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Rosso : branle bas de combat

le referendum pour la révision constitutionnelle mobilise les tenorsde la politique a Rosso. le vent serait il entrain de tourner?

le tout  puissant sénateur de Rosso et président du sénat serait il entrain de perdre la main a Rosso?  Tout porte a croire qu’après le referendum le paysage politique sera fortement remodelé.

pour battre campagne l’équipe choisie par le rais ne comporte pas de membre de la tendance du senateur.  Elle est dirigée par l’inoxydable Ahmed Salem Douah, Slma ould Meine, Mame Djiby Diouf ( ex tendance Mohcinine), le richissime homme d affaire et députe Moutaly. et certaines rumeurs rajoutent a cette liste l’ancien maire de Rosso Yerim Fassa,  Cheikh ould Maouloud , ancien maire de Jidrel Mohguen.

le choix  de cette tendance au détriment de celle du sénateur laisse perplexe. par ailleurs dans le même sillage un mouvement s’est créé qui se fait appeler « El Woujehas » , littéralement les notables, présidé par Cheikh ould Hamden. Il réunit en son sein  bon nombre de laisser pour compte . leur objectif rendre a Rosso « son Droit ». ce mouvement fait a penser a la même  entité (les cadres de Rosso) tremplin qui a propulsé le sénateur au devant de la scene politique. mais comparaison n’est pas raison . le mouvement des Woujehas est constituée de têtes qui ont été de toutes les sauces politiques et pratiquement peu ont une virginité politique. Même si aujourd’hui il peut fédérer son lendemain politique est incertain

lors du meeting ftour organisé par le président de la section de Rosso, Chrive ould Boughouba, Ahmed Salem Douah n’y est pas allé avec le dos de la cuillère  « les nuages qui obstruaient le ciel de Rosso vont se dissiper sous peu, l’injustice, la marginalisation ne seront plus qu’un mauvais souvenir. » a sa suite Mame Djiby Diouf dira  » Rosso est a mis le passé derrière lui  »

a noter que lors de ces ftours meeting la tendance du sénateur est faiblement représentée voire absente.

pour certains observateurs depuis la déroute de l’UPR aux législatives et aux municipales la main mise du sénateur a subi un sérieux coup;  Rosso votera a coup sur oui non par adhésion à la révision constitutionnelle mais plutôt pour s’affranchir de la tutelle de plus en plus pesante du Sénateur.

Rosso est en pleine mutation politique, à l’approche des législatives et des municipales aucune figure n’ émerge encore pour focaliser les voix ou faire l’objet d’un consensus.

Ne l’oublions pas : Hommage à Md Lemine Ould Md Lemine dit Monsieur

 

 
Monsieur, c’est le nom qu’il a gardé malgré lui, toute sa carrière durant,  et que sa famille et sa progéniture ont conservé après  sa mort « Rahimehou Allah» en 1994 à Nouakchott à l’âge de 60 ans.
Un nom qui a servi quasiment de l’unique appellation permettant  aux habitants d’Aoujeft , dans la wilaya de l’Adrar, de ne pas se tromper sur lui et sur les nombreux bienfaits qu’il a apportés à cette ville qu’il a aimée et dont il a veillé constamment à tirer de l’oubli, de l’enclavement et de l’ignorance .
Instituteur de profession, depuis les années de l’indépendance (1957 – 1987), il fut parmi les premiers enseignants du département d’Aoujeft, au temps, où, la Mauritanie , Etat naissant (indépendant) était contraint de forcer les parents  à  inscrire les élèves à l’école moderne, confrontée aux défis de former les élites de demain à partir du néant.
Inquiétés par le sort de leurs enfants, les familles curieuses se rassemblaient devant les classes récemment construites, pour constater comment leurs fils font leur nouveau enseignement moderne.
Ils entendaient ainsi les tous premiers élèves rivaliser et répéter à  leur enseignant, dévoué dans sa mission de relever le défi de la création des futurs cadres de la Mauritanien   « Moi Monsieur, Moi Monsieur »,  s’empressant de répondre aux petites questions de lecture, d’écriture ou de calcul à résoudre, inscrites au tableau noir.
L’école de l’époque ne manquait ni de volonté, ni d’outils, mais bien au contraire réunissait toutes les conditions morales et physiques pour l’émergence d’hommes instruits, compétents, patriotes, propres, et engagés.
Md Lemine s’est illustré par sa générosité exemplaire. Sa maison était ouverte nuit et jour à tous les habitants d’Aoujeft dont ceux qui viennent des localités éloignées.
Sa méthode d’enseigner n’était pas circonscrite à dispenser simplement un cours. Bien au contraire, elle était transversale et située à tous les niveaux. El Marhoum « Monsieur » était aussi un père tendre, un frère ainé, un ami, un secouriste, un tout.
Il apportait les soins nécessaires aux élèves, veillait sur leur nourriture et leur santé ainsi qu’à leur éducation générale pour s’intégrer sans fausse note dans  l’objectif recherché, consistant à devenir les cadres de la Mauritanie naissante, sortie du néant, des Emirats et de la colonisation.
C’était la seconde famille des élèves qui trouvaient en lui tout le confort et les assurances au point de vouloir retourner au plus vite dans les classes et à l’internat une fois autorisés à rejoindre momentanément leurs parents.
Ces élèves de l’époque sont très nombreux. Ils sont devenus plus tard des éminents avocats, enseignants, officiers, techniciens de l’aviation …. On compte parmi eux, à titre d’exemple,  pour ne citer que ceux là, le sénateur Yahya Ould Abdel Ghahar, l’ex Général Mohamed Ould Hadi, le technicien supérieur de l’aviation Abderrahmane Ould Houmoud, l’administrateur Ahmedou Ould Mohamed Sultane, le colonel des douanes Ahmed Ould Ahmed Abdi.
Md Lemine, natif du Brakna et affecté à Aoujeft pour enseigner, était aussi le  premier Directeur de l’école d’Aoujeft. Il  était aussi un citoyen à part de cette moughataa, pour laquelle, il a dédiée toute sa vie.
C’est seulement avec la maladie et l’âge qu’il a décidé de se rapprocher des siens à Aleg. Il repose actuellement au cimétière « Athme Nour » dans le lac d’Aleg aux côtés de sa mère « Rahmetou Allahi Aleyhoum Jemian ».
En effet, il s’est engagé, pendant sa présence à Aoujeft  dans toutes les activités qui rentrent dans le développement social et économique de la ville.
C’est ainsi qu’il initiait et format les populations au volontariat et à prendre leurs affaires en leurs mains pour favoriser leur bien-être et prospérité.
De nombreuses  routes, perdues dans les dunes et les montagnes, dessinées par les seules traces des véhicules, aux déviations nombreuses et souvent impraticables de l’époque (Aoujeft, Tourvine, Aoujeft –El Medah, Aoujeft-Timinitt, Aoujeft- Toungad) avaient été réalisées et tracées par les Aoujeftois eux-mêmes encouragés et soutenus par Md Lemine.
Des dizaines de km inhabités, sans eau, où les hommes portaient les outres sur leurs têtes sur plusieurs distances pour amener l’eau aux volontaires dont lui-même, chacun, à tour de rôle, dans l’égalité et le respect mutuel.
C’est là un hommage modeste, mais un hommage qu’à même qui s’efforce de présenter sans succès les qualités d’un homme pour lequel les aoujeftois prient jour et nuit et remercient pour leur avoir permis d’être dans le navire du développement de la Mauritanie.
Md O Md Lemine
mdhademine@yahoo.fr

35 ans, plus d’un quart de siècle, une vie. Une génération !

35 ans, plus d'un quart de siècle, une vie. Une génération ! Une génération dont la chevelure désormais grisonnante blanchit tristement à mesure que s’obscurcit le trou dans lequel nous enfonce chaque jour un peu plus l’escouade du moment et ses affidés.

35 ans, pendant lesquels chaque escouade débarque après l’autre, damnant la précédente avec des accents épiques et une exaltation dignes d’une armée de retour de l’une de ces campagnes héroïques qui ont marqué l’histoire.

35 ans de redressement national, de salut national, de justice et démocratie , de haut conseil démocratique et de rectification et d’autant de dénominations et de slogans juste bons à abuser tous ceux qui jouent aux naïfs et qui accompagnent sans conviction le tempo en battant la mesure du rythme binaire constant sur lequel les trompettes ne font qu’intervertir les phrases ; en contrepoint, rien n’a jamais altéré , tout le long de cette période, l’harmonie originelle.

35 ans pendant lesquels toute personne pourvue de mains habiles à produire de bruyants applaudissements et une langue quelque peu exercée dans l’art de la flagornerie, est hissée au pinacle, quel que soit par ailleurs la nature de son parcours ou son niveau intellectuel. Pire encore, n’importe quel homme en armes, impudent et inculte qui a l’outrecuidance d’exprimer de manière plus ou moins brusque son ambition d’accéder au pouvoir, devient du jour au lendemain, sans coup férir, Président de la République.

35 ans au bout desquels un nouveau lexique est apparu de sorte que les mots parviennent à signifier tout et son contraire. Par exemple, le mot Avenue signifie désormais une suite anonyme de nids de poule jonchée de détritus détrempés ; l’école, quant à elle, correspond maintenant à des baraques où l’on cultive activement chez les plus jeunes l’analphabétisme et l’intolérance tandis que de méchants mouroirs affichent fièrement un insigne lumineux portant la mention Centre hospitalier.

21 ans ponctués de campagnes électorales festives et pluralistes au bout desquelles introduire un bulletin de vote dans l’urne est un acte aussi utile que d’appliquer un cautère sur une jambe de bois ou, si l’on préfère se soulager, pisser dans un violon.

35 ans, une odyssée ! 35 ans, une longue série de brimades qui, par leur ampleur, ont permis à notre espèce, n’en déplaise à Darwin et les autres, d’évoluer, de se métamorphoser en un temps record. Un homme nouveau, un genre de protée est né à force de danser sur le rythme binaire de la marche….en avant. Un être égocentrique, dépendant et vénal.

Une espèce dotée d’une nouvelle peau qui, à l’instar de celles de certains reptiles, mue ou déteint au besoin. Cette carapace qui le protège de toute forme d’altruisme lui permet de jouir cyniquement de ses avantages et le confronte cependant tous les jours, telle une peau de chagrin, aux signes précurseurs d’une mort annoncée.

Des signes que cet être ne peut déchiffrer, aveuglé qu’il est par la quête des « lumières et des honneurs » et par son profond dédain de cet océan qui l’entoure de tous côtés et dans lequel patauge désespérément une armée de miséreux.

Il y flotte repu et béat, confiant en son prodigieux talent d’adaptation. Face à lui, des rêveurs éveillés, d’incurables optimistes, incapables de se délester de l’autre, en proie aux convictions et au démon d’un humanisme devenu chez nous étrangement désuet.

Face à ceux-ci, s’agitent des illuminés dont la foi veut nous embarquer dans un navire dont l’ancre est dans le ciel. Une ratatouille, un capharnaüm, un panier de crabes, un pays allant à vau-l’eau, filant sur un terrain a priori solide, de plus en plus mué en sables mouvants. Un convoi accroché à une locomotive certes haut le pied mais pleine de vide filant à toute allure vers….l’inconnu et peut-être « qu’à Dieu ne plaise » vers le chaos.

Nana Mint Cheikhna
Nouakchott 5 décembre 2013

ROSSO LA CITADELLE ASSIEGEE

le second tour à Rosso a vu une mobilisation sans précédent de l’UPR, ainsi tous les gros calibres de la région sont descendus sur le terrain. la consigne: Tout faire pour éviter que Rosso bascule dans le giron de l’opposition et pour ce faire la fin justifie les moyens. Aucune manœuvre n’est a exclure.

Pour ce second tour Rosso est devenu le Waterloo de ces élections. Moyens financiers sans précédent et moyens humains et pour montrer la cocassité de la situation on a fait appel a Ould Ahmed Douwaa, ce dinosaure de la politique a plus d’un tour dans son sac pour renverser la situation.

mais ce qui est révoltant ce que le combat n’est pas a armes égales; les moyens de l’état contre un individu Sidi Mohamed Diarra richissime homme d’affaires et candidat du parti El Wiam .

l’enjeu est de taille, car après le score peu reluisant du premier tour, Aziz ne laissera pas Rosso basculer dans l’opposition  c’est pourquoi une véritable armada de guerre est mise en place 6 ministres et un général.

Mais fort de son résultat au premier tour et d’une popularité de plus en plus  grande, Sidi Diarra se dit serein  et le président du Parti a fait le déplacement a Rosso

Les leçons de la campagne

Pour beaucoup de citoyens cette campagne revêt une caractéristique particulière sur plusieurs domaines. D’abord elle n’englobe pas tous les acteurs politiques, du fait du boycott de la COD, votant plus pour la personne que le programme certains se sont retrouvés orphelins car  « leur leader » n’est pas candidat ou a été purement évincé.

Et c’est là ou l’UPR a péché, le choix des candidats a été fortement décrié un peu partout car ne provenant pas de la base. Aziz a voulu une rupture mais sans préparation préalable du terrain.

Fondu dans le moule de la tribu et de l’ethnie le mauritanien n’a la perception de l’état que sous le prisme des prébendes de la tribu ou de l’ethnie. On ne change pas une mentalité en un coup de baguette magique. Mais le président a fait fi de ses considérations  et comme à son habitude se tient raide comme un i dans sa décision. Mais il risque de payer cher cette démarche  novatrice.

Les resultats du premier tour sont significatifs dans ce sens.

A Rosso,l’UPR n a pas digeré la debacle du premier tour car elle s y attendait le moins du monde,vu les moyens humains et financiers mobilisés . et c’est cet excès de confiance qui les a eu et surtout les dirigeants locaux de l’UPR ont cru que l’affaire était en poche et se sont contentés des discours lenifiants des presidents d’unités de base qui prétendaient que Rosso était dans leur « poche ».

Un autre facteur a aussi joué contre les candidats de l’UPR celui de la jeunesse. Bon nombre des votants en sont à leur premier vote c’est la nouvelle génération qui veut se faire entendre et surtout faire comprendre aux dirigeants politiques qu’il faut compter avec elle.

Enfin le dernier élément de cette triologie est le tout puissant senateur de Rosso Mohcen, dont la popularité est en chute libre chez les jeunes qui se sentent meprisés par le parachutage de ces candidats qui n’ont aucune base populaire/

53ème anniversaire d’Indépendance : de Moktar à Aziz, un demi-siècle de partage inégal du pouvoir

53ème anniversaire d’Indépendance : de Moktar à Aziz, un demi-siècle de partage inégal du pouvoirMoktar et Aziz sont nés, tous deux, au mois de Décembre, Moktar le 25 et Aziz le 20, avec 32 ans d’écart. Le premier, Avocat de formation, a ‘’reçu’’ le pouvoir des mains de la France, ancienne puissance coloniale, en tant que Premier Ministre, en Novembre 1960, à l’âge de 36 ans.

Il sera élu, un an plus tard, par l’Assemblée nationale, Président de la république. Le second, militaire de carrière, s’est ‘’offert’’ le pouvoir, détenu alors, par un Président élu, le 6 Août 2008, à l’âge de 53 ans.

Il se fera élire, Président de la République, un an plus tard. Les ‘’similitudes’’ s’arrêteront là. Mais, on s’en doute, entre ces deux dates, Novembre 1960 et Août 2008, quasiment un demi-siècle, bien des choses se sont passées en Mauritanie.

Durant les 10 premières années d’indépendance (1960-1970) les élites nationales, toutes communautés et toutes tendances politiques confondues, ont tenté de jeter les bases d’un Etat Mauritanien, au profit duquel elles ont volontairement mis de côté leurs divergences sur ‘’la Mauritanie’’, telle que chacun la voulait.

L’événement politique majeur, que l’on peut retenir de cette décennie d’indépendance, est la création par les gouvernants de l’époque, du Parti du Peuple Mauritanien (PPM), parti unique hors duquel, toute expression politique était tout simplement prohibée. La réaction, logique, à tant d’exclusivité au profit d‘une seule formation politique, ne s’est pas faite attendre.

Les nationalismes (chauvin et étroit) et l’internationalisme prolétarien, commencent, chacun, à affirmer son identité idéologique et sociale. A défaut de pouvoir inscrire leurs actions dans un cadre politique légal (inexistant), tous ces groupes ont investi les syndicats, professionnels et scolaires, seul cadre bénéficiant d’une certaine légitimité de revendications.

Pour juguler un tel engouement pour le syndicalisme, le régime et son parti unique décrètent, purement et simplement, l’intégration de l’UTM, unique Centrale syndicale existante, au sein des fameux ‘’mouvements parallèles’’ du PPM (travailleurs, femmes et jeunes).

Cette confiscation totale de toute forme d’expression, hors des canaux définis par le pouvoir, va marquer toute la deuxième décennie de l’indépendance, caractérisée par des luttes politiques ouvertes et diverses formes de répressions allant des arrestations, de l’emprisonnement et des procès, ponctués par les licenciements des travailleurs et les ‘’coupures’’ de bourses d’ étudiants.

Cette répression, loin de décourager les mouvements politiques, a, au contraire, servi de cataliseur à plus de radicalisme, de combativité et surtout à l’élargissement de l’audience des contestataires au sein des populations déshéritées, chassées par la sécheresse jusqu’aux portes des grandes villes.

C’est au cours de cette période que la dialectique ‘’répression-liberté’’ fût transposée sur le terrain de la lutte politique, par le célèbre journal clandestin ‘’Seyhatt El madhloum’’ : We mina eddhoulmi touledou elhourriyatou (…et de la répression naissent les libertés), se transformant rapidement en ‘’slogan’’ mobilisant des milliers de jeunes, de femmes et de travailleurs.

La rue était devenue l’école du courage et du patriotisme, où les organisations d’étudiants, de travailleurs et de ‘’Tekoussous’’, s’empressaient pour faire valider leurs lettres de noblesse.

Cette deuxième décennie d’indépendance, aura aussi été celle des grandes réformes, politiques et économiques, qui eurent pour noms : création de la monnaie nationale, nationalisation de la MIFERMA, révision des accords de défense avec la France et l’ouverture du PPM aux autres mouvements politiques, quasiment clandestins (le grand compromis historique, disaient certains).

Hélas, c’est dans l’euphorie de telles réformes, rapprochant pouvoir et opposition, que fût concocté le projet d’annexion du Sahara Occidental, qui se solda par la guerre fratricide et ses conséquences désastreuses. …Et vinrent les militaires .

C’est au crépuscule de cette ‘’belle décennie’’, de luttes et d’acquis, que l’Armée a pris le pouvoir, mettant ainsi fin à l’ancien régime et à la guerre du Sahara. Elle mit fin, aussi, au semblant d’Etat, d’Administration et d’ébauche de démocratie, que le pays avait réussi à bâtir.

En lieu et place, les régimes militaires qui se sont succédés au pouvoir, ont ramené avec eux tout ce que le pays comptait comme traditions et pratiques tribales, ethniques, claniques et de non-respect pour la chose publique.

Ce retour vers le pire, a produit comme un effet d’hypnose sur tout ce que le pays comptait comme ‘’forces patriotiques’’ qui avait combattu, et battu, politiquement, l’ancien régime. Les noirs se sont retrouvés des noirs, les arabes se sont retrouvés des arabes, mais aucun membre des deux communautés n’a plus retrouver son statut de citoyen Mauritanien.

C’est dans cette confusion et de perte d’identité commune, que des Mauritaniens se sont retournés contre d’autres Mauritaniens, les prenant pour des étrangers, des immigrés, des ennemis. Un tel régime a duré plus de douze ans. …Puis, ce fût la Baule .

Avec l’ouverture démocratique, devenue une des principales conditionnalités d’accès à l’aide au développement, le régime militaire concéda les ouvertures des années 90, couronnées par la nouvelle constitution et le multipartisme.

Face à un tel ‘’miracle’’, les rares formations politiques, dont les bases n’avaient pas été mises au service de l’armée (Structures d’éducation des masses et autres milices) ont tenté de sortir de la semi-clandestinité imposée par une sorte ‘’couvre feu politique’’, depuis 1978.

De nouvelles velléités de constitution de partis politiques se sont également manifestées autour de personnalités souvent issues de l’ancien régime civil. Ce fût aussi l’occasion pour le Chef de l’armée de l’époque, Chef de l’Etat par la force des choses, de se mettre de la partie et de penser à se civiliser.

Deux grands pôles virent le jour : le PRDS (militaire) et le FDUC-UFD (démocratique). La discipline faisant souvent la différence principale entre les militaires et les civiles, le PRDS prit de l’avance en se dotant rapidement de structures, de militants et de moyens (ceux de l’Etat) à la hauteur de l’enjeu.

Les premières élections, de l’ère démocratique, furent ‘’gagnées’’ par les militaires et leurs sympathisants, structurés au sein du PRDS, renforcé par des cadres de l’AMD et de certains courants panarabistes.

En face, une opposition, frustrée par de tels résultats artificiels et affaiblie par son hétérogénéité intrinsèque, tente de se restructurer, sans succès. On revient aux anciennes alliances d’avant l’Armée, pour transformer El Hor en AC, les anciens du PPM en UFD-Ere nouvelle, les nationalistes étroits en FLAM et le MND (originel) en UFP.

Quelques parti-satellites (RDU, UDP, SAWAB) graviteront au tour de la Comète PRDS, sans lui, être totalement soumis.

Un parlement élu, dans les mêmes conditions de priorité à tout ce qui est militaire, se met en place avec quelques députés venus des formations dites de l’opposition, qui tenteront de faire atténuer le monolithisme ambiant.

Cette situation, contre nature, pour certains militaires que le PRDS n’a pas choyés, crée de nouveaux appétits (peut-être même de nouvelles ambitions) qui se traduiront, en 2003 par le coup de force des ‘’Cavaliers du changement’’.

Ces événements, qui ont interpellé les partis d’opposition, autant que le régime militaire lui-même, n’ont pas trouvé le soutien et l’enthousiasme auxquels ils estimaient avoir droit auprès des populations. En revanche, le coup manqué des compagnons de Ould Hanana ébranla le système PRDS, le mettant en situation de déconfiture, lente mais décisive. …Et tout recommence, avec le CMJD.

Les premiers à prendre conscience de la cassure du grand ressort qui faisait la force de Maawiya, sont bien évidemment, ceux qui étaient chargés de sa sécurité, au niveau le plus proche. Dans la discrétion qui caractérise ceux qui sont chargés de la gestion des renseignements, une action pour remettre le pouvoir militaire sur de nouveaux rails, se mit en route.

Le 6 Juin 2005 devait en connaître le dénouement, dans le calme et le succès habituels, qui caractérisent les changements de pouvoir en Mauritanie.La ‘’réponse’’ de l’opposition à cet énième coup d’Etat d’un militaire contre un autre militaire, fût bien moins nuancée que celle réservée aux cavaliers du changement, puisqu’elle s’est traduite par un soutien spontané et entier.

Le héros, et principal artisan de ce coup de force, le Colonel Mohamed Ould Abdel Aziz, choisit de ‘’rester dans l’ombre’’, pour mieux tirer les ficelles qui conduiront, suivant une partition jouée sans fausse note, au choix du futur Président qui allait lui permettre d’accéder au grade de Général, de la manière la plus légale, puis de réaliser son objectif final, consistant à déposer ledit Président , et à occuper son fauteuil, avec la caution et le soutien de la célèbre’’ Kétiba’’ parlementaire.

Ce sera, la première fois où l’opposition, à une exception prés, mais de taille, refusera d’apporter son soutien à un coup d’Etat militaire, en Mauritanie.Le Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD), se constitue et engage une épreuve de force contre le nouvel homme fort de l’armée et pour le retour au pouvoir du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi.

Cette épreuve durera un peu plus d’une année et aboutira au ‘’compromis’’ (accord pour certains) de Dakar, qui légalise la candidature, dont la campagne électorale était déjà bien avancée, du général Aziz, à la Présidence de la République.

Ainsi, le 18 Juillet 2009, Mohamed Ould Abdel Aziz est élu, 6éme Président de la république Islamique de Mauritanie, en 49 ans d’indépendance.Quatre ans après cette élection, et alors que son premier mandat est largement entamé, le Président Aziz et l’opposition démocratique n’ont toujours pas réussi à se mettre d’accord sur une formule consensuelle pour la gestion du pays.

eules les deux fiertés démocratique de cette période, que constituent l’Assemblée nationale et la presse indépendante, permettent de garder l’espoir de voir s’instaurer une véritable démocratie en Mauritanie.

Ould Ehlou

source CRIDEM

reaction sur CRIDEM d’un lecteur sur l article Élections municipale à Rosso : Dieuk et Breun exclus de la liste UPR

09/10/2013 13:46

Ne vous en faite pas M. Fatah Gaye, l’électoral Ouolof jouera la dernière carte des élections municipales, d’ailleurs selon la forme avec la qu’elles les implantations de l’UPR ont été opérées à Rosso, ils sont fortement confronté à la récolte des erreurs commises sur le cas de certains leaders et autres sensibilités politiques ouolofs de Rosso. Nous avions bien suivi le cas du Maire de Rosso qui inévitablement a était écarté des jeux depuis les implantations.

Le cas de cheikh O/ Maouloud en était un autres. Alors, il fallait liquider les autres comme vous Fatah et autres. Tous ceux-ci orchestrés par un seul individu qui veut arracher la commune en calculant l’étape sénatoriale, par tous les moyens. (Mohcen Elhadj). Seulement, il faut bien arrêter d’être victimes de ces faux calculs visant à affaiblir nos valeurs communautaires.

En réalité l’électorat Ouolofs qui se trouve être très importante pour les élections Municipales doit sanctionner de l’UPR à Rosso. De cette manière, tous les villages et leaders politiques ouolofs regarderons en face l’intérêt de notre commune comme toutes autres. Le non reconduction du professeur Fassa et d’autres leaders de Rosso de la liste communale ne sera pas digéré facilement.

A propos de cette même liste, nous n’avons pas vu M. Mame Djiby un grand acteur politique très engagé dans l’intérêt de Rosso et pour la réussite de l’upr : Habib gueye, tifakha tous ont été écartés de cette liste.

Compte tenu de la liste communale, d’ailleurs très décevante, car cette liste montre directement l’échec de l’upr à Rosso. Tout a été fait et dit par le parti au pouvoir pour imposer aux Rossossois la candidature de Bombe O/ Daramane comme tête de liste, auquel son comportement de tous les temps en tant que Ministre était caduc en terme d’approche envers les Rossossois. Il est domicilié à Tiguinte au lieu de Rosso, voyez –vs chère population de Rosso ?

Si aujourd’hui ce dernier était acidulé par le fauteuil du Maire, il aurait du parfaire une bonne approche vis-à-vis des Rossossois, mais c’est vraiment dommage et trop tard. Donc on peut noter que celui-ci est un candidat imposé aux Rossossois au détriment de ceux qui l’on toujours mériter. Dans cette optique, la communauté Ouolof, particulièrement les leaders au sein de l’upr, ont été vainement courtisés pour être les victimes de leurs propres les éloignements.

Il reste alors la dernière carte des ouolofs et autres leaders très frustrés qui de tous les temps représente un électorat important, afin de mettre l’upr devant le fait accompli.

Cette candidature « indécente  » de Bombe O/ Dramane contre le Professeur Fassa ou même d’autres acteurs risque fort bien de faire chavirer le bateau de l’UPR. Devant l’échec des détours, artifices démocratiques et machinations, il n’y a plus que l’intimidation

C’est ainsi que ce que tout le monde redoutait arriva : Les cadres politiques Rossossois ont tort, pour se laisser traiter comme des incapables, ils seront toujours là pour défendre un système qui ne dit pas son nom et à confondre les marchands de guerre, mais les autres parti de l’opposition vivants pourront au moins tirer la leçon et refuser à l’avenir de servir autrement les opportunités de la commune de Rosso en concrétisant des électorats surs et avérés.

Nos leaders qui se sont aventuré de cette pratique de division pour mieux régner se sont cassé les dents aujourd’hui et de cette manière les seules victimes sont les nouvelles générations.

Benji Noura

source Cridem

Ceci est un commentaire d’un lecteur de Cridem mais il est tellement d’actualité que je n ai pas résisté

 

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.Et Mandela répond à son frère d’Afrique du Nord 17 ans après

Mr Mandela « Mandiba »

Ancien président d’Afrique du Sud

Prix Nobel de la paix 1993
A Monsieur Ibrahim Moktar Sarr
Président d’AJD/MR

Chers frère noir d’Afriquedu Nord j’ai bien reçu votre lettre, nous étions trop pris par l’exercice du pouvoir et ce qui suit car l’Afrique du Sudavait plus que besoin de notre présence physique et moral. Mais ce fut un immense plaisir pour nous de recevoir votre lettre. Aujourd’hui dans mon lit d’hôpital j’ai eu enfin le temps de vous répondre et d’apporter aussi quelques petits conseils au combat que vous mener.Nous avons commencé jeune ce combat que nous avons hérité de nos parents. Nous nous sommes donné corps et âmes avec toute la détermination que cela requiert. La fougue de l’adolescence s’y est ajouté l’empressement nous a conduit à commettre des actes de vandalisme pour ne pas dire terrorisme au nom de l’ANC.

Cela nous a valu les remontrances des nos ainés mais aussi a servi d’alibi à nos oppresseurs pour nous mettre en prison 27 années durant. Nous n’avons cependant pas abandonné ni notre combat ni la dynamique de notre mouvement au sein duquel certains leaders m’ont reproché le manque de tact. Nous sommes amélioré, refais, reconstruis puis repris le combat de nos cages et nous avons continué, encore continuer sans jamais s’arrêter mais surtout en suivant notre ligne de conduite.

Nous avons appris peu de chose de la Mauritanie et de l’apartheid qui y réside mais nous constatons que nos frères noirs de l’Afrique du Nord manquent de détermination et de constance dans leur combat et surtout d’inspiration dans leur vision.

L’ANC que nous avons hérité est la mère des mouvements de lutte noire enAfrique mais elle n’a jamais été reconnu, ni accepté par le pouvoir en place dans notre pays et pourtant il m’a été donné de savoir que l’Action pour le Changement dont vous étiez le secrétaire général a pris fin le jour qu’il a été dissout par le pouvoir à l’époque comme si toute votre action dépendait de la reconnaissance par le pouvoir.

De 1912 a 1992 l’ANC a existé malgré la répression mais l’AC n’a pas vécu plus de 10 ans sans la moindre répression et les dirigeants se sont séparés comme s’ils priez d’être dissout par le pouvoir. La différence avec l’ANC c’est que chez nous, nous avons compris que le plus important est nos objectifs communs mais pas nos égos.

Nous avons constaté la même erreur avec les FLAM, avec qui vous avez rédigé le manifeste des negro-mauritaniens opprimés. Votre compagnonnage n’a pas duré et si j’ai une observation à faire de ce manifeste est qu’il présente certes toutes les souffrances de votre peuple noir d’Afrique du Nord mais je me demande à qui il est destiné.

Car nous n’avons jamais attendu du pouvoir d’apartheid qu’il nous libère mais nous avons juré de nous battre jusqu’à être libre car un freedom ne se gagne pas à la loterie et il y’a une grande différence entre un mouvement de lutte et un syndicat.

Je constate alors que nos camarades noirs d’Afrique du Nord comptent beaucoup sur l’oppresseur alors que cela ne devrait pas être le cas. Il faut faire face a vos problèmes et refuser l’oppression jusqu’à ce que l’oppresseur soit obligé de reculer.

Apres plusieurs années de dictature la Mauritanie a vécu un coup d’Etat que certains qualifient de salutaire même si le coup d’Etat n’est jamais la meilleur solution.

Vous avez créé un parti politique, vous étiez candidat à une élection présidentielle transparente où vous avez d’ailleurs obtenu un bon score malgré que 16 mois après le premier président démocratiquement élu de votre pays a été victime à son tour d’un coup d’Etat.

Vous avez alors pris acte (cautionné) et accepté de participer à des élections dont l’objectif et de légitimer le coup d’Etat. l’ANC n’aurais jamais accepté de participer à des élections sans que toutes les conditions de transparence ne soient établies.

Nous avons appris ces derniers mois que vous avez rejoint le pole des partis proche du pouvoir. Ce même pouvoir qui n’a entrepris aucune politique allant dans le sens de changer la situation de votre peuple. Ce pouvoir n’a jamais fait d’effort allant dans le sens d’établir la vérité sur les exactions effectuées pendant les années 90 et n’a jamais montré sa détermination à faire appliquer la loi criminalisant l’esclavage dans votre pays….

Je me passerais de beaucoup d’autres exemples qui vont à l’encontre de la ligne de conduite de l’ANC. L’ANC an sein duquel nous avons milité a refusé tout compromis avec le pouvoir d’apartheid sans le respect complet des droits des noirs dans notre pays. Dans mon lit je me permets de vous donner quelques conseils d’un vieux sage qui attend sereinement son dernier souffle.

- Il ne faut jamais faire de compromis avec l’oppresseur sans avoir la certitude qu’il y’a une véritable volonté de respecter sa parole.

- Apprenez à oublier votre personne si vous décidez de mener un combat pour votre peuple car le peuple est plus important que l’intérêt personnel.

-Ne pleurer plus jamais si on se s’en prend à vous mais battez-vous car cela constitue votre seul salut dans ce bas monde. Un combat comprend des moments où tout le monde vous lâche et un moment ou tout le monde vous accompagne.

Vous avez mon cher cadet d’Afrique du Nord certes beaucoup de détermination mais vous manquer de mobilité. Votre peuple dans le plus profond de lui-même manque de vous comprendre. Pour souligner l’importance de ce fait, chez nous ce ne sont pas quelques dirigeants de l’ANC qui ont fait notre combat mais des femmes et enfants venus de tous les horizons de l’Afrique du Sud.

Personne ne peut mener un combat et le gagner pour un peuple inerte. Aller voir votre peuple et faites tout pour qu’il vous suit car seuls ceux qui sont accompagnés sont des leaders les autres se débattent et s’agitent dans le vide. Je finirais par vous adresser mes vivent salutations et mon soutient absolu mais sans oublier de vous exprimer tout mon optimisme quant à une suite heureuse dans l’immédiat de votre quête de « freedom ».

Johannesburg le 19 Juillet 2013

Dr Ousmane Sy
Source : Plein RIM

Il y a 17 ans Ibrahima Moctar Sarr écrit à Nelson Mandela

Ibrahima Sarr

Secrétaire Général de
Action pour le Changement
Nouakchott
Mauritanie

A
Monsieur Madiba Rohlilahla
Alias Nelson Mandela Président
de la République de l’Afrique du Sud
Prétoria

Madiba,
Je formule le vœu que, celui qui aura la charge de te transmettre cette lettre mesure l’intérêt pour moi et pour tout un peuple ; qu’elle te parvienne et que tu la lises personnellement afin que tu te rendes compte encore une fois, combien tu as raison.

Celui qui t’écrit ces lignes a «bu» UN LONG CHEMIN VERS LA LIBERTE. Il ne t’a que trop compris.

En effet Madiba, même si tu refuses par modestie de te rendre à l’évidence, comme un prophète de notre temps, c’ est toi que DIEU le TOUT Puissant a envoyé pour libérer le peuple sud-africain de la misère humaine dans laquelle l’avait plongé l’intolérance.

Je te tutoie sans effort, Madiba, car ta geste m’a redonné espoir et à chacune de tes lignes, j’ai cru que tu écrivais pour moi, comme tu vas t’en rendre compte. Oui, les Walter et Kathy ont eu raison de te demander de rédiger cette autobiographie. Toi seul pouvais le faire avec autant de sensibilité, autant de simplicité et d’amour du pardon ; mais aussi, avec autant de haine pour l’injustice et l’intolérance.

Je suis né en 1949, trente ans après toi, ma deuxième arrestation a eu lieu le 04 septembre 1986, vingt-deux ans après ta dernière arrestation. J’ai fait seulement le 7è de tes années de prison, c’est-à-dire 4 ans.

En 1974, j’avais été surpris par la police pendant que j’apprenais à lire et écrire dans ma langue maternelle. Alors, j’ai été jugé et j’ai bénéficié d’un non-lieu. Pour ma deuxième arrestation cette fois-ci, j’ai été d’abord enfermé dans la prison civile de Nouakchott où nous avons connu, mes camarades et moi, une période de réclusion totale. Quelques mois avant cette arrestation, une délégation de l’ANC (African National Congress) était à Nouakchott dans le cadre de la popularisation de sa lutte. Tout en la soutenant et devant les autorités mauritaniennes, nous avions crié haut et fort dans la salle : «Dites aux frères noirs d’Afrique du Sud, que l’apartheid existe aussi chez nous !». Nous avions aussi lancé le slogan « Libérez Mandela ! ». La police nous chassa et nous transformions notre débandade en manifestation dans les rues de Nouakchott.

Nous n’avions pas été arrêtés pour avoir créé comme toi, une branche armée des FLAM (Forces de Libération Africaines de Mauritanie). Nous avions seulement rédigé «le Manifeste du Négro Mauritanien Opprimé» : un solide réquisitoire contre la domination des maures blancs (Beydane) sur l’ensemble des noirs de Mauritanie. Nous avions été arrêtés par des Beydane, gardés par des Beydane et jugés par des Beydane et nous étions tous des négro-africains. La sentence maximale pour un tel délit : cinq ans de réclusion totale avec interdiction de séjour dans les principales villes du pays pendant dix ans, en plus d’une amande de 100.000 Ouguiya soit, à l’époque, 1.500 Dollars.

Après un an et demi passé dans la prison de Nouakchott, nous avons été parqués comme des animaux, dans un camion remorque pour parcourir 1.300 Km vers le Nord-Est, dans la région la plus inaccessible du pays. Le Fort de WALATA qui a été rebaptisé par la presse internationale « Mouroir de Walata » a vu périr quatre d’entre nous dont un ancien Ministre, DJIGO TAFSIROU et le célèbre écrivain poète TENE YOUSSOUF GUEYE, qui était par ailleurs mon beau-père et ami. Tous ces décès dus aux mauvais traitements et une mauvaise alimentation ont eu lieu en l’espace de 8 mois seulement, après notre arrivée au fort.

Devant la réaction de la Communauté internationale et les ONG des droits de l’Homme d’une part, et l’emballement de la presse de l’autre (presse qui annonçait au fur et à mesure les décès, parfois sans fondement d’ailleurs, comme par exemple ma propre mort, provoquant ainsi un grand émoi parmi mes confrères journalistes africains qui me connaissaient bien), le Gouvernement s’est vu obligé de nous transférer à un endroit plus clément et plus accessible à près de 900 km de Nouakchott, au Fort de AIOUN EL ATROUSS. Mais, à cette même période, un grand drame attendait notre peuple. A la faveur d’un conflit avec le Sénégal, pays voisin accusé par l’Etat mauritanien de supporter notre cause, notre pays fut plongé dans une épuration ethnique sans précédent où la police à côté de groupes de Beydanes racistes massacra des centaines de noirs, tout en déportant plus de 60.000 autres vers le Sénégal et le Mali. Après la défaite de Saddam Hussein dont il était parmi les rares soutiens à travers le monde, le gouvernement mauritanien fut enfin obligé de nous libérer après quatre années de détention. La Mauritanie était en ce moment isolée diplomatiquement.

Madiba,
Moi aussi je suis né dans un petit village au bord du fleuve. J’ai connu les mêmes joies d’une enfance sans soucis, une enfance de liberté malgré la rigueur d’un père très fier et autoritaire, un vieux rescapé de la première guerre mondiale qui nous a malheureusement quitté très tôt. J’ai été à l’école des blancs après l’apprentissage de quelques versets du Coran et l’initiation par la circoncision au village presque dans les mêmes conditions que tu as merveilleusement décrites. Comme toi, j’ai eu un premier mariage qui m’a donné deux filles. J’ai connu un deuxième mariage avec la fille de TENE YOUSSOUF GUEYE, qui a dû supporter toute seule les années difficiles de mon incarcération comme le faisait en son temps WINNY MANDELA.

Je suis journaliste de RADIO et TELEVISION, et c’est moi qui ai fait démarrer les premières émissions de Télévision de Mauritanie pour être le premier journaliste mauritanien formé dans ce domaine à L’Université de DAKAR (Sénégal). J’ai connu beaucoup de gloire dans ce métier en Mauritanie et à travers le monde où mes différents reportages ont pu me conduire. Ainsi, avant mon arrestation, en plus de l’Afrique, j’ai visité l’Europe, l’Amérique du Nord (USA, CANADA) et l’Asie (COREE DU SUD). J’ai également eu beaucoup d’amertume du fait de la politique raciale de mon pays qui m’empêchait de m’exprimer comme je pouvais et surtout, devais le faire.

Moi aussi j’ai connu en prison ces moments d’angoisse et de tristesse mêlés à un certain sentiment de culpabilité, quand je pensais à ma vielle mère, restée toute seule au village, sans assistance. Et je me suis posé les mêmes questions que toi : avais-je raison de l’abandonner ainsi en me consacrant entièrement à la lutte pour la libération du peuple, elle et mes filles qui n’ont presque pas connu leur père ?

A ma libération, je suis allé la voir au village. En route, je priais DIEU de faire en sorte qu’elle soit la première à me voir et me serrer dans ses bras (chez nous cela est permis). Quand je suis arrivé dans notre concession personne n’avait remarqué ma présence ; il faisait nuit et le village dormait. Ma mère elle, ne dormait pas elle était assise face à l’Est, comme dans les moments de prières pour les musulmans. Lorsque je l’ai approchée et décliné mon identité, elle a simplement appelé les voisins au secours exactement comme l’avait ta maman qui t’avait pris pour un fantôme à ton retour de clandestinité! Dix minutes après, tout le village a dansé jusqu’au petit matin, pour le retour du mort parmi les vivants…

Malgré l’amnistie décrétée par le gouvernement qui éteint ainsi tout notre passé délictuel aux yeux de la loi, et malgré la décision du chef de l’Etat le Colonel MAOUIYA, responsable en chef de toutes les exactions décrites, de faire revenir le pays à un régime civile après une parenthèse de 12 ans de dictature militaire, ma situation administrative comme celle de tous mes anciens camarades de prison n’a pas changé. Nous n’avons pas été réintégrés dans nos fonctions respectives. Nous n’en continuons pas moins notre lutte par les moyens qui sont à notre disposition. En fait, la démocratie amorcée depuis 1991 et qui a permis à MAOUIYA de se faire élire par la force et la fraude, appuyé par les puissances occidentales qui ont des intérêts solides dans la pêche et les mines de Mauritanie, cette démocratie donc, ne nous donne que la «liberté» de dire tout haut, ce que nous avions écrit dans la clandestinité et qui nous avait valu la prison et la mort en détention.

Le mouvement que nous avions créé en 1983, les FLAM (Forces de Libération Africaines de Mauritanie) est une fusion de trois autres organisations clandestines : l’UDM (Union Démocratique Mauritanienne) que certains amis et moi-même avions mis sur pied en 1979, l’ODINAM (Organisation pour la Défense des Intérêts des Négro-africains de Mauritanie) et le MPAM (Mouvement Populaire Africain) qui sont des dissidences de l’UDM. Les FLAM ont connu les mêmes dissensions internes, et les mêmes tentations aux extrêmes que l’ANC dans ses rapports avec le P.C le PAC ou Conscience Noire.

Moi aussi j’ai combattu ces tentations dans les rangs du mouvement. Je me suis opposé à des actions que j’estimais suicidaires. J’ai refusé de cautionner une grève de la faim en prison exactement comme tu l’avais fait.

C’était pour ma part beaucoup plus pour des raisons religieuses. En tant que musulman je considérais que nous n’avions pas le droit de détériorer volontairement notre santé ce qui peut entraîner la mort et constituer ainsi un suicide, chose que l’Islam proscrit.

En lisant ton autobiographie, j’ai mesuré ton courage qui frise la témérité. Moi je ne suis pas assez courageux à mon goût.

Je trouve que souvent la chance sinon la protection de DIEU a été au rendez-vous avec toi.

D’après ton récit tu n’as jamais été physiquement brutalisé par les geôliers. Lorsque à WALATA un des nôtres qui protestait contre les chaînes que nous portions aux chevilles et qui nous écorchaient la peau, a dit au commandant du Fort que cette situation lui rappelle la traite négrière, il a été ligoté et couché sur le ventre et battu à sang. Il n’était pas question de tribunal pour nous en prison. Nous n’avions aucun droit. Nous n’avions même pas des devoirs, nous étions seulement obligés et contraints sous peine de tortures. Je dois dire à la décharge des racistes sud-africains qu’eux au moins, étaient respectueux des lois qu’ils avaient adoptées ; même si elles sont d’essence raciste. Ce n’est pas le cas en Mauritanie. Les juges ne jugent pas, ils prononcent le verdict déjà décidé par les autorités – les avocats sont parfois mis dans l’impossibilité de plaider.

Madiba,
Aujourd’hui je suis le Secrétaire Général (2ème personnalité) du Parti Action pour le Changement (AC) qui regroupe toutes les communautés ethniques du Pays. Le Président du Parti est un descendant d’anciens esclaves de Beydanes (blancs). La communauté dont il est issu a été longtemps asservie par les Beydanes (blancs),La Mauritanie n’a aboli officiellement l’esclavage qu’en 1980. Mais aujourd’hui cette pratique inhumaine existe encore dans le Pays. Ces anciens esclaves (haratines) représentent plus de 40% de la population. Ils sont les moins instruits les plus exploités et les plus opprimés de la société mauritanienne ; car, certains d’entre eux trouvent toujours normal de travailler pour le maître blanc. Il parait que « cela ouvre les portes du paradis »… En effet, une fausse interprétation de l’Islam favorise la pérennité du système. Ce sont ces maîtres blancs qui représentent selon certaines statistiques non officielles moins de 30 % de la population, qui utilisent les haratines pour s’attaquer aux autres noirs – (les Pulaar, Wolof et Soninké)- Ils l’avaient déjà fait en 1966 et l’ont réédité en 1989-1990.

Notre Parti, Action pour le Changement a décidé de régler cette question nationale et sociale de manière définitive dans le cadre d’un projet de société qui donne toute sa place à l’Homme, sa liberté et aux valeurs de l’humanité. AC est devenu en moins de deux ans d’existence le principal parti d’opposition au régime chauvin et dictatorial. Il inquiète les tenants du système qui cherchent par tous les moyens à neutraliser ses dirigeants ou à l’interdire.

Les Beydanes (blancs) contrôlent toute l’économie du pays, toute l’administration, l’armée et les forces de sécurité, l’appareil judiciaire.

Nous avons dû, mes camarades et moi, faire preuve de beaucoup de patience et de tact politique pour faire accepter les idées que nous avions toujours défendues par certains groupes politiques maures blancs. Ils ont accepté de signer avec nous la Charte du Front des Partis d’Opposition pour combattre le régime qui s’agrippe à ses privilèges, et instaurer un système plus humain parce que solidaire et démocratique.

Madiba,
Dans mon salon, traîne une belle photo de toi, car je pense que les africains n’ont plus besoin d’aller chercher un modèle. Tu incarnes toutes les luttes pour la libération de l’homme et des peuples. Tu es l’espoir du dialogue humain et le symbole vivant de la capacité de l’homme africain à réaliser les rêves impossibles.

Je sais que la plus grande lutte pour toi, a commencé dès ta libération. Que l’unité de notre continent, seul moyen de lui faire jouer son rôle historique, est aujourd’hui ta préoccupation essentielle.

Je te demande d’être attentif à notre lutte ici en Mauritanie et d’apporter ta contribution en tant que combattant pour la liberté et en tant que Chef de l’Etat le plus puissant d’Afrique, pour que le racisme et l’esclavage disparaissent à jamais de mon Pays.

Baba Mall, le musicien Sénégalais que tu as reçu récemment est un vieil ami. Il a repris dix de mes compositions poétiques. Ses chansons avaient été interdites de diffusion, lui-même déclaré persona non grata en Mauritanie à cause de notre amitié.

J’ai décidé de reprendre « UN LONG CHEMIN VERS LA LIBERTE » sous forme d’un récit oral dans ma langue maternelle le Pulaar (fulfuldé) parlé de la Mauritanie au Nigéria. Je veux le faire sous forme de cassette audio. Cela permettra à beaucoup de gens qui ne savent pas lire, de bien connaitre l’histoire d’un certain Rolihlahla de Mvezo le fils de Gedla Henry Mphakanyiswe et de Nozeki Fanny.

Longue vie a toi !

Nouakchott, le 16 mai 1996

Le beurre et l’argent du beurre

Décidément nous autres Rimiens faisons peu cas de la gestion des ressources du pays ; on dirait qu'il existe un accord tacite entre le
 Peuple et Président fondateur(dixit Mamane) pour le pillage systématique de nos ressources,
 Aziz depuis son arrivée au pouvoir a fait de la lutte contre la gabegie un credo; mais cette lutte était en fait une couverture ou plutôt
 un alibi pour écraser certains récalcitrants à son autorité et comble des combles elle ne s'appliquait pas à ses proches et protégés.
 Ainsi ces derniers ont fait main basse sur les biens de l'état. A son oneman show d'Atar Président fondateur a exhibé des chiffres
 mirobolants et a réussi à convaincre son auditoire( d'ailleurs qui n'étaient que des acteurs d'une partition jouée à l'avance) que
 notre pays est le paradis sur terre. Le président serait il déconnecté de la réalité à tel point? Ou c'est juste une opération marketing 
pour mieux nous vendre aux institutions de Brettons Woods. En tout état de cause le pouvoir a montré ses limites et la grogne que le
 président nie en toute circonstance s'amplifie et risque d'éclater au moment où il s'y attend le moins, car enfermé dans sa tour
 d'ivoire il ne verra pas venir le coup fatal qui l'emportera. 
A bon entendeur salut!
 Ndiaye
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