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Les amendements constitutionnels: défis de la promotion de la démocratie et enracinement du développement local

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   Une constitution ou Loi fondamentale, est la matérialisation écrite d’un idéal d’organisation globale d’une société donnée, elle reflète les nécessaires adaptations à la dynamique des contraintes internes et externes auxquelles la société est confrontée. L’immuabilité de la constitution est une chimère, en raison des évolutions sociétales, particulièrement à l’ère des accélérations communicationnelles massives. Plusieurs pays de la sous-région et d’ailleurs, ont récemment modifié leur constitution ou sont sur le point de le faire…

  1. 1.   Bref aperçu rétrospectif:

En réalité, le peuple mauritanien avait, depuis plus de mille ans, adopté la Charia, comme règle normative suprême; le 22 mars, 1959, la première constitution, au sens moderne de ce terme, fut adoptée. Cette constitution fut modifiée, à la veille de l’indépendance, le 26 novembre, 1960, puis en 1961, 1964 et 1970. Le 9 février, 1985, fut adoptée une charte constitutionnelle et le 20 juillet 1991, une nouvelle constitution vit le jour, modifiée le 12 juillet, 2006, puis en 2012, en application des conclusions du dialogue politique national de 2011. Le projet d’amendements constitutionnels,  objet du référendum populaire du 5 août prochain, constitue une conclusion du dialogue politique national de 2016, auquel ont participé les partis politiques de la majorité  présidentielle et des partis politiques de l’opposition démocratique, l’opposition radicale ayant préféré boycotter ce dialogue, comme ce fut le cas lors du dialogue de 2011.

  1. 2.   De quels amendements constitutionnels s’agit-il?

a)   L’emblème national  (drapeau, le sens du sacrifice suprême)

b)  Les institutions

  • Suppression du Sénat et Création de Conseils généraux,
  • Suppression  du Médiateur de la république et du Haut conseil islamique et du Conseil de la Fatwa et des recours gracieux, au profit d’une nouvelle et unique  institution aux compétences élargies
  1. 3.   La logique qui sous-tend ces amendements:
  • Ø S’approprier, sur le plan populaire, les symboles de la république et leur signification
  • Ø Pallier le grave déséquilibre de développement économique entre la capitale (Nouakchott) et les régions de l’intérieur et favoriser le principe de subsidiarité
  • Ø Pallier la redondance institutionnelle
  • Ø Economiser des ressources publiques
  • Ø Honorer les engagements pris lors du dialogue politique national  de 2016.
  1. Au-delà des objectifs immédiats:

ü Il s’agit de «tester» certains dispositifs de notre constitution, pour les opérationnaliser en associant davantage les citoyens à la prise de décision stratégique

ü Le camp opposé à ces amendements est essentiellement constitué des «Frères musulmans» et de leurs alliés, «reliefs» politiques de la période d’exception, tous fragilisés par les malheurs diplomatiques de leurs mentors idéologiques et financiers, au Proche orient. Cette nébuleuse politique a, par ses agissements inconséquents, fait le lit du chaos et de l’anarchie, partout où son idéologie a pris pied; la victoire du «Oui», au référendum du 5 août prochain, représentera une preuve supplémentaire de désaveu populaire, en direction de ces pyromanes des temps modernes.

ü Il s’agit d’aligner notre Loi fondamentale sur les niveaux de performance honorables (Bilan du président de la République : voir les indicateurs ci-dessous), réalisés, durant les huit dernières années, dans tous les domaines de la vie publique.

                                                       

  1. Annexe sur certains indicateurs de performance

 

A l’issue de la vingt-neuvième Conférence des chefs d’état et de gouvernement de l’Union africaine, tenue à Addis-Abeba, les 3 et 4 juillet 2017, la Mauritanie aura l’honneur d’abriter la trente-unième Conférence au  sommet de notre organisation continentale, en juin -juillet 2018. Il s’agit-là d’une performance sur le double plan politique et diplomatique,  qui vient s’ajouter  à de nombreux  succès  réalisés par la Mauritanie, au cours des huit dernières années,   sous l’autorité du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz. Notre pays a ainsi brillamment réussi à organiser,  dans un contexte particulier,  son premier Sommet de la Ligue arabe (vingt-septième  Conférence  des Chefs d’Etat arabes),  en juillet 2016.

Sur un autre plan, la Mauritanie a  joué un rôle clef au service de la paix et de la sécurité sous- régionales; l’on se rappelle, à ce propos, la courageuse initiative du Président de la République d’effectuer une visite à Kidal, en 2014, alors que cette ville était la proie à une bataille militaire désespérée. Une initiative qui avait permis d’apaiser le front militaire, tout en favorisant le déclenchement des pourparlers de paix.  Dans la même logique, le Président de la République  décida de se porter -ultimement- au secours de la paix sous-régionale, lorsque toutes les initiatives diplomatiques avaient tourné court et lorsque les cris de ralliement des va-en-guerre et le cliquetis des armes, menaçaient d’envenimer la situation sécuritaire dans une sous-région, théâtre de plusieurs foyers de vive tension.

Les innombrables performances diplomatiques, économiques et sociales réalisées au cours des  dernières années, sont largement connues sur le plan national, mais la nouvelle source de fierté légitime pour nos concitoyens, est que le bilan du Président de la République, S.E.M. Mohamed Ould Abdel Aziz, commence à être reconnu et noté par les grandes institutions internationales spécialisées, tel que reflété par  les indicateurs ci-dessous:

  1. a.      Selon le  classement  établi par la dernière édition (2016) du Global Terrorism Index (GTI)[1],  publiée par  « The Institute for Economics and Peace » (Australie), la Mauritanie surclasse –et de loin- tous les pays de la sous –région.
  2. b.      Selon un rapport sur les inégalités des revenus (coefficient de GINI)[2], portant sur vingt six pays africains, publié par la Banque Mondiale, en 2016[3], la Mauritanie obtient non moins que la meilleure note, sur ces vingt six pays .
  3. c.       Selon le rapport deReporters Sans Frontières (RSF), 2017,  la Mauritanie occupe la meilleure place sous-régionale et la première sur le plan arabe, et ce depuis  trois  années  successives.
  4. d.       Selon le rapport publié, fin mars dernier, par le «Narcotics bureau»(Département  d’Etat   américain)[4],  la Mauritanie est le seul pays de la sous-région dont le nom ne figure pas sur la liste des douze (12) pays devant faire  l’objet d’une «surveillance particulière» .
  5. e.       Selon les statistiques de l’Organisation Internationale de la Migration[5], le nombre d’émigrés clandestins (les occupants des fameux «cayucos») vers les Iles Canaries, en provenance des côtes mauritaniennes, est passé de 36000, en 2006, à zéro, depuis 2014, et ce sans coercition sur   les candidats  à l’émigration.
  6. f.        Selon les rapports annuels de la Banque Mondial (2016 et 2017)[6]la Mauritanie a gagné, en deux ans, 16 points dans le classement mondial du «Doing Business». Elle figure ainsi parmi les cinq pays, au niveau de la région Afrique et parmi les dix pays au monde, ayant le plus amélioré leur environnement des affaires.
  7. g.      Selon le rapport de lAgence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA)[7], publié en 2016,  la Mauritanie  est classée parmi les pays africains qui ont le plus promu l’utilisation des énergies renouvelables, (6ème  en énergie solaire et 8ème  en éolienne du continent africain).
  8. h.      L’exceptionnelle réussite des candidats mauritaniens  à des concours internationaux réputés très sélectifs (première et deuxième places au concours de l’agrégation de mathématiques, au Maroc, 2017)  et le brillant succès de nombres de cadres mauritaniens à de hauts postes internationaux, témoignent,  d’une part,  du succès des filières de l’excellence mise en place ces dernières années[8]  et de la crédibilité diplomatique retrouvée du pays, d’autre part.
  9. i.        En terme de kilomètres de route bitumés, la moyenne sur les cinquante (50) premières années de notre indépendance, est dans un rapport de 1 à 3.4, par rapport à la même moyenne sur les six (6)  dernières années[9].
  10. j.        Selon le classement mondial de la FIFA du mois de juillet 2017, la Mauritanie fait un bond spectaculaire en avant de vingt trois (23) places. Ce résultat, jamais réalisé de par le passé,  est le  fruit d’une politique volontariste en faveur de la jeunesse et des sportifs mauritaniens.

 

 

 

A la lumière des indicateurs non exhaustifs ci-dessus énumérés, la priorité nationale doit consister à pérenniser, sous l’autorité du président de la république, S.E.M. Mohamed  Ould Abdel Aziz,  l’actuel rythme soutenu des performances en matière de gestion publique,  au service de la paix, de la sécurité et du  développement durable de la Mauritanie.          

 

 

 

 

 

 

 

Par: Isselkou Ould Ahmed Izid Bih,

MAEC

Au Centre Mauritanien de Communication et de Développement (CMCD)

 


[1] Global Terrorism Index (GTI), « Measuring and Understanding The Impact of Terrorism, edition 2016, The Institute for Economics and Peace.

[2] Coefficient de Gini est une mesure statistique de la dispersion d’une distribution dans une population donnée.

[3]  Rapport de la Banque Mondiale  2016 « classement des pays du plus égalitaire au plus inégalitaire».

[4]  Rapport élaboré par «The Narcotics Bureau» et publié  par le Département d’Etat américain,  fin Mars 2017.

[5] Rapports annuels de 2014, 2015  et 2016 de l’Organisation Internationale de la Migration (OMI).

[6] Doing Business,  2017  Report.

[7] Rapport IRENA 2016.

[8] Rapport MENESRS (2010).

[9] Etude MET (2015)IMG_7686

Rosso : Chrive ould Boughouba mets les petits plats dans les grands (Reportage Photos)

Rosso : Chrive ould Boughouba  mets les petits plats dans les grands (Reportage Photos)

La campagne pour le oui au referendum fait son bout de chemin. Le ramadan étant un mois ou les activités diurnes sont réduites aux stricts minimums, la nuit est devenu le moment propice pour se réunir. Le ramadan aidant le Ftour est désormais la nouvelle formule pour designer les diner débat.

La série de ces ftours a débuté dans la quinzaine du ramadan et l’Upr en a fait un sacerdoce pour battre le rappel des troupes avant le grand meeting prévu le début du mois prochain.

C’est dans ce cadre que le vendredi 16 juin Chrive ould Boughoube a organisé un ftour –meeting chez lui au PK 20 sur la route Rosso – Nouakchott. A cette rencontre toutes les figures de proue ont répondu présent et l affluence était massive.

Fait inédit  assis cote à cote l’inoxydable  doyen Ahmed Salem Douah et le richissime député Moutaly. Ouvrant la séance Chrive a souhaité la bienvenue a ses invités et a abondé dans le sens de tout mettre en œuvre pour que le « oui » le remporte. A sa suite le doyen Ahmed Salem Douah est longuement revenu sur les réalisations du président Aziz : «  mon expérience politique me permet de dire que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz est un bâtisseur car il a su faire en si peu de temps ce que les autres n’ont pas fait en des décennies de pouvoir ; a titre d’exemple le projet Nkeke, pourquoi n y a-t-on pas pensé avant ? Et pourtant la terre était la et rien de neuf ne s’y ajouter sauf la clairvoyance d’un homme, de même le Aftout essahili.Etc en outre le président Aziz est le seul qui a pensé à pérenniser un parti en lui créant un patrimoine aujourd’hui l’Upr a partout dans le pays des sièges qui lui sont propres et que demain même si lui quittait le pouvoir le parti lui survira. Tel ne fut pas  de ces prédécesseurs  qui, après leur départ leur parti s’est disloquée car les structures de soubassement n’ont pas été mis en place. »

Il haranguera la foule en leur disant « ce vote n’est pas à dessein de pourvoir un poste, donc différent des votes que vous avez connu jusque la. Personne ne se présente contre personne, mais c’est un projet que porte notre président  et nous le portons aussi, nous permettra de mener notre pays vers le changement. » En outre il a beaucoup apprécié la présence de Moutaly ce qui prouve que ce projet va au delà du Parti. »

L’injustice, la marginalisation et d’autres torts dont ont été longuement victimes certains est désormais finiiiii » a cette phrase il sera longuement applaudi. Comprends qui veut.

Mame Djiby Diouf un pilier incontournable dans l arène politique lui aussi ira dans le même sens, Rosso dira OUI en masse au projet du président. « CEQUI FUT A ETE ET LA PAGE EST TOURNEE ».

Slama ould Meine, Cheikh ould Hamden, Veffal, Moctar Baba ould Menira ainsi que d autres intervenants abonderont tous dans ce sens.

Il est a noter que la tendance menée par le senateur  a le meme jour organisé elle aussi un Ftour mais auquel peu ont repondu present.

Cette dissension et la quasi absence des partisans du senateur laisse la porte ouverte a toute sorte de rumeur qui se chuchotent dans les salons a Rosso. Ce qui est sur qu’après le referendum  un vent de changement soufflera sur Rosso

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source futureafrique.net

Affaire Moussa Sadr : La Mauritanie au cœur du mystère.

 

Affaire Moussa Sadr : La Mauritanie au cœur du mystère. sadr_moussa_imam

Un véritable mystère continue de planer sur le sort de l’Imam Chiite Moussa Sadr et deux de ses compagnons, son bras droitMohamed Yaqoub et le journaliste Abass Badreddine, disparus en 1978 à Tripolialors qu’ils répondaient à une invitation officielle du régime de Kadhafi.

La Mauritanie ayant fait comprendre qu’elle détiendrait des informations sur ces disparitions par le biais de l’ancien chef des renseignements libyens, Abdallahi Senoussi actuellement dans ses prisons, le ministre libanais des Affaire étrangères, Adnane Mansour, est arrivé hier à Nouakchott.

La mystérieuse disparition de l’Imam Moussa Sadr et deux de ses compagnons, son homme de confiance Mohamed Yaqoub et le journaliste Abass Badreddine, disparus en 1978 àTripoli alors qu’ils devaient rencontrer officiellement le Guide de la Révolution libyenne,Mouammar Kadhafi, continue d’intéresser les autorités libanaises.

C’est dans ce cadre que se situe la visite qu’entreprend depuis hier à Nouakchott, leur ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour.

En marge de la conférence des Non-alignés qui a eu lieu fin août dernier, son homologue mauritanien lui aurait fait comprendre que la Mauritanie détiendrait des informations sur le casMoussa Sadr et compagnie, suite à l’interrogatoire de l’ex-chef des renseignements libyens,AbdallahI Senoussi, détenu dans une prison à Nouakchott. D’autres sources soutiennent que c’est après s’être entretenu avec les autorités iraniennes en marge du Sommet qu’Adnane Mansour a décidé de se rendre à Nouakchott.

Il faut se rappeler qu’en 2004, les autorités libyennes avaient demandé aux familles des« disparus «  un règlement à l’amiable comme celle qui avait prévalu dans l’affaire Lockerbie, à savoir une indemnisation contre l’arrêt de toute poursuite judiciaire sur le plan national ou internationale. La fille de l’Imam, Haoura Sadr avait soutenu à l’époque que son père était toujours vivant et qu’il croupirait dans une prison libyenne.

En juin 2012, le président intérimaire de la Libye libre, Moustapha Abdel Jelil, annonçait la fin de l’enquête sur la disparition de l’imam libyen. Selon lui, les investigations menées par la justice libyenne avaient révélé d’importants détails, affirmant qu’elle n’attendait que les résultats d’ADN que les autorités libanaises devaient effectuer sur le corps présumé de l’Imam. En avril dernier, des médecins légistes libyens avaient effectué des tests ADN sur des restes humains retrouvés dans un cimetière en Libye et qu’ils pensent être ceux de l’Imam et de ses amis. Mais le chef de la diplomatie libanaise avait démenti ces informations à son retour de Libye.

A la veille du départ du ministre Adnane Mansour de Beyrouth, la presse libanaise avait bel et bien placé sa visite à Nouakchott sous l’angle de l’enquête sur la disparition de l’imam chiite et de ses compagnons. Le journal  » Nahar » soutient ainsi que lorsque le département des affaires étrangères libanaises a transmis aux autorités mauritaniennes l’intention du ministreAdnane Mansour de rendre visite à leur pays, ils auraient répondu « Qu’il soit la bienvenue ».

Ainsi, la délégation libanaise qui se trouve à Nouakchott depuis hier pour une visite de trois jours, comprendrait outre le chef de la diplomatie, un membre de la Commission chargée du suivi de l’affaire Moussa Sadr, le Directeur général auprès du ministère des Affaires étrangères chargé de la diaspora libanaise à l’étranger, Heïthem Jaha et du magistratHassane Chami.

Il est prévu que les membres de la délégation s’entretiennent avec les autorités mauritaniennes pour étudier les voies et moyens d’interroger directement Abdallahi Senoussi, ou de confier la mission à une équipe spécialisée libanaise pour s’en charger.

Bref, la préoccupation de l’Etat libanais est de parvenir à glaner le maximum d’informations réelles et crédibles sur le sort de Moussa Sadr et compagnie, par le biais d’interrogatoires auprès d’Abdallahi Senoussi détenu depuis quelques mois en prison. L’homme détiendrait en effet les clés de ce mystère, de par sa position rapprochée avec l’ancien dictateur libyenMoummar Kadahfi dont il était le bras droit, le confident et le gendre.

Déjà vendredi dernier, le député libanais Nebih Berri avait soutenu qu’au plus tard, le samedi ou le dimanche, le monde sera édifié sur une des étapes essentielles et décisive du casMoussa Sadr et compagnons, mettant ainsi fin à plus de 34 ans de mystère.

JOB.

 

ALCOOL, DROGUE, FEMMES, MALADIES…Le cercle vicieux des musiciens sénégalais

ALCOOL, DROGUE, FEMMES, MALADIES...Le cercle vicieux des musiciens sénégalais arrow11

Leur passion a détruit leur vie. Enfin presque. La musique a mené beaucoup d’entre eux dans l’alcool, la drogue… Alors que pour d’autres, c’est une désillusion sans fin. À l’occasion de la fête de la musique célébrée ce 21 juin à travers le monde, Walf Grand-Place revisite le «musée» où sont rangés les restes de ces musiciens sénégalais à qui la musique avait promis un bel avenir avant de laisser tomber. Et souvent les dégâts restent irréparables. À jamais.

ALCOOL, DROGUE, FEMMES, MALADIES...Le cercle vicieux des musiciens<br />
 sénégalais

Dans une de ses dernières productions, la diva Titi chante la musique. Et jure qu’elle ne sera jamais trahie par sa passion qu’est la musique. Malheureusement, ils ne sont pas nombreux les musiciens sénégalais à pouvoir lever la main et jurer n’avoir jamais été trahie par la musique, celle-là même que le monde célèbre ce jeudi 21 juin. Pourtant, c’est grâce à cette musique -qu’ils ne fêteront certainement pas- qu’ils sont devenus célèbres avant de se faire oublier. Pis, certains d’entre eux ont sombré dans l’alcool ou la drogue. D’autres -qui ont pu échapper a ce fléau- finissent généralement dans la misère, sans toit ni biens consistants. Autant dire alors que la musique n’a pas produit que des Youssou Ndour au Sénégal.
Ils sont nombreux ces artistes musiciens à qui la musique n’a offert que… misère. Chanteurs talentueux ou à la voix d’or, ils sont nombreux à trouver comme alliés l’alcool et la drogue. Deux complices de la vie qui conduit souvent à un tragique destin. Ils sont donc nombreux à n’avoir pas connu que du bonheur avec la musique. Parmi eux, on cite Mamadou Lamine Maïga, Laba Sosseh, Ndiaga Mbaye, Aminata Fall, Daouda Gassama, Ouzin Ndiaye, El hadji Faye… Ces artistes ont un trait commun. Celui d’aimer la musique qui les a laissé tomber au pire moment.

MAMADOU LAMINE MAIGA Un rescapé de la toxicomanie

C’est dans un entretien avec le site Piccmi que Mamadou Lamine Maïga raconte sa tragédie dans le monde vicieux de la musique. «Quand tu deviens une star, les hommes te flattent», confie-t-il. À l’en croire, à l’époque où le Super Diamono cartonnait, tout devenait facile pour eux. Tout jeune, Maiga ignorait le goût du tabac et de l’alcool jusqu’au jour où un de ses amis -dont il a préféré taire le nom- lui procure de l’héroïne. Commence alors sa relation avec la drogue dure. Un compagnonnage qui lui a valu son clash avec le Super Diamono, de même que la vente de tous ses biens.
Et ce n’est pas la musique à qui Maiga a dédié sa vie qui est venue à son secours. C’est avec l’aide d’une Italienne qu’il arrive à sortir du monde de la drogue avant de signer son retour dans la «vraie» vie avec l’album «Résurrection». Une thérapie par rap¬port à une étape de sa vie.

PARALYSE ET RONGE PAR LE DIABETE Ouzin Ndiaye arrête la musique

Il est sans doute l’un des plus malheureux membres du Super Etoile. Au moment où Youssou Ndour a préféré «trahir» 30 ans de compagnonnage pour aller siéger au Conseil des ministres, son oncle Ouzin Ndiaye traverse de durs moments. Sans doute les plus durs de sa vie d’artiste.
Tremplin pour certains, passion pour d’autres, la musique a été toute la vie de Tonton Ouzin. Elle a fait de lui ce qu’il est devenu aujourd’hui. Mais Ouzin qui avait cartonné sur la scène musicale avec son éternel Baye Waly est obligé aujourd’hui de décrocher pour des raisons de santé. Aujourd’hui, l’oncle de Youssou Ndour dit avoir divorcé d’avec l’alcool à cause de son diabète et de sa paralysie. Sa dernière apparition lors de la soirée anniversaire de Mame Goor Jazaka a fait pleurer plus d’un.

DIALY BOU NIOUL-FATOU MBAYE Succès puis désillusion

Ils se sont rencontrés dans un bar. L’eau a coulé. Et ils se sont mariés. Eux, c’est Dialy Bou Nioul et Fatou Mbaye, le couple mythique de Thiès. Mais leur carrière musicale ne va durer que le temps d’une rose. Ils ne font plus courir les producteurs. Sa longue maladie, la séparation avec son mari et la perte de ses deux enfants ont plongé Fatou Mbaye dans un mutisme total. Aujourd’hui, elle a retrouvé son foyer conjugal et ne veut qu’une chose : redorer son blason avec son mari pour refaire plaisir à leurs fans: Et cela ne peut se faire, selon elle, sans l’aide d’un producteur. Aperçu dernièrement en Gambie, le couple Dialy Bou Nioul-Fatou Mbaye court les cérémonies renouer avec la belle époque. «La musique ne nourrit pas son homme, mais no ngi santé yalla. Nous avons des connaissances, des relations au niveau international, on vit dans le sutura. Nous avons disparu de la scène musicale non pas parce qu’on le veut, mais parce que personne ne veut nous produire. Cela ne veut pas dire que l’on reste les bras croisés. Fatou Mbaye et moi, nous animons souvent des cérémonies. D’ailleurs, en ce moment, nous préparons un nouvel album. Et nous reviendrons bientôt sur la scène musicale avec de nouveaux tubes. D’ici là; on se garde de tout commentaire », confie Dialy Bou Nioul.

DAOUDA GASSAMA Hommage à un talent fou

Si certains musiciens ont fini mal dans la musique à cause de la drogue ou de l’alcool, d’autres ont eu la malchance d’être oublié très tôt à cause de la maladie.
Du talent fou à la folie, ainsi pourrait-on résumer la carrière de Daouda Gassama, l’ex-guitariste du Super Etoile de Youssou Ndour. Amputé d’une jambe, Daouda Gassama était devenu un Sans domicile fixe (Sdf) et traînait dans les rues de la Médina là-même où il avait fait connaissance avec l’ex-lead vocal du Super Etoile. Son talent était reconnu par tous ses collègues musiciens. Malheureusement, il sera atteint de démence, de manière inexplicable. Aujourd’hui, Daouda Gassama est parti. La gloire qu’il avait connue dans la musique s’est transformée en misère jusqu’à son dernier souffle.

NDIAGA MBAYE 30 ans de musique, sans maison ni voiture

Pour le célèbre chanteur Ndiaga Mbaye, c’est une carrière qui se résume en 30 ans de gloire musicale, avant qu’il ne quitte ce monde, sans maison ni voiture à léguer à ses enfants. Même si, on lui avait promis monts et merveilles, la veille de sa mort. Des promesses qui sont restées sans suite. Ndiaga Mbaye disparaît sur la pointe des pieds le 13 février 2005, des suites d’une longue maladie qui l’a éloigné pendant un long moment de la scène musicale.

SOURCE : Walf Grand Place Réalisé par Bineta MANE

Gouvernement d’union nationale: Une bouée de sauvetage de Messaoud à Aziz?

 

Gouvernement d’union nationale: Une bouée de sauvetage de Messaoud à Aziz?    aziz_boulkheir_gun

Depuis qu’il a lancé, sur les ondes de laTVM, l’idée de rassembler les différents pôles politiques autour d’un gouvernement d’union nationale, le président Messaoud Ould Boulkheir ne chôme guère. L’homme sait qu’il s’agit là d’un second et gros défi, après celui du dialogue inclusif, en septembre dernier.

La tâche n’est pas de tout repos, puisqu’il s’agit d’obtenir un compromis, sans se compromettre et sans remettre en cause les acquis du dialogue susdit. Sur ce point d’ailleurs, les partis de la CAP – APPEl Wiam et Sawab – excluent tout « dialogue-bis ». Il s’agit, ont-ils affirmé, d’emmener la COD à prendre le train en marche, afin d’appliquer lesdits résultats. Une grosse couleuvre que la COD acceptera difficilement d’avaler.

C’est d’ailleurs, aux yeux de certains observateurs, « la » faiblesse de l’offre du président de l’Assemblée nationale. Prudence, donc.  Et c’est ce qui ressort, pour l’heure, des premiers contacts auprès des personnalités politiques de l’opposition.

Comme il est leur difficile de refuser, catégoriquement, l’offre du président Messaoud, ces responsables ont mis à profit leur rencontre avec le président de APP pour lui poser un bon nombre de questions, sur les véritables objectifs de ce gouvernement. La raison est simple : éviter le modèle de celui qui a « organisé » l’élection présidentielle, au lendemain de l’accord de Dakar 2009. Chat échaudé craint l’eau froide.

De fait, ce sera la réunion de la COD, qui interviendra à la fin des consultations de Messaoud Ould Boulkheïr, qui sera très déterminante. En tout état de cause, que peut faire un gouvernement d’union nationale que ne dirigerait pas un des responsables politiques de la CODou de la CAP ? A cet égard, quelles garanties le président Messaoud a obtenues, du côté du Palais gris ? Aziz acceptera-t-il de céder, à ce gouvernement, les prérogatives apportées par les modifications de la Constitution ?

La CENI, dont le directoire est déjà contesté, sera-t-elle à équidistance entre le pouvoir et ce gouvernement ? Les différents pôles accepteront-ils de faire des sacrifices et lesquels, pour permettre la mise en place de cette structure transitoire ? Autant de questions que les partis politiques vont poser, avant de répondre à la proposition du président Messaoud.

Une chose est tout de même sûre : les différents pôles sont obligés de s’asseoir autour d’une table, comme le dit Kane Hamidou Baba, président du MPR. Espérons que sortira de cette initiative et de tant d’autres quelque chose qui permette, à notre pays, de solder ses nombreux contentieux. L’initiative du président Messaoud, si elle aboutit, serait comme une espèce de bouée de sauvetage, pour le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz qui se bat sur deux fronts : la contestions politique interne et le terrorisme, avec la crise malienne. Et, pour la COD, une preuve de maturité et d’assurance en la volonté de changement du peuple.

DL 

[JAKKAA FULƁE] Bone nana qenye Maali

Depuis le début des événements du nord Mali, je ne cesse de penser à toi et surtout aux populations qui habitent dans la zone sahélienne occupée en majorité par des peuls.  Je sais à quel point cela te préoccupe. Du fait de leur activité pastorale, ils représentent la couche de la population la plus fragile, la plus exposée car n’étant pas partie prenante dans la rébellion, ayant en leur possession le bétail qui représente dans ces situations de crise une énorme valeur ajoutée, ils vont être l’objet de pressions de toutes parts, aussi bien des rebelles que des autorités en place.
J’ai essayé d ‘analyser les actes de Sanogo, afin de lui trouver ne serait-ce qu’un grain de raison, malheureusement, j’en reviens toujours au point de départ que je peux résumer par une boutade: pourquoi achever ce qui n’avait plus qu’un mois à vivre?
A mon avis, les motivations de Sanogo sont loin d’être patriotiques, elles sont essentiellement personnelles. Sanogo veut vivre et voici venu le moment en tant que militaire, où il peut mettre en jeu cette vie à laquelle il tient tant. Il ne s’est jamais posé la question qu’il pouvait survivre couvert de gloire, de fierté et faire l’objet de reconnaissance de la part des enfants de pays. Pour lui aller au front était synonyme de mort, et ça Sanogo n’en prend pas le risque. Il préfère de loin se vautrer sur des poufs pouris à écouter les griots lui faire des éloges qu’il est loin de mériter.
Je suis vraiment étonné de cette médiation de la CEDEAO, qui prétend au retour à l’ordre constitutionnel alors que des candidats déclarés à l’élection présidentielle croupissent en prison par la simple volonté de ce Lâche.
Je suis vraiment triste pour le Mali, triste parce que ce pays représentait un maillon très important dans l’unité et la consolidation de Pulaagu, triste pour les habitants laissés à eux mêmes face à des gens sans foi et sans loi, alors que ceux qui devaient assurer leur défiance et qui ont été gracieusement payés pour ça se disputent des miettes de pouvoir à Bamako.
Tant que cette bande reste au voisinage immédiat des détenteurs actuels du pouvoir, le Mali ne connaitra pas la paix. Le retour à l’ordre constitutionnel ne les avantage pas, convaincus qu’ils sont que toutes les amnisties possibles ne peuvent pardonner le forfait qu’ils ont commis. Pendant ce temps les touaregs et les salafistes ont encore de bons jours devant eux. Le Mali est encore loin de faire l’unité face à ce qui doit être sa mission première: la sauvegarde de son intégrité territoriale.
ATT n’est pas exempt de reproches. Il a laissé la bête se revigorer, obnubilé qu’il était par sa politique de réalisations et soucieux de laisser cette image d’homme de paix. Ceci ne devait pas empêcher cela. Le résultat c’est ce à quoi nous assistons, une désintégration du pays que ces vauriens ne sont pas en mesure de redresser.
Un espoir est cependant permis, les maliens, exceptés quelques opportunistes rejettent avec une écrasante majorité Sanogo et sa bande. Ils sauront dans un avenir que j’espère proche balayer d’un revers de main cette rébellion et régler définitivement le problème du Nord.

L’histoire de l’esclavage dans les manuels malikites


Partie I

 (Mohamed El Mokhtar Echenguity, penseur musulman)

Mohamed El Mokhtar Echenguity est un penseur musulman mauritanien de renommée internationale. Autorité reconnue dans le courant réformiste musulman, il remplit pleinement son rôle d’intellectuel avec beaucoup de pertinence, de courage et de clarté.

Dans cette première partie de ses commentaires sur l’affaire de « l’autodafé de Ryad », Echenguity revient sur la distinction entre la Chariaa (Coran+Sunna) et le Vigh (jurisprudence). Le Vigh, d’après lui, est un héritage tout ce qu’il y a d’humain et est entaché des tares de l’époque où il a été produit. Il revient notamment sur deux exemples emblématiques du détournement, par les Uléma (jurisconsultes), du sens réel du Coran. Il s’agit du « Contrat d’affranchissement » ou « Moukataba » et de la différentiation abusive entre l’homme libre et l’esclave devant le droit à la vie. Le « Contrat d’affranchissement » est le dispositif instauré par l’Islam pour éradiquer l’esclavage. Il est conclu entre le maître et son esclave et ce dernier devient automatiquement libre à sa signature. Le Coran stipule l’obligation faite au maître d’en signer avec son esclave alors les Uléma le rendent à la discrétion du maître. Pour l’égalité du maître et de l’esclave devant le droit à la vie, Echenguity considère que la jurisprudence musulmane, notamment celle du rite malikite, est une catastrophe dans l’histoire de l’Islam : « Pour Elgharavy :  Si un homme libre et un esclave tuent délibérément un autre esclave, on tue l’esclave. L’homme libre paye la moitié de la valeur de la victime car on ne tue pas un homme libre pour un esclave ».

 

Voici une traduction du texte de cette première partie :

Une véritable cacophonie s’est levée à la suite de l’incinération, par provocation, de manuels de jurisprudence malikite par l’organisation « IRA » [1].  Mais les tiraillements politiques auxquels cette affaire avait donné lieu ont empêché nombre d’entre nous de tirer les leçons qui s’imposent de cet acte non dénué de risques pour l’avenir de la religion et la cohésion de la société. Loin de ces tiraillements, nous vous proposons ici une tentative d’un examen en profondeur des racines jurisprudentielles et historiques de cette affaire. Nous espérons, par cette contribution, encourager la réflexion sérieuse et sereine loin des raccourcis et approximations dictés par des considérations conjoncturelles.

Beaucoup plus efficace que les autodafés, au titre de la provocation, de livres de jurisprudence ou la défense acharnée et irraisonnée de leur contenu, il y a leur lecture critique, les yeux grand-ouverts, pour faire la différence entre la religion et la religiosité, entre la Chariaa (le Coran et la Sunna) et la jurisprudence (Vigh) et entre la Révélation et l’histoire. L’affaire n’est pas si anodine que cela ; il s’agit, ni plus ni moins, de l’avenir de l’Islam au siècle de la liberté.

Il est évident que la Chariaa est « toute justice, toute bonté, toute intérêt des Musulmans et toute sagesse » (Ibn Elghyem in « Iilam Al Mawqiain », 3/3). Mais notre droit jurisprudentiel hérité, qui est une œuvre humaine et non de la révélation, n’est, lui, ni justice, ni bonté, ni dans l’intérêt des Musulmans et encore moins pure sagesse. Ce droit provient de la compréhension et de l’interprétation de nos jurisconsultes des textes de la Révélation. Cette compréhension et cette interprétation sont tributaires de l’héritage social et culturel de l’époque antéislamique mais aussi des pratiques d’injustice et de tyranie qui étaient monnaie courante en leur temps. Ce droit a réussi parfois à rendre justice mais d’autre fois a échoué à se hisser au niveau des nobles percepts islamiques qui furent à son origine. Il a même, parfois, conduit à d’étranges conclusions comme   celles que nous exposerons ici et que nous avons tirées des manuels des maîtres du rite malikite.

Pour souligner l’énorme différence qui existe entre la Chariaa et la jurisprudence, nous nous limiterons à deux exemples ; le premier est relatif à la façon dont les jurisconsultes avaient contourné la notion de la « Moukataba » c’est-à-dire le « contrat d’affranchissement » qui aurait dû éradiquer l’esclavage et le second est lié à leur déni de l’égalité entre l’esclave et le maître devant le droit à la vie, le plus fondamental et le plus sacré de tous les droits. Nous verrons qu’il s’agit là de deux catastrophes majeures commises par la jurisprudence musulmane dans l’histoire de  l’Islam.

Il est historiquement reconnu que la captivité, lors des guerres religieuses, était l’origine de la servilité. Allah, grand et miséricordieux, dit, concernant le droit des prisonniers de guerre : « ou bien l’élargissement, ou bien le payement d’une rançon » (Sourate de Mohamed, versets 4). Ce verset est sans équivoque ; il y a deux possibilités quant au traitement appliqué aux prisonniers de guerre : ou bien leur libération sans condition ou alors leur libération contre le payement d’une rançon à l’exclusion de tout troisième choix. Cette interprétation a été étayée par Cheikh Rachid Ridha dans « Tavsir El Menar, 5/9 ». Mais le Cheikh Rachid explique que si ce verset était nécessaire pour mettre hors la loi la pratique de l’esclavage dans l’Islam, il semble qu’il ne fut pas suffisant en soit. En effet le « troisième choix » sous entendu ici était la mise en esclavage des prisonniers de guerre. Or c’était là un choix très rependu parmi toutes les nations en ces temps là. « Il est déraisonnable de les laisser réduire nos prisonniers de guerre en esclavage au moment où nous élargissons les leurs alors que nous les traitions beaucoup mieux qu’ils ne traitaient les nôtres. ». L’interdiction du « troisième choix » ne fut donc pas absolue.

Le caractère relatif de cette interdiction de la mise en esclavage rejoint la nature pratique et pragmatique de la méthodologie suivie en Islam.   L’Islam est apparu dans un monde dominé par les empires et où faisait rage la « guerre de tous contre tous ». A l’issue de ces guerres des milliers de femmes et d’enfants se retrouvaient abandonnés à leur triste sort.  Ces victimes collatérales sont souvent confrontées à l’une des trois situations suivantes:

1-      L’extermination pure et simple par l’armée des vainqueurs ;

2-      La mort par épuisement et par la faim sur le chemin de l’errance ;

3-      L’entrée en esclavage et l’intégration en tant que tels dans la société musulmane ;

L’Islam a choisi le troisième cas malgré ses inconvénients. Il est en effet difficile pour un ex-prisonnier de guerre de démarrer une nouvelle vie dans une société qui lui est inconnue. Il est encore plus difficile pour une veuve errante dans un pays que combattait son mari de refaire sa vie et à plus forte raison de préserver sa dignité. La solution pour ces deux catégories était de s’intégrer et de se fondre dans leur nouvelle société.

La législation musulmane ne s’est pas arrêtée à ce point. Elle a fait de sorte que la mis en esclavage de ces personnes soit juste une étape provisoire en confiant à l’esclave les clés de sa liberté et cela en instaurant le « contrat d’affranchissement », la « Moukataba ». Il s’agit d’un contrat établi entre l’esclave et son maître selon lequel le premier verse une sorte de compensation au second. Ce versement peut être échelonné. A la signature de ce contrat, l’esclave devient automatiquement libre. Il devient un homme libre ayant contracté une dette envers un autre. En cas d’insolvabilité, l’ancien esclave ne retombe pas pour autant en servilité. Il est simplement déclaré insolvable et a droit au mécanisme de prise en charge des cas de faillite personnelle. Les Autorité et la société ont le devoir de l’aider jusqu’à acquittement de sa dette. C’est le sens de la Sourat de la « Lumière » dans son verset n° 33 [2]. Ce verset instaure sans ambigüité deux obligations importantes : la premier est celle faite au maître d’accepter de signer le « contrat d’affranchissement » et la seconde est celle faite à la société, représentée par l’Etat, de contribuer financièrement à la démarche de libération de l’esclave.

L’opinion la plus rependue prétend que l’Islam a encouragé moralement la libération des esclaves en en faisant l’une des bonnes actions recommandées mais qu’il n’avait pas édictée des dispositions juridiques et pratiques pour atteindre ce but. Cette opinion est complètement erronée parce que basée sur une jurisprudence contraire à l’esprit et à la lettre du Coran. Le Coran a, clairement, mis la clé de la liberté de l’esclave entre ses mains en obligeant son maître d’accepter de signer avec lui son « contrat d’affranchissement ». Ce mécanisme permet à l’esclave de racheter sa liberté s’il est solvable et s’il ne l’est pas fait obligation à l’Etat de l’aider à y arriver. Cela veut aussi dire que l’Islam n’a pas décrété l’abolition brutale et totale de l’esclavage. Cette méthodologie progressive était celle qui convenait le mieux aux siècles concernés. Il s’agit du temps où l’individu n’était pas indépendant de son groupe social. Mais cette méthodologie peut tout aussi bien convenir à nos temps modernes car il suffit à l’Etat, qui représente la société, de décréter que l’esclavage était aboli.

Mais l’une des catastrophes juridiques que connut l’histoire de l’Islam fut le contournement, de la part des Ulema,  du mécanisme du « contrat d’affranchissement » instauré par le Coran comme étant la voie ouverte vers la libération des esclaves. Le Commandeur des Croyants, Omar Ibn Elkhattab avait fouetté des maîtres qui rechignaient à affranchir leurs esclaves par cette voie [3]. Regardez donc comment le Calife Omar avait-il levé son fouet sur un homme du calibre d’Eness Ibn Malik pour l’obliger à signer la « Moukataba » avec son esclave Sirine et regardez comment les jurisconsultes étaient repassés après lui pour décréter que cette « Moukataba » n’était pas obligatoire  mais seulement conseillée [4]. Ce fut là l’avis de la majorité des Uléma et ce fut ainsi qu’on ferma l’une des voies les plus fécondes pour éradiquer l’esclavage. Mais l’histoire de l’Islam n’est pas exempte de ces voix qui s’élèvent pour dire la vérité et porter la contradiction à la pensée unique.  Ce fut le cas d’Ibn Hazm. Il tint tête à la majorité de ses pairs et leur fit entendre la voix qui appelle à l’application du texte explicite du saint Coran concernant la « Moukataba » [5].

Quant à la deuxième catastrophe dans le domaine de la jurisprudence musulmane, elle est relative au refus des Uléma de considérer que le maître et son esclave étaient égaux devant le droit à la vie. Là les Uléma avaient, encore une fois, délibérément et étrangement dénaturé le texte du Coran en introduisant une hiérarchie de droit entre le maître et l’esclave vis-à-vis du plus sacré et du plus précieux droit à savoir le droit à la vie. Allah a interdit de tuer qui que ce soit, sauf pour venger une autre vie ou pour lutter contre le mal sur terre. Il n’a pas différencié de ce point de vue les esclaves de leurs maîtres. La mort pour vengeance ne distingue pas le maître de son esclave ni le musulman du mécréant [6]. Allah a instauré la « Dya »[7] au profit des ayant-droits de la victime et la « Kaffara »[8] à la charge du tueur [9]. Il a promis au coupable de meurtre un châtiment de rigueur inégalée [10].

Le Prophète (PSL), quant à lui, a réaffirmé le principe de l’égalité et de l’équivalence des vies de tous les Musulmans (les sangs des Musulmans se valent). Il rappelle aussi qu’il n’y avait aucune différence entre un esclave et son maître devant le droit à la vie : (nous tuerons celui qui tue son esclave et mutilerons celui qui mutile son esclave [11]. Mais les Ulema ne l’avaient pas entendu de cette oreille. En violation de textes clairs et sans équivoque, les voici qui exonèrent de toutes sanctions dans ce bas monde, le maître qui tue son esclave volontairement ou par accident. Ils n’évoqueront ni vengeance ni « Dya » à l’encontre d’un maître qui tue l’esclave d’autrui. Même pas la « Kaffar ». Tout juste, le maître coupable de l’assassinat de l’esclave d’autrui doit-il verser une compensation au maître de sa victime égale à la « valeur » de cette dernière.

Les Uléma avaient très curieusement interprété la sourate suivante : « oh croyants, vous êtes tenus à pratiquer la vengeance en cas de meurtres ; l’homme libre contre le l’homme libre, l’esclave contre l’esclave et la femme contre la femme… » [12]. Ainsi ont-ils décrété cette loi du talion pour les hommes libres, pour les esclaves mais pas pour les femmes ! Il faut préciser que le Coran n’établit pas une différentiation entre les trois catégories précitées. L’objet de cette sourate est de limiter le périmètre de la vengeance. En effet, la coutume dans cette Arabie préislamique était que pour venger un des leurs, les ayant-droits demandaient la tête de l’auteur du meurtre mais aussi celles des femmes, des esclaves…

Pour finir, nous vous livrons ici un certain nombre de jurisprudences édictées par certains Uléma dans ce domaine. Nous nous limiterons ici aux Uléma malikites connus dans notre pays pour ne pas s’éloigner du sujet. Pour El mawagh : « un homme libre ne peut être tué pour avoir tué un esclave » [13]. Pour Al Kharchy : « un Musulman libre qui tue un esclave musulman n’est pas justiciable de vengeance » [14]. Il est connu que la « Dya » est due en cas de meurtre sans préméditation et ce sans condition sur la qualité de la victime [15]. La « Dya » doit être donnée aux ayant-droits. Mais pour nos Uléma, si la victime est esclave, le problème de la Dya ne se pose pas car l’esclave n’a pas d’ayant-droits. Son ayant-droit est son maître qui l’a tué même si le mort à laissé derrière lui une veuve et des orphelins. Pour Ibn Elghassem : « si son maître le tue sans avoir eu l’intention de lui donner la mort, son maître n’est redevable de rien » [16]. Même la « Kaffara », due à la société et à Allah par le coupable, a été biffée d’un trait de plume, comme le dit Ibn Abdel Bir : « la « Kaffara », dans le cas où il n’y a pas eu préméditation, est obligatoire. Elle n’est pas obligatoire s’il y a préméditation, si la victime est un mécréant ou un esclave. Mais Malik la conseille si on tue un esclave sans préméditation » [17]. Pour Ibn Jouzey : « Pas de « Kaffara » si on tue un esclave ou un mécréant. Elle est souhaitable si on tue un esclave » 18]. Pour Ibn Rouchd : « La « Kaffara » n’est pas obligatoire si on tue un esclave » [19].

Mais le plus étrange demeure l’avis de nos Uléma quand un homme libre et un esclave sont impliqués tous les deux dans un meurtre ou un assassinat d’un esclave. Pour Elgharavy : « Si un homme libre et un esclave tuent délibérément un autre esclave, on tue l’esclave. L’homme libre paye la moitié de la valeur de la victime car on ne tue pas un homme libre pour un esclave » [20].

Le cas du pauvre esclave qui tue un homme libre est sans équivoque « ils sont tous d’accord pour tuer un esclave pour venger un homme libre » [21]. Pire, l’esclave coupable du meurtre d’un homme libre ne mérite même pas de passer devant le juge. Pour Ibn Juzey : « L’esclave qui tue un homme libre est remis par son maître entre les mains des ayant-droits de la victime qui en feront ce qu’ils voudront ; soit le tuer soit le garder comme esclave chez eux » [22].

On est en droit de s’interroger sur cette logique et de se demander : sur quelle base et selon quel droit sur terre on peut remettre un coupable entre les mains de sa victime ou de ses ayant-droits pour en faire ce que bon leur semble ? N’y a-t-il pas de justice, de procédure, de témoins, de chef d’accusation, d’autorités exécutives et d’application des peines ? Quel sens à l’exception faite à l’esclave autre qu’une remise en cause de son humanité ?

L’émancipation des sociétés dont le système de valeurs est basé, comme la nôtre, sur la religion passe par une distinction nette entre les fondamentaux immuables et atemporels d’une part et les éléments historiques liés aux contextes spatio-temporels de la culture religieuse de l’autre côté. Seule une lecture critique de notre patrimoine  jurisprudentiel, sans passion et avec mesure, nous permettra d’apprécier l’esprit de la Révélation et de nous libérer des édits et fatawa obsolètes qui constituent autant de freins et d’entraves socioculturels. Puisse Allah faire que nous puissions tirer les meilleurs leçons de cette crise pour réussir l’éradication de l’esclavage sans brûler ni être brûlés.

Texte traduit par les services de For-Mauritania, la version originale est consultable ICI.

 

[1] : IRA : Initiaive pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie

[2] :((وَالَّذِينَ يَبْتَغُونَ الْكِتَابَ مِمَّا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ فَكَاتِبُوهُمْ إِنْ عَلِمْتُمْ فِيهِمْ خَيْرًا وَآتُوهُمْ مِنْ مَالِ اللَّهِ الَّذِي آتَاكُمْ. (سورة النور، الآية 33)

[3] : (« عن أنس بن مالك قال أرادني سيرين على المكاتبة فأبيتُ عليه فأتى عمر بن الخطاب رضي الله عنه فذكر ذلك له، فأقبل عليَّ عمر رضي الله عنه يعني بالدِّرة فقال كاتبْه. » (سنن البيهقي 10|538، وصححه الألباني في إرواء الغليل 6|180)

[4] : (انظر الحطاب: مواهب الجليل شرح مختصر خليل 6|344

[5] : وأمْر الله تعالى بالمكاتبة –وبكل ما أمر به- فرضٌ، لا يحل لأحد أن يقول له الله تعالى: افعلْ، فيقول هو: لا أفعل »( (ابن حزم: المحلى 8|221)فهذا عمَر وعثمان يريانها واجبةَ، ويُجبِر عمر عليها ويضرب في الامتناع عن ذلك، والزبير يسمع حمل عثمان الآية على الوجوب فلا ينكر على ذلك، وأنس بن مالك لما ذُكِّرَ بالآية سارع إلى الرجوع إلى المكاتبة وترك امتناعه. فصحَّ أنه لا يُعرَف في ذلك مخالف من الصحابة رضي الله عنهم. وخالف في ذلك الحنفيون والمالكيون والشافعيون فقالوا ليست واجبة، وموَّهوا في ذلك بتشغيبات… وهذه وساوس سخِر الشيطان بِهِم فيها، وَشَوَاذُّ سَبَّب لهم مثل هذه المضاحك في الدِّين، فَاتَّبَعوه عليها » (ابن حزم: المحلَّى (8|222-223).

[6] : ((« وَكَتَبْنا عَلَيْهِمْ فِيها أَنَّ النَّفْسَ بِالنَّفْسِ » (سورة المائدة، الآية 45)

[7] : « Dya » : biens donnés aux ayant-droits en compensation de la mort de la victime

[8] : « Kaffara » : action visant à expier son pêché. Elle peut consister en un geste, une parole ou le don d’un bien au profit des pauvres.

[9] : (”وَمَا كَانَ لِمُؤْمِنٍ أَنْ يَقْتُلَ مُؤْمِنًا إِلا خَطَأً وَمَنْ قَتَلَ مُؤْمِنًا خَطَأً فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ مُؤْمِنَةٍ وَدِيَةٌ مُسَلَّمَةٌ إِلَى أَهْلِهِ إِلا أَنْ يَصَّدَّقُوا » (سورة النساء، الآية92).

[10] : وَمَنْ يَقْتُلْ مُؤْمِنًا مُتَعَمِّدًا فَجَزَاؤُهُ جَهَنَّمُ خَالِدًا فِيهَا وَغَضِبَ اللَّهُ عَلَيْهِ وَلَعَنَهُ وَأَعَدَّ لَهُ عَذَابًا عَظِيمًا. » (سورة النساء، الآية 93)

[11] : من قتل عبده قتلناه، ومن جدَّع عبده جدعناه. » (رواه أحمد 33/296، والترمذي 4/26 وحسَّنه، والحاكم 4/408 وصحَّحه، وقال الذهبي: « على شرط البخاري. » وحسَّن إسناده ابن حجر في هداية الرواة 3/380 والبغوي في شرح السنة 5/391.)).

[12] : يا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُتِبَ عَلَيْكُمُ الْقِصَاصُ فِي الْقَتْلَى الْحُرُّ بِالْحُرِّ وَالْعَبْدُ بِالْعَبْدِ وَالأُنْثَى بِالأُنْثَى » (سورة البقرة، الآية 178).

[13] : ( (المواق: التاج والإكليل لمختصر خليل، 4/602))

[14] : ((المواق: التاج والإكليل لمختصر خليل، 4/602))

[15] : (« فديةٌ مسلَّمة إلى أهله » (سورة النساء، الآية 92))

[16] : ((ابن رشد: البيان والتحصيل 14/347))

[17] : ((ابن عبد البر: الكافي في فقه أهل المدينة 2/1108))

[18] : (ابن جزي: القوانين الفقهية، ص 228))

[19] : (ابن رشد: البيان والتحصيل 13/65)

[20] : القرافي: الذخيرة 12/274)

[21] : (ابن رشد: بداية المجتهد 4/181)

[22] : (ابن رشد: بداية المجتهد 4/181)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En Mauritanie, le visage des esclaves des temps modernes.

Bien que la Mauritanie a officiellement aboli l’esclavage en 1981 et défini sa pratique comme un crime en 2007, l’esclavage reste un phénomène ordinaire dans le pays.

Les esclaves du XXIe siècle existent bel et bien! En Mauritanie plus précisément, malgré son abolition en 1981. Un reportage spécial de la CNN intitulé « Le dernier bastion de l’esclavage » révèle qu’entre 10% et 20% de la population vit en esclavage et qu’il n’y a eu qu’une condamnation depuis 2007, date à laquelle cette pratique est devenue un crime.

Le gouvernement de la Mauritanie, pays d’Afrique de l’Ouest rattaché au Maghreb, refuse constamment d’admettre l’existence de l’esclavage dans le pays.

Attention aux raccourcis!

En réponse au reportage de CNN, Erin Pettigrew, experte de la Mauritanie, expose la complexité du problème:

« J’ai travaillé sporadiquement en Mauritanie pendant huit ans et je m’évertue à comprendre intégralement ce problème d’esclavage. Je me sens bien sûr mal à l’aise à chaque fois que je vois un jeune enfant travaillant chez quelqu’un, qu’il soit noir ou arabe, et les relations de travail et d’argent sont très peu claires pour moi.

De même, les affiliations claniques et de lignage sont parfois difficiles à établir et c’est avec cela qu’on joue la plupart du temps pour justifier l’histoire et la réalité des pratiques d’exploitation de la main d’œuvre.

Les inégalités économiques extrêmes en Mauritanie contribuent fortement à la préservation de telles pratiques. Et le rôle du gouvernement et de la communauté internationale dans tout cela? J’hésite énormément à le commenter ici. »

Après avoir vu le reportage, Abby Seibel a demandé à un ami, volontaire pour Peace Corps en Mauritanie, des précisions sur l’esclavage dans ce pays. Voilà sa réponse:

« Le reportage fait certainement beaucoup de raccourcis. Rien de ce qui a été écrit n’est foncièrement incorrect, mais il met l’accent sur quelques cas isolés, oublie de nombreux éléments de contexte et donne l’impression que la situation est bien plus grave qu’elle ne l’est réellement.
De nombreuses familles maures blanches ont une famille maure noire qui « leur appartient ».

Elle prépare les repas et fait les corvées, et je suis sûr qu’il doit exister beaucoup de cas de maltraitance, mais le système fonctionne à cause du manque d’alternatives économiques, pas à cause de la cruauté. Aucune industrie n’a reçu de bénéfices économiques de l’esclavage.

Cela apparaît dans le reportage mais pas suffisamment, sans doute parce que les journalistes ont passé au total huit jours en Mauritanie. (…) Le pays fait face à de graves problèmes: un gouvernement corrompu, la désertification, le manque d’eau et de puits, un système d’éducation faible, etc. L’esclavage disparaîtra lorsque ces problèmes seront résolus, et pas avec la diffusion par CNN d’un documentaire de mauvaise qualité. »

Comment et pourquoi l’esclavage existe-t-il toujours en Mauritanie?

Steve Davis l’explique sur son blog Writings & Ramblings:
« Le pays a officiellement aboli l’esclavage en 1981. Oui, c’est ça, 1981! Cependant, l’esclavage est toujours monnaie courante même si le gouvernement refuse de le reconnaître
. En fait, la nation a attendu 2007 pour faire de l’esclavage un crime.

Comment et pourquoi l’esclavage subsiste en 2012? Le gouvernement fait trop peu pour l’éradiquer. Il est difficile de faire appliquer les lois, car le pays est vaste et très peu habité dans le désert du Sahara. Des imams locaux prônent ouvertement la pratique de l’esclavage. Le racisme est endémique, les individus à la peau plus claire ont historiquement droit de propriété sur ceux à la peau plus sombre dans ce pays.

Les « maures blancs » sont des berbères à la peau claire qui parlent arabe. Ils forment la classe dominante et ont traditionnellement possédé des esclaves. Les « maures noirs » ont la peau plus sombre et parlent également arabe. Ils ont été historiquement asservis aux maures blancs.

La population a peu d’éducation. La plupart des esclaves ne comprennent même pas pourquoi ils sont asservis. Pour eux, l’idée d’être la propriété d’un autre et d’être traité comme telle est normal et l’a été durant des siècles. »

    Une situation méconnue du grand public

    Progress4Women se demande s’ils ne sont pas dans une situation du type « loin des yeux, loin du cœur »:

    « C’est peut-être parce que la plupart des gens n’ont jamais entendu parler de ce pays que cette injustice flagrante n’est pas traitée dans les médias – ils se trouvent en effet loin des yeux, loin du cœur, n’est-ce pas? Ces esclaves sont des individus qui méritent de jouir de tous les droits humains de base et surtout de la liberté. Kevin Bales disait: « l’esclavage est un vol –vol de la vie, vol du travail, vol de la propriété ou des produits, vol aussi des enfants qui naîtront probablement esclaves »– et cela est vrai.
Ces hommes, femmes et enfants sont prisonniers physiquement et psychologiquement. Leurs pensées ne sont pas emplies d’espoirs et de rêves, mais plutôt d’oppression et d’inquiétudes.

Je savais que l’esclavage continuait à exister sous de nouveaux noms, comme la prostitution ou le travail des enfants (car les catégoriser de façon plus soignée nous permet de nous sentir mieux), mais je pensais que l’ère durant laquelle les gouvernements se voilaient la face (ce qui est le cas pour la Mauritanie) était révolue. Peu importe la façon dont nous essayons d’amortir le choc avec nos doux euphémismes, tant que des personnes seront considérées comme des propriétés, l’esclavagisme existera! »

        La fuite de deux soeurs à travers le Sahara .

Récemment, deux sœurs se sont échappées de l’emprise de leur “maître” en traversant à pied le désert du Sahara. Le blog Lissnup raconte leur voyage périlleux:


« Avec l’aide d’un nomade touareg, elles se sont d’abord dirigées vers Bassikounou et après deux jours, à voyager de nuit pour ne pas se faire repérer et être reconduites de force chez leur maître, elles ont finalement atteintNéma. A l’âge où la plupart des jeunes filles se préoccupent de l’obtention de leur diplôme, Selama Mint Mbarek, 14 ans, est déjà la mère d’un enfant, né après un viol alors qu’elle travaillait comme ouvrière agricole chez son ancien maître. Sa sœur cadette, à peine 10 ans, n’a jamais connu l’innocence de l’enfance et a souvent été battue par son maître. C’est après l’une de ces punitions corporelles que les deux jeunes filles ont fui.


Mais Selama a tout de même dû convaincre sa sœur que prendre le risque de fuir en valait la peine. Malgré les dangers inhérents au trajet emprunté, Selama a pris son enfant avec elle. D’après les témoignages déchirants qu’elles ont livrés à la presse, leur maître détient toujours leur tante, leurs frères et cousins sous son joug. »

        Que font les autorités?

Sur son blog, Ahmed Jedou remarque que le gouvernement mauritanien continue de fermer les yeux:

    « Ces histoires ne forment qu’une goutte dans l’océan; même si les organisations anti-esclavagistes mauritaniennes continuent de révéler des cas d’esclavage, le gouvernement persiste à fermer les yeux. Aucun programme clair n’a été mis en place pour soutenir les esclaves dans leur misère, ni pour améliorer les conditions de vie des affranchis qui souffrent de fardeaux tels que la pauvreté, l’illettrisme, le dénuement.

Les militants des droits de l’Homme qui dévoilent les affaires d’esclavage sont en proie au harcèlement perpétuel et emprisonnés. Le dernier exemple en date est l’arrestation d’un militant dans l’est mauritanien; ils sont traités dans des conditions déplorables. On a pu voir des photos montrant l’un d’entre eux nu et attaché sur son lieu d’incarcération. »
    En juin 2011, Aconerly écrivait un article intitulé « Plus que l’abolition: mettre un terme à l’esclavage en Mauritanie »:

« Les esclaves en Mauritanie n’ont pas le droit légal d’accéder à la propriété, ni d’avoir un nom de famille, et encore moins d’avoir la garde de leurs enfants. En 2007, la loi criminalisant la propriété d’esclaves a été reçue avec résistance et raillerie. Le président de la Commission nationale mauritanienne des droits de l’Homme, Bamariam Koita, a même défendu le fait que, jusqu’à présent, personne n’avait été poursuivi pour violation de la loi. Il avance qu’il n’y a plus de chaînes ni de marchés aux esclaves, et que la loi de 1981 abolissant l’esclavage invalidait tout argument selon lequel l’esclavage existerait en Mauritanie.

Cependant, Bamariam Koita a dépeint de façon simpliste l’esclavage. Dans un article datant de 2007 intitulé ‘L’esclavage, passé et présent’, un homme, Mohamed, qui n’a pas donné de nom de famille car il était esclave, a répondu aux déclarations du président en listant les membres de sa famille qui étaient asservis. Les chaînes d’un esclave sont socio-économiques et générationnelles par nature.

    Les réseaux et l’ONU en mission

Voici quelques messages postés sur Twitter à propos de l’esclavage en Mauritanie. Selon @Munns, « pour un pays comme la Mauritanie, ne pas reconnaître l’esclavage et toutes les maltraitances endurées par le peuple, c’est aller complètement à l’encontre de la religion ».

    @RedTopShwty a écrit: « L’esclavage existe toujours en Mauritanie… C’est répugnant. J’espère qu’il y a quelque chose que je puisse faire. »

Un rapporteur spécial des Nations unies a effectué une mission en Mauritanie en 2009 pour évaluer les pratiques esclavagistes dans le pays. D’autres problèmes en matière de droits humains existent, comme les mutilations génitales féminines, le travail infantile et le trafic d’êtres humains.        Texte traduit de l’anglais par Gael Brassac. Cet article a été initialement publié sur Global Voices.

 

 

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Source :

 

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La Coordination de l’Opposition Démocratique en Mauritanie (COD) a émis le vœu que le président français sortant Nicolas Sarkozy soit battu au second tour de l’élection, prévu dimanche.

Nous souhaitons que « le scrutin du 6 Mai 2012 portera au pouvoir en France des autorités plus proches de leurs partenaires africains et plus enclines à respecter leur souveraineté et leurs choix », a indiqué laCOD dans un communiqué parvenue à APAvendredi à Nouakchott.

Les opposants mauritaniens reprochent à M. Sarkozy d’avoir affirmé, dans son débat télévisé mercredi avec son challenger François Hollande, que « le scrutin présidentiel du 18 Juillet 2009 en Mauritanie (…) s’est déroulé, tout comme le dernier scrutin au Niger, « de façon parfaitement transparente ». Ce scrutin avait porté au pouvoir l’actuel président Mohamed Ould Abdel Aziz, dont la COD réclame à présent le départ du pouvoir.

Dans son communiqué, la Coordination a dénoncé, dans le même cadre, des propos prêtés, la semaine dernière, au porte-parole du Ministère français des Affaires Etrangères, selon lesquels l’opposition mauritanienne doit « se plier aux desiderata » du président Aziz.

Le responsable français avait appelé l’opposition en Mauritanie à placer son action politique dans un cadre légal, une façon pour lui de désapprouver les rassemblements non autorisés pouvant conduire à l’anarchie et au chaos.

La COD a également considéré que le putsch d’août 2008, conduit par M. Aziz, avait « été préparé de longue main (…) en connivence avec les représentants des services spéciaux français et les activistes français et franco-libanais de la nébuleuse Françafrique ».   

 

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Viol suivi de meurtre: Un saisonnier viole la fille, l’exécute et lui crève les yeux

 

Viol suivi de meurtre: Un saisonnier viole la fille, l’exécute et lui crève les yeux femme_recroquevillee

C’est la consternation à Ndioum, dans la Région de Saint-Louis. Une jeune fille, en classe de terminale, Aissata Ousmane Dem a été violée puis tuée par un saisonnier qui s’est, après son forfait, refugié en Mauritanie. La Raddho, par la voix de son coordonateur à Saint-Louis,Mouhamadou Seck, réclame la lumière.

Cette information reçue de la Rencontre Africaine des Droits de l’homme, est sur toutes les lèvres dans le village deNdioum où la violence des faits a jeté la psychose sur tous les habitants. La victime, en classe de Terminale, dans le Lycée du même nom de la localité, se rendait à Halwar, mercredi dernier, pour rendre visite à sa maman qui porte le deuil, depuis plus de 2 semaines, suite au décès du père de la victime.

D’habitude, la jeune Aissata Dem, selon le coordonateur de la Raddho, faisait le trajetN’dioum/ Halwar en compagnie de ses camarades ressortissants du même village. Mais, ce 2 Mai 2012, elle décida curieusement de partir seule pour consoler sa maman éprouvée par le veuvage.

Mais, après la traversée du bac, Aissata devint la proie d’un saisonnier sérère communément appelé «sourga » qui, pour satisfaire sa libido, la ligota à l’aide d’un turban, la viola et après avoir assouvi sa sale besogne, la tua, lui creva les yeux, avant de la jeter dans un bosquet. N’eut-été la découverte macabre par des paysans, l’alerte allait tarder.

Son bourreau, après son acte ignoble, traversa le fleuve pour trouver refuge dans l’Etat voisin de la Mauritanie. La promptitude et la coopération des forces de sécurités Sénégalaises et Mauritaniennes ont permis son arrestation et son transfèrement à la brigade de gendarmerie deNdioum où il est gardé à vue.

Toute la journée du jeudi 3 Mai, la gendarmerie de Ndioum, bien que renforcée par les éléments de la brigade de Podor, a eu du mal à contenir la foule surexcitée qui tenait à opposer la vindicte populaire à la procédure judiciaire en cours.

Mamadou Diouf

 

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