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Signature d’une convention bilatérale entre la Mauritanie et l’Arabie Saoudite en matière d’emploi de domestiques

La Ministre de la fonction publique du travail et de la modernisation de l’administration Dr Coumba Ba a signé avec le Ministre du Travail et du développement social du Royaume frère d’Arabie saoudite Dr Ali Elghavis d’une convention bilatérale en matière d’emplois domestiques le Jeudi 15 Juillet 2017 à Jeddah.

 

Cette convention vient pour pallier au vide  constaté dans l’utilisation parfois anarchique de la main d’œuvre Mauritanienne par des Bureaux au mépris de  toutes normes ou contrôle  et l’exposant aux souffrances et violation des droits.

 

Le Ministère s’est  empressé alors à fermer définitivement ces bureaux et solliciter la partie Saoudienne pour la mise en place d’une convention règlementant ce domaine protégeant les travailleurs Mauritaniens et organise son activité.

Le processus d’élaboration a commencé en octobre 2015 et une mission technique qu’une mission technique de notre Département s’est rendue en juillet 2016 à Riyad (Arabie Saoudite) pour finaliser le texte de la convention.

Toutes les améliorations convenus  entre les parties ont ainsi été consignées dans leurs nouvelles versions et paraphées par les deux parties  dans le procès verbal sanctionnant la réunion de travail.

La présente convention est l’aboutissement d’un long processus de préparation et d’échanges entre les deux états pour garantir d’une part, le respect des normes internationales du travail en la matière et d’autres part mettre fin à toute ambigüité de nature à alimenter la polémique.

La convention fait obligation à la  partie Saoudienne  de l’interdiction de l’emploi de la main d’œuvre domestique en dehors de ses clauses, règlements et arrangements pris pour son application.

Cette convention ne fait pas obligation à la partie Mauritanienne de satisfaire les besoins de la partie Saoudienne en main d’œuvre domestique mais constitue un cadre légale garantissant aux Mauritaniens souhaitant profiter de l’opportunité de travailler en Arabie Saoudite leurs droits.

Les Directions générales du travail dans les deux pays veillent au respect des clauses de cette convention.

Dans cette convention les engagements de chacune des parties sont clairement définis. Il s’agit de :

Engagements communs :

1-       l’organisation  de l’emploi et du placement  des travailleurs domestiques  de la République Islamique de Mauritanie pour son embauche au Royaume d’Arabie Saoudite conformément  aux lois, règlements et systèmes en vigueur.

2-       la mise en place d’un contrat de travail unifié pour les  travailleurs domestiques dont les clauses sont  acceptées par les administrations compétentes dans les deux Pays et contraignantes pour les deux parties  contractuelles  (employeurs, travailleur domestique, bureau saoudien  de placement, agence de placement de la République Islamique de Mauritanie).

3-      Que L’emploi des travailleurs domestiques  soit fait à travers des bureaux ou Etablissements ou agence de déplacement de bonne renommée et agréés dans les deux pays.

4-      l’obligation de retourner par le biais des  bureaux de déplacement  et d’emploi dans les deux pays, les travailleurs domestiques,  en cas de violation des conditions du contrat.

5-      Œuvrer à l’organisation et à la maitrise des frais de déplacement dans les deux Pays.

6-      S’assurer que l’employeur, les bureaux, les établissements et les agences de placement ne doivent pas imposer des retenues sur salaire du travailleur domestique en contrepartie des frais de son placement ou emploi  en plus et empêcher toute imposition non règlementaire.

7-      Permettre aux parties contractantes de recourir  aux autorités compétences en cas  litige contractuel conformément aux lois et règlements en vigueur.

8-       Prendre les mesures d’ordre juridiques  nécessaires à l’encontre des bureaux d’emploi, établissements ou agences de déplacement en cas de violation des lois et règlements.

9-        Œuvrer  à la résolution de toute difficulté qui pourrait survenir au cours de l’exécution  des clauses de la présente  convention.

 

Engagements du Royaume d’Arabie saoudite :

 

1-       Que l’emploi et le déplacement des travailleurs domestiques se fassent en application de cette convention et en conformité  aux règles et instructions en vigueur.

2-      Assurer la protection des droits des travailleurs domestiques en Arabie saoudite conformément aux règles et instructions en vigueur.

3-      Œuvrer à la simplification de l’exécution du contrat de travail entre les travailleurs domestiques et leur employeur.

4-      Œuvrer à la mise en place d’un mécanisme d’aide aux travailleurs domestiques pendant les 24 heures de la journée.

5-      Œuvrer à faciliter  la résolution des problèmes liés à la violation des clauses du contrat de travail et des autres problèmes soumis par les travailleurs  aux autorités compétences.

6-      Faciliter de délivrance des visas de sorties pour les travailleurs domestiques à la fin du contrat ou en cas circonstances exceptionnelles, le cas échéant.

 

Engagements de Mauritanie:

1-       Assurer la disponibilisation des travailleurs  formés  et en bonne condition sanitaire suivant l’offre faite par la première partie, conformément au descriptif des postes à pourvoir et sous la surveillance  des centres de santé  en charge des visites médicales.

2-      S’assurer que les  travailleurs domestiques proposés pour l’emploi n’aient pas d’antécédents judiciaires.

3-      S’assurer que les  travailleurs domestiques proposés pour l’emploi soient formés dans des instituts ou centres spécialisés dans le domaine du travail domestique et informés sur les us et coutumes du Royaume et sur les clauses du contrat de travail.

4-      Sensibiliser les travailleurs proposés sur la nécessité   de respecter  les lois, règlements, us et coutumes du Royaume d’Arabie Saoudite.

5-      Œuvrer à faciliter le respect de la durée du contrat entre les deux parties en y engageant les bureaux de placements Mauritaniens.

6-      Prendre  les dispositions nécessaires pour faciliter le déplacement des travailleurs  domestiques proposés  pour l’emploi au royaume d’Arabie Saoudite au cours d’une période ne dépassant pas un mois à partir de la date de la réception des visas par les agences de placement.

Il faut souligner enfin que cette convention porte sur les travaux domestiques c’est-à-dire emplois ouverts pour les privés qui sont au nombre de douze (domestiques, jardiniers, chauffeurs, infirmiers…………) et qu’elle constitue un cadre de garantie pour ceux qui désirent profiter des opportunités d’emploi offertes en Arabie Saoudite.

 

 

Déclaration : Fonadh

Fonadh – Depuis trois jours, des femmes du village de Thiambène, 32 Km à l’est de Rosso sont injustement détenues et réclament justice. Thiambène est un village connu de tous les usagers de la route Rosso – Boghé, pour sa production horticole (fruits et légumes). En particulier, ses mangues ont connu, depuis quelques décennies une réputation qui dépasse la zone.

Ces braves paysans, victimes des évènements de 1989, ont connu l’accaparement de leurs terres, y compris celles portant leurs célèbres manguiers. Or, depuis leur retour, les populations de Thiambène ont usé de toutes les voies dites légales sans succès, pour récupérer leurs manguiers, qu’elles avaient plantés de leurs propres mains.

Même les timides tentatives de la défunte ANAIR n’ont pas réussi à régler définitivement cette douloureuse question. Or, les autorités administratives et sécuritaires n’ont qu’un seul réflexe, celui d’intimider et de punir les pauvres paysans, en traitant avec faveur et considération une dame (Aminetou), installée injustement sur cette terre par les autorités de l’époque et qui en réclame la propriété.

Les femmes de Thiambène ont procédé, comme d’habitude, à la récolte des mangues. A leur grande surprise, ce sont des gendarmes qui sont venus récupérer (jusque dans les demeures) toute la récolte, pour remettre les deux-tiers à Aminetou et transporter le dernier tiers à Tékane.

Cette situation, est un des nombreux exemples de conflits fonciers le long de la vallée du fleuve, de Rosso à Sélibaby, que les pouvoirs successifs ont, pour le moins, crées depuis 1989, cela malgré les dispositions de l’Accord tripartite pour le retour volontaire des réfugiés mauritaniens au Sénégal, le recouvrement par les victimes des biens spoliés.

Il est triste de constater qu’aucune communauté des 120 sites de retour n’a récupéré ses champs de culture, en dehors de quelques rares aménagements au Trarza dont les terres ont fait l’objet d’achat par la défunte ANAIR.

Depuis le début des opérations de rapatriement volontaire (janvier 2008), les organisations de défense des droits de l’homme, ainsi que des citoyens mauritaniens épris de paix et de justice, n’ont cessé de demander le règlement juste et durable de cette épineuse question.

Ces dernières années, ces conflits resurgissent çà et là dans la vallée du fleuve. Le plus grave c’est le comportement des autorités qui laissent se développer des tensions entres des communautés, en prenant souvent des positions partisanes en faveur des personnes installées depuis seulement 1989 suite aux douloureux événements qu’a connus le pays (Fada au Trarza, Mourtogal, Diattar, Sénokouna au Brakna, Ganki au Gorgol,Gourel Fally en Assaba, pour ne citer que ces exemples) …

Face à cette situation, les responsables et militants des organisations regroupées au sein du FONADH :

○ expriment leur vive inquiétude quant au développement de ces conflits inter communautaires récurrents ;

○ fustigent l’attitude irresponsable des autorités administratives et sécuritaires régionales ;

○ exigent la libération immédiate des femmes arrêtées ; et la restitution de leur récolte

○ lancent un appel pressant à toute la communauté nationale, pour un règlement juste et durable des conflits fonciers dans le bassin du fleuve Sénégal ;

○ invitent toute l’opinion publique nationale à favoriser une large concertation autour de la nécessaire révision de la loi foncière de 1983. Liste des femmes arrêtées :

– Amy Seye Diop, Mbarka Lo, Ami Gueye, Salimata Gueye, Maimouna Lo, Mariem Gaye, Amina Seck, Aissa Yaga Seck, Fadiagne Gueye, Maimouna Gueye, Amita Sec, Mariama Gaye, Mariam Diop

Les signataires :

– 1. Association des Femmes Chefs de familles (AFCF),
– 2. Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH),
– 3. Association Mauritanienne pour la Promotion de la Langue et de la Culture SOONINKE (AMPLCS),

– 4. Association pour la Renaissance du Pulaar en RIM (ARPRIM),
– 5. Association pour le Renforcement de la Démocratie et de l’Education Citoyenne (ARDEC),
– 6. Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des Droits Humains en Mauritanie (CSVVDHM),
– 7. Groupes d’Etudes et de Recherches sur le Démocratie et le Développement Economique et Social (GERRDES),

– 8. Ligue Africaine des Droits de l’Homme (Section Mauritanie),
– 9. Ligue Mauritanienne des Droits de l’homme (LMDH),
– 10. Regroupement des Victimes des Evénements de 1989- 1991 (REVE),
– 11. Collectif des Veuves,
– 12. Collectif des Rescapés, Amnistiés, Détenus Politiques Civils Torturés (CRADPOCIT)

– 13. SOS – Esclaves,
– 14. Association pour le Développement Intègre de L’Enfant (APDE),
– 15. Association pour la Promotion de la Langue Wolof en RIM (APROLAWORIM),
– 16. Association d’Appui au Développement à la Base (SALNDOU).

source Cridem

FASSA YERIM: je refuse la disparition programmée de ma communauté

Fassa
 Malgré son long parcours socio politique et culturel, la communauté des wolofs mauritaniens demeure structurellement exclue, politiquement muselée et socialement absente.
Réclamant 5 à 6% de la population totale du pays, cette communauté a depuis toujours été associée timidement voire exclue de la gestion des affaires publiques. Aujourd’hui, elle est systématiquement marginalisée de tout, injustement indexée et reniée dans certains milieux.
Pourtant, des notabilités et cadres wolofs ont tout le temps contribué à l’édification d’un Etat mauritanien multiculturel, islamique et moderne. Pour rappel, Massamba Asta Fall, fut pendant de longues années cadi de Rosso (années 60 – 70), Alioune Diop et Moctar Gaye furent députés du temps du Parti du Peuple Mauritanien (PPM), Papa Daouda Fall fut Ministre de l’Industrialisation & des Mines en 1966, puis de l’ Industrie de l’Artisanat & des Mines en 1968, Thiam Samba , fut Secrétaire d’Etat au Budget en 1986, Directeur de la SNDE dans les années 2000 et actuellement, pour la fierté nationale, Représentant Résident du FMI. Il a fallu attendre 22 ans pour qu’un autre wolof, en l’occurrence Ba Madine soit promu Ministre de l’Artisanat et du Tourisme en 2008.
Des statistiques (Consultables sur ce lien http://anneemaghreb.revues.org/1546?lang=ar), largement diffusées sur internet, font état de données alarmantes. En effet selon ces chiffres, le pourcentage de wolofs au gouvernement depuis 1957, avoisinerait zéro pour cent, alors que les arabo berbères ont occupé 75% des postes ministériels, les Halpularen 14%, les Haratin 6% et les Soninke 5%.
Qui est réellement responsable de cette situation ?
Dans un environnement où les droits du citoyen opprimé, ont toujours tendance à s’arracher au lieu d’être protégés et promus par l’Etat, il est évident que le comportement désintéressé, frisant la naïveté, ne sied pas.
Aujourd’hui, la survie socio culturelle, politique et économique du wolof en Mauritanie, est gravement menacée. Pourtant, en ratifiant le 17 novembre 2004, le Pacte International pour les Droits Civils et Politiques, la Mauritanie a accepté d’assurer la protection des minorités ethniques. La communauté wolof minoritaire, fortement patriotique et attachée à ses valeurs socio culturelles, réclame ardemment le droit d’être protégée et valorisée, au même titre que les autres composantes nationales. Elle assume le devoir de s’engager, comme toujours, dans la société civile, dans les partis politiques, le syndicat, les mouvements citoyens pour contribuer à la reconstruction du pays et revaloriser ses spécificités culturelles.
La Mauritanie déjà très frustrée, ne peut se permettre de promouvoir l’exclusion et le rejet. Le wolof eternel maillon faible, sacrifié ou expressément marginalisé, est à bout de souffle. Arrêtez maintenant, ca suffit ! Nous sommes mauritaniens et à ce titre, réclamons notre droit légitime de participer à la gestion des affaires publiques.
J’en appelle à la conscience historique du Président de la République (Wolof d’adoption), afin qu’il prenne des mesures justes et positives en faveur de ma communauté fragilisée.
Le temps est venu pour nous de bâtir ensemble une Mauritanie inclusive et fière de se développer dans sa diversité et le respect mutuel.
Pr FASSA Yerim
Pr Agrégé de Médecine
Médecin Colonel à la retraite
Ancien Maire de Rosso
PDG de Mauritanie Assistance Médicale Mobile ( M A M E- Mobile

Pr FASSA Yerim

BONNE ET HEUREUSE ANNEE

une année s’en va , une autre lui succede nous esperons du plus profond de nous meme que 2014 nous apportera moins de souffrance et de désolations même si cet optimisme est temporisé par les tensions a travers le monde.

Mais Osons toujours espérer

A toutes et à tous je vous souhaite bonne et heureuse annéeMiin 2014

EL Wiam : Communiqué

El wiam exprime sa vive inquiétude sur le sort de ses résultats dans plusieurs circonscriptions électorales et se réserve le droit, le moment opportun, en concertation avec les autres partis de l’opposition, de préciser la nature et le contenu de son attitude par rapport à ces manquements qui ont émaillé l’opération électorale et, dans plusieurs cas altéré le choix de l’électeur.

• Dors déjà El wiam déclare avoir remporté l’élection à Rosso (commune et députation) perturbée par les tentatives répétées, avec la complicité des responsable locaux de la CENI, de modifier ses résultats et de conduire, par manipulation des bulletins nuls, à un deuxième tour.

El wiam déclare également avoir remporté la députation à Mederdra et à Keur-massen, l’UPR cherchant par tous les moyens, y compris la corruption, à modifier en sa faveur ces résultats.

El wiam s’insurge contre l’implication et la complicité des autorités locales et des forces de sécurité, contre les achats de conscience, l’implication manifeste et les pressions exercées par des hauts gradés de l’armée, tout ceci ayant faussé et dévoyé le résultat dans les circonscriptions suivantes :

Wedan : implication à la dernière minute des forces de sécurité dans les opérations de vote et séquestration des urnes, interpellation de nos représentants pendant une douzaine d’heures afin de les obliger à signer les procès-verbaux.

Akjoujt : débauche illégale de moyens, implication et pression des hauts gradés de l’armée et des fonctionnaires, transport massif de populations non originaires de la région, menaces à l’endroit de communautés et de villages entiers.

Bir Mogrein : implication du Hakem et de l’armée empêchant nos électeurs de voter et exerçant des pressions et des menaces inadmissibles sur les populations afin de voter UPR.

Walata : Tentative de changer les résultats pour conduire à un deuxième tour au niveau de l’élection municipale.

Kiffa : retard dans la transmission des résultats afin de modifier l’ordre sur la liste législative et fraudes électorales au niveau de la commune de Legrane par délivrance de plusieurs bulletins par le président du bureau permettant un vote multiple et conduisant un deuxième tour injustifié.

Bouhdida (Aleg) : retard manifeste dans le dépouillement des résultats du bureau n° 2 de la dite commune ;

Djigueni : Implication directe du Hakem de la moughataa pour l’obtention auprès de la CENI des procès verbaux des bureaux de vote ainsi que ses visites répétitives et intempestives dans les locaux de celle-ci, alors que ces comportements ne sied pas à sa qualité d’autorité administrative et ne rentre pas dans ses prérogatives. Enfin le retard constaté dans la transmission des résultats des scrutins

Il ne s’agit là que de quelques exemples dont la gravité n’échappe à personne ; notre parti, nous l’avons déjà dit, n’acceptera pas que ses efforts afin que soit organisé dans notre pays un scrutin honnête ne soit rendus vains par le comportement irresponsable de quelques-uns dont la seule préoccupation est, en se mettant dans les grâces supposées du pouvoir, de satisfaire des intérêts personnels.

La commission de communication d’ ELWIAM

Le 25/11/2013

 

Droit de reponse

 

Droit de reponse dans Declaration photo01431-300x240

Suite a l’article paru sur Cridem et intitulé « MPR Rosso : comme d’habitude, ceux qui ont trahi la bonne cause !», M. Ba Isma Kalidou a fait la déclaration suivante au nom de son groupe (Oumoul Khairy mint Ely, Abbas Diallo, Maimouna Abdallahi, Ely Ba, Mahmoud Sy, Demba Mbodj, Aboubakry Diop, Mariem mint Ely, Coumba Traoré, Demba Traoré) : « je suis conseiller municipal a la commune de Rosso, président de la commission de Demal Deuk, commission fondée depuis 1983, je suis également membre de la commission de l’enrôlement.

Je tiens à faire un démenti formel mon groupe et moi. En effet nous avons rallié le MPR en 2010 mais nous avions à l’époque posé des conditions ; or pendant trois ans nous avons travaillé avec nos propres moyens sans le moindre sou du parti. Et puis avant de quitter nous avons tenté de discuter avec les membres du parti mais la discussion a tourné court et  nous avons décidé de rallier l’UPR.

Les raisons  qui nous ont poussé à rallier  l’UPR  ne sont pas mercantiles comme l’affirme l’article.

Le problème de Demal Deuk est fondamental pour nous ; tous nos efforts vont dans le sens de sortir notre quartier de la précarité et pour ce, nous ne ratons aucune occasion de poser le problème a toute autorité de passage a Rosso. Et lorsque le président Aziz est venu à Rosso nous lui avons soumis le problème avec des pistes de solutions et il nous a donné entière satisfaction. En plus nous avions une liste de quatre cent cinquante sept omis et le président a tout réglé. Et c’est suite à cela que nous avons décidé de rallier l’UPR et de soutenir le président dans son entreprise de construire un état moderne, que cela déplaise à nos compagnons d’hier ou non nous, nous cherchons à développer notre quartier, notre ville et au delà notre pays.

J’ai fait plusieurs années dans l’opposition et ce n’est pas pour le plaisir de s’opposer mais c’est par principe ;  les raisons invoquées par nos détracteurs n’ont aucun fondement sauf de vouloir nuire.

Le combat politique est un long chemin semé d’embuches et des coups bas de ce genre ne nous surprennent pas..

Ba Isma Kalidou

Portrait : Hamada Ould Mohamed El Khaîry : Des « conquêtes » de Dar Naïm à la direction du mouvement de « l’Unicité et du Djihad »

Dans un récent enregistrement de l’organisation « Unicité et Djihad », Hamada Ould Mohamed Khaïry apparaît arborant un turban et des lunettes noirs, et prononçant un discours sur un ton menaçant envers la France, promettant d’exporter le djihad (guerre sainte) vers les pays de l’Afrique de l’ouest.

Comment le destin a pu amener ce jeune mauritanien à quitter les prêches des mosquées de Dar Naïm pour fonder un nouveau mouvement dénommé « Organisation pour l’unicité et le djihad » ?

 

Hamada Ould Mohamed Lemine Ould Mohamed Khaïry alias “Abou Ghoumghoum”, quand il était encore l’un des mauritaniens les plus en vue dans l’organisation Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) est né en 1970, à Nouakchott, sans que l’on sache grand chose sur son adolescence.

 

Ses sorties répétées dans les enregistrements d’AQMI laissent penser qu’il a reçu sa formation dans une mahadra classique (école coranique), et ce en se basant sur sa connaissance du Coran et sa culture islamique, en plus de celle d’une poésie arabe pure ainsi que de la poésie populaire qui lui a valu, de la part de ses amis dans l’Organisation, le surnom du « poète ».

Comme certaines informations laissent supposer qu’il était actif au sein des mouvements de prêche (dawa) qui sillonnent les mosquées de la capitale Nouakchott et prononcent des « khoutba » (prêches) courts après chaque prière, insistant en cela sur la foi et ce qu’ils considèrent comme insuffisances chez les croyants. Sauf que la situation a dépassé le simple prêche chez certains jeunes pour atteindre une sorte de « provocation » de certains vieux cheikhs en ce au vu et au su de tout le monde.

Peut être que la pire des actions menées par ces jeunes a été ce qui a été connu à l’époque sous l’appellation de la « gouzwa (conquête) de Dar Naïm au cours de laquelle Hamada Ould Ahmed Khaïry a conduit un groupe composé de trois jeunes qui ont envahi une mosquée et se sont mis à la « purifier » de ce qu’ils considèrent comme des « innovateurs », avant qu’ils ne soient arrêtés, eux-mêmes, par la police sous le chef d’accusation d’actes de violence au sein d’un lieu de prière et d’atteinte à la quiétude des maisons d’Allah ».

Ce fut la première fois pour Ould Mohamed Khaïry d’être l’hôte des cellules des commissariats de police pour ses idées extrémistes, idées qui n’ont pas tardé à l’amener en prison, lors des vagues d’arrestations menées par le pouvoir de Taya dans les rangs de la mouvance islamique, en 2005.

Ould Mohamed Khaïry était détenu dans la prison civile de Nouakchott, en compagnie de Sidi Ould Habott, Khadim Ould Semane, chef de l’organisation « Ansar el Islam les Mourabitoun » (les partisans de l’Islam), détenu actuellement en Mauritanie. Ce trio avait planifié, après la chute de Taya, pour la plus étrange des tentatives d’évasion que la Mauritanie n’ait jamais connue. Quand ils ont réussi, le 27 février 2006, à quitter la prison en revêtant des habits de femmes, introduits dans les geôles grâce, justement, à Hamada Ould Mohamed Khaïry. Ils ont réussi, en plein jour, à quitter la prison civile de Nouakchott, laissant circuler toutes les rumeurs sur la direction prise par Ould Mohamed Khaïry.

Certaines informations laissent penser qu’il avait quitté la Mauritanie pour le Sénégal voisin, en compagnie de ces deux compères, où ils seraient restés quelque temps. Information qu’El Khadim a nié lui-même dans les procès-verbaux de police, indiquant que le contact entre lui et ses deux amis s’est interrompu de façon subite quand ils ont quitté la prison, mais confirmant en même temps qu’ils projetaient bien de voyager ensemble.

Dans un jugement par contumace rendu en juin 2007, Ould Mohamed Khaïry sera cependant acquitté de toutes les accusations portées contre lui, et ce au cours du procès d’islamistes extrémistes ! Au même moment, des informations laissaient penser qu’il avait rejoint les rangs d’Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) dans le nord Mali, et plus précisément la « qatiba » (bataillon) des « enturbannés » dirigée par l’Algérien Khaled Abou el Abbass, alias « Belaouar ».

Ould Mohamed Khaïry a commencé son travail au sein de la « qatiba des enturbannés » en la ravitaillant en armes, avant qu’il ne se spécialise dans la fabrication des explosifs et les bombes artisanales. Il était secondé dans ce travail par Tiyib Ould Sidi Ali et faisait d’une cachette dans la ville de « Jawo », nord Mali, un atelier de fabrication d’explosifs avant leur acheminement vers les camps d’AQMI.

Ould Mohamed Khaïry fut arrêté par les services de sécurité maliens en compagnie de son ami Tiyib Ould Sidi Ali, et ce suite à une explosion dans l’atelier où ils travaillaient et où des quantités importantes d’armes et de munitions ont été trouvées, en plus de produits entrant dans la fabrication d’explosifs et des téléphones portables de marque Thuraya.

Mais dans le cadre de l’accord ayant conduit à la libération de l’otage français Pierre Camatte, en février 2010, AQMI a réussi à forcer les autorités de Bamako à libérer Ould Mohamed Khaïry en compagnie d’autres éléments de l’Organisation après un procès que d’aucuns avaient jugé alors de mise en scène.

La Mauritanie avait, à l’époque, exprimé sa désapprobation d’un tel acte faisant comprendre à Bamako que Ould Mohamed Khaïry constitue une menace pour sa sécurité et que le Mali venait de mettre un terme aux accords judiciaires qui liaient les deux pays.

En août 2010, peu après sa libération Ould Mohamed Khaïry est apparu dans un enregistrement vidéo où il animait une conférence sous le thème « leur destin est de combattre » et au cours de laquelle l’Organisation s’est enorgueillie de l’avoir libéré dans « l’accord d’échange avec la France ». Il fut alors qualifié de plusieurs surnoms dont « le poète combattant » et « Hamada Echinguitt ».

Ould Mohamed Khaïry avait le visage découvert lors de cette apparition, parlant en Hassaniya parce que, disait-il, c’est une langue comprise dans l’ensemble des pays du Grand Sahara, malgré son recours, à plusieurs reprises, à des mots et expressions pures, dénotant de sa culture authentiquement mauritanienne.

Ould Mohamed Khaïry était clair dans la présentation de l’idéologie suivie par Al Qaeda, à tel point que l’on peut considérer que dans ses poèmes, il glorifie le terrorisme et la révolte contre les lois terrestres. Il défend avec force sa conviction qu’Allah a fait descendre l’islam avec « un livre qui oriente et un glaive qui protège » et que si ‘c’est une épée seule sans livre, elle devient mafia, tout comme un livre sans glaive est une religion de derviche qui souffre de manque d’immunité ». Tout comme ses poèmes mettent beaucoup l’accent sur la critique de « ceux qui reculent face au djihad » parmi les imams et les ulémas, considérant qu’Antar Ibn Cheddad « le brigand » « a une meilleure foi qu’eux », quand il refuse le déshonneur. Dans le même ordre d’idée, il s’en prend avec force à l’organisation « El Bir wa sava » (la soumission et la transparence) et regrette le temps qu’il a passé avec ses responsables, les accusant de « courir uniquement derrière le profit au lieu de chercher le martyre ».

Ould Mohamed Khaïry s’est également rendu célèbre par l’hommage qu’il a rendu à certains tués de l’Organisation, dont Ahmed Ould Isselmou Ould Abdallahi Ould Oubeid, Mohamed Ould Magham alias « Abou Heïthem », Ahmed Bamba alias « Khadim », surnommé Abou Mohamed, et Limam Ould Aha alias « Oumeir » et surnommé Abou Esma.

Ould Mohamed Khaïry est également connu pour son humour par lequel il couvre ses idées extrémistes, ce qui a poussé les combattants d’AQMI a réagir à ses mots par le rire, quelques fois, et d’autres, par des coups de feu tirés en l’air, ce que lui-même qualifie de « musique » et tient à ce qu’elle entrecoupe ses poèmes.

source  sahara media

Déclaration

Dans un article intitulé ‘Rosso : des anciens cadres et militants du RFD rallient le MPR’ et posté le 3 juillet 2011, j’ai lu avec stupéfaction ceci :’ Le parti du député KHB, le MPR a reçu le ralliement des anciens cadres et militants du RFD de Rosso. Ces cadres se nomment Oumar Ould Mahmoud, Ba Isma, Diariatou Sy. Ils sont conseillers municipaux de la ville de Rosso. Ils étaient membres de la section du RFD de Rosso. Accompagnés par d’autres militants, ils sont « venus affirmer leur adhésion totale et entière au MPR ». Ils ont été accueillis à la résidence « La Case » par Kane Hamidou Baba, président de ce parti.’

Je viens par la présente déclaration apporter un démenti catégorique à cette information. A ma connaissance, il n’y qu’une seule Diariatou Sy, conseillère municipale RFD à la commune de Rosso. Je n’ai jamais démissionné du RFD, je ne suis jamais allée à la résidence ‘La Case’ et je n’ai jamais adhéré au MPR. Par conséquent tout ce qui est dit dans l’article ne m’engage pas. Je ne sais pas si les deux autres conseillers municipaux cités dans l’article ont rejoint le MPR ou non mais je voudrais rappeler comme il est dit du reste dans l’article qu’ils ne sont plus membres du RFD depuis 2009. Il ne s’agit donc pas de défections du RFD au profit du MPR.

UFP : Souveraine gabegie

La présente note, intitulée « Souveraine gabegie », est relative à la gestion par le pouvoir des grandes Entreprises Publiques en particulier, et des finances publiques en général.

Elle rappelle tout d’abord la tendance du gouvernement d’Ould Abdoul Aziz à ne pas respecter la réglementation en matière de dépenses publiques. Tendance qui s’explique par « l’origine putschiste » du pouvoir actuel.

Quelques exemples : le sort réservé aux 50 millions de $ octroyés par l’Arabie Saoudite et dépensés sans avoir été soumis au parlement ; les 9 milliards engagés dans le cadre de la dernière opération d’urgence sans que soit préalablement pris le décret d’avance les programmant.

S’agissant de la gestion des Entreprises Publiques, le document révèle que trois d’entre elles (SOMELEC, SNDE, SOMAGAZ) croupissent sous une dette colossale des banques privées (55 milliards) consentie sous forme de découverts avec des intérêts de 25%, situation qui profiterait à « 4 ou 5 hommes d’affaires et banquiers mauritaniens qui se verraient offrir l’équivalant de 10 fois le budget alloué aux projets prioritaires de lutte contre la pauvreté et destiné à un million quatre cent mille (1 400 000) Mauritaniens vivant dans l’extrême pauvreté : le tout, en dormant sur leurs deux oreilles et sur le dos du contribuable ».

La note cite une étude réalisée sur financement de l’Agence Française de Développement, selon laquelle la situation de la SOMELEC serait catastrophique et donc révélatrice de cette politique démagogique, dans la mesure où la charge financière de cette société pour 2010 s’élève à « 15% du chiffre d’affaires, plus que la charge du personnel 12%, mettant la SOMELEC en situation de quasi-faillite ».

Le document précise en outre que le pouvoir, non seulement gère mal les Entreprises existantes, mais continue d’en créer de nouvelles « qui sont autant de gouffres financiers ». Il cite à ce propos la création de deux Entreprises nouvelles : Maurtanian Airlines et la Société de Transport Public, la STP, et se pose la question de savoir « à quoi rime cette obsession des autorités à créer des Sociétés Publiques ? ». Réponse : la volonté du pouvoir de régler des comptes avec des hommes privés à la fidélité politique douteuse ou encore plus « simplement de mettre la main sur toutes les ressources de l’Etat à travers des Entreprises Publiques aussi déficitaires et inopportunes qu’elles soient, mais qui sont autant de sangsues permettant de ponctionner les maigres ressources du trésor public ».

En conclusion, l’UFP suggère la création de Commissions parlementaire sous le haut patronage du Président du Sénat, du Président de l’Assemblée Nationale, du Premier Ministre et du leader principal de l’Opposition. Leurs missions:

Commission 1
- Etablir la situation exhaustive des engagements des entreprises publiques et clarifier les conditions d’attribution des marchés publics.

Commission 2
- Réaliser l’audit des comptes du trésor public et établir la situation d’exécution du budget de l’Etat en recettes et en dépenses sur les trois dernières années

Commission 3
- Etablir la situation exhaustive des engagements hors budget de l’Etat.

Introduction

Bien gérer les Entreprises Publiques est une condition nécessaire de la bonne santé de ces entités dont l’existence et la pérennité sont importantes pour la fourniture de biens et services aux citoyens, en particulier les plus démunis.

Au lieu de s’atteler à cette tâche, le pouvoir en place s’est évertué, par une gestion calamiteuse et irresponsable, à enfoncer les Entreprises Publiques les plus importantes au plan social (SOMELEC, SNDE, SOMAGAZ, ….) dans une situation financière catastrophique qui, si elle continuait, conduirait fatalement à leur faillite, privant ainsi le citoyen de services et produits de base essentiels.

Au lieu de sauvegarder la pérennité de ces Entreprises, de concevoir et mettre en œuvre des politiques pour la fourniture des services et produits de base aux citoyens à des conditions accessibles, le pouvoir s’est lancé tous azimuts dans la création de nouvelles entreprises, sans étude préalable et avec un grand tapage médiatique et démagogique vantant sa prétendue volonté de créer des entités au service des plus démunis. Et ce, au moment où l’on a purement et simplement abandonné la SONIMEX, laissant ainsi le champ libre à des monopoles privés de fait, régnant sans partage sur le marché de denrées de première nécessité avec les conséquences que l’on sait en matière de montée vertigineuse des prix.

Cette vaste entreprise s’accompagne d’une gestion princière des finances publiques depuis près de trois ans.

Dans ce qui suit, nous tenterons de lever le voile sur la partie visible de l’iceberg afin d’attirer l’attention sur le danger, que cela représente pour le pays et suggérer une démarche pour y mettre un terme.

I Gestion princière des Finances Publiques

On savait le pouvoir très peu enclin, en général, au respect de la légalité (peut-il en être autrement pour un régime issu d’un coup d’Etat ?). On pouvait deviner que ses origines et sa culture putschistes auraient des effets sur son respect des procédures de Dépenses Publiques. De nombreux indices montraient que la seule légalité qui valait pour le régime en place, était celle qui allait dans le sens des seules volontés de son Chef Suprême. Bref rappel de quelques exemples récents :

- Les 50 millions de $, offerts par l’Arabie Saoudite, et destinés au renforcement de notre système de sécurité, dont le sort n’a jamais été éclairci, et dont l’utilisation n’a jamais été soumise à l’examen du Parlement. N’empêche, le Président de la République a publiquement fait l’aveu d’en avoir dépensé une partie, ce qui constitue une très grave infraction économique passible de poursuites judiciaires.

- Le Décret d’Avance de la dernière opération de solidarité (9 milliards) a été signé deux mois après l’exécution du volet de cette opération relatif à la stabilisation des prix. C’est ce qu’on appelle mettre la charrue avant les bœufs. La vente des terrains des anciens Blocs Rouges, qui a été le prétexte au racket des deux plus importantes institutions économiques du pays (la BCM et, plus particulièrement, la SNIM) était, semble-t-il, destinée à couvrir une partie de l’opération, en attendant la bienveillance de la prochaine mission du FMI.

- Deux localités (Termesse et M’Beit Lahwach), fruits de l’imagination du chef de l’Etat, surgissent des sables, financées à coût de milliards, sur fonds publics, sans que les budgets relatifs à leur création aient été soumis à l’avis des élus du peuple.

- L’ultra concentration du pouvoir de décision financière entre les seules mains du chef de l’Etat permet à celui-ci de piétiner au quotidien, sans gêne, et la loi des finances et les procédures et règlements en vigueur. De ce fait, les finances du pays sont gérées comme un bien personnel.

Il était prévisible qu’une telle gestion mette l’économie du pays dans un état déplorable. Comme l’a confirmé l’équipe du FMI dans son rapport sanctionnant la Première Revue de l’Accord Triennal au titre de la Facilité Elargie de Crédit (séjour en Mauritanie du 15 au 26 septembre 2010) « fortement tributaire du secteur minier, qui, en 2010 représente 75% des exportations du pays, mais seulement 3% de l’emploi. Près d’un Mauritanien sur deux vit en deçà du seuil de pauvreté, et une partie importante de la population continue d’être aux prises avec l’insécurité alimentaire »

II Faillite des Entreprises Publiques et menaces sur le système financier et bancaire

On savait tout ce qui précède, ou on le pressentait. Ce que l’on ignorait, c’est qu’une catastrophe autrement plus sérieuse se préparait, dont les dimensions dépassent l’entendement du Mauritanien moyen. Un tsunami dont l’épicentre se situe au cœur des Entreprises Publiques les plus importantes.

La question est on ne peut plus sérieuse. Il ne s’agit ici ni des 90 milliards que l’Etat a empruntés allègrement sous forme de Bons du Trésor, ni des arriérés fournisseurs sur l’Etat qui avoisinent les 40 milliards d’ouguiya cumulés en seulement 3 ans (soit près du double des 22 milliards que le régime du colonel Taya avait accumulés en 20 ans). C’est beaucoup plus insidieux et juridiquement plus complexe : il s’agit de la dette des Entreprises Publiques auprès des banques privées locales et donc de la gestion de cette partie vitale du patrimoine de la collectivité.

Que l’on s’entende bien, il ne s’agit pas ici de remettre en cause la pertinence pour un Etat de disposer d’Entreprises Publiques, particulièrement dans des secteurs sociaux où l’obligation de résultat ne se mesure pas seulement à travers le solde du bilan comptable, mais aussi à travers(i) la qualité du service rendu aux populations et (ii) la santé économique de l’Entreprise confirmant sa viabilité et donc son aptitude future à remplir la mission qui est la sienne.

Il est aujourd’hui établi, que trois Entreprises Publiques totalisent à elles seules 55 milliards d’ouguiya de dettes (Somelec ; 35 milliards ; SNDE : 12 milliards ; Somagaz : 8 milliards) pour un taux de découvert moyen effectif de 25%, soit une charge bancaire annuelle de 13 milliards 750 millions d’ouguiya (ou l’équivalent de 2 fois le budget de la Santé, 2.5 fois celui du Développement Rural ou encore 7 fois celui des Affaires Sociales de l’Enfance et de la Famille).

Face à une telle situation, tout observateur doué d’un minimum de bon sens est en droit de se poser les questions suivantes :

Le remboursement de la dette des Entreprises Publiques est-il envisageable ?

Essayons d’être optimistes et prenons l’hypothèse d’un rééchelonnement, en faisant abstraction des inévitables nouveaux besoins en financement de ces Entreprises structurellement déficitaires. Il faudrait, dans cette hypothèse, verser aux banques un montant annuel de 19 milliards 368 millions d’ouguiya. En d’autres termes, 4 ou 5 hommes d’affaires et banquiers mauritaniens se verraient offrir l’équivalant de 10 fois le budget alloué aux projets prioritaires de lutte contre la pauvreté et destiné à un million quatre cent mille (1 400 000) Mauritaniens vivant dans l’extrême pauvreté ; le tout, en dormant sur leurs deux oreilles et sur le dos du contribuable.

L’Etat peut-il, dans de telles conditions, échapper à la faillite financière ?

Derrière la faillite des Entreprises Publiques concernées, c’est celle du système bancaire lui-même qui se profile. Le non-paiement de cette dette provoquera la faillite automatique du système bancaire et donc la perte des avoirs des déposants entraînant des banqueroutes en cascades, dans tous les secteurs économiques.

L’ossature de l’Etat fragilisé à l’extrême par la déstructuration de l’appareil administratif, ne pourra y résister, et aucune force n’aura le pouvoir de maintenir la cohésion d’un tissu social fragmenté, miné par l’injustice, l’ignorance et la misère.

Il est évident que la faillite prévisible et inéluctable des principales Entreprises Publiques, aura des conséquences désastreuses sur les finances de l’Etat et sur toute l’économie. En attendant, on devine aisément le calvaire moral des dirigeants de ces entités, du moins ceux d’entre eux dotés d’un minimum de conscience patriotique ou entrepreneuriale, face au spectacle de leurs Entreprises saignées à blanc par les banques.

Les décideurs politiques pensent-ils sérieusement pouvoir afficher, à perpétuité, « des réalisations » financées sur découvert bancaire ? Un tel comportement en dit long sur le phénomène «Président des pauvres ». On le sait bien, il ne dispose pas d’une baguette magique pour réaliser ce que ses prédécesseurs n’ont pu accomplir. Son seul « atout », pour multiplier les « réalisations », est qu’il est infiniment plus porté à prendre à la légère, des engagements sans se préoccuper de sa capacité à les respecter et encore moins de leurs éventuelles conséquences négatives sur le patrimoine de la Nation. Car obliger des Entreprises Publiques aux missions sociales fondamentales, à systématiquement financer leurs activités par des découverts bancaires, est techniquement absurde et ridicule, économiquement suicidaire et juridiquement passible de poursuite pour crime économique. Toute entrée de trésorerie est aussitôt engloutie par les intérêts sur les découverts présents. Et tout besoin nouveau de financement ne fera qu’alourdir davantage la charge financière dans un infernal engrenage dont le terme fatal sera sinon la mise en faillite, du moins une privatisation au rabais.

A-t-on eu à l’esprit ce réflexe premier, de tout planificateur responsable, qui consiste à hiérarchiser les priorités en faisant un bon arbitrage entre des secteurs sociaux tous prioritaires ?

Dans cet ordre d’idées, à quoi peuvent bien servir l’extension limitée d’un réseau électrique ou la construction de quelques kilomètres de routes goudronnées, quand l’une et l’autre sont réalisées au détriment des exigences élémentaires en matière d’Education, de Santé et de lutte Contre la Pauvreté ? C’est un peu comme si un chef de famille, non content d’arracher ses enfants à l’école, de les « mal-nourrir » et de sacrifier leur santé, s’endettait pour le seul plaisir de les exhiber dans des habits neufs, deux ou trois jours de fête par an.

Le rapport de l’étude sur la Restructuration du Secteur de l’Electricité en Mauritanie, réalisée cette année sur financement de l’Agence Française de Développent (AFD), affirme que la SOMELEC paie aux banques privées sous forme d’intérêt sur les découverts, des montants supérieurs à sa masse salariale ! Ainsi, la charge financière de la société de l’électricité a englouti en 2010 « 15% du chiffre d’affaires (plus que la charge du personnel 12% !), mettant la SOMELEC en situation de quasi-faillite »

Les perspectives à court et moyen terme sont encore plus sombres, dans la mesure où la SOMELEC, déjà structurellement déficitaire (la production d’un kw n’est couverte qu’à 25% par la vente), entend doubler sa production en 2012. Aussi, comment compte-t-on faire pour lui éviter la banqueroute financière qui se profile à l’horizon et qu’induit son modèle de fonctionnement ? Plus elle produit, plus elle perd, dans les proportions d’un facteur démultiplicateur. A un moment où le plan d’action élaboré pour un réel redressement de cette Entreprise et qui s’étale sur six ans (2009-2015), chiffre les besoins de financement à 244 millions d’Euros soient cent milliards d’Ouguiyas ! Croit-on réellement pouvoir relever ce défi en recourant aux découverts bancaires ?

La SOMAGAZ, quant à elle, n’est pas dans une meilleure situation. En sus du poids de la dette soulignée plus haut, elle est l’objet d’une gestion calamiteuse que symbolisent ses coûts d’importation deux fois supérieurs à ceux de nos voisins du Sénégal (1420 $ la tonne contre 600 $).

Son approvisionnement traverse lui aussi une période de grande incertitude, dans la mesure où son appel d’offre lancé cette semaine a été déclaré infructueux, faute d’un nombre suffisant d’offres (un seul soumissionnaire). La légitime question se pose alors de savoir à qui profite sa mort programmée, comme l’est celle de la SONIMEX, toutes deux piliers de toute politique d’approvisionnement au profit des populations les plus pauvres.

De manière plus générale, le secteur stratégique de l’énergie travers ces jours-ci, par la faute des tâtonnements du pouvoir, une zone de fortes turbulences, au point ou l’approvisionnement du pays dans les trois volets du secteur n’est plus sécurisé.

Ainsi :

- i) l’étude financée par l’Agence Française de Développement (l’AFD), censée constituer une feuille de route pour la SOMELEC, lui donnant une visibilité sur l’avenir, tarde à être validée par le Gouvernement.

- ii) l’appel d’offre pour le cabotage (transport de Nouadhibou à Nouakchott) du carburant, lancé cette semaine, a été lui aussi déclaré infructueux par manque de candidats intéressés. Exactement comme l’a été celui de l’approvisionnement du pays par la Somagaz. C’est comme si le manque de transparence du pouvoir, dans le domaine de l’attribution des marchés publics, fait fuir les fournisseurs étrangers.

Le plus affligeant dans tout cela, est que les pouvoirs publics ne semblent pas avoir conscience de la gravité de la situation. Á moins qu’il ne s’agisse d’une politique délibérée.

III Créations anarchiques de nouvelles Entreprises Publiques : nécessité sociale ou démagogie populiste ?

Incapable de gérer correctement les Entreprises Publiques existantes, le pouvoir ne cesse d’en créer de nouvelles, qui sont autant de gouffres financiers potentiels. Et ce, sans avoir tiré toutes les leçons des échecs passés.

A cette fin, la SNIM désormais perçue comme la poule aux œufs d’or du régime, est sans cesse sollicitée, au risque de mettre en péril sa santé financière encore fragile, obtenue au prix d’innombrables efforts et de sacrifices de son personnel. Quarante millions de $ ont ainsi été mobilisés par la société minière pour le projet d’une société aérienne (Mauritanian Airlines) dont aucune étude de rentabilité n’a pu déterminer la pertinence.

Trois avions dont deux au moins sont de véritables épaves, sont achetés dans le cadre d’un marché aux conditions on ne peut plus opaques, faisant jaser à propos d’énormes dessous de table. L’improvisation a fait le reste. La nouvelle Compagnie n’a jusqu’à présent pas obtenu son agrément (CTA) devant lui permettre d’effectuer ses premiers vols commerciaux. En attendant, les appareils si chèrement acquis, sont immobilisés sur le tarmac, générant des charges fixes d’au moins 30 millions d’Ouguiyas par mois, sans compter le manque à gagner induit par cette immobilisation.

Une certitude demeure : ce projet a déjà fait des dégâts collatéraux très graves. Dès l’annonce de la création de la nouvelle société, la compagnie Mauritanie Airways a mis la clef sous le paillasson, et des centaines d’employés ont été mis au chômage rejoignant dans la détresse ceux de la défunte Air Mauritanie, en plus des préjudices subis par la clientèle et les Agences de voyages mauritaniennes.

Pourquoi le pouvoir s’arrêterait-il en si bon chemin ? Une nouvelle société de transport urbain, STP a également vu le jour. « Sur instruction du Chef de l’Etat ». Et là aussi, en toute improvisation, sans étude préalable ni cahier des charges ! Il n’est pas alors étonnant qu’au bout de seulement quelques semaines, elle s’est mise à battre de l’aile.

Cette fois, ce sont les hommes d’affaires qui sont priés de mettre la main à la poche, à coups d’intimidations, de menaces et de chantages. Et pourtant la rentabilité de la dernière idée de notre « guide éclairé » est loin d’être établie.

En effet, la situation présentée par le directeur lors du dernier Conseil d’Administration, a fait ressortir que le prix autorisé d’un ticket de bus, ne couvre que 30% du coût du transport d’un passager. Avec en perspective, l’inéluctable détérioration de cette situation, au fur et à mesure que le matériel de transport vieillit et que les coûts d’entretien et de maintenance s’accroissent.

La dizaine d’hommes d’affaires qui ont accepté de contribuer à ce projet, à raison de 100 millions d’ouguiya chacun, l’ont fait pour s’acheter une paix avec le régime. Sous d’autres cieux, cela s’appelle extorsion de fonds ou racket, toutes pratiques dignes des seigneurs de la guerre, et réputées peu rassurantes pour le climat des affaires.

Les seuls bénéficiaires de cette dernière trouvaille se trouvent être de « nouveaux riches » de la «Mauritanie Nouvelle », connus pour leurs entrées au sommet de l’Etat. On leur aurait adjugé les juteux marchés de l’approvisionnement en carburant de la flotte de la STP, de son entretien et de sa maintenance. Car dans la précipitation qui a présidé au lancement de ses activités, on a oublié de doter cette société du minimum vital à savoir : un atelier mécanique, une cuve de stockage et une pompe à gasoil.

Devant de tels agissements, l’observateur ayant à cœur les intérêts de son pays ne peut que se demander à quoi rime cette obsession des autorités à créer des Sociétés Publiques. En toute improvisation, au risque de mettre en péril le bien collectif, au moment ou elles prônent à tout vent la lutte contre la gabegie. Est-ce pour régler un compte avec certains privés nationaux dont la fidélité politique est mise en doute ? Ou s’agit-il plus simplement de mettre la main sur toutes les ressources de l’Etat à travers des Etablissements publiques, si déficitaires et inopportuns soient-ils mais qui sont autant de sangsues, permettant de ponctionner par l’intermédiaire d’hommes de confiance, nommés complaisamment, les maigres ressources du trésor public ?

Il y a en tout cas des signes qui ne trompent pas, car révélateurs des usages des Républiques bananières et puisées dans la culture des mafias. Ils se déclinent en trois étapes :

(1) jeter les anathèmes sur les agents de l’administration afin de les culpabiliser;
(2) procéder à des nominations clientélistes ;
(3) multiplier les marchés de gré à gré et s’ouvrir ainsi des boulevards de malversation tout en jouant au moralisateur.

IV Que faire pour sauver l’économie et la stabilité ?

On le voit donc, cette politique de mise en faillite d’Entreprises Publiques et de création anarchique de nouvelles, rentre dans le cadre d’une vaste opération de souveraine gabegie tout en cherchant à duper les citoyens sur une prétendue prise en main de leurs besoins essentiels. Pour nous faire démordre de ce constat, il faudrait alors qu’on nous donne des réponses convaincantes aux questions suivantes :

Comment va-t-on rembourser des bus achetés aux Iraniens à crédit, à 30 millions d’ouguiya l’unité, alors que les conditions de départ de cette Entreprise font état d’une perte prévisible d’au moins 600 millions d’ouguiya par an ? Comment va-t-on assurer la pérennité d’une compagnie d’aviation dont les vieux appareils, achetés à coup de dizaines de millions de dollars, ne sont pas autorisés depuis des mois à voler sur les lignes internationales ?

Où sont passés les 8 milliards d’ouguiya avancés par la BCM à la SONIMEX ? La question est d’autant plus légitime que l’ancien directeur général M. Moulaye El Arbi, affirme, documents à l’appui, avoir laissé la contrepartie sous forme de stocks et de dépôts au Trésor ; des témoins attestent que ces stocks ont été bradés pour, semble t il, financer la campagne du Général candidat. Quoi qu’il en soit, il est intriguant que personne ne réponde aujourd’hui devant la justice de cet énorme gâchis, au moment où d’autres croupissent en prison pour beaucoup moins que cela.

Comment est-il possible que le Trésor public continue d’effectuer des règlements en dehors du circuit budgétaire, comme c’est le cas pour les 500 cents millions utilisés pour faire bâtir la localité de Termesse, montant dont la dépense a été autorisée par simple lettre ministérielle au Trésorier Général ?

Nous avons déjà connu par le passé une situation semblable, où un pouvoir, se croyant affranchi de tout compte à rendre à l’opinion, qu’elle soit nationale ou autre, s’était arrogé le pouvoir d’agir à sa guise, ne tenant compte ni des intérêts collectifs du moment ni de ceux des générations futures. Dans sa course folle, il avait entraîné le pays entier vers l’abîme, et gravement entamé sa crédibilité vis-à-vis de ses partenaires internationaux. Ce fut l’affaire des faux chiffres, révélée au cours de la première transition 2005-2007.

Malgré leurs multiples Missions de Revues, qui séjournaient dans le pays tous les trois mois, les bailleurs de fonds ont fait preuve d’une indulgence coupable en fermant les yeux sur des pratiques frauduleuses qui étaient pourtant un secret de polichinelle. Et la Mauritanie dut payer par la suite un tribut très lourd, sous forme de pénalités sur le Droit de Tirage pour les agissements de l’ancien pouvoir.

Nous avons, aujourd’hui, toutes les raisons de penser que l’Histoire est entrain de se répéter, en bégayant. Car nous ne voyons pas comment, avec les pratiques aventuristes que nous venons de décrire, le pouvoir actuel pourrait se sortir des lacets de ses propres pièges, autrement que par l’usage de faux et la manipulation des chiffres.

Cette inquiétude est d’autant plus légitime que le Rapport de la Mission du FMI, cité plus haut, reprend à son compte les chiffres très optimistes communiqués par les Pouvoirs Publics. Prenons donc acte, pour l’Histoire, de ce bel optimisme dont a fait encore preuve l’Equipe Mauritanie de cette Institution : -Inflation à un chiffre, 6% en 2010 – Dépréciation de l’Ouguiya de seulement 9% par rapport au $ en 2010 – Déficit budgétaire contenu à 3% du P.I.B hors pétrole en 2010 – Croissance du P.I.B de 5.6% pour 2011 – 2.7 mois de réserves pour les importations pour 2011

Nous devons savoir qu’il n’est plus permis que la vigilance soit à nouveau mise à défaut. Que le FMI ne nous dise pas demain : « nous ne savions pas », et vous devez payer pour les mauvais agissements de votre gouvernement.

Par delà nos différences, et en dépit de nos divergences politiques, il est une évidence : il est absolument impossible d’assurer la pérennité de notre pays dans les conditions de gouvernance que nous venons de décrire sommairement. Tous, ensemble, nous sommes obligés d’y faire face et avant tout disposer d’un état des lieux et le préalable indispensable à l’adoption de toute solution. Aussi réclamons-nous la constitution en urgence de Commissions Parlementaires (Majorité –Opposition) chargées des missions suivantes :

Commission 1

Etablir la situation exhaustive des engagements des Entreprises Publiques et clarifier les conditions d’attributions des marchés de l’Etat en cours d’exécution.

Commission 2

Réaliser l’audit des comptes du Trésor Public et établir la situation d’exécution du budget de l’Etat en recettes et en dépenses sur les 3 dernières années

Commission 3

Etablir la situation exhaustive des engagements hors budget de l’Etat

Afin de garantir la transparence et la neutralité politique de ces Commissions, la coordination de leurs travaux sera assurée par une cellule composée soit des présidents de tous les groupes parlementaires, soit:

- du Président du Sénat
- du Président de l’Assemblée Nationale
- du Premier Ministre
- du Leader de l’Opposition démocratique

Nouakchott, le 21 avril 2011
La Commission d’études

www.cridem.org

Source : UFP via Ahmedou Bedah

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