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Le retour du colonel ely ould mohamed vall. Comment l’empêcher?

L’éventuel retour du retraité le plus célèbre de notre paysage militaro-politico-financier est inéluctable si des mesures concrètes et urgentes ne sont pas prises, afin d’empêcher ce retour aux allures d’inceste institutionnel du soi-disant père de la démocratie mauritanienne. L’homme qui a confié habilement le pouvoir au docile et nonchalant actuel président. En effet depuis quelques mois, son nom revient dans toutes les conversations. Il multiplie aussi bien les apparitions sur la scène médiatique internationale, qu’à l’intérieur du pays, et les spéculations vont bon train sur une future candidature à la magistrature suprême en 2012 voire avant. Au point que la question elle-même est devenue récurrente au sujet de son retour anticipé à travers des élections « prématurées ».
Quelle étrange bénédiction pour un pays qui ne vibre avec effervescence qu’au rythme des élections ?Cette question est une simple déduction qui est le fruit d’une crainte inavouée ou refoulée d’un retour vers le passé sombre. Je me la pose afin de prévenir les déconvenues du retour d’un compagnon de la première heure du dictateur Ould Taya, aux côtés duquel il a servi, de bourreau et de matraque sans états d’âme. « Depuis qu’il a été nommé, en 1985, directeur de la sûreté nationale, jusqu’au 3 août 2005. ہ ce titre, il a vécu toutes les crises : celle de 1989 avec le Sénégal, celle de 1991 lors de la guerre du Golfe, celle de 1992 lors des débuts heurtés de la démocratisation, les arrestations d’opposants, les exécutions aussi ». (Jeune Afrique).
Si la machine de propagande qu’il a mise en place lors du putsch du 3 août 2005, (chose qui ne doit pas étonner vu son expérience du paysage sécuritaire du pays) est mise en route pour le remettre au pouvoir, il serait trop tard pour lui barrer la route et je ne vois pas qui pourrait s’y opposer. Nous aurons droit à des élections préfabriquées. Souvenez vous Ould Cheikh Abdallahi nous a été vendu sous forme de Pack thématique périmé, puis ils nous a été imposé par des urnes domptées d’avance. Sa politique militairement assistée « économique et sociale » est jugée mauvaise par la population dont le pessimisme ces jours a atteint des niveaux record, perceptible dans la ville Nouakchott où tous les baromètres habituels sont au rouge. Que serions- nous alors sous la présidence de Ely ? ……
à suivre
Dr Kleïb

La mauvaise gouvernance est un des causes du sous developpement de la Mauritanie

 Encore une fois c’est un plaisir pour moi de manifester mon opinion par rapport à la gestion des ressources de notre pays.

La démocratie est un système politique dans lequel la souveraineté appartient à l’ensemble des citoyens. Dans un tel système, le peuple gouverne directement (démocratie directe) ou par l’intermédiaire du gouvernement qu’il a choisi d’établir (démocratie représentative). Mais malheureusement en Mauritanie se sont les autorités qui exercent leur pouvoir sur le peuple, et elles s’obstinent a dire que notre pays une démocratie
Dans une démocratie les autorités écoutent le peuple, elles s’évertuent de satisfaire tout leurs besoins fondamentaux et les protégent contre les dangers de l’environnement dans lequel il se trouve.
Le peuple Mauritanien pleure de ne pas pouvoir manifester son opinion, il pleure de ne pas être écouté par ses dirigeants, il pleure de faim, il pleure d’injustice, il pleure de chômage… . A qui la faute ? La mauvaise gouvernace.

La mauvaise gouvernance est en règle générale la première cause de sous-développement de la Mauritanie. Cette mauvaise gouvernance est identifiable selon les symptômes suivants: 

  • Détournement de l’argent public ;
  • Incompétence administrative ;
  • Mobilisation des ressources du pays à des fins personnel
  • Administration tatillonne et bureaucrate ;
  • Développement de réseaux de corruption ;
  • Surendettement;
  • Mauvais choix stratégiques de développement ;
  • Dépenses d’infrastructures délaissées au profit de dépenses de fonctionnement ou d’apparat ;
  • Insécurité des investissements ;
  • Fait du prince ;
  • Intérêts personnels privilégiés.
  • Insécurité alimentaire.
  • Analphabétisme en hausse, qui limite le désir de révolte face à une administration incompétente.

La mauvaise gouvernance met en cause la façon dont le pays est gouverné et non la qualité intrinsèque du pays. Elle est en général rejetée par les gouvernements en question, qui s’estiment bons gestionnaires de la chose publique.

Si la Mauritanie ambitionne de se developper elle devra respecter les étapes du developpenment. Le pays a beau trouvé des milliards de dollars pour son developpement, cet argent ne sera pas destiné à des fins de developpement mais à celles subjetifs ou d’investissements contre productif.

Il faut au prealable se debarrasser de certaines autorités incompetentes qui constituent un fardo pour notre émergence. Ensuite sur d’autres facteurs explicatifs de notre sous developpement dont j’aurais le plaisir d’ecrire un article prochainement.

CHEIKHNA

Note: Info source : Cheikhna

sommes nous des damnés?

De Taya et sa bande on avait cru en être débarrassé avec l’élection de SIDIOCA. Pour ceux qui y crurent dur fut la chute, car il ne fallait pas être devin pour comprendre que la marge du président élu était étroite. Pris en sandwich entre les militaires qui dans l’ombre tirent les ficelles et la meute des déprédateurs que constitue sa majorité, le président  n’avait d’autres choix que de se plier aux exigences de sa majorité : la ressuscitation du défunt  parti/état sous une forme nouvelle. Ainsi ces hommes qui ont mis ce pays à sac ont le culot de donner des leçons de morale. 

Ils montent aujourd’hui au créneau  pour critiquer le gouvernement et demander la démission du PM. En spectateurs  du destin de notre pays que nous avons toujours été et parfois même complice de cette descente aux enfer, nous assistons une fois encore sans réagir a la phagocytose de l’état. 

Avons-nous la mémoire si courte? Allons nous accepter, une fois de plus d’avaler des couleuvres alors qu’on en a tant avalé à en être constipé. Aujourd’hui plus que jamais  la menace est là et bien là, vicieuse et subtile mais quand même là. 

Les signes avant coureur de la détermination des rapetou à revenir de revenir aux affaires se multiplient. Tous ensemble faisons un bloc et disons : 

                     NON AUX RETOURS  DEPRADATEURS 

Notre cher pays revient de loin, les acquis démocratiques doivent être sauvegardés à tout prix, même si tout n’est pas rose il y’a une nette amélioration des choses, nous devons tout faire pour barrer la route aux Rapetous  car tout le remue ménage sur la scène politique  est qu’ils sont loin des affaires depuis un an et tiennent à y revenir par tous les moyens. L’attente commence à être  longue pour eux, si ce n’est pour leurs poches qui commencent à se dégonfler. 

 

NDIAYE 

 

Un IDEF particulier

Rosso : Un inspecteur pour ses parents
Dans les critères de nomination des responsables du ministère de l’éducation national, il est explicité « semble t-il » qu’un DREN ou un IDEF ne doit pas être originaire de la région ou du département où il doit servir.
Pour ce faire le ministère s’est basé sur l’état civil des candidats. D’aucuns pensaient que la ministre Nebghouha Mint Med Vall exagère dans sa façon de faire pour redresser son département moribond mais au grand dam de ses détracteurs le temps commence à lui donner raison.
En effet, l’Inspecteur Départemental de l’Enseignement Fondamental de Rosso Ahmedou Ould Hemeine est originaire de Rosso mais natif de Nouakchott selon son dossier d’état civil IDEF dans sa région d’origine.
Désigné alors IDEF de Rosso, Ould Hemeine n’y est pas allé par 4 chemins. D’entrée de jeu il engage un bras de fer avec le DREN (ce dernier, selon nos sources, cherche toujours à gérer le conflit de façon responsable) mais l’IDEF en crise de sensation fait une première sortie avec le mouvement des directeurs d’écoles.
Sur les douze que compte la ville de Rosso, on dénombre 7 noirs (dont 4 harratine et 3 hal poulars). Il propose alors de dégager en brousse 5 directeurs noirs quoi qu’ils répondent aux critères proposés par le ministère pour mettre à leurs places ses propres parents et aucun inspecteur de son staff n’a été associé à cette proposition mais le DREN toujours égal à lui-même s’oppose sans toutefois faire de bruit et propose à son tour un mouvement de permutation générale que le wali a avalisé.
A la sortie du mouvement, l’IDEF convoque quelques journalistes et tentent de les induire en erreur en leur faisant croire que son ennemi le DREN a fait des anomalies graves dans ce mouvement. Vigilants, les journalistes ont fait leurs investigations et ont découvert que l’IDEF cherchait à tout prix la peau du DREN et que ses déclarations étaient fausses. Ils décident alors de laisser tomber cette diffamation.
Autre incorrection de l’IDEF de Rosso, une mission des statistiques dépêchée par le ministère a sillonné le Trarza mais s’est vue bloquée à deux reprises par le super IDEF de Rosso à Jedrel Mohguène et à Rosso ville où plusieurs directeurs d’écoles ont reçu l’ordre de l’IDEF de ne pas coopérer avec cette mission, mais c’est avec souplesse que le DREN a réussi à remettre les choses à leur place.
A cela s’ajoutent ses propos aux enseignants en classe et son comportement irresponsables. Ce qui lui a valu des engueulades devant les élèves dans des écoles comme Ndiourbel, Satara, Houda…en présence d’une mission conjointe de la DREN et de l’IDEF pire il a échangé des propos injuriés avec des enseignants dans son bureau en présence de plusieurs personnes étrangères au service. On affirme que des enseignants ont même porté leurs affaires devant la justice et devant l’administration scolaire.
Selon les informations dont nous disposons avec des preuves à l’appui, Ahmedou ne traite pas les enseignants au même pied d’égalité : Ses proches parents et ses amis sont toujours les meilleurs quelque soient les compétences des autres surtout s’ils sont noirs.
La liste des incorrections de l’IDEF de Rosso Ahmedou Ould Hemeine, est longue, nous allons vous en livrer la suite très prochainement pour l’instant nous disposons d’informations non vérifiées et nous prendrons tout le temps qu’il faut pour en avoir la confirmation.
Djinn dénonce tout ce qui ne va pas

Note: Info source : djina  via cridem

Chronique de Ould Beheit

Monsieur le Président S.V.P un grand coup de pied dans la termitière

Chronique de Ould Beheit dans opinion BeheitLa situation économique et sociale du pays, préoccupante à plus d’un titre, fera comprendre à mes lecteurs, que cette fois-ci, j’ai été obligé de déroger à la sacro sainte règle du sarcasme à laquelle je les ai habitués. Ils voudront me pardonner d’être, pour une fois sérieux, le temps de donner l’alarme en interpellant le président de la république.
Mais une fois, n’étant pas coutume, je leur promet qu’à l’avenir, je m’efforcerais à respecter les clauses du contrat implicite qui me lie à eux et aux termes desquelles, le sérieux n’est recevable que s’il renferme une dimension d’imagination, de symbolique et de… rire (du coin de la bouche pour ceux que la faim est entrain d’anéantir).
Ces précisions étant apportées, je voudrais dire au président de la république, auquel je m’adresse à la troisième personne du singulier, que cette première année (à quelques jours prés) d’exercice à confirmé qu’on ne peut gouverner avec une bonne foi doublée d’une confiance aveugle en une classe politique et un gouvernement, auxquels la confiance en soi, fait désormais cruellement défaut.
Le président doit, en effet, faire preuve de fermeté devant l’atmosphère politique marquée par l’attitude incompréhensible d’une opposition qui réclame, à corps et à cri, un gouvernement d’union nationale qui serait, selon elle, le remède miracle à l’ensemble des problèmes du pays.
Il doit être arrivé à la conclusion que cette opposition, malgré son adhésion sans réserve à une loi organisant son statut, refuse de s’astreindre au rôle qui lui est définis par celle-ci. Un rôle de force de propositions et de contrepoids contre les dérives éventuelles du gouvernement.
Le président doit avoir aussi compris que seule, une participation à l’exercice d’un pouvoir dont elle (l’opposition) semble avoir été bannie par les urnes, est à même de mettre fin à ce qu’elle considère comme une crise ouverte entre elle et ceux qui le détiennent.
Il va de l’intérêt général donc que Sidi Ould Cheikh Abdallahi, fasse aussi preuve de fermeté devant l’activisme d’une majorité hétéroclite, sans véritables projets et dont les pans, qu’ils soient nouveaux ou anciens, se livrent une guerre de tranchées, sur fond de positionnements personnels, régionaux ou ethniques, à la veille d’un probable remaniement du gouvernement.
Cette majorité à laquelle personne, surtout pas Sidi Ould Cheikh Abdallahi, n’a jamais rien demandé, pense que le « soutien » qu’elle a consentit, beaucoup plus par crainte de représailles (des militaires) que par conviction, à ce dernier, lui donne une légitimité, et partant, le droit d’être exigeante envers lui.
En attendant, l’arrière pays, coupé des pérégrinations Nouakchottoises et qui, malgré les campagnes soutenues de Ould Taya, ne connaît toujours ni Internet, ni les E- mail, pas plus  d’ailleurs que les comités permanents, conseils nationaux des partis, et autres symposium des apparatchiks politiques, reste collé à sa seule préoccupation du moment, à savoir, comment, par une année pluviométriquement déficitaire, il passera la période de soudure qui s’étale, pour lui, sur la fourchette allant du mois de Mars à celui d’Août.
Le Président doit se méfier d’être berné par le mensonge à propos de ce pays profond, tout comme il doit faire preuve de résistance au conditionnement psychologique qui tend à le persuader que l’avenir du pays se joue à Nouakchott et que seule l’issue des guéguerres engagées par des politicards véreux qui se prévalent indûment de la légitimité populaire, y est déterminante.
en réalité, ce pays profond, faute de support et de message cohérent ne décrypte que les signes de détresses dont les principaux vecteurs sont les effets pervers de la crise persistante, d’où le fait, que le seul langage dont il maîtrise les subtilités, reste celui des besoins vitaux limités à quelques  produits de première nécessité et à la volonté de l’Etat de voler, en cas de besoin, au secours du seul capital qu’il possède, son cheptel.
Ce sont bien ces besoins simples qui constituent la réalité du pays, n’en déplaise à ceux qui ramènent le monde à quelques conclaves stériles et à huis – clos de leurs partis, sanctionnés par un communiqué coupé, lui, de toute réalité.
Devant les attentes égoïstes et sans grand réalisme de la classe politique, toute tendance confondue et devant la carence du gouvernement des E-mail (comme l’appellent les mauvaises langues), le président Sidi Ould Cheikh Abdellahi, élu indépendant et indépendamment des intentions (de vote) des uns et des autres, se doit, malgré son éducation peu agressive, de donner un grand coup de pied dans cette termitière.
Un coup de pied qui n’est, bien entendu, pas une fin en soi sauf  si des mesures parallèles d’accompagnement sont mises en place en vue d’endiguer la détérioration des conditions de vie des populations et par la même occasion, d’assainir la vie politique.
Le Président Sidi Ould Cheikh Abdellahi, élu indépendant, je le répète encore une fois, et par conséquent n’ayant, en principe, aucun compte à rendre à un parti, en a l’autorité morale dont il ne tient qu’à lui d’user, tout comme celle de dire non à l’abus d’une confiance qu’il a accordé spontanément à des hommes sans mérite particulier.
En bon technocrate, le président gagnerait à ne pas accepter, à ce moment précis, les marchandages d’où qu’ils viennent et choisir, en âme et conscience, une équipe gagnante pouvant répondre aux aspirations du pays profond et traduire en contenu de réalisations palpables ses promesses électorales.
Une équipe faite d’hommes mûrs, compétents, intègres et efficaces, qui connaissent tant ce pays profond que ses problèmes, tout comme leurs solutions dont la spécificité a dérouté plus d’un analyste. Des hommes qui seraient un véritable train humain dont les wagons sauront calquer le pas sur le rythme des performances d’une locomotive que tout incite à passer à la vitesse supérieure.
Que l’équipe choisie sur les critères évoqués ci-dessus, réponde à des profiles de la majorité ou de l’opposition, qu’elle réponde à ceux d’une région, d’une ethnie ou d’une tribu données, ce sera alors, mille fois tant mieux car l’essentiel ici, étant qu’on aurait évité de faire revivre ce qui a toujours été le principe  du marchandage dont la finalité ne saurait être que la médiocrité et les pesanteurs sociales qui en sont les corollaires.

M.S. Beheite

Note: Info source: Le Calame (Mauritanie)

Chronique d’une société qui laisse le temps passer :

Chronique d'une société qui laisse le temps passer :  dans opinion oumeirouldoumeirJe refuse le progrès, je crains le changement et je ne crois pas à l’Histoire

Je suis donc quelque part en 2001, à Paris où je suis en visite qui mélange les genres : occasion de tourisme, de consultation médicale, de contacts politiques et de travail. J’avais rendez-vous avec quelqu’un du Quai d’Orsay, quelqu’un qui avait demandé à me voir pour discuter de la situation en Mauritanie.

Ce genre de rencontre sert beaucoup les journalistes comme moi. D’abord pour faire le point sur les relations politiques entre les deux pays. Ensuite une manière de me faire connaître et de me protéger, moi qui travaille dans des conditions particulièrement risquées (surveillance policière, censure…).

Le rendez-vous était fixé à 18 heures, sur ma demande. Il était encore 12 heures et j’étais en compagnie d’amis, mauritaniens que je n’ai pas vu depuis longtemps. Ils me proposaient d’aller dans un lieu autre et traçaient un programme qui devait nous prendre la journée et le lendemain.

Je pris vite la décision d’annuler le rendez-vous pour ne pas avoir à quitter le groupe de compatriotes. Je pouvais bien dire à la secrétaire du responsable français que j’étais malade, ou que j’étais pris par une quelconque obligation sociale. A l’époque je venais d’acquérir mon premier téléphone portable. Je sortis pour acheter une carte et pour téléphoner. C’est au moment de gratter la carte que je vis une affiche sur un bus. Elle invitait les fans de Johnny Hallyday à réserver dès à présent leurs places pour le concert du 23 juin …2003. Déjà !

Vertige. Une sorte de choc. Je renonçais alors à ma vulgaire entreprise. Une culture comme celle-là, ne met pas en perspective les aléas. Ils n’entrent pas en compte. On ne tombe pas malade quand on a pris rendez-vous avec un responsable de la République. Autant supporter. Depuis ce jour, je suis obnubilé par cette relation ambiguë que nous avons avec le temps.

Cette relation qui couvre différents champs, marque notre vie et pétrit notre être. Si bien que nombre de nos comportements ne peuvent être expliqués que par la perception et la relation que nous avons du temps. Sans paraître trop se poser de questions, notre société exprime de mille manières l’intensité de la problématique, véritable drame pour les hommes du désert.

Même si en certains de ses aspects la problématique appartient au registre de l’humaine condition, le monde nomade du Sahara vit pleinement sa relation avec le temps. D’abord parce qu’il a cru avoir trouvé la ‘parade’ en s’installant dans l’illusion d’un temps qui ne bouge pas. Ensuite parce que s’il est pris à défaut quant à cette conviction, il y a toujours ce refuge dans un temps qui ‘coule pour lui-même’, au pire ‘qui coule pour les autres’.
 
Depuis toujours, philosophes et scientifiques se sont posés la question, jamais éludée : «le temps accueille-t-il les événements ou en émane-t-il ?» Pour nous la question n’est pas posée en ces termes, parce qu’elle fait partie de la vie de tous les jours, finalement de la condition humaine qui est la nôtre. Nous n’avons pas la notion du ‘temps qui avance’. Nous en avons une vision qui est circulaire, et non linéaire. C’est probablement notre manière à nous de tromper la vigilance d’un temps qui avance inexorablement et qui nous emporte avec lui dans sa fuite infinie. Nous aurions bien souhaité qu’il nous laisse au bord de sa route. Nous aurions au moins voulu que l’un ou l’autre – le temps ou l’homme – puisse s’arrêter… le temps d’apprécier un instant, un instant qu’on croit avoir arraché à l’Eternité.

«meçaab eddinya tenthna
billiili na’raf fiiha
min tarbi uttam essna
viblad’ha layn injiiha
» (fasse le monde {le Temps} revenir sur lui-même/sur tout ce que j’y ai connu/de plaisirs et fasse que cette année/reste telle quelle le temps de revenir vers elle)

La traduction – approximative certes – de ce ‘gaav’ de l’Emir Ahmed Salem Ould Mohamd Lehbib nous permet de comprendre la démarche du poète maure qui ne fait ici qu’exprimer toute une attitude mentale sociale. Si le mouvement est obligatoire, l’auteur souhaite fixer le temps et laisser l’homme libre de son mouvement. Aller et revenir retrouver les moments de plaisir qu’on sait condamnés par le mouvement du temps. C’est cela qui fait la spécificité de la société saharienne. Ici, plus qu’ailleurs, le ‘temps qui file’ fait plus de dégâts sur l’homme et sur son environnement. D’où cette constante recherche de la maîtrise du temps. Toute occasion étant bonne pour exprimer une quelconque victoire contre cet ennemi qui s’impose à soi.

«Kel hamd illi ya waad
lemrayvig wakten raad
‘liik Allah ib’aad
dahrak dhaak ilghallaak
u khissrit haalit lablaad
u ‘idt inta lilli jaak
maah inta dhaak u ‘aad
dha maahu dahr ighlaak
‘idt aana maani zaad
Sidi Mohamed dhaak
»

(heureusement ô Wad Lemrayvig/qu’à présent que Allah a de toi éloigné/le temps qui t’a fait aimé/et que le pays a perdu de son statut/et que désormais pour celui qui viens à toi/tu n’es plus celui qui était/et que le temps qui t’a fait aimé n’est pas celui-là/(heureusement aussi) je ne suis plus le Sidi Mohamed d’alors)

Cette «tal’a» de Sidi Mohamed Ould Gaçri essaye de lier le changement du temps, à celui de l’espace et (heureusement) à celui de l’homme. Ici on invoque le moment qui a fait l’espace (Wad Lemrayvig). Ou le contraire, c’est-à-dire l’espace qui a fait le temps. Ou encore plus simplement l’homme qui les a fabriqués tous les deux. Sans lui, ni le temps ni l’espace n’existeraient. Et comme disent les exégètes d’autres cultures : «Le temps s’arrête ou disparaît quand plus rien ne se passe, comme si sa dynamique était liée aux êtres et aux objets qui s’y déplacent, qui évoluent».

C’est de cette évolution que nous avons le plus peur. Et depuis toujours. Et vraisemblablement pour toujours. Alors le ‘cours du temps’ n’est finalement pour nous que le renouvellement constant de l’instant présent. Certains diront ‘renouvellement irréversible’. C’est ce caractère irréversible qui fonde le drame de l’existence chez nous. Mais c’est lui aussi qui fonde la perpétuelle recherche de la négation du devenir. Pire, il peut justifier une idéologie basée sur l’annulation sinon la négation de l’Histoire. Des chercheurs qui étudient la question préfèrent parler de «l’annulation de l’Histoire» (Catherine Taine-Cheikh, in ‘La rencontre du Temps et de l’Espace, Approches linguistiques et anthropologiques’, SELAF N°433).

Dans cet essai de moins de trente pages, cette grande spécialiste de la langue et de la culture maure en général, précise : «Dans la poésie maure, on a plus affaire à une thématique de l’itinéraire qu’à de véritables thématiques du voyage ou de l’errance, si souvent traitées, à certaines époques, dans d’autres cultures». Pour elle, «l’itinéraire peut prendre la forme d’un balisage territorial, soit pour se réjouir de l’étendue des contrées soumises. Il peut être plus simplement le reflet d’une expérience individuelle (…).

L’itinéraire mêle en général le vécu et le rêvé, comme il unit indéfectiblement le passé et le présent-futur. Il joue à les confondre en passant de l’un à l’autre, en faisant de l’expérience spatiale une négation du temps».

Dans notre société, la préoccupation essentielle, c’est bien celle de vouloir tuer le temps. Au propre et au figuré. C’est l’attitude la plus négative vis-à-vis du progrès. Et c’est certainement ici qu’il faille chercher notre tendance naturelle au conservatisme et notre peur viscérale du changement. Je disais bien tantôt que c’est la perception que nous avons du temps, le rapport que nous avons au temps qui nous expliquent à ceux qui veulent bien nous comprendre. Il en découle toute une panoplie d’attitudes qui sont à l’origine de choix économiques, politiques et culturels.

Je me souviens qu’en discutant de la question avec un expert du FMI en visite en Mauritanie, il m’avait dit comprendre alors la célérité avec laquelle les négociateurs mauritaniens signent les accords – parfois très contraignants – quand ces accords touchent à des périodes de plus de cinq ans. Dans la tête du négociateur mauritanien, cela appartient au domaine de demain qui reste inconnu, certainement improbable. Ce n’est pas ici le propre de la société maure ou Peule (les deux ensembles ayant la même perception du temps, les mêmes aversions pour le temps qui avance, pour ne pas dire plus).
 
Les Soninkés, pourtant vieille société sédentaire et descendant du premier Etat noir d’Afrique (Ghana), disent : «xumbani na xumbani kama ñada» (demain appartient au propriétaire de demain». Une manière de s’en remettre à la volonté du Tout-Puissant, qui est, par quelques aspects, un refus de prétendre à une possibilité pour l’homme d’agir sur son temps. Une manière de refuser de croire que ton lendemain sera en grande partie dû à ce que tu fais aujourd’hui. Dans nos sociétés traditionnelles, seuls les Wolofs ont fait ‘la révolution’ sur le temps. Pour eux, «elleg, elleg dou diex» (demain, demain ne finit jamais). Alors «yalla, yalla, bay sa tool» (n’invoque pas tout le temps, cultive ton jardin).

Pour en revenir au temps, à l’espace et à l’homme, dans la poésie maure, nous avons vu que les poètes ne font que refléter la vision sociale du temps. Certains ont voulu s’en libérer. Avec plus ou moins de réussite.

«dahr issighr u dahr istatfiil
vaat u vaat ezmaan etnahwiil
wakhbaar ellahwu dhiik il hiil
vaatit ulgivaane evlashwaar
ya lattiif illutf il jamiil
villi ‘agib dha min lakhbaar
seyr iddahr igallab lahwaal
layla layla u nhaar nhaar
lestiqbaal alla lestiqbaal
u lestidbaar alla lestidbaar
»

(le temps de la jeunesse et de l’ambiance/est passé, tout comme le temps de l’amour de la musique/et les choses qui meublaient le temps/sont passés les poèmes/ô Miséricordieux, belle miséricorde/dans tout ce qui suivra cet état/la marche du temps change les états/nuit après nuit, jour après jour/le devenir n’est rien d’autre que le devenir/la déchéance n’est rien d’autre que la déchéance)
 
La culture profonde de Chemad Ould Ahmed Youra, tout comme sa parfaite connaissance des textes (sacrés et profanes), lui permettent de faire le tour de la question sans bousculer les croyances et sans surtout oublier d’‘instrumentaliser’ le thème du devenir perpétuel pour ranimer la ferveur de l’homme soumis à la Toute-Puissance divine.

«msha yaamis maa ‘adhamnaah
e’la Llaah el hamdu liLlaah
wulyuum uura yaamis shifnaah
wuddahr ellaa dhakiivu taam
u dhaak issub’h ishviih u shuraah
wajnaabu dhuuk ishviihum laam
had il yuum u haadha mahtuum
viddahr ilaa zirg ittikhmaam
eddahr ella yaamis wu lyuum
wussub’h eddahr ethlet eyaam
»

(hier est parti sans en exagérer/devant Dieu son départ, Dieu merci/aujourd’hui après hier on le voit/et le Temps est comme cela/et demain est là-bas, qu’y a-t-il et quoi après/que réserve-t-il dans ses entrailles/si quelqu’un, et c’est fatal/médite le Temps aujourd’hui/le Temps, c’est juste hier, aujourd’hui/et demain, le Temps c’est trois jours)
Vous aurez compris que l’auteur est un poète des temps d’aujourd’hui.

En fait il s’agit d’un poème composé par Baba Ould Heddar, un virtuose du Verbe, issu d’une école particulièrement riche du sud-ouest mauritanien. Il s’agit là d’un esprit déjà gagné par la mondialisation et qui exprime – merveilleusement il est vrai – toute la problématique du Temps. Il exprime aussi toute l’universalité du poète maure. Mais pose le problème de savoir si après «demain», nous revenons à «hier»…

Ce poème nous rappelle quand même que nous aurions dû commencer par quelques remarques préliminaires. En fait comment appelle-t-on le Temps en Hassaniya qui est la langue parlée de l’espace Bidhâne ? Plusieurs mots : «eddahr», «ezzaman» sont certes les termes les plus usités. Des termes arabes qu’on a fini par étendre, altérer, circonscrire… Ils ne sont jamais simples à prononcer et sont toujours utilisés avec d’intenses sous-entendus. A telle enseigne que certains puristes religieux n’hésitent pas à les sanctifier, considérant que l’aspect ‘Eternité’ en ces mots en fait des attributs divins. Ou presque. Ils vont jusqu’à en interdire la stigmatisation comme dans «hadha eddahr etfu biih…» (maudit soit ce Temps…).

Au contraire, d’autres n’hésitent pas à trouver au temps une ‘largeur’ qui peut être plus… ‘longue que sa longueur’. On dit alors de quelqu’un qui a su remplir une vie : «umru a’radh min atwal» (sa vie est plus large que longue). Autre remarque qui se rapporte au refus du futur donc du temps qui avance. Si en Arabe classique, nous avons un temps qui correspond à un présent progressif, en Hassaniya le futur est à construire autour de la locution «laahi» qui donne «je vais». On croît aussi avoir reçu l’instruction de «travailler pour notre vie ici-bas comme si on devait vivre éternellement, et pour l’Au-delà comme si on devait mourir demain». Rien de tout ça ne nous dicte justement une autre perception du temps que celle qui en fait un ennemi avec lequel il ne faut pas compter.
 
La haine du temps n’est pas cependant systématique chez les poètes maures. Certains poètes – et pas n’importe lesquels – ont entretenu des relations plutôt ‘cordiales’ avec le temps qui passe. Ils ont plutôt exprimé de la joie à le voir changer.

«kelhamd illi manzal la’laab
dahru vaat u gafaat shaab
likhriiv u taavi ‘aad ish haab
il harr u varqet yaajoura
u vraq baass ilkhayl illarkaab
ilmin ha kaanit ma’dhuura
u khlat bard ellayl u lemdhal
waryaah issehwa mahruura
u khlat zaad igiliiw u dhal
ilkhayma hiya waamur
»

(heureusement que le temps de l’occupation des grandes dunes/est passé et que la saison des pluies hivernale recule/que les fortes chaleurs/ont baissé comme le souffle de l’harmattan/qui empêchait de monter les chevaux/prétexte pour les mauvais cavaliers/et s’est mélangé la fraîcheur de nuit et de jour/le vent du nord ouest a soufflé/et s’est mélangé l’air humide des marigots asséchés, l’ombre des tentes et celle des accacias). Le génie inégalé de Erebaane, un poète de l’Aftout, nous place dans une perspective, jamais explorée – du moins à ma connaissance – par les poètes de l’espace Bidhâne.

En général, on chante un lieu pour le moment qu’on y a passé, souvent aux côtés de la bien-aimée. Le lieu incarne alors l’amour impossible, le bonheur éphémère, le souvenir fugace… Il est, dans la lutte avec le temps, le prétexte de fixer un temps. De faire du temps un lieu. Une manière de le matérialiser de façon définitive. Chez Erebaane, c’est un temps qui est en lui-même la muse. Un temps qui n’est pas celui d’un homme du désert habituel. Le nomade maure ne trouve sa plénitude que pendant l’hivernage, période de pluies et de faste. Moment dans ce «temps cyclique» de bonheur : abondance (lait, viande…), abandon provisoire des grands déplacements, retrouvailles des campements, période d’amours par excellence…

Le Maure adore planter sa tente au-dessus de la plus grande et de la plus imposante des dunes. Il a une aversion naturelle pour les cuvettes, et surtout le fond des cuvettes. Notre poète Erebaane qui fait partie des génies du Trab el Bidhâne, chante justement le moment qui correspond au cycle qui voit les campements abandonner les dunes pour les cuvettes, à la fin de la période hivernale et au tout début de cet «automne» local où nous avons les prémisses d’une saison froide qui mettra du temps à s’installer. L’entre-deux saisons est un idéal pour le poète. Pas pour les beaux yeux d’une quelconque dulcinée, même pas pour un souvenir.
 
Pour le temps lui-même. Ailleurs, Erebaane ne manque jamais de s’en prendre violemment au «temps maudit qui te donne certes de beaux jours, mais te fais souffrir en d’autres jours» (…ghayr eddahr tfu biih/maa yahsan bayaam ‘la had/maa bayaam khra saa’ ‘liih).

Si la tendance des poètes du monde a été celle de pleurer hier, d’ignorer ou de mal supporter aujourd’hui et de craindre demain, le poète saharien y a ajouté une recherche constante d’amalgame et de mélange d’époques et de dates. Perdant la notion du temps. Refusant de se plier aux lois du temps qui avance. Campant définitivement dans le temps dont il a finalement fait un lieu, un espace.

Je répète donc que notre poète – de tous temps – n’a fait que traduire une conscience sociale qui nous façonne. Cette conscience est faite de négation du progrès (le temps n’avance pas), de refus du changement (le temps est la répétition du présent), et «d’annulation» de l’Histoire (le temps ne permet pas l’accumulation des expériences humaines).

En l’absence de notion de progrès, de changement et d’Histoire, la dynamique sociale est annihilée. Ne nous étonnons point de voir que l’espace est occupé par les mêmes personnes depuis plus d’un demi-siècle. Que ces personnes n’entendent pas se démettre. Que l’alternance est donc impossible. Nous dirons toujours que la demande social de changement n’existe pas parce qu’elle commence par l’exigence de renouvellement des acteurs, par la rénovation dans les lois du jeu (égalité, équité, transparence) et par la capitalisation effective de nos expériences passées. Autrement dit et avec plus de trivialité, nous dirons que ce dont nous souffrons aujourd’hui est d’abord cette relation avec le temps.

Mohamed Fall Ould Oumeïr

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)

Deux catégories de citoyens en Mauritanie

En Mauritanie, il y a deux catégories des citoyens pour ne pas dire des hommes. En effet, je suis étonné de voir que certains des citoyens, ne bénéficient pas de mêmes conditions que les autres ou de dire que les pays n’est pas géré de manière vaillante ; c’est-à-dire que peut être, chaqu’un où il est, n’est que son propre chef, ne rende compte à personne.
 Si ce, est le cas, il faudrait que l’Etat veille à cet état des faits. Mais au cas où l’état n’est pas au courant, je vais leur donner les informations qui vont suivre.
En  effet, dans les quartiers périphériques, on nous coupe l’électricité incessamment en nous donnant le délai de payement que de deux jours au plus et de moindre encore la veille des week ends alors et surtout que la majorités de ces habitants, ne sont pas payés depuis deux, trois voir plusieurs mois parce que, étant contractuels la plus part et n’ayant même pas encore payé leurs loyers de plusieurs mois à plus forte raison la facture.
En revanche, je vous (l’Etat) recommande d’abord de bien vouloir nous payer nos salaires mensuellement, de nous surtout donner nos augmentations de deux années passées comme je l’avais demandé dans un autre article intitulé Doléances en guise de lettre ouvertes et surtout de comprendre qu’à l’heure où j’écris ce message, on ne nous a pas payés pour le début de cette année encore alors que nous n’avons pas payé nos bayeurs (louer) et on  nous a coupé l’électricité étant en famille.
Etant au bout des nos moyens, ne connaissant pas quand  nous aurons nos salaires, autant donc la durée de cette coupure du courant. C’est pourquoi, je suis étonné par ces faits, et consterné par le fait que l’on ne se soucie pas de notre situation des contractuels  de l’Etat qui souffrent vraiment de ces salaires de misère et de retard incessant de chaque début d’année. 
Je recommande à monsieur le porte parole du président de la république, Ba Abdoulaye Mamadou, d’expliquer ce problème au président de la république, comme il l’a fait pour notre football national.

Sayre deh de Téthiane à Nouakchott

source cridem

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