorté les enfants à étudier et de prendre soin de ce joyau pour que les générations futures puissent à leur tour s’en servir.

Quand à l’ambassadeur de France en Mauritanie, SE Michel  Vandepoorter, il a mis l’accent sur le dynamisme de la relation franco-mauritanienne qui se nourrit de la diversité de ses acteurs et la coopération décentralisée en est un pilier essentiel.

Il a souhaité que l’école réhabilitée et agrandie puisse accompagner la jeunesse de Dieuk  et que ceux qui l’occuperont passent des années heureuses et fécondes et rendent hommage chaleureux à la qualité exemplaire des relations qui unissent leur village à Chevilly-larue et à celles et ceux qui leur donnent cette belle dimension humaine.

Apres les discours ce fut la visite des classes

 Ce joyau a coûté la bagatelle de  41.889.430 UM soit 126.938 Euro, cofinancé par la commune de Chevilly-Larue, le MAED, le ministère français des affaires étrangères et européennes  est sponsorisé par  les entreprises PARENGE, France Travaux et Razel dont les responsables ont fait le déplacement.

.le complexe compte 7 salles de  classes, la réhabilitation de 2 classes  construites  dans le cadre du PNDSE, la réhabilitation des latrines, la réfection de la clôture  et un équipement pédagogique.

La population a accueilli ses hôtes de marques avec enthousiasme ;  pour témoigner de sa générosité danses et chants au son des sabbars ont ponctué toute la cérémonie

 Les deux  délégations ont tenu une réunion de travail dans les locaux de la commune avant  de se diriger vers l’hôtel CHEMAMA où un dîner était organisé par le maire en leur honneur.

 ndiaye

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Quelle sera la prochaine étape ?

Voila déjà deux mois que la junte a pris le pouvoir et le pays ne se porte pas mieux. Pire après marches de soutien télécommandées  et autres manifs le temps est venu pour nos généraux de faire face aux conséquences de leur acte aventuriste qui risque de plonger le pays dans un cycle infernal de sanctions dont seule le peuple mauritanien sera la principale victime.

Les généraux « sauveurs » n’ont pas mesuré l’ampleur de leur acte, trompé en cela par la vision de leurs acolytes de parlementaires qui n’ont en vue que des intérêts mercantiles.

Aujourd’hui que le navire prend de l’eau de tous les cotés (menaces de sanctions, isolement diplomatique) les parlementaires  favorables au putsh mettent de l’eau dans leur thé pour ne pas dire leur vin.

L’ultimatum de l’U.A a mis les putschistes et leurs fantassins de parlementaires devant leur responsabilité. Pourtant le HCE et  ses marionnettes ont rejeté cet ultimatum en bloc.

Aujourd’hui il apparaît à l’opinion nationale et internationale que le discours avancé par les militaires depuis leur forfaiture ne tient pas. Comment peut on parler d’agir dans l’intérêt national en adoptant une position suicidaire quitte à entraîner le pays dans une spirale de malheur. Nos apprentis sorciers galonnés n’ont en ligne de mire que leurs propres intérêts et toutes solutions qui ne prendraient pas en compte leur  boulimie du pouvoir est voué à l’échec.

Quand au peuple c‘est lui le dindon de la farce  et la principale victime de ce jeu machiavélique que nous impose nos « jeunes héros » qui se sont découverts un destin national.

Le moustachu s’était trompé en disant qu’il n’y aura plus de coup d’état dans ce pays ; il avait oublié qu’un certain colonel spécialiste des coups d’état n’avait pas dit son dernier mot.

 

ndiaye

LA GUERRE DU PAIN

La section de la fédération des boulangers de Rosso, excédée par l’envahissement du marché par le pain sénégalais a décidé de prendre le problème à bras le corps.

La moughatas de Rosso est connue depuis les temps immémoriaux par la place prépondérante qu’occupe le commerce dans les activités de la ville ; ce qui explique la dynamique de ses marchés où on trouve les produits derniers cris. Peu importe la provenance pour le client pourvu que la qualité y soit.

Durant le mois du Ramadan  beaucoup des Rossossois n’hésitent pas à traverser pour se procurer le pain sénégalais dont la qualité est nettement supérieure a celui qu’offre les boulangeries de Rosso. Cela n’a pas été du goût de la section des boulangers qui ont réagi violemment pour stopper cette hémorragie.

La seule façon de faire face à cette concurrence transfrontalière est tout simplement de respecter les normes en vigueur ; comme l’a dit  SG de la section de Rosso El Kory Ould Addad : « le seul moyen de  fidéliser la clientèle c’est de respecter les normes d’une boulangerie professionnelle », dans ce même ordre d’idées il a exhorté les boulangers de Rosso de changer les conditions hygiéniques, la qualité et la gestion et la formation des ouvriers.

Le pain étant une des denrées alimentaires la plus consommée chez nous.                  

Cette démarche est celle préconisée par les consommateurs qui digèrent mal l’interdiction de l’importation du pain sénégalais. Au lieu d’interdire le pain sénégalais nos boulangers auraient intérêt à améliorer leur produit vu que la farine coûte moins cher chez nous que chez le voisin sénégalais. Les règles du marché libre doivent inciter nos boulangers à changer. Envisager l’interdiction pure et simple est de mauvaise guerre  ce serait priver le consommateur d’un produit à bon prix et de bonne qualité et l’obliger à se rabattre sur un produit médiocre et onéreux.

Nos boulangers doivent comprendre que le temps de l’unilatéralité est révolu que la mondialisation est une réalité  de notre temps avec laquelle il faut compter.

Le moment est venu de se départir des mentalités rétrogrades et du nationalisme chauvin pour  se battre loyalement  et à armes égales : c’est-à-dire proposer aux consommateurs des produits de qualité pour que l’on cesse de traverser pour le chercher de l’autre coté de la rive.

 

NDIAYE

 

 

Une attente sans fin

« Nous ne sommes pas revenus pour recommencer le même cycle de souffrance, nous ne voulons pas être des éternels assistés mais demandons que le minimum vital nous soit fourni ;

Huit mois après leur retour au terroir la majeure partie des rapatriés vivent dans une précarité extrême. Seules les deux premières vagues ont  été l’objet d’une attention particulière.

Les autres ont eu à faire un véritable chemin de croix pour obtenir le minimum vital.

Les structures d’accueil sont vétustes et le sur le plan de la santé et de l’éducation beaucoup reste à faire. Quelque part  le mécanisme s’est grippé ; ou les choses ont été faites avec improvisation, car on ne peut justifier  ces disfonctionnements autant chez le HCR que le PAM. Quant à l’ANAIR elle a brillé par sa lenteur , si pour la première vague elle pouvait justifier son retard  car elle n’existait que sur papier aujourd’hui tel n’est pas le cas et elle se devait d’être à la pointe du combat.

Au site Rosso lycée (sis entre la ville et le village de Tounguène) les conditions sont dramatiques. Le responsable du site Bocar Mbodj (photo) nous livre ici sans détour la réalité de cette misère.

«  Nous vivons dans une situation d’extrême précarité. : Les bâches qui étaient initialement utilisées  comme abris de fortune d’urgence qui devaient être remplacées par des hangars sont toujours maintenues  or l’hivernage et les fortes chaleurs les ont largement endommagé et les rendent inutilisables. En plus le HCR complique la situation en arrêtant le plancher de 4 éléments comme taille minimale de la famille pour l’accord d’un hangar. Cette attribution est discriminatoire. Dans ce site 10 familles sont exclues car elles ne remplissent pas ce critère. Je vais vous donner un exemple de l’absurdité de ce critère. Ici se trouve avec nous un jeune homme qui a été déporté avec sa maman, cette dernière s’est mariée et a eu d’autres enfants. Avant le retour au bercail la maman décède et le père (qui est lui sénégalais) garde les enfants. Le jeune homme décide lui de rentrer au pays  mal lui en pris car aujourd’hui il est tout seul  sans  bâche rien dans un dénuement total. Il faudrait que le HCR, les autorités et tous les partenaires dans l’opération revoient leurs copies.

Pour les constructions le HCR  y a mis fin invoquant le manque de moyen à la place désormais c’est un hangar qui est donné. Mais le problème c’est la restriction de distribution des permis d’occuper et la lenteur administrative, il nous a fallu aller jusqu’à Nouakchott pour  débloquer la situation. Pour la construction d’une chambre de 5 m x 6 m par famille, certains paramètres ne sont pas pris en charge. Comment voulez vous qu’un père, ses enfants ses belles filles soient tous réunis sous le même toit ?

Les latrines devant accompagner les habitat se font toujours attendre (elles coûteraient plus chers que les chambres) celles de fortunes mises en place sont inadaptées construites à la dimension d’un  baril de 200 litres enfoui dans le sol.

La couverture sanitaire est inexistante depuis notre arrivée nous n’avons jamais reçu la visite des autorités sanitaires. Les urgences sont évacuées aux soins des patients ou leurs parents et amis. Nous avons soumis le problème au HCR qui dit ne pas être concerné ; l’ANAIR affirme avoir donné un lot de médicament dans le cadre du programme d’urgence mais ce lot s’est perdu. Le rapport de la mission parlementaire note que les médicaments octroyés par les organisations caritatives ou organismes tels que l’OMS, l’UNICEF ou autres sont détenus par les DRASS sans parvenir aux destinataires qui sont les rapatriés.

Les ordonnances délivrées à l’issue  des consultations sont à notre charge.

Les rations alimentaires distribuées par le HCR par l’intermédiaire de ALPD sont  inadaptées aux habitudes culinaires et insuffisantes en quantité. L’assistance alimentaire est prévue pour trois mois et au bout de cette période elle n’est renouvelée qu’à hauteur de 50 %. Les denrées offertes ont changé et à la place du riz on donne du blé. Aujourd’hui le quota  donné par le PAM est épuisé et aucun projet porteur  n’est en vue.

Il est vrai que des actions ponctuelles sont effectuées par l’ANAIR pour nous soulager mais il serait souhaitable que les actions de l’agence soient axées sur des projets qui puissent nous permettre de nous auto gérer, nous ne pouvons être des éternels assistés.

 La phase d’insertion étant en retard, toutes les forces vives sont au chômage et n’arrivent à mener aucun effort aidant à compléter leurs besoins primaires, surtout alimentaires.

 Etat Civil :

 En dehors de la première vague qui a reçu ces cartes d’identité à l’issue d’une semaine de leur retour, tous les autres contingents sont en attente de leurs pièces d’identité.

L’établissement de la nationalité est un casse tête pour beaucoup de rapatriés, à cause de l’obligation de la présentation de la pièce de l’un des parents qui est le plus souvent introuvable par décès de ces derniers et la destruction des archives de référence.

Or l’article 16 des accords tripartites stipule que les documents d’état civil doivent être délivrés dans la période de 3 mois après le rapatriement. Tous ces points sont restés lettres mortes.

 Education :

La prise en charge des enfants des rapatriés, les cours de rattrapage en arabe qui devaient être organisés par l’ANAIR est toujours en suspens. D’ailleurs sur notre site nous avions deux enfants l’un faisait le lycée l’autre le collège et jusqu’à présent ils sont considérés comme des auditeurs libres faute d’un matricule national.

 Foncier

Ce problème comme celui des documents de l’état civil reste encore entier et d’ailleurs il est source des tensions, l’exemple de SAPO DOKI est révélateur de ces frictions. Et dans son rapport la mission parlementaire a souligné que : Ce dossier constitue le casse tête des autorités qui risqueraient de fragiliser la cohabitation pacifique dans la vallée entre les rapatriés et les populations que l’administration avait installées dans les propriétés des déportés. Ces problèmes intéressent toutes les populations du Sud (les nouveaux rapatriés, les rapatriés volontaires avant 2000, les populations qui n’ont jamais été déportées), bien que les premiers restent plus vulnérables que les autres. Les terres de la chémama ont connu des expropriations successives depuis l’adoption de la loi foncière 83 127 du   03 juin 1983 portant    réorganisation foncière et domaniale, qui se sont  accentuées avec les mouvements de déportation en 1989 et la récupération de toutes les terres vacantes. Beaucoup de périmètres ont changé  de propriétaires par spéculation. Certaines localités se trouvent étrangler sans espace vital (ex : Keur Madikke entouré par la digue du périmètre de Ould Ghaddour  qui lui a été vendu par Ould Amar Chein), parfois obligées de se délocaliser pour être réinstallées ailleurs loin de leurs propriétés traditionnelles   dans le Diéry( ex : rabbany, périmètre aménagé de  916 ha s avant la déportation et 250 ha en jachère expropriés par les privés).La restitution de ces terres expropriées constitue une étape fondamentale pour l’insertion des rapatriés cultivateurs ; et début de règlement des problèmes de fond de la déportation.

 

Pour la réinsertion, l’indemnisation et la réparation des préjudices  consistant à l’élaboration de programmes, le financement des activités génératrices de revenus au profit des rapatriés.

L’ANAIR qui devait être l’institution d’exécution de ces projets, est en retard dans la mise en œuvre. Les tâches exécutées jusqu’à présent se confondent à des actions d’urgence pour lesquelles, il y a absence totale de concertation avec les bénéficiaires.

Des demandes récurrentes sont avancées par les rapatriés, sur les mesures avancées par l’administration pour l’indemnisation des biens spoliés, confisqués ou perdus durant la déportation. Ces biens touchent les terres occupées ou expropriées, les bétails laissés derrière eux, les biens mobiliers et immobiliers, les biens privés personnels   et  pour les fonctionnaires le règlement de leurs situations administratives, la réintégration dans leurs fonctions antérieures ou une réinsertion convenable dans la vie active.

Mais ce volet lui aussi est relégué aux calendes grecques.

Bref les problèmes auxquels nous faisons face sont énormes et à mon avis les rapatriements ne doivent reprendre que si les infrastructures de base peuvent être assuré correctement. Parce que à l’heure actuelle le nombre de rapatriés est  de 1529 ce qui constitue la moitié du contingent attendu.

Le mot de la fin serait pour nos frères qui ne sont pas encore venus nous leur disons de temporiser que la situation actuelle n’est pas viables.

Toutes ces confusions nées d’une situation provoquée par des mauvaises volontés méritent des réponses et des explications claires pour que les d’efforts et les concertations ne soient pas insignifiants. »

Propos recueillis par

Amadou ndiaye

Cp/rosso

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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