Canicule : un médecin appelle à la fermeture immédiate des écoles
SHEMS MAARIF – Alors que la chaleur atteint des niveaux critiques dans plusieurs régions du pays, le docteur Ahmedou Bilal, spécialiste en endocrinologie et diabétologie, interpelle les autorités sur l’urgence de protéger les élèves. Dans des messages publiés sur les réseaux sociaux, il demande la fermeture anticipée des écoles et l’organisation rapide des examens de fin d’année.Le praticien alerte sur les risques sanitaires liés aux températures qui dépassent les 40 degrés, mettant particulièrement en danger les enfants, les personnes âgées et les patients atteints de maladies chroniques. Il insiste sur l’impossibilité, pour les plus jeunes, de résister à une telle chaleur, surtout en l’absence de climatisation dans les établissements scolaires.
« Les élèves sont exposés à un stress thermique insupportable. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics d’agir avant que la situation ne dégénère », écrit-il. Il plaide ainsi pour des mesures immédiates afin d’éviter des drames supplémentaires.
Son appel intervient dans un contexte particulièrement tendu : trois enfants ont été retrouvés morts de soif ce mardi dans la moughataa de M’Bout, au Gorgol, après s’être égarés sous un soleil de plomb. La veille, un enseignant est décédé à Daghveg, dans le Brakna, après une détresse respiratoire causée par une tempête de poussière accompagnée d’une forte chaleur.
Ces tragédies ont relancé le débat autour de la décision de prolonger l’année scolaire jusqu’à la fin juin. De plus en plus de voix s’élèvent chez les enseignants, dénonçant une mesure inadaptée aux conditions climatiques extrêmes. Certains rappellent que l’article 62 de la loi d’orientation de l’éducation fixe un minimum de 36 semaines de cours, sans pour autant imposer une poursuite des enseignements en pleine période de canicule.
Face à la pression croissante du terrain, les autorités sont désormais appelées à arbitrer entre calendrier académique et impératif de santé publique.
Source
Cridem.org
Les grands oubliés de l’école
*Pourquoi les enseignants sont exclus de la fabrique des programmes*
Ils enseignent chaque jour, corrigent, écoutent, innovent… mais quand vient le moment de concevoir les programmes scolaires, on les ignore royalement. Comme si on construisait un avion sans demander l’avis des pilotes. Une aberration qui coûte cher à l’école.
Dans les coulisses feutrées des ministères et des instituts de recherche, des programmes scolaires se décident. On y parle de compétences, de progressions, d’objectifs d’apprentissage. On y invite des experts, des chercheurs, parfois même des consultants. Mais très rarement ceux qui, chaque jour, portent ces programmes à bout de bras : les enseignants.
Et pourtant. Qui mieux qu’un professeur sait ce qui fonctionne — ou pas — en classe ? Qui mieux qu’une enseignante peut détecter les failles d’un contenu, les décalages entre la théorie écrite sur papier glacé et la réalité d’une salle bondée, d’un élève en décrochage, d’une pédagogie à réinventer chaque jour ?
Exclure les enseignants de l’élaboration des programmes scolaires, c’est priver l’école d’une intelligence collective précieuse. C’est ignorer une expertise de terrain, celle qui identifie au plus près les difficultés d’apprentissage, les besoins réels des élèves, les leviers pédagogiques efficaces.
Car les enseignants ne sont pas de simples exécutants. Ils sont au cœur de l’acte éducatif. Ils peuvent — ils doivent — être associés à la définition des objectifs, au choix des contenus, à la création de stratégies pédagogiques adaptées. Leur retour d’expérience est une boussole, pas une option.
Impliquer les enseignants, c’est faire évoluer les programmes pour qu’ils soient vivants, flexibles, pertinents. C’est aligner la théorie et la pratique. C’est, tout simplement, donner une chance à l’école de devenir meilleure.
À quand un système éducatif qui fait confiance à ceux qui le font vivre au quotidien ?
Les injustices que nous taisons sont le chemin que nous préparons pour nous-mêmes
Il y a des phrases qui sonnent comme des coups de poing. Celle-ci en est une. Elle ne cherche pas à plaire, elle ne veut pas enjoliver. Elle met en lumière une vérité que beaucoup fuient : chaque silence devant une injustice est une trahison, et cette trahison est un piège que nous tendons à nous-mêmes. Gaza en est la preuve vivante – ou plutôt mourante.
Gaza, ce n’est plus un territoire. C’est un cimetière à ciel ouvert. Un abattoir humain où la famine est utilisée comme arme de guerre, où l’eau est plus rare que les bombes, où les hôpitaux ne sont plus que des morgues et les écoles, des cibles. Ce n’est plus un conflit, c’est une extermination. Programmée. Planifiée. Tolérée.
Et le mot important ici, c’est tolérée.
Tolérée par cette prétendue “communauté internationale” qui brandit les droits de l’homme comme un étendard quand ça les arrange, mais qui ferme les yeux, bouche les oreilles et scelle les lèvres dès que le bourreau est un allié stratégique. Des enfants meurent de faim ? Des femmes sont démembrées sous les décombres ? On tergiverse. On parle de “complexité du conflit”. On appelle à la “retenue” pendant que l’horreur déferle, méthodique, froide, indifférente.
Mais le plus immonde, le plus écœurant, c’est ce qui se passe dans le silence doré des palais du Golfe. Pendant que les gosses de Gaza grattent la terre pour trouver une racine à mâcher, pendant que les mères enterrent leur troisième enfant avec une cuillère parce qu’il n’y a plus de pelles, on offre un jet de 400 millions de dollars à un président. Oui, 400 millions de dollars, pour un avion. Un palace volant. Alors qu’à quelques kilomètres, un peuple entier crève à petit feu. Pas un centime, pas une goutte d’eau, pas un couloir humanitaire ouvert par ces rois et émirs qui prétendent défendre l’islam et la justice.
Hypocrisie à l’état pur.
Où est passée la Oumma ? Où sont ces sermons du vendredi qui parlaient d’unité, de justice, de fraternité ? Où sont ces grands savants, ces grandes chaînes, ces grandes fortunes qui auraient pu, d’un claquement de doigt, nourrir tout Gaza pendant un an ? Où sont les milliards quand il ne s’agit pas d’acheter des clubs de foot, des yachts ou des Rolex serties de diamants ?
Le silence n’est pas neutre. Le silence tue. Et chaque silence aujourd’hui construit le cercueil de demain.
À ceux qui détournent les yeux : vous ne serez pas épargnés. Car un monde qui tolère ça, qui regarde ça et continue comme si de rien n’était, est un monde qui a déjà signé son arrêt de mort moral.
Gaza brûle. Et pendant ce temps, certains arrosent leur champagne à bord d’un jet à 400 millions de dollars. Voilà le monde tel qu’il est.
Qu’on ne dise pas qu’on ne savait pas.
On a su. On a vu.
On a juste choisi de se taire.
La triche à l’école : symptôme d’un système en souffrance Par Amadou Abdoul Ndiaye
La triche, souvent perçue comme un simple raccourci malhonnête, est en réalité bien plus qu’un acte isolé ou une « ruse d’élève paresseux ». Elle est devenue, pour beaucoup d’élèves, une véritable bouée de secours, une branche à laquelle on s’agrippe désespérément pour éviter la chute. Ce phénomène, particulièrement visible en période d’examens – ce moment de l’année aussi redouté que redoutable – révèle un mal-être plus profond dans notre système éducatif.
Pourquoi triche-t-on ?
Les causes de la triche sont multiples et entremêlées. La première, et sans doute la plus évidente, est la pression. La pression des résultats, des classements, des bulletins, mais surtout celle des parents, qui, souvent sans le vouloir, transmettent à leurs enfants une peur panique de l’échec. À cela s’ajoute la pression des programmes scolaires, parfois surchargés, qui laissent peu de place à l’approfondissement ou à la respiration intellectuelle. On demande aux élèves d’apprendre vite, beaucoup, et parfois sans vraiment comprendre.
Il ne faut pas oublier le rôle de l’enseignant. Un professeur qui n’adapte pas ses cours, qui enseigne sans passion ni pédagogie différenciée, peut sans le vouloir éteindre la curiosité et la motivation de ses élèves. Trop souvent, on oublie que derrière chaque élève, il y a un être humain, avec ses forces, ses fragilités, ses rythmes propres. Quand un élève décroche, ce n’est pas toujours par désintérêt : c’est parfois parce qu’il ne comprend pas, ou ne se sent pas en sécurité pour poser des questions.
La peur : moteur silencieux de la triche
La triche est souvent le dernier recours d’un élève en détresse. Peur de l’échec, peur de décevoir les parents, peur de perdre sa place dans le classement, peur de « ne pas être à la hauteur ». Et cette peur n’épargne personne : la triche ne concerne pas uniquement les soi-disant « mauvais élèves ». Un élève brillant, mais rongé par le doute ou en manque de confiance, peut lui aussi être tenté, ne serait-ce que pour garantir un résultat qu’il estime indispensable.
En tant qu’enseignant, je comprends. Je comprends l’erreur, l’accident de parcours, l’envie de s’en sortir par tous les moyens. Mais ce que je ne peux pas cautionner, c’est le renoncement total à l’effort, le refus de s’engager dans le travail, aussi difficile soit-il. L’école n’est pas une course à la perfection, mais un lieu d’apprentissage, d’expérimentation, de droit à l’erreur.
Repenser notre manière d’évaluer
Il est peut-être temps de revoir nos méthodes. Prenons l’exemple de l’histoire-géographie : combien d’élèves se retrouvent à devoir mémoriser des pages entières de dates, de noms, de lieux, sans toujours en comprendre le sens ou la portée ? On leur demande d’ingurgiter « des tonnes » d’informations, là où l’on pourrait les amener à réfléchir, à analyser, à faire des liens. Plutôt qu’un concours de mémoire, ne devrions-nous pas orienter les examens vers la réflexion et la compréhension ?
Alléger les programmes, varier les modalités d’évaluation, prendre en compte la diversité des intelligences, redonner du sens à l’apprentissage : voilà peut-être des pistes pour lutter contre la triche autrement qu’en renforçant la surveillance.
Car au fond, tricher, ce n’est pas juste « tricher ». C’est souvent crier : « Je n’y arrive pas seul. Aidez-moi autrement. »
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Amadou Abdoul Ndiaye
Enseignant passionné & observateur engagé du monde éducat






