Ahmed Ould Daddah: «Nous avons des doutes sur la volonté de dialogue du pouvoir mauritanien»

Mercredi, après seulement trois jours de discussions, la Coordination de l’opposition démocratique (COD) a suspendu sa participation au dialogue avec le pouvoir en Mauritanie. Un dialogue inédit, après un blocage politique de quatre ans.

En cause, un désaccord sur la date de la tenue des élections législatives et municipales, reportées plusieurs fois et actuellement prévues pour le 23 novembre 2013. Quel est l’avenir de ce dialogue ? L’opposition acceptera-t-elle de participer à ces élections ? Eléments de réponse avec Ahmed Ould Daddah, le président de la COD, au micro de Florence Morice.RFI : La coordination de l’opposition démocratique a décidé de suspendre son dialogue avec le pouvoir, trois jours seulement après le début de ce dialogue. Pour quelle raison ?

Ahmed Ould Daddah : Cela fait deux ans que nous n’avons plus un Parlement légal et du jour au lendemain le pouvoir décide de convoquer des élections. La procédure qu’il a utilisée était méprisante. La délégation qu’il représentait a présenté un petit bout de papier, dans lequel il était dit que la Coordination de l’opposition va participer à des élections qui seraient reculées de deux semaines. Cette proposition en elle-même est, en quelque sorte, une provocation, parce que la question n’a jamais été le délai des élections, mais de voir les conditions démocratiques dans lesquelles devraient se dérouler ces élections.

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Est-ce que vous croyez à ce dialogue ?

Nous avons beaucoup de doute sur la volonté politique de dialogue de ce pouvoir. Et malheureusement, il ne nous a pas déçus. Il a été méprisant. Il voulait nous mener comme une unité militaire. Et il a mis fin rapidement lui-même par son agissement, à cette première phase dialogue. Et le secrétaire général des Nations unies, apparemment est très mal informé puisqu’il a félicité le gouvernement mauritanien pour son ouverture à l’opposition. Je veux bien croire que le secrétaire général des Nations unies voulait peut-être encourager le gouvernement mauritanien à aller à un vrai dialogue. Pour ce qui nous concerne, nous n’avons jamais renoncé au dialogue, nous ne renoncerons jamais au dialogue, parce que c’est la seule voie fiable. Nous ne voulons pas suivre ce gouvernement sur la voie par laquelle il mène le pays vers le chaos.

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Quelles garanties attendez-vous ?

Nous avons connu, avec ce régime, beaucoup de passe-droits et beaucoup de manipulations des élections. Ce que nous voulons c’est que les élections respectent la volonté des électeurs, que chaque voix soit enregistrée comme telle, et que des voix ne soient pas passées à la trappe, comme cela arrive, et qu’on ne nous crée pas des bureaux mobiles et des électeurs fantômes.

Si ces conditions ne sont pas réunies vous boycotterez ?

Bien entendu ! Je parle ici au nom du Rassemblement des forces démocratiques. Nous avons été trop souvent malmenés par des élections qui n’ont de démocratique et de transparent que le nom. Nous aujourd’hui, nous sommes décidés à aller seulement dans des élections qui soient consensuelles, dans lesquelles les voix sont comptées. Dans lesquelles aussi, les pouvoirs publics n’abusent pas des ressources publiques. Ce sont des propriétés de la collectivité nationale dans son ensemble et elles ne doivent pas être des outils de manipulation de l’électeur.

La Coordination de l’opposition est un peu divisée sur cette question. Est-ce que la COD pourrait se fissurer ?

La Coordination est d’accord sur les conditions de transparence. Maintenant, il se peut que tel ou tel parti, tout en continuant à exprimer son attachement aux conditions en question, veuille aller dans des élections pour des raisons qui le concernent. Pour le moment, la Coordination de l’opposition dans son ensemble reste unanime, sur la nécessité d’élections honnêtes, transparentes et aux conditions consensuelles.

Cela signifie que si les conditions n’évoluent pas vous n’irez pas non plus à l’élection présidentielle ?

Toutes les élections doivent obéir aux mêmes règles. Et dans le cas de la Mauritanie, qui est sous un régime militaire depuis 1978, il est essentiel que nous arbitrions nos différences par des processus démocratiques. Autrement, il risque d’y avoir ce qui se passe ailleurs, et malheureusement, dans notre sous-région que cela soit arbitré par la violence et par l’instabilité. Je dis ça, en étant le chef d’un parti qui a toujours été pacifique, mais en même temps, conscient des risques que nous courons et conscient aussi que nous sommes dans une zone où malheureusement la violence a fait très souvent parler d’elle.

Je repose ma question : si les conditions restent celles qu’elles sont, irez-vous à l’élection présidentielle ?

Il y va de l’élection présidentielle exactement comme des élections législatives et municipales. Si les conditions de transparence ne sont pas réunies, l’élection n’a pas de sens.

→ A(RE)LIRE : Le président mauritanien remanie son gouvernement pour préparer les législatives

Comment, dans ce cas, espérez-vous peser sur la vie politique de votre pays ?

Nous faisons ce que font les partis démocratiques. C’est-à-dire que nous nous exprimons par des déclarations, par des déclarations, par des manifestations pacifiques, et nous continuerons à utiliser tous les moyens démocratiques, pour arriver à des élections honnêtes, libres et transparentes.

Par Florence Morice

 

 

Source :  cridem via  Radio France Internationale


Mauritanie: désaccord sur le report des élections, le dialogue pouvoir-opposition suspendu

Le pouvoir et l’opposition en Mauritanie ont suspendu mercredi leur dialogue sur l’organisation des élections législatives et locales de novembre, à la suite d’un désaccord sur la durée du report de ces élections, a appris l’AFP auprès des deux parties.

Le pouvoir nous a suggéré aujourd’hui un report des élections de 15 jours seulement, nous l’avons rejeté et nous nous sommes séparés sur un désaccord avec l’espoir de voir les choses évoluer dans les 24 heures, a affirmé Mohamed Ould Moloud, négociateur en chef de la Coordination de l’opposition démocratique (COD, une dizaine de partis).

Selon lui, le pouvoir doit suspendre son agenda unilatéral et faire du report la conséquence d’un accord politique sur les conditions nécessaires pour des élections consensuelles et apaisées et non le contraire.

Nous avons besoin d’un temps suffisant pour parachever le recensement qui doit atteindre un niveau acceptable, auditer le fichier électoral, amender les lois afférentes au vote, a-t-il ajouté.

Un membre de la délégation du pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz a affirmé que la proposition d’un report de deux semaines était posée dans le cadre d’un dialogue appelé à se poursuivre.

Aucune indication n’a été donnée sur l’éventualité d’un nouveau rendez-vous pour la poursuite de concertations qui viennent de subir leur premier accroc depuis leur lancement lundi.

Ces pourparlers sont les premiers entre les deux parties après des années de rapports conflictuels.

Lundi, un des chef de la COD, Jemil Ould Mansour du parti islamiste Tewassoul, avait indiqué à l’AFP que le report du scrutin devait être débattu.

Mercredi matin, le porte-parole de la délégation du pouvoir, le député Sidi Mohamed Ould Maham, avait indiqué à l’AFP que les deux parties avaient largement discuté de plusieurs questions, citant l’organisation matérielle des élections, les organes de supervision électorale, la neutralité de l’Administration et la supervision politique du processus.

La COD menaçait de boycotter les élections législatives et locales jusqu’à ce qu’elles soient décalées d’octobre à novembre pour permettre à l’opposition d’y participer, selon une source officielle.

Le premier tour de ces élections a ainsi été fixé au 23 novembre, un éventuel second tour au 7 décembre.

source CRIDEM



Rosso : Campagne avant l’heure

Aziz n’a pas attendu le lancement officiel de la campagne pour ratisser le terrain ; déjà ses ministres sillonnent le pays pour des missions qui ne sont que de façade.

Le ministre de la pêche et de l’économie maritime était à Rosso hier en compagnie d’une forte délégation. Officiellement il est venu pour s’enquérir des problèmes de l’enrôlement.

Il a tenu une réunion avec les populations à la maison de la femme, en présence des autorités administratives et sécuritaires de la wilaya. Le leitmotiv de toutes les interventions était le paiement de mille ouguiya pour récupérer la nouvelle pièce d’identité. Une vieille dame vendeuse de cure dent  a dit qu’elle est incapable de récupérer sa pièce car les revenus journaliers ne couvrent même pas les besoins alimentaires de sa famille. D’autres ont évoqués le problème de la justice car souvent pour certains papiers ( certificats de décès, mariages etc…) l’état civil les renvoie au tribunal et là c’est un véritable parcours du combattant on a l’impression qu’il y’a une volonté délibérée de blocage . ou c’est le procureur qui n’est pas là, pendant l’hivernage le tribunal fonctionne par intermittence, ou c’est le juge. Ce qui est sûr pour faire signer le moindre papier il faut s’armer de beaucoup de patience.

Malheureusement cet état de fait est récurrent à Rosso, et d’ailleurs un des intervenants le soulignera, je le cite « on dirait que dans ce pays il n y a pas une administration centrale , ce qu’on nous dit est impossible à Rosso on l’obtient à Atar, et ce qui n’est pas valable a Kaédi est validé à Zouerate »

Mais  le ministre a manqué de décence , alors que l’intervenant posait le problème il est sorti pour répondre au téléphone sans s’excuser au préalable ; a son retour il était en discussion avec le wali alors que l’on posait le cas d’une femme qui à décédé  suite à un accouchement ; cette attitude desinvolte  prouve si besoin était que nos gouvernants se soucient  peu des problèmes du mauritanien lambda mais qu’ils sont là pour faire réélire le Boss et tout le reste n’est que de la poudre aux yeux. N’empêche  façonné par vingt ans de suivisme aveugle il n’est pas facile de se départir de certaine attitude nocive. La plupart des intervenants (rescapés du PRDS, jeunes en quête de promotion, fossiles politiques) ne cessaient de faire les louanges du Président et de son gouvernement, certains sont allés jusqu’ à dire que la Mauritanie n’a existé qu’avec Aziz et avant lui c’était le néant. Comme au temps de Maouiya  on applaudis à l’évocation du nom du président  on lance des youyous  et les plus zélés vont jusqu’à crier « Nasssara hou Allahou ».

Il faut reconnaitre qu’à l’actif du président  un bilan acceptable que même ses irréductibles   adversaires lui concèdent mais est ce une raison de l’ériger en demi dieu ?

 



Rosso : Journée de concertation autour du ballon rond


Dans le cadre des nouvelles orientations  pour réorganiser et développer le football au Trarza, la ligue régionale a organisé le samedi 21 Septembre dans les locaux de la maison des jeunes une grande journée de concertation.

Depuis son élection le 27 aout dernier, Sidi Bouya et son staff mettent tout en œuvre pour sortir le football Rossossois de sa léthargie ; et pour ce faire il a annoncé la couleur le jour de son élection, il tend la main à tous  et que c’est un chantier titanesque qui l’attend.

C’est pourquoi lors de cette journée tous les acteurs de la discipline et tous ceux qui de près ou de loin  ont à faire avec le foot étaient là. Dans son discours d’ouverture Sidi Bouya  a présenté son plan d’action et les objectifs que s’est fixé la ligue pour la saison 2013-2014.

Les différents intervenants  ont mis l’accent sur le fait que  le football à Rosso est malade de ses dirigeants. Les anciens  entraineurs, joueurs et encadreurs, qui  ont fait les beaux jours du football Rossossois et qui l’ont porté au sommet n’avaient comme moyens que leur motivation.

A cette époque la fédération ne recevait aucune subvention  et  on se débrouillait avec les moyens de bord et pourtant  Rosso était la référence.

Aujourd’hui que les moyens sont disponibilisés (même s’il faut il est vrai relativiser) Rosso est à la traine pourquoi ? et pourtant les compétences bref les ressources humaines (entraineurs, encadreurs joueurs) même si les infrastructures n’y sont pas.

Le fait est que le sport roi est fortement politisé  au point que les dissensions  politiques rejaillissent sur le plan sportif.

Un appel solennel a été lancé pour que les différents protagonistes fassent  preuve de dépassement et fassent taire leur ego et que tout le monde mette la main  à la pâte pour sortir le sport du gouffre.

Dans ce sens une commission de sage a été créée  pour faire un travail en amont, ce travail sera restitué à l’assemblée lors d’une prochaine séance pour amélioration



Contentieux autour de la carrière à Dieuk


Une réunion houleuse s’est tenue dans le bureau du maire  étaient présents  les représentants de la société espagnole « CARIJA » chargée de la réfection du tronçon Rosso-Boumbry, Fatah Gaye, ancien député , conseiller municipal et cadre du village de Dieuk, Mohamed Abderrahmane Haidara  chef de service régionale du ministère de l’équipement,  du DIRCAB du maire El hadj Mbodj, du secrétaire général de la commune Cheikh Ould Sehle.

Le maire, ouvrant la réunion a souhaité la bienvenue à ses hôtes et leur a souhaité bon séjour dans le pays et dans la commune.  Apres les préambules on est entré dans le vif du sujet, qui portait sur l’exploitation d’une carrière à cinq cents mètres du village de Dieuk ; le maire a laissé entendre qu’il a été saisi par les villageois qui étaient très remonté  et qui prévoyaient même un sit in dans la carrière pour montrer leur mécontentement il leur a demandé de surseoir à cela.

Prenant la parole Fatah Gueye s’est dit très surpris que l’on vienne exploiter une carrière dans l’espace vital d’une collectivité sans que cette dernière en soit avisée pire même la commune n’a pas été informée alors que c’est  sur son territoire. au nom de la collectivité il a transmis au maire et à l’assemblée l’indignation des habitants et leur ferme détermination de ne pas se laisser faire.

Le  chef de service régionale du ministère de l’équipement lui dira que l’utilisation des matériaux pose toujours des problèmes avec les collectivités, c’est pourquoi avant après identification du site ils ont saisi le wali qui a constitué une commission et c’est avec l’aval de cette commission que l’exploitation de la carrière a démarré. Mais la faille  dans son raisonnement  est que la commune a été royalement ignoré dans la démarche ce qui ne manquera pas de relever  le Dircab du maire, qui au passage rappellera que toute exploitation sur le territoire communal est passible de taxes  ; à titre d’exemple le camion qui prennent le sable payent une taxe de cinq cent ouguiya . bref chacun campait sur ses positions et argumentait avec force, l’ambiance devenait électrique. Alors le maire reprenant la parole essaie d’arrondir les angles en proposant de voir dans la mesure du possible comment dédommager la collectivité. Des pistes de solutions ont été retenues et apres la reunion , les belligerants se sont rendus sur le terrain. Là un lac géant était là( voir photos) et les habitants du village sur place nous ont confié leur crainte car les espagnols , les chinois avait eux aussi laissé une carriere derriere eux qui pendant l’hivernage s’est remplie d’eau dans lequel  deux enfants se sont noyés. Interpelés à ce sujet le chef de service régional du ministère de l’équipement a dit qu’un gardien a été recruté  pour  prévenir ce genre d’accident

 



Droit de reponse

 

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Suite a l’article paru sur Cridem et intitulé « MPR Rosso : comme d’habitude, ceux qui ont trahi la bonne cause !», M. Ba Isma Kalidou a fait la déclaration suivante au nom de son groupe (Oumoul Khairy mint Ely, Abbas Diallo, Maimouna Abdallahi, Ely Ba, Mahmoud Sy, Demba Mbodj, Aboubakry Diop, Mariem mint Ely, Coumba Traoré, Demba Traoré) : « je suis conseiller municipal a la commune de Rosso, président de la commission de Demal Deuk, commission fondée depuis 1983, je suis également membre de la commission de l’enrôlement.

Je tiens à faire un démenti formel mon groupe et moi. En effet nous avons rallié le MPR en 2010 mais nous avions à l’époque posé des conditions ; or pendant trois ans nous avons travaillé avec nos propres moyens sans le moindre sou du parti. Et puis avant de quitter nous avons tenté de discuter avec les membres du parti mais la discussion a tourné court et  nous avons décidé de rallier l’UPR.

Les raisons  qui nous ont poussé à rallier  l’UPR  ne sont pas mercantiles comme l’affirme l’article.

Le problème de Demal Deuk est fondamental pour nous ; tous nos efforts vont dans le sens de sortir notre quartier de la précarité et pour ce, nous ne ratons aucune occasion de poser le problème a toute autorité de passage a Rosso. Et lorsque le président Aziz est venu à Rosso nous lui avons soumis le problème avec des pistes de solutions et il nous a donné entière satisfaction. En plus nous avions une liste de quatre cent cinquante sept omis et le président a tout réglé. Et c’est suite à cela que nous avons décidé de rallier l’UPR et de soutenir le président dans son entreprise de construire un état moderne, que cela déplaise à nos compagnons d’hier ou non nous, nous cherchons à développer notre quartier, notre ville et au delà notre pays.

J’ai fait plusieurs années dans l’opposition et ce n’est pas pour le plaisir de s’opposer mais c’est par principe ;  les raisons invoquées par nos détracteurs n’ont aucun fondement sauf de vouloir nuire.

Le combat politique est un long chemin semé d’embuches et des coups bas de ce genre ne nous surprennent pas..

Ba Isma Kalidou



Le collège de Rosso 1 sera-t-il reconstruit ? – [PhotoReportage]

Par lettre visée en référence, vous nous avez fait part de l’état critique des salles de classe du collège n°1 deRosso qui pourraient constituer un danger pour la vie des élèves et du personnel d’encadrement et d’enseignement.

Dans ce cadre, j’ai l’honneur de vous informer qu’une mission conduite par le Directeur des Bâtiments et Equipements au sein de mon Département s’est rendue sur le site le 10 mai 2013 à l’effet d’une expertise des ouvrages et de proposer des solutions idoines pour pallier ainsi aux désagréments causés par leur dégradation.

Il ressort de son constat la nécessité de reconstruire les bâtiments du Collège qui ne respectent strictement aucune norme minimale de confort, d’hygiène et de sécuritéEn conséquence, j’ai instruit mes services compétents à l’effet de prendre les dispositions nécessaires pour la reconstruction de ce Collège dès que les locaux seront libérés.

Ceci est la lettre 181/ 2013 / MHUAT adressée au ministre délégué auprès du ministre d’Etat à l’Education Nationale chargé de l’enseignement secondaire. C’était à propos du Collège de Rosso 1 où durant toute l’année scolaire 2012-2013 plusieurs centaines d’élèves ont étudié dans des salles délabrées avec des étais pour soutenir un plafond qui menaçait de s’écrouler.

A l’époque Cridem a attiré l’attention des autorités en publiant un article intituléCollège de Rosso 1, chronique d’une catastrophe annoncée. Il a fallu attendre le mois de mai pour qu’une mission vienne constater l’état de l’établissement.

De fait le collège de Rosso 1 a composé avant tous les autres établissements de la région ; les épreuves du BEPC et baccalauréat qui devaient s’y dérouler ont été délocalisées à l’école Mairie mais trois mois après que les locaux soient libérés il n’y a pas eu le moindre signe du démarrage des travaux de réhabilitation.

A quelques semaines de la rentrée, voilà qu’un des bâtiments délabrés a rendu l’âme. Rendons grâce à Dieu, le bâtiment ne s’est effondré en pleine année scolaire car au collège les effectifs sont généralement de plus de 100 élèves par classe.

Après ce bâtiment ce sera bientôt le tour des classes où les étais soutiennent les plafonds depuis octobre 2012. A moins de 5 semaines de la rentrée, on est en droit de se demander dans quelles conditions le collège de Rosso 1, le plus grand établissement secondaire du Trarza va démarrer.

Djigo Aboubakry

Avec Cridem, comme si vous y étiez…



.Et Mandela répond à son frère d’Afrique du Nord 17 ans après

Mr Mandela « Mandiba »

Ancien président d’Afrique du Sud

Prix Nobel de la paix 1993
A Monsieur Ibrahim Moktar Sarr
Président d’AJD/MR

Chers frère noir d’Afriquedu Nord j’ai bien reçu votre lettre, nous étions trop pris par l’exercice du pouvoir et ce qui suit car l’Afrique du Sudavait plus que besoin de notre présence physique et moral. Mais ce fut un immense plaisir pour nous de recevoir votre lettre. Aujourd’hui dans mon lit d’hôpital j’ai eu enfin le temps de vous répondre et d’apporter aussi quelques petits conseils au combat que vous mener.Nous avons commencé jeune ce combat que nous avons hérité de nos parents. Nous nous sommes donné corps et âmes avec toute la détermination que cela requiert. La fougue de l’adolescence s’y est ajouté l’empressement nous a conduit à commettre des actes de vandalisme pour ne pas dire terrorisme au nom de l’ANC.

Cela nous a valu les remontrances des nos ainés mais aussi a servi d’alibi à nos oppresseurs pour nous mettre en prison 27 années durant. Nous n’avons cependant pas abandonné ni notre combat ni la dynamique de notre mouvement au sein duquel certains leaders m’ont reproché le manque de tact. Nous sommes amélioré, refais, reconstruis puis repris le combat de nos cages et nous avons continué, encore continuer sans jamais s’arrêter mais surtout en suivant notre ligne de conduite.

Nous avons appris peu de chose de la Mauritanie et de l’apartheid qui y réside mais nous constatons que nos frères noirs de l’Afrique du Nord manquent de détermination et de constance dans leur combat et surtout d’inspiration dans leur vision.

L’ANC que nous avons hérité est la mère des mouvements de lutte noire enAfrique mais elle n’a jamais été reconnu, ni accepté par le pouvoir en place dans notre pays et pourtant il m’a été donné de savoir que l’Action pour le Changement dont vous étiez le secrétaire général a pris fin le jour qu’il a été dissout par le pouvoir à l’époque comme si toute votre action dépendait de la reconnaissance par le pouvoir.

De 1912 a 1992 l’ANC a existé malgré la répression mais l’AC n’a pas vécu plus de 10 ans sans la moindre répression et les dirigeants se sont séparés comme s’ils priez d’être dissout par le pouvoir. La différence avec l’ANC c’est que chez nous, nous avons compris que le plus important est nos objectifs communs mais pas nos égos.

Nous avons constaté la même erreur avec les FLAM, avec qui vous avez rédigé le manifeste des negro-mauritaniens opprimés. Votre compagnonnage n’a pas duré et si j’ai une observation à faire de ce manifeste est qu’il présente certes toutes les souffrances de votre peuple noir d’Afrique du Nord mais je me demande à qui il est destiné.

Car nous n’avons jamais attendu du pouvoir d’apartheid qu’il nous libère mais nous avons juré de nous battre jusqu’à être libre car un freedom ne se gagne pas à la loterie et il y’a une grande différence entre un mouvement de lutte et un syndicat.

Je constate alors que nos camarades noirs d’Afrique du Nord comptent beaucoup sur l’oppresseur alors que cela ne devrait pas être le cas. Il faut faire face a vos problèmes et refuser l’oppression jusqu’à ce que l’oppresseur soit obligé de reculer.

Apres plusieurs années de dictature la Mauritanie a vécu un coup d’Etat que certains qualifient de salutaire même si le coup d’Etat n’est jamais la meilleur solution.

Vous avez créé un parti politique, vous étiez candidat à une élection présidentielle transparente où vous avez d’ailleurs obtenu un bon score malgré que 16 mois après le premier président démocratiquement élu de votre pays a été victime à son tour d’un coup d’Etat.

Vous avez alors pris acte (cautionné) et accepté de participer à des élections dont l’objectif et de légitimer le coup d’Etat. l’ANC n’aurais jamais accepté de participer à des élections sans que toutes les conditions de transparence ne soient établies.

Nous avons appris ces derniers mois que vous avez rejoint le pole des partis proche du pouvoir. Ce même pouvoir qui n’a entrepris aucune politique allant dans le sens de changer la situation de votre peuple. Ce pouvoir n’a jamais fait d’effort allant dans le sens d’établir la vérité sur les exactions effectuées pendant les années 90 et n’a jamais montré sa détermination à faire appliquer la loi criminalisant l’esclavage dans votre pays….

Je me passerais de beaucoup d’autres exemples qui vont à l’encontre de la ligne de conduite de l’ANC. L’ANC an sein duquel nous avons milité a refusé tout compromis avec le pouvoir d’apartheid sans le respect complet des droits des noirs dans notre pays. Dans mon lit je me permets de vous donner quelques conseils d’un vieux sage qui attend sereinement son dernier souffle.

- Il ne faut jamais faire de compromis avec l’oppresseur sans avoir la certitude qu’il y’a une véritable volonté de respecter sa parole.

- Apprenez à oublier votre personne si vous décidez de mener un combat pour votre peuple car le peuple est plus important que l’intérêt personnel.

-Ne pleurer plus jamais si on se s’en prend à vous mais battez-vous car cela constitue votre seul salut dans ce bas monde. Un combat comprend des moments où tout le monde vous lâche et un moment ou tout le monde vous accompagne.

Vous avez mon cher cadet d’Afrique du Nord certes beaucoup de détermination mais vous manquer de mobilité. Votre peuple dans le plus profond de lui-même manque de vous comprendre. Pour souligner l’importance de ce fait, chez nous ce ne sont pas quelques dirigeants de l’ANC qui ont fait notre combat mais des femmes et enfants venus de tous les horizons de l’Afrique du Sud.

Personne ne peut mener un combat et le gagner pour un peuple inerte. Aller voir votre peuple et faites tout pour qu’il vous suit car seuls ceux qui sont accompagnés sont des leaders les autres se débattent et s’agitent dans le vide. Je finirais par vous adresser mes vivent salutations et mon soutient absolu mais sans oublier de vous exprimer tout mon optimisme quant à une suite heureuse dans l’immédiat de votre quête de « freedom ».

Johannesburg le 19 Juillet 2013

Dr Ousmane Sy
Source : Plein RIM



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Il y a 17 ans Ibrahima Moctar Sarr écrit à Nelson Mandela

Ibrahima Sarr

Secrétaire Général de
Action pour le Changement
Nouakchott
Mauritanie

A
Monsieur Madiba Rohlilahla
Alias Nelson Mandela Président
de la République de l’Afrique du Sud
Prétoria

Madiba,
Je formule le vœu que, celui qui aura la charge de te transmettre cette lettre mesure l’intérêt pour moi et pour tout un peuple ; qu’elle te parvienne et que tu la lises personnellement afin que tu te rendes compte encore une fois, combien tu as raison.

Celui qui t’écrit ces lignes a «bu» UN LONG CHEMIN VERS LA LIBERTE. Il ne t’a que trop compris.

En effet Madiba, même si tu refuses par modestie de te rendre à l’évidence, comme un prophète de notre temps, c’ est toi que DIEU le TOUT Puissant a envoyé pour libérer le peuple sud-africain de la misère humaine dans laquelle l’avait plongé l’intolérance.

Je te tutoie sans effort, Madiba, car ta geste m’a redonné espoir et à chacune de tes lignes, j’ai cru que tu écrivais pour moi, comme tu vas t’en rendre compte. Oui, les Walter et Kathy ont eu raison de te demander de rédiger cette autobiographie. Toi seul pouvais le faire avec autant de sensibilité, autant de simplicité et d’amour du pardon ; mais aussi, avec autant de haine pour l’injustice et l’intolérance.

Je suis né en 1949, trente ans après toi, ma deuxième arrestation a eu lieu le 04 septembre 1986, vingt-deux ans après ta dernière arrestation. J’ai fait seulement le 7è de tes années de prison, c’est-à-dire 4 ans.

En 1974, j’avais été surpris par la police pendant que j’apprenais à lire et écrire dans ma langue maternelle. Alors, j’ai été jugé et j’ai bénéficié d’un non-lieu. Pour ma deuxième arrestation cette fois-ci, j’ai été d’abord enfermé dans la prison civile de Nouakchott où nous avons connu, mes camarades et moi, une période de réclusion totale. Quelques mois avant cette arrestation, une délégation de l’ANC (African National Congress) était à Nouakchott dans le cadre de la popularisation de sa lutte. Tout en la soutenant et devant les autorités mauritaniennes, nous avions crié haut et fort dans la salle : «Dites aux frères noirs d’Afrique du Sud, que l’apartheid existe aussi chez nous !». Nous avions aussi lancé le slogan « Libérez Mandela ! ». La police nous chassa et nous transformions notre débandade en manifestation dans les rues de Nouakchott.

Nous n’avions pas été arrêtés pour avoir créé comme toi, une branche armée des FLAM (Forces de Libération Africaines de Mauritanie). Nous avions seulement rédigé «le Manifeste du Négro Mauritanien Opprimé» : un solide réquisitoire contre la domination des maures blancs (Beydane) sur l’ensemble des noirs de Mauritanie. Nous avions été arrêtés par des Beydane, gardés par des Beydane et jugés par des Beydane et nous étions tous des négro-africains. La sentence maximale pour un tel délit : cinq ans de réclusion totale avec interdiction de séjour dans les principales villes du pays pendant dix ans, en plus d’une amande de 100.000 Ouguiya soit, à l’époque, 1.500 Dollars.

Après un an et demi passé dans la prison de Nouakchott, nous avons été parqués comme des animaux, dans un camion remorque pour parcourir 1.300 Km vers le Nord-Est, dans la région la plus inaccessible du pays. Le Fort de WALATA qui a été rebaptisé par la presse internationale « Mouroir de Walata » a vu périr quatre d’entre nous dont un ancien Ministre, DJIGO TAFSIROU et le célèbre écrivain poète TENE YOUSSOUF GUEYE, qui était par ailleurs mon beau-père et ami. Tous ces décès dus aux mauvais traitements et une mauvaise alimentation ont eu lieu en l’espace de 8 mois seulement, après notre arrivée au fort.

Devant la réaction de la Communauté internationale et les ONG des droits de l’Homme d’une part, et l’emballement de la presse de l’autre (presse qui annonçait au fur et à mesure les décès, parfois sans fondement d’ailleurs, comme par exemple ma propre mort, provoquant ainsi un grand émoi parmi mes confrères journalistes africains qui me connaissaient bien), le Gouvernement s’est vu obligé de nous transférer à un endroit plus clément et plus accessible à près de 900 km de Nouakchott, au Fort de AIOUN EL ATROUSS. Mais, à cette même période, un grand drame attendait notre peuple. A la faveur d’un conflit avec le Sénégal, pays voisin accusé par l’Etat mauritanien de supporter notre cause, notre pays fut plongé dans une épuration ethnique sans précédent où la police à côté de groupes de Beydanes racistes massacra des centaines de noirs, tout en déportant plus de 60.000 autres vers le Sénégal et le Mali. Après la défaite de Saddam Hussein dont il était parmi les rares soutiens à travers le monde, le gouvernement mauritanien fut enfin obligé de nous libérer après quatre années de détention. La Mauritanie était en ce moment isolée diplomatiquement.

Madiba,
Moi aussi je suis né dans un petit village au bord du fleuve. J’ai connu les mêmes joies d’une enfance sans soucis, une enfance de liberté malgré la rigueur d’un père très fier et autoritaire, un vieux rescapé de la première guerre mondiale qui nous a malheureusement quitté très tôt. J’ai été à l’école des blancs après l’apprentissage de quelques versets du Coran et l’initiation par la circoncision au village presque dans les mêmes conditions que tu as merveilleusement décrites. Comme toi, j’ai eu un premier mariage qui m’a donné deux filles. J’ai connu un deuxième mariage avec la fille de TENE YOUSSOUF GUEYE, qui a dû supporter toute seule les années difficiles de mon incarcération comme le faisait en son temps WINNY MANDELA.

Je suis journaliste de RADIO et TELEVISION, et c’est moi qui ai fait démarrer les premières émissions de Télévision de Mauritanie pour être le premier journaliste mauritanien formé dans ce domaine à L’Université de DAKAR (Sénégal). J’ai connu beaucoup de gloire dans ce métier en Mauritanie et à travers le monde où mes différents reportages ont pu me conduire. Ainsi, avant mon arrestation, en plus de l’Afrique, j’ai visité l’Europe, l’Amérique du Nord (USA, CANADA) et l’Asie (COREE DU SUD). J’ai également eu beaucoup d’amertume du fait de la politique raciale de mon pays qui m’empêchait de m’exprimer comme je pouvais et surtout, devais le faire.

Moi aussi j’ai connu en prison ces moments d’angoisse et de tristesse mêlés à un certain sentiment de culpabilité, quand je pensais à ma vielle mère, restée toute seule au village, sans assistance. Et je me suis posé les mêmes questions que toi : avais-je raison de l’abandonner ainsi en me consacrant entièrement à la lutte pour la libération du peuple, elle et mes filles qui n’ont presque pas connu leur père ?

A ma libération, je suis allé la voir au village. En route, je priais DIEU de faire en sorte qu’elle soit la première à me voir et me serrer dans ses bras (chez nous cela est permis). Quand je suis arrivé dans notre concession personne n’avait remarqué ma présence ; il faisait nuit et le village dormait. Ma mère elle, ne dormait pas elle était assise face à l’Est, comme dans les moments de prières pour les musulmans. Lorsque je l’ai approchée et décliné mon identité, elle a simplement appelé les voisins au secours exactement comme l’avait ta maman qui t’avait pris pour un fantôme à ton retour de clandestinité! Dix minutes après, tout le village a dansé jusqu’au petit matin, pour le retour du mort parmi les vivants…

Malgré l’amnistie décrétée par le gouvernement qui éteint ainsi tout notre passé délictuel aux yeux de la loi, et malgré la décision du chef de l’Etat le Colonel MAOUIYA, responsable en chef de toutes les exactions décrites, de faire revenir le pays à un régime civile après une parenthèse de 12 ans de dictature militaire, ma situation administrative comme celle de tous mes anciens camarades de prison n’a pas changé. Nous n’avons pas été réintégrés dans nos fonctions respectives. Nous n’en continuons pas moins notre lutte par les moyens qui sont à notre disposition. En fait, la démocratie amorcée depuis 1991 et qui a permis à MAOUIYA de se faire élire par la force et la fraude, appuyé par les puissances occidentales qui ont des intérêts solides dans la pêche et les mines de Mauritanie, cette démocratie donc, ne nous donne que la «liberté» de dire tout haut, ce que nous avions écrit dans la clandestinité et qui nous avait valu la prison et la mort en détention.

Le mouvement que nous avions créé en 1983, les FLAM (Forces de Libération Africaines de Mauritanie) est une fusion de trois autres organisations clandestines : l’UDM (Union Démocratique Mauritanienne) que certains amis et moi-même avions mis sur pied en 1979, l’ODINAM (Organisation pour la Défense des Intérêts des Négro-africains de Mauritanie) et le MPAM (Mouvement Populaire Africain) qui sont des dissidences de l’UDM. Les FLAM ont connu les mêmes dissensions internes, et les mêmes tentations aux extrêmes que l’ANC dans ses rapports avec le P.C le PAC ou Conscience Noire.

Moi aussi j’ai combattu ces tentations dans les rangs du mouvement. Je me suis opposé à des actions que j’estimais suicidaires. J’ai refusé de cautionner une grève de la faim en prison exactement comme tu l’avais fait.

C’était pour ma part beaucoup plus pour des raisons religieuses. En tant que musulman je considérais que nous n’avions pas le droit de détériorer volontairement notre santé ce qui peut entraîner la mort et constituer ainsi un suicide, chose que l’Islam proscrit.

En lisant ton autobiographie, j’ai mesuré ton courage qui frise la témérité. Moi je ne suis pas assez courageux à mon goût.

Je trouve que souvent la chance sinon la protection de DIEU a été au rendez-vous avec toi.

D’après ton récit tu n’as jamais été physiquement brutalisé par les geôliers. Lorsque à WALATA un des nôtres qui protestait contre les chaînes que nous portions aux chevilles et qui nous écorchaient la peau, a dit au commandant du Fort que cette situation lui rappelle la traite négrière, il a été ligoté et couché sur le ventre et battu à sang. Il n’était pas question de tribunal pour nous en prison. Nous n’avions aucun droit. Nous n’avions même pas des devoirs, nous étions seulement obligés et contraints sous peine de tortures. Je dois dire à la décharge des racistes sud-africains qu’eux au moins, étaient respectueux des lois qu’ils avaient adoptées ; même si elles sont d’essence raciste. Ce n’est pas le cas en Mauritanie. Les juges ne jugent pas, ils prononcent le verdict déjà décidé par les autorités – les avocats sont parfois mis dans l’impossibilité de plaider.

Madiba,
Aujourd’hui je suis le Secrétaire Général (2ème personnalité) du Parti Action pour le Changement (AC) qui regroupe toutes les communautés ethniques du Pays. Le Président du Parti est un descendant d’anciens esclaves de Beydanes (blancs). La communauté dont il est issu a été longtemps asservie par les Beydanes (blancs),La Mauritanie n’a aboli officiellement l’esclavage qu’en 1980. Mais aujourd’hui cette pratique inhumaine existe encore dans le Pays. Ces anciens esclaves (haratines) représentent plus de 40% de la population. Ils sont les moins instruits les plus exploités et les plus opprimés de la société mauritanienne ; car, certains d’entre eux trouvent toujours normal de travailler pour le maître blanc. Il parait que « cela ouvre les portes du paradis »… En effet, une fausse interprétation de l’Islam favorise la pérennité du système. Ce sont ces maîtres blancs qui représentent selon certaines statistiques non officielles moins de 30 % de la population, qui utilisent les haratines pour s’attaquer aux autres noirs – (les Pulaar, Wolof et Soninké)- Ils l’avaient déjà fait en 1966 et l’ont réédité en 1989-1990.

Notre Parti, Action pour le Changement a décidé de régler cette question nationale et sociale de manière définitive dans le cadre d’un projet de société qui donne toute sa place à l’Homme, sa liberté et aux valeurs de l’humanité. AC est devenu en moins de deux ans d’existence le principal parti d’opposition au régime chauvin et dictatorial. Il inquiète les tenants du système qui cherchent par tous les moyens à neutraliser ses dirigeants ou à l’interdire.

Les Beydanes (blancs) contrôlent toute l’économie du pays, toute l’administration, l’armée et les forces de sécurité, l’appareil judiciaire.

Nous avons dû, mes camarades et moi, faire preuve de beaucoup de patience et de tact politique pour faire accepter les idées que nous avions toujours défendues par certains groupes politiques maures blancs. Ils ont accepté de signer avec nous la Charte du Front des Partis d’Opposition pour combattre le régime qui s’agrippe à ses privilèges, et instaurer un système plus humain parce que solidaire et démocratique.

Madiba,
Dans mon salon, traîne une belle photo de toi, car je pense que les africains n’ont plus besoin d’aller chercher un modèle. Tu incarnes toutes les luttes pour la libération de l’homme et des peuples. Tu es l’espoir du dialogue humain et le symbole vivant de la capacité de l’homme africain à réaliser les rêves impossibles.

Je sais que la plus grande lutte pour toi, a commencé dès ta libération. Que l’unité de notre continent, seul moyen de lui faire jouer son rôle historique, est aujourd’hui ta préoccupation essentielle.

Je te demande d’être attentif à notre lutte ici en Mauritanie et d’apporter ta contribution en tant que combattant pour la liberté et en tant que Chef de l’Etat le plus puissant d’Afrique, pour que le racisme et l’esclavage disparaissent à jamais de mon Pays.

Baba Mall, le musicien Sénégalais que tu as reçu récemment est un vieil ami. Il a repris dix de mes compositions poétiques. Ses chansons avaient été interdites de diffusion, lui-même déclaré persona non grata en Mauritanie à cause de notre amitié.

J’ai décidé de reprendre « UN LONG CHEMIN VERS LA LIBERTE » sous forme d’un récit oral dans ma langue maternelle le Pulaar (fulfuldé) parlé de la Mauritanie au Nigéria. Je veux le faire sous forme de cassette audio. Cela permettra à beaucoup de gens qui ne savent pas lire, de bien connaitre l’histoire d’un certain Rolihlahla de Mvezo le fils de Gedla Henry Mphakanyiswe et de Nozeki Fanny.

Longue vie a toi !

Nouakchott, le 16 mai 1996


Khadiata Malik DIALLO : La perle de la Gauche au pays de la Droite

Khadiata Malik DIALLO : La perle de la Gauche au pays de la Droite dans article kadiata_200_200

La députée du parti de l’Opposition « Union des Forces de Progrès, UFP », Khadiata malik DIALLO, est l’une de ces mains douces aux griffes acérées et tant redoutées par le pouvoir en Mauritanie. Les critiques acerbes de ses détracteurs n’intimident guère cette princesse africaine qui continue à porter haut le flambeau de la défense des libertés sous la coupole du Parlement National. Ayant su s’opposer aux régimes totalitaires tout en gardant ses distances de la droite négro-africaine extrémiste anti-beydane, elle a développé un discours de destructuration des dictatures en évitant le piège de la stigmatisation et des particularismes ethniques.. Devenue une icône de la gauche dans un pays dominé par les forces rétrogrades, chauvines et à visées étroites, elle  a su conserver un tentaculaire réseau dont les ramifications se retrouvent dans tous les courants politiques du pays.

En temps de crise, la vie de cette femme se transforme en un foisonnement d’activisme à la limite du compulsif. Des dizaines de dossiers sous le coude. Des changements à hâter ou à initier. Des initiatives à lancer. Des revendications à formaliser. Celle qui se prend pour la « voix du peuple » ne s’accorde alors aucun répit.

Le jeudi 17 novembre, nous avions rendez-vous avec Khadiata. La dame est douée d’une époustouflante clarté de vision. Elle est capable d’analyser avec la même finesseaussi bien la situation de l’Opposition que celle de la Majorité.

Ce jour-là, elle devait mettre les dernières touches aux préparatifs d’un déplacement à Atar et Akjoujt où son parti, l’UFP, devait organiser une activité. Il y avait aussi, le même jour, la réunion de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) où devait s’organiser la passation de service entre Mahfoudh Ould Bettah, président du Parti du Forum Démocratique, et Mamadou Alassane, président du Parti de la Justice, de l’Egalité et de la Liberté. Dans le même temps, Kadiata Malik Diallo devait, en tant que mère de famille, donner des instructions et prendre des dispositions pour que ses enfants puissent palier son absence de quelques jours. Malgré tout cela, la Députée a trouvé le temps pour deviser avec nous à bâtons rompus au volant de la « VX » qu’elle conduit tout en répondant à de multiples appels téléphoniques.

Khadiata Malik DIALLO : La perle de la Gauche au pays de la Droite/ Errabii Ould IDOUMOU

Khadiata Malik DIALLO est née en 1959 à M’Bout (Wilaya du Gorgol) dans un milieu de cultivateurs dont elle a gardé la certitude qu’on récolte toujours ce qu’on a semé. Avec des champs en guise de terrain de jeu, elle inscrit dans sa mémoire le besoin des horizons dégagés et l’amour des grands espaces.

C’est pendant cette période de sa vie que se formera son rêve mauritanien. Elle se rappelle avoir grandi et étudié dans des écoles où se côtoyaient des enfants de toutes les ethnies (H’ratine, maures et négro-africains). Aucune différence liée à l’origine ethnique ne constituait véritablement un obstacle. Tout au long d’une vie politique riche en événements parfois douloureux, elle apprendra que les choses ne sont pas toujours aussi angéliques : « en ces temps-là, nous étions tous les fils de la Mauritanie. Il n’y avait pas de différences entre nous. Après il y aura beaucoup d’extrémisme », nous dit-elle.

En 1983, Kadiata décrocha son baccalauréat, haut la main, en Sciences Naturelles.Elle accéda alors à l’Ecole Normale Supérieure (ENS)  d’où elle sortira professeur de l’enseignement secondaire. Elle servira pendant 20 ans sans bénéficier de la moindre promotion de la part des services de l’Education Nationale. Mais Kadiata ne se laissa pas démoraliser. Les générations de Mauritaniens qu’elle forma de son mieux suffirent à faire son bonheur ; une rétribution qui compense largement le manque de reconnaissance de l’administration de tutelle.

1989 : massacres pour cause de couleur de peau

Les années de l’après-bac à l’ENS furent aussi celles du militantisme associatif. Kadiata adhéra à l’Association pour la Promotion de la Langue Pular en Mauritanie. Ils étaient des dizaines de jeunes patriotes à s’être fixé comme objectif de développer les langues nationales. Ce fut l’époque des premiers pouvoirs militaires. Pour des dizaines de militants progressistes de toutes origines, la clandestinité était le seul choix pour exercer l’action politique. Objectif : préserver l’unité nationale en promouvant l’égalité des citoyens et en combattant les idées d’exclusion et de racisme. Pour Kadiata, ce fut la porte d’entrée dans une arène politique qui ne lui procurera pas que des motifs de joie.

Aux côtés de son mari, ex-ingénieur en télécommunication et actuel syndicaliste à la CGTM (Centrale Générale des Travailleurs Mauritaniens), et avec leurs quatre enfants (deux filles et deux garçons) et sa grande famille rurale, la députée de gauche, arrive à mener son combat politique en dépit de tout : « au sein de ma grande famille, il y a toujours quelqu’un pour me remplacer auprès de mes enfants. Mon mari m’encourage et m’aide énormément dans mon travail politique », aime-t-elle à affirmer.

En 1989, Kadiata fêtait ses trente ans et rêvait de sa  Mauritanie, joyau du Sahara et terre du brassage des cultures. Ce fut sans compter avec les lugubres forces du malet un régime politique qui dressa les « Blancs » contre les « Noirs » comme s’il pouvait monter le  « blanc de l’œil » contre sa pupille. Kadiata verra de ses propres yeux les Noirs de Mauritanie se faire massacrer par centaines, passés à l’arme blanche, mutilés sur des places publiques. Sans aucune appartenance politique, sans même être militants ou activistes, les Noirs furent massacrés juste parce qu’ils étaient Noirs.

A la suite de ces terribles événements, et en réponse au chauvinisme des Arabes, la droite extrémiste négro-africaine se déchaîna. Kadiata Diallo perdit, dans cette bataille, nombre de ses illusions de jeunesse. Elle vit se dissoudre sa naïveté mais continua, comme à une planche de salut, à s’accrocher  à l’idée que les Arabes et les Noirs de Mauritanie appartiennent à un espace commun et doivent construire une communauté de destin. Dans l’immédiat, le plus urgent fut de ne pas céder aux sirènes de l’extrémisme. C’est ce qu’elle fit. Elle répétait à qui voulait l’entendre que le régime d’Ould Taya était en train de briser le socle de la Mauritanie. Que ce qui venait de se passer s’apparentait au génocide, que c’est un crime contre l’humanité mais que le seul responsable était le régime en place qui avait armé, harangué et laissé les hordes de tueurs sévir contre des populations sans défense.

Kadiata encaissera un autre coup. La droite négro-africaine l’accusa de trahison. Elle fit face à ces calomnies et continua à dénoncer les tueries dont furent victimes les Négro-africains en pointant du doigt le véritable responsable. Elle ne versera jamais dans les accusations pour responsabilité collective trop facilement distribuées par la droite négro-africaine. C’est la ligne qui sera défendue par une élite éclairée parmi les intellectuels mauritaniens et qui finit par devenir la seule lueur d’espoir qui continuait à briller pendant la longue nuit du régime de Ould Taya.

Et la « perle de la gauche » d’ajouter : « La plupart des Négro-africains considéraient que tous ceux qui continuaient à fréquenter les Arabes étaient des traitres à leurs ethnie. Ce fut un défi que je ne suis pas près d’oublier. Certains Arabes nourrissaient ce sentiment en utilisant l’Administration pour étaler leur racisme anti-Noir. Mais le crime et les massacres étaient du fait du régime, d’un régime militaire gangréné par une haine raciale viscérale. Notre rôle en tant qu’hommes ou femmes politiques est de panser les plaies et rapprocher les gens ».

Kadiata Malik Diallo considère que parmi les séquelles tragiques des   « événements de 89 », il y a le problème des déportés. Il existe deux catégories de déportés :

1-      Ceux qui ont été déportés au Sénégal. Certains d’entre ceux-ci sont rentrés récemment dans le cadre d’un plan gouvernemental. Ce plan comporte de nombreuses injustices. Ces déportés retournés au pays sont privés de leurs droits. Par exemple, les enseignants, parmi eux, sont rentrés sans droits. Les 20 ans qu’ils ont passés dans les camps de déportation ne leur sont pas reconnus. A leur retour, par exemple, ils ont trouvé que leurs collègues, qui étaient de la même promotion qu’eux sont maintenant des directeurs ou des chefs de services alors qu’eux sont toujours maintenus aux premiers échelons. Ce n’est pas juste. Il en reste encore 5000 dans les camps au Sénégal ;

2-      Ceux qui sont au Mali. On parle rarement de ceux-là. Il s’agit d’habitants, essentiellement, du Guidimagha, qui avaient fui les milices armées par le gouvernement de l’époque pour tuer les Noirs. Ils sont estimés entre 10 et 12 mille, selon les données du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés). L’Etat feint de les ignorer.

 

Le coup d’Etat d’Aziz a ramené le pays loin en arrière

Madame la Députée estime que la Mauritanie a connu une période riche en réalisations et qui a marquél’histoire. Il s’agit de l’année 2005. Ce fut l’année où Ely Ould Mohamed Vall mit fin aux années noires d’Ould Taya et où les forces de l’Opposition obligèrent le nouveau régime à mener à bien la transition démocratique. Des journées de concertation ont été organisées et avaient débouché sur de très importantes recommandations.  Mais l’arrivée d’Ould Abdel Aziz, huitième président de la Mauritanie et sixième issu de l’institution militaire, fut une véritable catastrophe. Aziz opéra un coup d’Etat la 6 août 2008 contre le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi à la suite de son limogeage par ce dernier de la tête du bataillon de la garde présidentielle. Pour Khadiata, Ould Abdel Aziz est un militaire démagogue, arrivé au pouvoir par des élections que l’Opposition continue à qualifier de douteuses. Ce putschiste avait bafoué la Constitution ainsi que nombre de résolutions de l’Union Africaine qui criminalisent la pratique des coups d’Etat et en privent les auteurs de toute éligibilité. Elle considère que : « c’est un homme qui bâillonne les libertés, qui contourne le Parlement à chaque fois que les décisions revêtent un caractère économique. Il oblige, maintenant, l’élite de ce pays à réfléchir au moyen le plus efficace pour provoquer un changement véritable qui ramène les choses à leur cours normal ».

Et la Députée  de continuer : «l’Opposition se tromperait en pensant que le Pouvoir lui laissera les coudées franches.  Nous avons, au niveau du Parlement, posé de vraies questions.

Il nous reste à aller au contact des populations et à canaliser les mécontentements populaires. Nous avons besoin, pour cela,   d’avoir le souffle long et de persévérer. Le nouveau président de la Coordination se doit de nous mener dans cette direction. L’Opposition a perdu beaucoup de temps dans ses divisons internes. Si le précédent président a dépensé  beaucoup de temps à rapprocher certains partis de l’Opposition en essayant de ne pas en perdre au passage, le nouveau hérite d’une Coordination homogène, avec une vision claire et dont tous les membres sont résolus à en finir avec les pouvoirs militaires et le régime des généraux. L’Opposition véritable a repoussé l’offre de s’engager dans un dialogue à l’issue incertaine et aux préalables  mal définis. Il lui reste à arranger ses affaires internes et à faire bouger la rue contre le régime dictatorial. »

Pour Khadiata Malik DIALLO, il est indispensable d’établir un plan d’action clair qui s’inscrive dans la légalité mais garantisse la mobilisation des populations autour des revendications maintes fois exprimées notamment autour des risques de sécheresse que le Gouvernement a longtemps occultés avant de se rendre compte que le pays est au bord de la famine.

 

La malédiction du racisme

Khadiata n’oublie jamais que nombre de nos concitoyens sont victimes des clichés et stéréotypes colportés sur telles ou telles composantes de notre société. Les régimes autoritaires raffolent de ce genre de pratiques et les encouragent. La Députée conclue :« dans mon travail de députée, je souffre régulièrement de pratiques racistes et ségrégationnistes. Je suis connue. Je n’hésite pas à exhiber ma carte de parlementaire.  Pourtant, il y en a qui me mettent des bâtons dans les roues et pratiquent à mon encontre  le racisme le plus cru. Si moi, députée jouissant d’une certaine immunité, suis victime du racisme et de la discrimination, qu’est ce qu’il en serait des Négro-africains simples citoyens ? Ils doivent certainement en baver. ».

 

(Errabii Ould IDOUMOU, traduit avec le concours de Kassataya.com)


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