Fin de nuit

La rencontre d’hommes et de femmes dévoués à la cause nationale et porteurs d’un projet politique à même d’offrir une alternative crédible, peut, théoriquement, conduire à la mise en place d’un cadre d’action organisé. Dès lors que ce projet politique se fixe comme objectifs prioritaires de pourvoir aux besoins essentiels de leurs compatriotes, de promouvoir la justice sociale parmi eux et de remettre le pays en état

de meilleur fonctionnement, on peut alors dire qu’ils ont fondé un véritable parti.

Par contre, si des tribus s’assemblent pour gérer l’Etat et défendre leurs propres intérêts, elles se transformeraient tout simplement en Loya Jorga, digne d’un Afghanistan, défaillant démocratiquement et cultivateur de particularismes ancestraux.

Et quand un groupe de personnes scellent un pacte pour piller l’Etat et transgresser les lois de la République, il sera qualifié, en jargon policier, de syndicat du crime économique.

Où se situe le Pacte National pour la Démocratie et le Développement (PNDD) par rapport à toutes ces variantes?

Le PNDD que nous venons de lancer, il y a à peine quelques semaines, se compose d’un spectre large comme l’envergure de l’Albatros.

Il y a ceux qui sont parmi nous pour rééditer les pratiques du système déchu le 3 août 2005, notamment les nostalgiques du régime de Ould Taya, qui veulent réduire l’Etat à un simple lucre. Une espèce de vache, juste bonne à traire sans toutefois se soucier de sa santé ou du devenir de ses veaux. Ils rêvent de pouvoir se partager les maigres ressources du pays ou à défaut mettre en marche la fameuse planche à billet. Cette catégorie prétend être incontournable dans ses bastions électoraux.

Il y a ceux qui cherchent la proximité du pouvoir pour se protéger et garantir leur ascension sociale, et ils sont nombreux.

Il y a ceux qui sont invisibles, confortablement assis dans le back-office et qui font tout pour étouffer toute velléité de changement et rendre les partisans du renouveau inopérants.

Enfin, il y a ceux qui ont misé sur le Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi pour ouvrir la voie à une démocratie apaisée, réelle et durable, sous-tendue par la moralisation de la gestion des affaires publiques, quitte à ce que cette œuvre prenne du temps.

Seulement, les champions du statu quo ont pesé lourd et les choses se sont déroulées suivant un agenda particulier.

Face à eux, il est de notre devoir, nous fondateurs du Pacte, et au-delà, tous les mauritaniens, soucieux de l’intérêt général, de tout faire pour que notre Parti ne soit pas un colosse aux pieds d’argile : un parti à l’apparence bien robuste, mais de constitution pathétiquement fragile. Un PRDS ressuscité, dopé et stimulé par la présence écrasante de ses ténors dans tous les rouages de l’Etat.

La Mauritanie a toujours souffert de la faillite de ses élites et de l’agressivité des sapeurs de projet de société. Aujourd’hui, elle a besoin de conseils, les défis étant nombreux. Ils sont liés à : l’insécurité grandissante, la hausse vertigineuse des prix des denrées alimentaires, la baisse du pouvoir d’achat du citoyen, le chômage qui touche de plus en plus les différentes catégories de cadres, la perte de repères et de valeurs d’une société en pleine mutation, ….

Seul un PNDD bien dosé, qui observe les équilibres en son sein, entre les forces du changement et celles de l’inertie, pouvait contenir la crise multiforme que nous vivons en cette période de vaches maigres. La crispation sur un personnel politique hors de son temps et dont certains ont été battus à plate couture dans leurs prétendus fiefs électoraux, relèverait de l’entêtement stérile et hypothéquerait l’avenir de cette formation, pourtant nécessaire au Président de la République dans la réalisation de son ambitieux projet pour la Mauritanie.

Les faits tels qu’ils défilent devant nos yeux risquent d’engendrer blocages et frustrations, qui à leur tour entraîneront des mécontentements, lesquels pourraient être violemment exprimés. Une telle évolution serait dramatique dans le contexte actuel.

Une vision politique et une éthique nouvelles sont donc nécessaires pour conjurer le mal. La vigilance est impérative car les malins génies sont déjà à l’œuvre. Ils font feu de tout bois. Ils dressent les uns contre les autres: arabes vs négro-mauritaniens, guerriers vs marabouts, vieille garde vs jeune garde…

Pis encore, les thuriféraires de l’ancien régime font croire au président Sidi que les adversaires de Ould Taya sont tous ses adversaires.

Pour toutes ces raisons, le changement promis par le candidat Sidi Mohamed Ould cheikh Abdallahi ne doit pas être une simple apparence : changer pour ne rien changer.

Il est alors grand temps que nous psalmodions ensemble : Welleyli idha adbara. Fin de Nuit!

Ely Ould SNEIBA 

 

 

 

 

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