Les misères de la femme peule

Nous éprouvons une grande honte et une grande gêne d’exprimer et de dénoncer des pratiques en cette époque de notre siècle contemporain. Surtout à des moments où l’humanité marque de grandes avancées dans le domaine du savoir et dans celui de découvertes. Cependant ces pratiques moyenâgeuses existantes au sein de la société peule obligent aujourd’hui à briser ce silence honteux et à se libérer de cette gêne, pour dire juste halte.

Les structures sociales, culturelles, et économiques de la société ont toujours dressé des barricades contre le développement et l’épanouissement de la femme peule. Elles l’ont toujours maintenue dans des situations d’infériorités et de complexées, de tel enseigne que ces préjugés qu’alimentent ces structures ont fini par prendre dans la conscience de l’homme peul, des apparences de réalités concrètes aux fondements objectifs et ayant des garanties divines.

L’homme peul est source de misère, d’amertume et de solitude pour la femme peule.

Malheureusement, ces pratiques et ces considérations sont encore vivaces au sein de la communauté et continuent d’être le jeu favori des hommes peuls. De surcroît ce comportement odieux et rétrograde, n’est pas non seulement l’apanage de ce berger pouilleux, puant l’odeur du beurre de ses vaches, mais aussi il est celui de ces nombreux intellectuels, sortis des grandes universités européennes, américaines, africaines et orientales.

L’homme peul pétri de son orgueil, obnubilé par son égoïsme et du bien fondé de son autorité rejette toute idée d’égalité entre lui et la femme peule: sa parole, ses mots, et toutes ses attitudes doivent montrer qu’il est incontestablement le seul maître à bord du bateau familial. Il aime entendre que jaillisse dans la bouche des amis : «kaari na waawi galle mum». Ainsi l’homme peul n’aime pas entendre la voix de son épouse. Il n’aime pas écouter ses conseils, ses critiques et ses visions sur la gestion des affaires familiales et sur celles de la vie en générale. Ces attitudes, d’ ailleurs se reflètent toujours dans les boutades méprisantes de la conscience collective qui affirment: «debbo ko debbo tan» ; «debbo ko cukalel» ; «dum ko haala debbo». Tous ces propos traduisent et expriment un jugement méprisant, un sentiment de supériorité, une conviction d’un manque de maturité chez la femme peule.

La maltraitance de la femme peule par son époux berger, semblerait peut être compréhensible car l’ignorance peut justifier de nombreux comportement et d’actes indignes. Mais quand certains intellectuels continuent de perpétuer cette vilaine tradition dans son univers familial, il y’a de quoi s’inquiéter et de quoi se poser de nombreuses questions.

Aujourd’hui, ce sont ces intellectuels qui bloquent leurs épouses dans leurs études supérieures. Ils refusent qu’elles fassent librement leurs voyages d’affaires, qu’elles aillent travailler. Ces intellectuels peuls, dans leur cœur, dans leur esprit et dans leur âme, doutent, soupçonnent ces vaillantes femmes qui veulent contre vent et marrais réaliser leur projet, construire une vie heureuse et à assurer un avenir radieux à leurs enfants. Les seuls objectifs de ces damnés hommes, c’est de les réduire en silence, en les transformant en machines productrices d’enfants.

Nous tous, nous avons l’image de ces femmes, au soleil levant dans ces campagnes, éclatée entre milles activités pénibles : enceintes elles harpent les berges du fleuve, enceintes autours des puits elles puisent de l’eau, enceintes elles achèvent de débroussailler un lopin de terre, enceintes elles finissent le dîner : partout, elles peinent, elles suent, elles se sacrifient pour leurs enfants et pour leur époux.

Pourtant, pour seules récompenses, ces belles femmes ont droit ça et là et à toute occasion à des insultes, à des brimades et à des remontrances. Ces bouffons époux ne se cantonnent pas seulement dans ce cadre théorique de l’oppression morale et psychologique. Pour eux le minimum de détaille suffit pour verser dans la violence : une natte mal étalée, un dîner retardé, une vaisselle non faite, ou tout un autre fait minable peut entraîner un coup de point dans l’œil, une gifle sur les tempes et des coups de gourdin sur le dos.

Cette maltraitance se fait devant le regard hébété des enfants, et au su et au vu des voisins. Combien de fois nous sursautons dans notre sommeil profond, en entendant les pleures d’une femme que l’on bat, déchirer le silence de la nuit!

Quand ces méthodes échouent, quand l’homme peul n’est pas satisfait de ces forfaits, quand son cœur et son esprit ne sont pas tranquillisés ; l’autre alternative pour «régler» (mot de nos intellectuels) sa femme, est celle de faire la polygamie. Une polygamie qui n’a aucun autre secret que celui de faire souffrir la première épouse, pour lui montrer qu’elle n’est pas la dernière née des femmes. Ne pouvant plus laisser ses enfants, ne voulant pas être marginalisée par des considérations ethniques de la société, la femme peule préfère rester dans sa situation dégradante en se réfugiant dans les pleures, dans la douleur et dans un silence qui lui ronge le cœur. Elle ne vit plus des jours heureux de sa jeunesse, elle ne profite plus des plaisirs des relations conjugales et les doux instants des rires de ses enfants. La vie et l’existence deviennent un fardeau de braises qui lui empêche toute joie mondaine.

Je haie ces hommes instruits qui voient en ces amazones que du négatif et qui pensent que les femmes ne sont que des vampires, des sorcières qui charrient dans leurs veines tous les maux de ce bas monde. Ces préjugés sont tellement vrais comme du marbre en eux qu’avant chaque fiançailles, qu’avant chaque mariage, ces hommes bornés cavalent derrière les marabouts pour les consulter et voir si la fille choisie n’est pas porteuse de malédictions. Combien d’hommes renoncent à leur amour parce que le marabout médiocre a dit que son «kummba ou Acca dendiiko ko kitaado». Ce sont toujours elles qui sont stériles, ce sont toujours elles qui endossent la responsabilité quand l’enfant deviendra plus tard un voyou ou un vagabond, on dira toujours: «ko biddo muynudo kosam mbondam».

Autre désastre que les hommes continuent de faire, aujourd’hui dont les immigrés portent la responsabilité, c’est celui de la transmission du VIH et autres MST à leurs épouses. Au retour de longues années d’absences, ils refusent de se soumettre au test : dans notre FOUTA-TOORO, dans toutes les grandes villes le sida tue dans le grand silence, décime des familles. Quand, l’orgueil empêche de se soumettre au test, l’alternative la plus sage c’est d’éviter de transmettre les maladies aux jeunes femmes, aux enfants et surtout d’éviter de se remarier après la mort de la première épouse.

D’autres franchissent le rubicond dans la maltraitance de leur femme, en commettant l’irréparable. Pour des causes très souvent futiles qui émanent de la bassesse de la jalousie non justifiée, leur raison s’éclipse, sous les pulsions de l’instinct, la colère et la haine qui s’emparent de leur cœur, dans une démens incontrôlée, de leurs mains puissantes, ils saisissent la gorge fragile de leur princesse peule en lui s ôtant simplement et purement la vie: les hommes peuls privilégient très souvent leur libido que la vie de leurs épouses.

En somme l’objectivité de la raison et la logique de l’observation nous forcent à reconnaître que ces pratiques ne sont pas systématiques et générales .Elles n’existent pas en chaque homme peul, et en chaque famille, comme nous le faisons remarquer TIDAINE BARRY un jeune étudiant à INALCO, pour qui la femme bénéficie une place de choix dans la société peule qui lui permet de s’épanouir pleinement. Mais cette critique ne fait que soulever d’avantage les contradictions et les paradoxes qui définissent le statut de la femme au sein de cette même société. D’une part, la culture peule sacralise la femme dans son rôle de mère ; par conséquent elle exige de nous, un grand respect, une grande affection et une grande considération à l’égard de celle qui nous a porté de longues et de pénibles nuits. Mais d’autres part aussi, c’est cette même culture qui accepte, qui consent et qui autorise qu’un père de famille s’en prend violement à son épouse et en lui répudiant sans une autre forme de procès : «yah mi seerima, yah mi harminiima»!

Il est temps que vous autres hommes peuls, que vous essayez de dépasser votre orgueil, votre égoïsme et vitre étroitesse. Surtout de comprendre ce qui faisait hier honneur à homme peul dans sa société traditionnelle, ne l’ai plus en cette époque contemporaine : «le monde bouge, le monde change», disait l’Autre.

Vous autres hommes peuls, aidez vous épouses, vos sœurs, vos cousines, toutes ces belle femmes aux cheveux ondulés, au nez droit, et au taille fine à aller de l’avant, à aller de l’avant en masse pour qu’afin qu’elles occupent tous les bancs des écoles, qu’elles enseignent tous les enfants de toutes origines, qu’elles soignent tous les malades du monde, qu’elles créent de grandes entreprises, qu’elles participent à la vie politique sociale, culturelle, économique de leur nation, qu’elles brillent hautement dans toutes les sphères décisionnelle de leur société . Surtout qu’elles épousent la marche du siècle et en y contribuant leur richesse.

KANT écrivait: «Ce qui a un prix peut être remplacé par quelque chose d’autre, à titre d’équivalent ; au contraire, ce qui est supérieur à tout, et par suite n’admet pas d’équivalent, c’est ce qui a une dignité (…). C’est parce qu’il est capable de valeur, que l’homme constitue en lui-même une valeur. C’est parce qu’il porte en lui même une exigence de valeur absolue que l’humain constitue une valeur absolue».

La femme est avant tout un être humain, donc une dignité et une valeur, ces choses restent supérieures à tout et demeurent sans équivalence.

JAMAL SOW PARIS/FRANCE 

 

 

 

 

L’arabisation du système scolaire

Avant même la proclamation de l’indépendance du pays se pose déjà, au sujet de l’école, l’épineuse question du choix de la langue d’enseignement. La langue française ou la langue arabe ? Dès 1959, une première réforme, un « réajustement », accorde légèrement plus d’importance à l’enseignement en langue arabe en revoyant les volumes horaires à la hausse : 10 heures hebdomadaires au lieu de 6, par exemple, en cours préparatoire (pour 23 heures de français)34. Les premiers mécontentements s’élèvent de part et d’autre : pas assez pour les Maures et déjà trop pour les négro-mauritaniens. En 1964, il est décidé que les notes obtenues en cours d’arabe seront comptabilisables dans les moyennes générales, épreuve inévitable pour prétendre au niveau supérieur. Nouveaux mécontentements. En janvier 1965, le gouvernement rend obligatoire l’étude de l’arabe dans l’enseignement secondaire et s’attend à une rentrée scolaire musclée. En effet, le 4 janvier, dans la capitale et à Rosso, des élèves haal-pulaar’en, soninkés et wolofs se mettent en grève et ignorent l’injonction du ministre de l’Éducation nationale à se remettre au travail. Deux jours plus tard, les élèves de Kaédi à leur tour déclarent la grève. Ce même jour, un manifeste dit des « 19 », signés par 19 hauts fonctionnaires négro-mauritaniens, stipule soutenir les étudiants dans leur lutte car : « le bilinguisme n’est qu’une supercherie permettant d’écarter les citoyens noirs de toutes les affaires de l’État » (Extrait du « Manifeste des 19 »). Le surlendemain, une trentaine de fonctionnaires se rallie à la décision des « 19 » et au mécontentement des lycéens de Rosso, Nouakchott et Kaédi. Le lycée d’Ayoun entre alors dans la danse. Face à l’ampleur du mouvement, le président Ould Daddah se fait menaçant envers ces grévistes considérés comme nuisibles pour « l’unité nationale ». Mais le mois suivant, des émeutes éclatent. Négro-mauritaniens contre Maures. Officiellement six Mauritaniens y laissent la vie35. Cependant la lancée arabisante n’est pas pour autant suspendue et, quelques mois plus tard, il est décidé « l’adjonction obligatoire pour tous les élèves d’une année d’initiation à l’arabe (CIA) : l’enseignement primaire – rebaptisé enseignement fondamental – voit sa durée portée de 6 à 7 années »36 avec 1/3 des cours en arabe et 1/3 des cours en français. L’arabisation progressive de l’école et de l’administration est en route. Le bilinguisme est en sursis.

  • 37 . C’est ainsi que C. Taine Cheikh (1995) qualifie la réforme de 1973 dans une analyse comparative a (…)

26En 1973, une nouvelle décision est prise : les deux premières années fondamentales seront effectuées en arabe ; le français est désormais considéré comme une langue étrangère dont l’enseignement – avec un volume horaire important pour permettre de suivre un cursus bilingue – débute dès la troisième année fondamentale. L’application de cette réforme « néo-coloniale »37 se heurtera et mourra avec la guerre du Sahara, qui débute en 1975, et le coup d’État du 10 Juillet 1978 qui met fin à la présidence de Mokhtar Ould Daddah.

27À la fin des années 1970 et au début des années 1980, l’arabisation est une fois encore renforcée : la réforme de 1978 limite la place du français à 5 heures par semaine dès le fondamental. L’année suivante est crée l’Institut supérieur d’études et de recherches islamiques dont le but consiste à former des magistrats, des professeurs d’instructions civiques et religieuses et des prédicateurs. Les prétendants à cette école doivent être des diplômés arabisants. Si parallèlement la section bilingue demeure maintenue, elle subit tout de même des aménagements qui témoignent d’une volonté d’arabisation : les coefficients « Instruction religieuse morale et citoyenne (IRMC) » et « langue arabe » pour les concours sont revus à la hausse. Cette section est d’ailleurs en sursis puisqu’il est prévu de la remplacer par une filière en langue nationale. L’expérimentation – fort controversée – de cette nouvelle voie débutera en 1982 et prendra fin trois ans plus tard.

  • 38 . A. Candalot (2005, p. 4)

28Ainsi, durant les années 1990, la place du français dans l’enseignement s’amenuise ; en 1999, cinquième et dernier mouvement pendulaire, le Président Taya décide d’une réorganisation et instaure le « français comme langue scientifique » et « l’arabe comme langue littéraire »38. Avec les réformes politico-linguitiques successives imposant une arabisation progressive et la « mauritanisation » du baccalauréat, le public scolaire français et francophone se retrouve mis à l’écart du système éducatif mauritanien : les professeurs de français (exerçant au « Lycée national » ou à l’école 5 dite « École du marché ») ne sont plus d’aucune utilité ; quant aux élèves français et francophones, ils n’ont, pour ainsi dire, « plus d’école » du fait des réformes qui avancent année par année, niveau par niveau, pour atteindre peu à peu les classes de terminales.

  • 39 . « Mauritanie : des étudiants protestent contre l’hégémonie de la langue arabe », RFI, 26 mars 201 (…)

29En 2011, se sont ouverts de nouveaux états généraux de l’éducation. La question du bilinguisme instaurée en 1999 y sera centrale compte tenu d’une part, de la très forte baisse des niveaux des élèves dans les filières tant francophones qu’arabophones et des récents heurts entre la police et des étudiants négro-mauritaniens de l’université, qui, en 2010 ont réagi avec force aux propos – du premier ministre et de la ministre de la Culture – qui ont scandé la nécessité du « tout arabisé » : « le plus grand défi de la langue arabe est la propagation des langues locales et dialectes qui lui suppléent »39.

1989

30Tout près de Bakel, sur le fleuve Sénégal, le 9 avril 1989, une querelle – classique – s’engage entre éleveurs peuls et agriculteurs soninkés. Les premiers sont Mauritaniens. Les seconds Sénégalais. L’incident dégénère. La garde nationale intervient. Un Sénégalais trouve la mort. Les violences en cascade s’enchaînent des deux côtés de la frontière. Une centaine de morts dans les deux pays. Des emprisonnements. Des tortures. Un exode de plusieurs milliers de personnes.

  • 40 . Propos recueilli en novembre 2007 (Lesourd C.).

« J’ai enseigné pendant 10 ans. Comme la plupart des noirs de ce pays, nous sommes des enseignants, des militaires, des petits fonctionnaires qui attendent la retraite. On prend les petites choses que Dieu nous donne. On est des fatalistes et on a pas su prendre de risque. Dès l’indépendance, on avait notre petite enveloppe de fonctionnaires, alors que les Maures, eux, se sont lancés dans la bataille économique avec l’aide de l’État. Moi j’ai essayé. Pas par courage mais parce qu’avec mon revenu d’enseignant, on ne vivait pas. Je savais qu’il n’y aurait pas d’avenir pour mes enfants. Donc, en 1984, je me lance. J’importe des légumes d’Espagne et de Hollande. Et j’achète un petit supermarché, le supermarché Salam. Qui devient le Supermarché Balass. Je n’ai pas eu de problème pour le prêt [300 millions d’ouguiyas, soit aujourd’hui 8000 euros] car, à l’époque, j’ai bénéficié des circonstances : Dieng Boubou Farba [Haalpulaar, comme notre interlocuteur] était gouverneur de la BCM [Banque centrale de Mauritanie]. Je n’ai donc pas eu de refus […]. Chez moi, le consul de France et les expatriés venaient faire leur course. C’était moderne, propre. Ils m’ont d’ailleurs mis en partenariat avec des sociétés françaises […]. En Mauritanie, les Libanais n’ont pas percé comme ailleurs, comme au Sénégal par exemple. Les Chinois n’y arriveront pas beaucoup non plus. Ici, le commerce c’est pour les Maures […] Alors moi… À la fin des années 1980, j’étais l’homme à abattre. C’était l’occasion de me casser, le système m’en voulait, car j’étais un exemple de réussite chez les noirs en Mauritanie […]. Je suis mauritanien, mais en 1989, c’était : “Balass est sénégalais, détruisez- le”. Le 24 avril, à 8 heures du matin, ils ont cassé la porte de mon magasin et ont tout pillé sous escorte de la police ! Plus de 200 millions d’ouguiyas [aujourd’hui 5 000 euros] de marchandises perdues en une journée. 762 000 francs de matériel saccagé […] La bonne façon de ne nous couper l’herbe sous le pied et nous détruire pour longtemps ! Deux autres entrepreneurs, plus petits, des armateurs ont été violentés, leurs pirogues ont été saccagées […] J’ai été coulé […] »40.

  • 41 . (Beydane ou Baydhân : les Maures) M. Frésia, Les Mauritaniens réfugiés au Sénégal. Une anthropolo (…)
  • 42 . À savoir les Maures blancs (baydhân) et les descendants d’esclaves affranchis (harâtîn)

31De 1989 à 1991, le gouvernement de Taya expulse au Sénégal des dizaines de milliers de ses citoyens, principalement haalpulaar’en et « élimine ainsi une opposition militante (les fonctionnaires), et libère des terres convoitées sur les bords du fleuve au profit des grandes familles baydhans (maures) et des Harâtîn (anciens captifs des Baydhâns)41 ». Jusqu’en 1992, les deux pays ferment leurs frontières et suspendent leurs relations diplomatiques. Les événements dits de « 1989 » aggravent les questions de nationalité entre les deux composantes de la population mauritanienne : d’un côté les Maures (les Baydhân et les Harâtîn42), d’origine arabo-berbère. De l’autre, les négro-mauritaniens.

À chaque problème, une solution ?

32Si les politiques linguistiques favorisent largement l’arabisation du système scolaire, des aménagements maladroits et peu efficaces ont toutefois été mis en place pour finalement maintenir le français à l’école. Comme nous l’avons démontré, le calme a été maintenu, à coups de divers arbitrages ménageant la chèvre et le chou – mais pas les élèves qu’ils soient francophones ou arabophones. À chaque problème, une solution. Cependant la dualité ne s’en est sans doute trouvée que renforcée davantage.

  • 43 . Entretien avec Edouard O’Dwyer, HCR, Nouakchott, février 2008 (A. Antil)
  • 44 . Sol en dur avec quatre piquets en fer qui soutiennent un toit en dur, entretien avec Manon Rivièr (…)
  • 45 . Cf. « Mauritanie : Retour au pays de plus de 10 000 réfugiés mauritaniens », Les Afriques, Paris, (…)
  • 46 . À qui appartiennent les terres aujourd’hui ? Aux Négro-mauritaniens qui ont été expulsés ? Ou à c (…)

33À la chute du Président Taya, presque 20 ans après les faits, le dossier des événements de 1989 a été exhumé. Là encore, il a été question de trouver un arrangement, une solution de réconciliation et de travailler à reconstruire l’unité nationale. La question des réfugiés, que le régime de transition d’Ely Ould Mohamed Vall (2005-2007) a refusé d’aborder, est l’une des priorités de la présidence de Sidi Ould Cheikh Abdallahi au grand dam des nationalistes arabes. L’année 2007 est celle de la mise en place des structures et du recensement. Le premier convoi de réfugiés est organisé en janvier 2008. Hormis les autorités, trois institutions encadrent ces retours. Le HCR (Haut Comité aux Réfugiés) accompagne les réfugiés depuis leur camp au Sénégal en assurant leur hébergement et leur transport jusqu’à leur lieu de résidence définitive en Mauritanie43. Il met également à leur disposition de l’eau potable, des ustensiles de cuisine, des tentes et des couvertures. Le Programme alimentaire mondial (PAM) fournit quant à lui des produits alimentaires (riz, huile, légumes, sucre, lait, etc.) pour 90 jours, en deux tranches. Enfin, l’Agence nationale pour l’accueil et l’insertion des réfugiés (ANAIR) se charge de fournir deux vaches à chaque famille et se charge de mettre en place des stocks de céréales au profit de chaque localité abritant des réfugiés. Elle prodigue également des soins médicaux. Dans un premier temps, les rapatriés se sont vus confier des tentes qui ont été assez rapidement remplacées par des hangars44. Au total, 3 798 réfugiés mauritaniens ont été rapatriés du Sénégal en 16 contingents entre le 29 janvier et le début du mois de juin 2008. Le rythme du retour fut plus lent que prévu, car le président s’était engagé au retour de tous ceux qui avaient fait une demande (24 000 personnes) en 12 mois. Le putsch ne remettra d’ailleurs pas en cause le processus. C’était d’ailleurs l’un des engagements de Mohamed Ould Abdel Aziz : au mois de mai 2009, le HCR indiquait que 10 000 réfugiés45 étaient rentrés. Le rapatriement, au total, a concerné 24 000 personnes. Malgré tout, les déceptions du côté des rapatriés demeurent vives : beaucoup regrettent les promesses non tenues (indemnisations, réintégration dans la fonction publique) et les problèmes que le gouvernement préfère maintenir à distance, comme l’épineux dossier de la récupération des terres46 ou encore la reconnaissance aujourd’hui de la mauritanité des Mauritaniens qui se sont réfugiés au Mali en 1989.

34Dossier évidemment connexe au précédent, la question de la mise en place d’une commission nationale chargée d’étudier le « passif humanitaire » du régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya. En décembre 2007, sous Sidi Ould Cheikh Abdallah, un collectif d’ONG mauritaniennes dont le Forum national des organisations des droits humains (FONADH) et le Collectif des victimes de la répression (COVIRE) propose la création d’une commission d’enquête indépendante chargée de faire la lumière sur le « passif humanitaire » en Mauritanie.

35À sa suite, Ould Abdel Aziz multiplie les actions en ce sens. Le Président a également publiquement reconnu les exécutions extrajudiciaires et les expulsions commises sous Taya à l’encontre des négro-mauritaniens. Il met en place une indemnisation pour les veuves des militaires noirs « disparus » au cours des années de braise. En 2009, lors d’une prière à Kaédi, il s’adresse aux familles et affirme comprendre leur peine et qualifie les événements passés de « barbarie ».

36De même, confronté au collectif TPNM et à ses revendications concernant l’enrôlement, Abdel Aziz s’essaie à des conciliations. Même s’il refuse de stopper le processus en cours, il multiplie les interventions publiques à ce sujet et explique que, pour chaque Mauritanien, blanc ou noir, il est difficile de produire les documents nécessaires, que le processus est long et fastidieux mais qu’il en va, avant tout, de la sécurité de chacun. Il tente de rassurer la communauté négro-mauritanienne et multiplie les gestes en sa direction : il demande au gouvernement de préparer plusieurs amendements constitutionnels portant, en vrac, sur l’unité nationale et la valorisation des langues nationales (pulaar, wolof, soninké).

37Mais, les agitations sociales causées par l’enrôlement ont réveillé un malaise bien plus profond et remettent au premier plan la dualité de la Mauritanie. Si ces dernières années sont marquées par une recrudescence de tentatives et de démonstration de bonne volonté pour construire l’unité, la déception négro-mauritanienne reste vive comme en témoigne les nombreuses manifestations en 2011. Parce qu’au-delà des arrangements, au-delà des réparations, au-delà des avancées, ce que réclament aujourd’hui les membres de TPNM, soutenus par de nombreux jeunes négro-mauritaniens, c’est bel et bien une autre existence politique et économique :.

38« Ce pays compte huit banques privées, toutes appartiennent à une seule communauté [les Maures blancs, NDLR]. Sur 13 gouverneurs, seuls 3 sont noirs. On compte 1 ministre noir sur 5. Sur 44 ambassadeurs ou consuls, 5 sont noirs. Sur 95 députés, 15 sont noirs… » déclare le porte parole de TPNM à la presse

39Or, la présence des négro-mauritaniens dans les sphères du pouvoir répond à une orchestration toute cousue d’arrangements, une fois encore. Une orchestration sur mesure, selon les présidents en place. Une orchestration dont on peut se demander si elle peut/veut répondre aux velléités de changements formulées par les jeunes négro-mauritaniens de la rue, ceux « venus de nulle part ».

Les arrangements politiques d’une Mauritanie unie

40Dès l’indépendance, la construction d’une Mauritanie unie dans l’Islam fait figure de parade idéale pour donner à voir l’image d’une jeune nation partagée entre deux communautés dont les différences s’effacent derrière la religion.

  • 48 . Terme dérivé d’une expression clé (« remauritaniser ») inventée et utilisée, dans un souci identi (…)

41Dans son objectif de « remauritanisation »48, Mokhtar Ould Daddah, le « Père de la nation » a veillé symboliquement à ce que chacun soit représenté dans les sphères du pouvoir. Ainsi, les gouvernements composés étaient déclarés refléter la composition sociale mauritanienne conformément au recensement de 1966 soit 20 % de ministres négro-mauritaniens et 80 % de baydhân. Les proportionnalités, malgré les différentes contestations et violences successives, n’ont pas évolué à ce jour.

 

Peulh, Pulloh

Les Peuls (peul : Fulɓe, singulier Pullo; anglais : Fula ou Fulani) sont traditionnellement des pasteurs de la région sahélo-saharienne qui se répartissent dans une quinzaine de pays4, en Afrique de l’Ouest, mais également au Tchad, en République centrafricaine et au Soudan – une implantation géographique liée aux besoins des troupeaux de zébus et de chevaux, que la plupart élevaient à l’origine. D’abord nomades, beaucoup se sont sédentarisés. Ils sont majoritairement musulmans. Leur dispersion et mobilité ont favorisé les échanges et les métissages avec d’autres populations. Leur origine et celle de leur identité, pas uniquement liée à la langue peule (pular ou fulfulde) a longtemps fait débat.

Dénomination

Les natifs se nomment eux-mêmes « Pullo » (sing.) prononcez [poullo], pluriel « Fulɓe »5 [Foulbé]. Nom propre : un Peul, une Peule, des Peuls. Le mot « Pullo » viendrait du verbe « fullade » (éparpiller, disperser au souffle)6. D’après Lam, l’égyptien prr « sortir », aurait donné « Pullo », c’est-à-dire celui qui sort le lait de la vache, mais aussi, celui qui émigre7.
Les termes fula, fulbé, foulbé, fulani, foute sont des termes attribués par d’autres ethnies d’après les Peuls eux-mêmes. Fulla « errants » ( Pullo au singulier). On rencontre aussi d’autres graphies en français, telles que poular ou peulh-
L’ethnonyme apparaît parfois sous la forme de Foulhs, Phouls, Poules, Pouli, (pouli terme qui au fouta djalon islamisé désignait les peuls non converis à la religion islamique) Fouli, foullah, Poullôri – en angl. germ. arab. ful, fula, fulani. « Peul » est le terme le plus utilisé dans les textes contemporains en français. Dans le passé, on l’orthographiait plutôt « Peulh » mais cette forme subsiste parfois et l’on rencontre également « Peuhl ».
En allemand, Ful ou Fulen ; en anglais, Fulani ; en arabe, Fulani ; en wolof, pë’l 8.
« Peul » est la transcription française du mot wolof pë’l qui désigne ce peuple.
Les Fellans, Fellani, Fellahs, Fellatahs sont les Peuls du Soudan et de l’Égypte9.

Étymologie

En langue peule, la racine pul (« se réaliser » et non pas « être ») désignant la fonction – essentiellement la « transhumance du bétail » -10 11.
D’après Jean-Marie Mathieu : cit.  » Le radical peul ful peut être rapproché de l’indo-européen fla qui a donné  » flou  » ,  » flan « …le latin follis désignait un  » soufflet de forge « 12. D’après René Vallette, le radical prr (racine non vocalisée) signifie « blanc », « clair », à l’origine du mot Pullo.
La racine est attestée en indo-européen. On la retrouve ainsi, aussi bien à travers les Pel-esets Libye antique, que les Poulasti (un « peuple de la Mer ») qui deviendront les Philistins et donneront leur nom à la Palestine de même racine13, ou encore les Pel-asges Pelasges (pel-h|2-g + sto ), du nom Pélé-kos14, ou encore en Dorien ( autre branche de l’indo-européen ) Phulè  » tribu  » ; Phulai  » Tribus »15 ; allophulos, allophuloi, allophulismos (allo + Phulè)  » non-grecs « 16.
En pular, fud désigne à la fois la graine et l’origine de [fu] (du grec ancien fûo « faire naître ») et ancêtre éponyme des Peuls17.
Population[modifier]

Les Peuls, ainsi que les Wodaabes (Bororos), sont une ethnie de nomades et semi-nomades vivant en Mauritanie, au Sénégal, en Guinée, au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad, au Soudan mais on les retrouve également au Nigeria, au Cameroun, au Togo.
Au Mali, les Peuls, principalement implantés dans la région de Mopti, constituent la deuxième ethnie après les Bambaras. Au Sénégal, les Haalpulaar (population peule et toucouleur) constituent le deuxième groupe ethnique après les Wolofs. La Mauritanie, le Mali, le Sénégal, le Niger et la Guinée sont des pays à forte population peule.
Les Peuls sont traditionnellement des nomades, essentiellement des éleveurs transhumants de vaches zébus et de chevaux (boucle du Niger).
Les ethnies assimilées qui parlent le peul sont appelées Haal Pulaaren. Ceci concerne, entre autres, les Toucouleurs, les Haoussa, les Soninkés, Mandingues, Wolofs.
Certains Peuls (branches séparées suite à des conflits) se sont mélangés à d’autres populations donnant ainsi naissance à de nombreuses ethnies : les Kourteï (Peuls-Sonrhaïs), les khassonkés (Peuls-Malinkés), les Ouassoulounkés (Peuls-Bambaras). Les Toucouleurs ( Tékrouri ), à l’origine une ethnie distincte, ayant par la suite fusionné avec les Serères et les Peuls.

Origines et Histoire

Les peuls sont un peuple de pasteurs de la région du sud du Sahara, qui ont été souvent rapprochés des Touaregs ou des Maures (p. 75-76 in Figures peules).
L’origine (ou les origines) des Peuls a donné naissance à une littérature abondante de qualité inégale, qu’il est difficile de résumer.De la fin du xixe siècle aux années soixante, on les trouve sous le nom de hamites (terme désignant des tribus du nord-est de langues caucasoïdes)18. Ce terme est aujourd’hui quelque peu abandonné, au profit de celui plus généraliste de berbères (Jean Jolly 2002: p. 14) ou lorsque l’origine est précisée,  » pasteurs d’origine indo-européenne « 19. Néanmoins, on trouve aussi chez certains auteurs, une distinction entre Berbères et  » Indo-européens  » ayant pénétré en Afrique durant la Haute-Antiquité ; Peuples de la Mer, Hittites, Hyksôs (ces derniers étant un mélange d’indo-européens et d’asiatiques )20.D’après le Dr Lasnet (cité par Henri Lhote), ils auraient été connus des auteurs de l’Antiquité ( Pline et Ptolémée ) sous le nom de leuco-Éthiopiens, c’est-à-dire  » Éthiopiens blancs « , thèse reprise par Henri Lhote21.Pour Eichtal et André Arcin, ils seraient les Phout, Fouth, Foud ou Foull de la Bible (Genèse 10-6 , 10-14) où ils sont rattachés aux peuples situés à l’Est de la Mésopotamie22.
 » Le fond de la population égyptienne semble avoir été constitué par une race chamitique à laquelle appartenait aussi les Gallas et les Somalis, qui s’étaient fixés au sud-est de l’Égypte, et les Berbères de Libye  » ( E. Drioton et J. Vandier p. 4 :Introduction )23
D’après leurs légendes orales, les Peuls sont originaires du Levant (terme dévolu à l’Orient). Ce mythe s’inscrit aussi bien dans les rites ( prières matinales au soleil rouge du levant, pour demander le retour à Yôyô, ville mythique située en Orient, les rites funéraires, que dans les mœurs ou la psychologie )24
Le problème des origines…
Les Peuls apparaissent encore sous d’autres appellations : éthiopiens25 ; méditerranéens ; chamites26….
Les Peuls peuple situé à la frontière du monde  » blanc  » et du monde  » noir  » seront vus par les Européens comme un peuple métis, ce qui posera un grand problème aux classifications rigides du xixe siècle et de la première moitié du xxe siècle.Ils furent par conséquent, au centre d’une entreprise de recherches internationales, car leur présence en ces lieux, posait aux chercheurs de l’époque, un double problème ; celui du métissage mais aussi celui de la migration, c’est-à-dire de l’origine (cit. p. 75 Figures Peules ). Ces travaux devaient en outre, permettre de comprendre les migrations humaines en Afrique. Au xixe siècle, ils s’inscrivaient sous l’égide de l’école polygéniste française, proposant le métissage comme modèle explicatif aux multiples interrogations des nombreux observateurs27- Cent ans plus tard, une autre lecture de l’histoire proposée par Diop( 1970-1980 )- conforme aux hypothèses de Sergi (Boëtsch & Ferrié 1994 ) et d’Elliot Smith voyageur écossais au Soudan en 1928 – consiste en une translation entre  » méditerranéens  » et  » noirs « 28 : Trois grandes théories sur l’origine des Peuls ont donc été développées depuis la fin du xixe siècle, durant tout le xxe siècle et début du xxie siècle :
L’Éthiopienne (Verneau : 1895 ; Pales : 1952 ; Lhote 1959)
L’Égypto-nubienne ( Diop : 1967, 1973, 1981 ; Dieng : 1989 ; Froment : 1991 )
La Libyenne ou berbère ( Cortambert : 1860 ; Béranger-Féraud : 1875 ; Deniker: 1900 ; Sarrazin : 1901 ; Lhote : 1958 ; Cavalli-Sforza : 1992 ).

La complexité de l’identité Peule tient précisément à son métissage.Le discours itératif autour des Peuls sera souvent celui de la pureté et du mélange, du vrai et du faux (vrais Peuls ; faux Peuls). Ils seront pour longtemps classés en tant que Peuls  » rouges  » et Peuls  » noirs  » dans l’anthropologie européenne. Les premiers possédants des caractères europoïdes que ne posséderaient pas les seconds. À cette dichotomie, Deniker en 1900 élaborera la théorie du  » métissage en strates discrètes « . Il faut compter en effet quatre ensembles distincts survenus à différentes périodes de l’histoire. Le premier métissage évoqué par les historiens, fut celui d’un apport Berbère important, survenu à différentes périodes. L’un très ancien du néolithique jusqu’à la période islamique. Le deuxième plus récent et géographiquement circonscrit, survient au xviiie siècle avec l’invasion de tribus Maures au Fouta Toro (Oumar Kane : p. 237-252) 29. Ce métissage concerne en particulier les Peuls du Fulaadu, du Fouta Toro et du Burkina Faso, (branche venue de l’Est du Fouta Toro). À ce métissage dit  » régional « , il faut ajouter un élément que les chercheurs s’accordent à considérer comme asiatique. Des historiens et des linguistes soutiennent depuis longtemps l’ascendance indienne de ces pasteurs (Le Mali : p. 7)30.De récentes recherches ont montré que certains rapprochements pouvaient être fait avec certaines tribus pastorales d’Asie Centrale (Moreau)31 ce qui pourrait les rapprocher des Hyksôs dont on pense qu’ils ont introduit le cheval en Afrique. Mais à ces deux apports l’un berbère, l’autre asiatique, un troisième élément vient s’ajouter.Pour certains auteurs, les Peuls auraient été des Hittites perdus en plein désert, pour d’autres des Gaulois ou des Celtes capturés ou employés comme mercenaires par les Égyptiens, pour d’autres encore, les descendants de légionnaires Romains.Depuis ces quelques dernières années, on évoque de plus en plus souvent l’intervention d’un ou plusieurs Peuples de la Mer 32, ( conglomérat de peuples indo-européens ) dans l’ethnogénèse peule et ce pour un évènement historique majeur ; l’introduction du zébu en Afrique – espèce qui n’était pas représentée sur les peintures rupestres du Tassili étudiées par Henri Lhote, mais qui se trouve aujourd’hui entre les mains des Peuls( Figures Peules : p. 66) 33Pour d’autres chercheurs les Peuls auraient été des Palestiniens ou des Mésopotamiens, c’est-à-dire, des éléments du groupe sémite (Le Mali: p. 66)34Ainsi, pour Maurice Delafosse, leur ascendance serait judéo-syrienne. Ces juifs, auraient été chassé de la Cyrénaïque et auraient migré vers le Mali. Cependant des recherches récentes en génétique des populations n’ont pas confirmé cette thèse qui est aujourd’hui abandonnée.L’ensemble de ces différentes  » strates « , se situent sur un substrat soudano-guinéen effectif depuis le viie siècle pour les Peuls d’Afrique de l’Ouest ( Guinée-Bissau, Sierra-Leone, Sénégal, Sénégambie ) et du ixe siècle au xxe siècle pour les Peuls du Mali, du Niger, du Burkina-Faso, de Guinée, du Bénin, du Nigéria, du Tchad, du nord Soudan, ou du nord Cameroun ( migrations par vagues en deux phases )35.
À la recherche scientifique pure, s’ajoute la tradition orale, plus précise et rejoignant parfois les thèses déjà évoquées. Les Peuls descendraient d’ancêtres blancs ayant émigré du nord-est :  » Du pays de Cham ou de Sam, c’est-à-dire de la Syrie ; du pays de Tor, la presqu’île du Sinaï ; de Missira, l’Égypte ; et du pays de Séritou, la Syrte en Libye36.
Sur le plan scientifique, les Peuls sont considérés comme des méditerranéens issus de Protoméditerranéens venus du Proche-Orient au néolithique, ayant participé à l’éclosion du monde Berbère (Horizons Nomades: p. 2-3 )37.Aujourd’hui, la plupart des chercheurs s’accordent à faire de ces pasteurs ; des Syro-libyens38.
Préhistoire[modifier]
Henri Lhote dans son Extraordinaire aventure des Peuls paru en 1958, est le premier à s’intéresser à l’histoire ancienne des Peuls. Il appelle ces pasteurs à bovidés des  » Éthiopiens « . Pour lui, les Peuls sont des Hamites ou des Chamites / kamites. Ils seraient venus du Proche-Orient, des anciennes provinces de la Gédrosie et de la Susiane Suse39.On attribue à ce groupe intermédiaire les premières civilisations du Croissant fertile ; la première dynastie égyptienne, Sumer, Babylone, la Susiane, la Gédrosie (Mésopotamie)40.
Ces anciens royaumes qui se situent à l’est de l’Iran actuel ( proche de l’Afghanistan et du Golfe Persique au sud ), étaient autrefois à la limite de la frontière Ouest de la Chine et de la route du Lapis-Lazuli qui fut l’objet d’un grand commerce avec l’Égypte pharaonique. Les Chamites (berbères, éthiopiens, égyptiens…), ont été étudié par des chercheurs français comme l’ abbé Breuil et par des indianistes européens, indiens et anglais au xixe siècle et au xxe siècle, notamment Budge (1902) et J. Hornell (1924)41. L’étude de l’Égypte ancienne, des langues chamito-sémitiques et de certains faits culturels ont montré une parenté évidente avec l’Inde et le groupe dravidien en particulier. Lilias Homberger évoque une culture indo-africaine en opposition avec le pôle nordiste indo-européen (L. Homberger, L’Inde et l’Afrique, Journal de la société des africanistes, 1951)42.
Des études également menées sur les Peuls ont confirmé l’importance de l’Orient dans l’histoire de ce peuple. On a ainsi trouvé le marqueur M9 (K ) qui est un marqueur ouest-eurasien présent à 97 % en Iran ; le marqueur M89 (F) qui est un marqueur du Moyen-Orient présent à 90 % chez les populations de l’Asie centrale. Il est présent à 18% chez les Peuls, à 19 % chez les Arabes et 21 % chez les Afghans ; le marqueur M20 (L ) qui est un marqueur indien présent à 50 % en Inde du Sud est fréquent chez nombre de peuples de l’Est africain. Ce premier résultat qui date de 1992, confirme l’importance de l’Hindou Kouch, de l’Orient dans l’histoire des Peuls, ainsi que leur affinité profonde avec les populations de l’Est Africain43,44,45,46,47,48,49.
Selon Henri Lhote50, Les Peuls seraient originaires de la Haute vallée du Nil : Haute-Égypte, Nubie et Éthiopie. En étudiant les peintures rupestres du Tassili N’Ajjer, il pensait que les peintures rupestres de bovins permettraient de suivre l’avancée de ce peuple, à travers des représentations stylisées dans le Sahara. Arrivé en Mauritanie et au Sénégal, les traces deviennent plus difficiles à suivre : les grottes et rochers permettant la reproduction sont plus rares. Les Peuls auraient introduit le Bos Indicus (zébu ouest africain) et une race de bœuf à longues cornes en forme de « lyre » (H. Lhote), ainsi que l’Indigo et le métier à tisser en Afrique. Henri Lhote s’appuie sur des phénomènes culturels toujours existants, notamment dans l’esthétique (vêtements, coiffures) de ces pasteurs.Henri Lhote fait des Peuls, des éthiopiens d’après les peintures rupestres, représentant des profils europoïdes ou méditerranoïdes.Par l’arc, les vêtements, la coiffure, l’habitat en hutte hémisphérique, il les rattache au grand rameau de la civilisation hamitique comprenant les Galla mais également les Tébou du Tibesti. Il les fait partir de Haute-Égypte51. L’Éthiopie et l’ Érythrée possèdent aussi des peintures rupestres représentant des bœufs sans bosses (Bos brachycéros et Bos africanus) et identiques à ceux représentés au Sahara.
Henri Lhote signale que l’absence des Peuls dans les représentations d’Éthiopie et d’Érythrée, serait un signe qu’ils ne seraient pas venus en droite ligne de l’Éthiopie. Ils auraient contourné le Sahara par le nord, longeant le Fezzan, le Tell Algérien, jusqu’à parvenir au Maroc, puis la Mauritanie et enfin, le Sénégal vers le viiie siècle de notre ère (Arcin, Tauxier, Béranger-Féraud, Verneau). Ce qui distingue en effet les berbérides des autres couchites, ce sont leurs voies d’expansions. L’ensemble des couchites du sud et des nilotiques sont passés par le sud du Sahara et ont débouché au Tassili, qui était la seule zone de contacts entre les berbérides et les couchites. Les couchites du sud, seront constamment repoussées par les berbérides en particulier les Garamantes et les Gétules. Action qui se verra facilité par l’apparition du cheval et du char dans la deuxième moitié du II°emillénaire, mais aussi par la désertification du Sahara, qui dès lors, formera une frontière géographique, écologique mais aussi ethnique entre le nord et le sud. Rares sont les chercheurs qui font passer les Peuls par le sud du Sahara (Motel )52. Les Peuls ne pénètreront le monde bantou qu’à partir du viiie siècle après J.-C, par le nord, vraisemblablement le Maroc ou la Mauritanie. Henri Lhote les compare également aux Bafour, peuple de la vallée du Niger, vers Diaka, le lac Débo et le Hodh, mélange de sémites venus du nord-est, de Berbères Zénaga (formation Gétules) et de Garamantes (p. 21 in Histoire du Mali).
Les remarques d’Henri Lhote, d’abord contestées par de nombreux spécialistes, notamment pour des raisons chronologiques, certains auteurs ( Dr. Lasnet ) ne font venir les Peuls au Sahara qu’aux alentours des ie siècle, de notre ère, soit à l’époque romaine. Les thèses d’Henri Lhote sont aujourd’hui acceptées par la plupart des spécialistes. Ces « fresques » de l’âge des bovidés, inscrites sur les rochers du Tassili, montrent sous la « lecture » d’ Amadou Hampâté Bâ et G. Dieterlen ( 1961,1966 ) pour les gravures à caractère symbolique ou mythologique, l’œuvre de pasteurs venus d’Égypte et datée entre 4000 et 2000 ans.
~2000 ans – L’introduction du char et du cheval…
L’histoire ancienne des Peuls apparait dans le livre collectif Figures Peules ( p.66-67 ) dans un contexte géographique précis ; le Tassili N’Ajjer et un contexte historique voyant l’ouest du Nil menacé par des tribus libyennes (Ribou de Cyrénaïque et Mashaouash une tribu Gétule), constituant de petites aristocraties locales, suffisamment puissantes cependant pour menacer l’Égypte et faire appel à des peuples situés de l’autre côté de la méditerranée ( porteurs de la culture Mycénienne )Mycène , appelés Peuples de la Mer par les Égyptiens.
On trouve à partir de cette période, d’autres peintures rupestres plus proches de nous et datées de 2000 ans, concernant des images des chars dits à « spirales » de la moitié du IIe millénaire avant notre ère qui étaient des motifs prisés par les Égéens et sans doute repris par des Libyens pour servir au prestige d’aristocraties locales. Ces mêmes chars ont été retrouvés sur des tombes à fosse du cercle A de Mycène et au Péloponnèse (Figures Peules : p. 16 )53 C’est aussi la période de l’introduction du cheval dans le Sahara central par les Hyksôs ou du moins comme pour les chars, sa représentation sur roches54. À partir de 1 500 environ apparaît le char à timon simple ou  » char Égyptien « , qui va encore accentuer les différences entre les populations du nord et les populations du sud, qu’elles vont repousser vers le sud.
Malgré des affinités évidentes avec les peuples de l’Afrique du nord à cause de cette grande migration, les Peuls sont plutôt reliés aux peuples de l’Est africain. La présence de certains noms comme Barii’o ou Kaara que l’on retrouve en afrasien (ancien chamito-sémitique)55, la pratique funéraire des tumulus, certaines pratiques culturelles, l’existence des castes, doivent faire penser un logement ancien à l’Est de l’Afrique, près de la Mer Rouge, dans le monde couchite. On les rapproche généralement des couchites dans leur ensemble ou plus généralement des Égyptiens.
Toutefois l’auteur Christian Dupuy dans Figures Peules (p.55), signale qu’en l’absence d’autres données archéologiques, il demeure prématuré d’identifier les auteurs de ces peintures aux ancêtres des Peuls. De plus, nombre de Peuls ne se reconnaissent pas dans la thèse orientale, ni à travers l’analyse des peintures rupestres d’Henri Lhote. Enfin, l’auteur fait également remarquer que, sans remettre en question l’appartenance à une même entité socio-linguistique des Peuls, les disparités observées entre différents groupes traduisent bien l’existence d’interactions et d’évolutions culturelles à travers le temps et l’espace. Cette diversité des modes de vie suppose des vécus historiques différents selon les groupes et les régions.
Antiquité[modifier]

Les sources documentaires tels que papyrus, ostracas (tessons de poteries gravées), gravures sur des monuments ( statues, tombeaux d’Égypte ), objets en métal (pièces de monnaie, pièces de charrerie, d’équitation, armes, etc. du désert de Libye), tablettes en cunéiformes du Moyen-Orient, les relations épigraphiques entre le grand roi hittite Suppiluliuma I (1355-1320 av. J.-C), les rois hourrites du Mitanni, des rois de Chypre (Enkodia) et des Pharaons Thoutmosis IV (1400-1390 av. J.-C), Aménophis III (1390-1352 av. J.-C), Aménophis IV ( 1352-1320 av J.-C), Mérenptah (1213-1204), Ramsès III (1180 – 1155), et nous permettent de suivre l’avancée des Peuples de la Mer vers l’Égypte aux alentours du XIIe avant J.-C – ainsi que l’ensemble des peuples pénétrant en Égypte depuis les premières dynasties.
L’Égypte pharaonique (~ 2500 av. J.C ?)[modifier]
Les Peuls peuple pasteur, apparaîtraient dans l’histoire de l’Égypte d’après Lilias Homberger à travers une lettre qui leur appartient, ( -ng ) comme un peuple  » entrant  » en Égypte dans des écrits, rédigés par des Égyptiens signalant le passage de pasteurs conduisant des bovins à longues cornes dits -ng ‘ ou -ng.w ( = -ngr ), dit nagor (en langue Brahoui) dans le nord-ouest de l’Inde (Balouchistan) et dans les provinces de l’Est de l’ Iran d’aujourd’hui. Cependant les légendes orales Peules, signalent qu’ils y auraient eu plusieurs vagues d’arrivées, chacune avec leur contexte historique, étalées de manière discontinue de 2500 av. J.-C à l’ère des Ptolémée en 300 av. J. -C où leur ethnonyme, apparaît dans les textes et sur les monuments56 et période d’un important brassage ethnique, opéré à partir de la Basse époque égyptienne avec l’Orient et la méditerranée.

Les Poulasti (~ 1177 av.J.C ?)

Les Poulasti ou Palasti, Pelasi, ou encore Péleshet ou Péléset ( en égyptien ), sont un peuple de la mer, considérés comme d’ascendance grecque, devenus les Philistins, qualifiés de berbères et cousins des Coptes.Les Poulasti, apparaissent pour la première fois dans un cycle des sept tableaux légendés de Médinet-Habou.Leur nom apparaît sous la forme non vocalisé en égyptien prst. Ils livrent une bataille terrestre contre Ramsès III ( 1180-1155 )dans la région de Beth-Shéan, au sud du Lac Tibériade57. – Une deuxième apparition des Poulasti dans la cinquième série de Médinet-Habou, les montre arrivant par mer dans le Delta du Nil en compagnie des Sikala (indo-européens qui peupleront plus tard la Sicile )-58Les Poulasti vaincus par Ramsès III, une partie de ces guerriers seront enrôlés dans l’armée égyptienne, et fourniront les garnisons des forteresses qui surveillaient en Moyenne-Égypte, le désert de Libye et la plupart feront souches dans la région où ils s’établiront en éparchies. Après Ramsès, les Pulasti devenus les Philistins, se fixèrent au Levant, où ils donneront leur nom à la Palestine qui apparaît dans les textes à partir de 800 av. J.-C59. Les Peuples de la Mer sont un rameau de populations indo-européennes, porteuses de la culture mycénienne, établies entre le xve siècle av. J.-C. et le xiiie siècle av. J.-C. sur les bords de la mer Égée et en Anatolie. Ils se livrent à la piraterie et au commerce, mais sont aussi employés comme mercenaires en Haute-Mésopotamie et en Égypte60. Les Poulasti ont été associés aux Pélasge par certains chercheurs. Bien que de nombreux auteurs distinguent encore peuples de la mer (indo-européens) et berbères, après avoir été repoussés par Ramsès III, l’ensemble des Peuples de la Mer ont été, soit inclus dans l’armée Égyptienne elle-même, soit refoulés à l’Ouest où ils ont fusionné avec les Libyco-berbères et constituèrent dès lors pour les égyptiens, l’ensemble des peuples situés à l’ouest du Nil.
Période romaine (~ ie siècle av. J.-C.)[modifier]
L’Afrique numide est l’Afrique des alliances berbères, pour répondre au commerce avec Carthage et à la domination romaine. La plupart des études sur ce sujet portent sur les Berbères des côtes ou des régions agricoles en contacts avec les Romains, aucune sur les  » Berbères sahariens », hormis sur les Garamantes ( considérés parfois comme les ancêtres des Touaregs ), les Musulames, les Gétules et les Nasamons. On peut trouver néanmoins quelques informations concernant des ostraca trouvés en Maurétanie, en Tripolitaine et dans le Fezzan, relatant les relations romano-indigènes dans deux ouvrages ; La résistance africaine à la romanisation de Marcel Bénabou61 et Rome en Afrique de Christophe Hugoniot62.
Le cas Gétules ou Gaetules : À la période romaine ce que l’on entend par  » royaumes berbères  » sont en fait des mouvances, des alliances sporadiques. Ainsi, si les tribus berbères portaient des noms bien individualisés, comme les Suburbures, certaines dénominations recouvraient des entités plus larges et fluctuantes, comme les Libyens, les Massyles, les Masaesyles, les Numides, Les Gétules, ou les Maures. Ces entités semblent avoir compris diverses tribus distinctes. Les Musulames, les Garamantes du Fezzan et peut-être Nasamons en Tripolitaine faisaient partie, selon certains auteurs anciens, du groupe Gétules( p. 280 in Rome en Afrique ).Ainsi le terme Mauri a-t-il varié dans le temps. Il désignait à l’époque romaine, l’ensemble des numidiens, composé de plusieurs ethnies.Les Gétules que l’on distingue parfois mal des Garamantes seraient chez certains auteurs, les descendants des pasteurs blancs du Tassili. Il existe de nombreux écrits sur ces berbères qualifiés de  » Grands nomades  » par les Romains.G. Camps63, les situent à la limite orientale de l’Empire romain en Numidie, nomadisants entre le Chott el Hodna actuel et l’ancienne cité romaine de Sabratha sur la côte, à l’ouest de la Tripolitaine. Ce sont des berbères des steppes de la frange nord saharienne voisins des Bavares ou Davares et des Massyles et Masaesyles. Ils sont souvent comparés aux Garamantes avec lesquels ils partagent un mode de vie similaire. Les Gétules sont le seul groupe libyco-berbère exclusivement nomade à présenter une similarité avec la divinité peule géno, (Le qualificatif gens Numidarum dérivé du genius gentis Numidiae était le nom donné aux berbères de cette région à cause des dédicaces offertes à cette divinité). Comme le note d’ailleurs, Marcel Bénabou, p. 319 : « … Il y a une démilitarisation progressive du culte et une accentuation du caractère religieux à mesure que l’on s’éloigne vers l’est… ).On trouve néanmoins une étude concernant ces dédicaces, les Dii Mauri (dieux Maures) faisant état du problème posé par les dii immortales Getulorum d’ordre similaire au Gens Maura, provenant d’une lecture d’un texte trouvé près d’Horrea commémorant une défaite des tribus Bavares et la mort de leurs rois. G. Camps signale que :  » …la lecture de GETVLO (5° ligne) est loin d’être certaine ; nous avons pu déchiffrer péniblement GEN/O…Or nous avons d’autres exemples où l’on invoque, après d’autres divinités, le genius loci : à Satafis et à Sétif où cette invocation intervient aussi probablement après une victoire sur les Bavares. »64 Il n’est pas à exclure l’alliance ponctuelle d’un élément Peul avec la formation Gétule ou des berbères des régions plus à l’ouest de l’Égypte, dans le Fezzan . On trouve nombre de documents sur le rôle des Gétules dans les guerres menées contre les Romains, sur leurs techniques et qualités guerrières essentiellement de guérilla. (Aristote, Politique 51,5,6,125a, et 7,10,4,1329b ; Strabon, Géographie ; Hérodote, 2,29 ; Pomponius Méla, 3, 107 ; Diodore de Sicile, 3,22,1 ; Pausanias, 8,43,3 ; Lucien de Samosate, Dipsades, 7 ; Pline l’Ancien, Histoire naturelle, 5, 30 ; Ptolémée, 4,3,24)- Rappelons également que les Romains ne modifièrent pas les postes frontières surveillés par les berbères installés à la frontière entre l’Égypte et la Libye mais qu’ils les utilisèrent65.D’après Salluste les Gétules vont fusionner avec les Perses après la mort d’Hercule66

Histoire contemporaine

On ne sait pas exactement quand les Peuls sont partis d’Égypte, cependant André Arcin les fait venir de la lisière nord du Sahara jusque dans le sud Marocain. Tauxier préconise la route du sud de l’Algérie et les ferait émigrer de leur pays d’origine ( moyenne Égypte ) vers le vie siècle avant l’ère chrétienne. Béranger-Féraud, Verneau et d’autres indiquent, également la route septentrionale comme étant celle de leurs migrations67. Le Sahara est exclu car jugé comme étant un pays désertique et inhabitable difficile à traverser pour une population dont l’économie principale est l’élevage. Seul Motel les fait venir du sud Sahara68. Cette première migration d’est en ouest leur fera atteindre la vallée du fleuve Sénégal vers le viiie siècle de notre ère ( Lhote ).Le peuplement Peul s’est par ailleurs effectué par vagues successives, dans différentes régions, à différentes époques69.Tous les historiens cependant soulignent l’ importance historique de cette population en Afrique de l’Ouest où certains s’étant sédentarisés vont créer de petits États théocratiques : le Macina au Mali, le Futa-Toro et le Fuuta Djaloo en Haute-Guinée .

À l’Ouest région du Sahel…
vie siècle av.J.C ? – viiie siècle ap.J.C -Arrivée de pasteurs Peuls dans le Hodh de la Mauritanie actuelle en passant par le nord du Sahara encore vert ( gravures rupestres du Tassili et du Hoggar ).
ixe siècle de notre ère – Dans la légende Futanke, le royaume des Dia Ogo 70 ou Namandirou, serait le premier royaume que les Peuls ont contribué a bâtir parmi d’autre populations notamment Tekrouri, Soninkés, Sereres, tous forgerons, mentionnés par les historiens. Ces Peuls venus du Hodh (Sahel) après la traversé du Tagant, commandaient alors le royaume du Tekrour sur les rives du Bas Sénégal71.
De l’autre côté du Fleuve Niger…
xie siècle-Fondation de l’empire almoravide englobant le Maroc et la Mauritanie, les tribus Peules qui s’étaient converties mais avaient abandonné la religion musulmane, furent contraintes de se convertir à nouveau. Persécutées par ces religieux, elles durent fuir vers le sud ; un premier groupe trouva refuge en Sénégambie et au Boundou , un second groupe se réfugia dans le Bas-Sénégal créant par la suite l’empire du Tekrour, futur Fuuta Toro.Le troisième groupe gagna le Macina et fut rejoint par les tribus foulas qui s’étaient dirigées vers le Nil72.
xiie siècle – des Peuls refusant l’islamisation de l’empire du Ghana, suite a la pression des Almoravides, fuient vers la région du Fouta-Djalon, puis vers le Macina et enfin au nord du pays Haoussa.
xiiie siècle – Dans le Tekrour, d’autres Peuls, se mêlent surtout aux Sérères et aux Tekrouri. Les Peuls avec le nomadisme ouest-est, atteignent les régions du Foutah Djallon en Guinée, jusqu’à atteindre les régions du lac Tchad et le nord du Cameroun. C’est ainsi qu’ils se sont étendus sur une bonne partie de la bande sahélienne, du Sénégal au Soudan.
xiiie siècle – xive siècle – L’Empire du Mandé, intègre dans la paix, des ethnies aussi diverses que sont les Touaregs, Wolofs, Bambara, Songhaï, Tekrours, Dialonké, Malinké, Dogons, etc. Toutes ces populations ayant adhéré a la Charte du Manden.
xve siècle – Sonni Ali Ber empereur de l’Empire songhaï de Gao, grand maître du Soudan Occidental, rattache le Macina, territoire a majorité Peulh, à l’empire de Gao.
xvie siècle – Koli Tenguella dit Puli, à la fois Peulh et Malinké, à la tête de son armée, repousse les Maures, soumet l’État du Fouta-Toro après plusieurs tentatives, soumet également les Wolofs et les Sérères, annexe l’empire toucouleur ( Tekrour ), conquiert toutes les contrées s’étendant entre le Haut-Niger à l’est, le Bas-Sénégal au nord et à l’ouest, le Fuuta Jaloo au sud73. Koly Tenguella une fois roi ( Silatigui ) du Fouta-Toro, installe sa dynastie, les Deniankobé.
xviiie siècle – Création de l’État théocratique du Fuuta Jaloo ( Haute-Guinée ).
xviiie siècle – Arrivée de tribus Maures arabisées Brakna et Trarza au Futa-Toro, le Walo et le Cayor. Les troupes de Tashomba, appuyées de Marocains et de Hormans ( métis de Marocains et de noirs ), mettent à sac le Futa-Toro et renversent le régime des Dényankobe. Ils le remplacent par un régime maraboutique ( tribus Zénaga ). Guerres intestines entre les différents membres de la famille régnante, pillages et razzia fréquentes dans les villages agricoles, appauvrissent rapidement le pays. Mise en place de différents Syratiks au profit soit des Brakna, soit des Trarza.L’action des Maures dans cette région est un échec économique et social.Sous l’influence grandissante des tribus maraboutiques, retrait des Maures en 178674.
xviiie siècle – Les Diallubé (pluriel de Diallo) gouvernent les Peuls du Macina. Amadu Bari reçoit la bannière de la djihad, la guerre Sainte islamique, des mains du toucouleur Ousman Dan Fodio, et le titre de  » cheikou « 75.
xixe siècle – L’empire peul du Macina avec Amadu Bari à sa tête conquiert Tombouctou, contrôle Jelgooji, Liptaako, ainsi que le confluent du Sourou et de la Volta Noire au Sud-Ouest de l’actuel Burkina-Faso. Le xixe siècle verra les conversions de Sékou Amadou et cette islamisation leur permettra d’avoir une certaine unité politique. Seuls les Peuls Bororos, Wodaabe « les bannis », en réchapperont. Les « convertis » fonderont alors un empire, l’Empire peul du Macina au Mali, le royaume Peul et Mandingue du Fouladou, en Guinée le Fouta-Djalon et au Nigéria l’Empire de Sokoto. Tous les États à part les deux Fouta, nés au xixe siècle, ont été très éphémères, malgré cela c’est ce qui leur a permis durant ce siècle, d’établir une certaine unité des fulbé, ce qui n’avait jamais été le cas avant.
1811 – Les Peuls remportent une grande victoire sur les Gourmantché, à Dori. Dix ans plus tard, Ilorin sur la côte du Bénin devient un émirat peul, après la lutte menée par Mallam Alimi. En revanche battus à Kissi par les Touaregs en 1827, les Peuls doivent abandonner l’Oudalan, région située au Nord-Est du Burkina Faso.
1868 – Écrasement de l’État païen rival du Ngaabu ( actuelle Guinée Bissau ) par al-hajj Umar puis Samori.

La période coloniale.
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xxe siècle – L’arrivée des Européens, dans la région de la Guinée stoppa les grands mouvements cavaliers à la lisière des forêts du sud de l’Afrique occidentale et centrale. L’établissement des Européens stoppa également les échanges commerciaux entre États et radicalisa dans l’ouest africain, la pratique déjà ancienne de l’esclavage. Les Peuls constituèrent un mystère pour les Européens incapables de distinguer les alliances et échanges inter-éthniques instaurés par leur économie76. Durant tout le xx e siècle ceux-ci les considéreront pour certains, comme des Mahométans armés ( élites, nobles ) et par conséquent non soumis à l’esclavage (comme les Maures ou les Touaregs), pour d’autres comme des barbares soumis au travail forcé (code de l’Indigénat).

La résistance Peule.

La colonisation fut tardive (Haut-Niger 1854, le Fuuta-Djalon 1896 ; Rivières du Sud 1866) et elle fut relativement brève (à peine 150 ans). Le Gouverneur de la Guinée française était Faidherbe. D’emblée, les Peuls apparaissent aux yeux des Européens comme des Mahométans armés, au même titre que leurs voisins Maures et Touaregs. Leur société extrêmement hiérarchisée parut dès l’abord, trop complexe aux yeux des Européens et difficile a percer (problème de la langue). La France engagea une politique  » diplomatique  » et commerciale avec les différents États Peuls indépendants.Création d’un Gouvernement général de l’Afrique occidentale française visant à harmoniser la politique française, les trois colonies concernées par le Fuuta Djaloo étaient le Sénégal, le Soudan et la Guinée.On assiste dès lors à une résistance diplomatique : Plusieurs traités furent signés77, notamment le  » traité de commerce et d’amitié  » 1881 entre les almami et Bayol qui marqua la première tentative directement impérialiste de la France à l’égard du Fuuta Djaloo : Principalement pour contrer le intérêts Anglais dans la région de la Sierra Leone78. En signant des traités avec la France et l’Angleterre à la fois, en 1881, en leur refusant de ce fait l’exclusivité du commerce, les dirigeants du pays, les almami, affichaient leur indépendance à l’égard des deux puissances impérialistes et du même mouvement, tentaient de les neutraliser : d’abord en rejetant la version française du traité79. La récusation de toute notion de contrôle et d’ingérence, le refus opiniâtre de laisser une puissance étrangère empiéter sur la souveraineté de l’État, non seulement en 1881, mais également lors de tentatives expansionnistes ultérieures, ( colonne Plat 1887-1888, colonne Levasseur 1888, colonne Audéoud 1888 )80, la mission Briquelot en 1888-1889, à l’initiative d’ Archinard, tentera vainement de convaincre les almami des intentions pacifiques de la France.Cette résistance s’appuyait sur un concept lapidaire mais clair :  » Le Fuuta Djaloo doit être aux Peuls et la France aux français « . Ce principe nationaliste réitéré privait la France d’une base  » légale  » d’intervention.Le rejet par les almami de toute notion de protectorat s’accompagnait d’une résistance militaire, consistant à entraver l’expansion de la France au Soudan en s’alliant à Samori, le principal adversaire de la France. En cela, la France se révéla à peu près impuissante à peser sur les relations entre Samori et les almami. D’autant plus, que depuis l’autonomie des Rivières du Sud (août 1889), celle-ci menait une politique d’expansion pacifique à l’égard du Fuuta Djaloo, remettant à plus tard l’éventualité d’une occupation militaire, tandis qu’Archinard multipliait les lettres d’apaisement à l’égard des almami. Pour préserver sa souveraineté, le Fuuta Djaloo sut aussi habilement exploiter les conflits franco-français et franco-anglais.Jusqu’au décret du 11 juin 1865 instituant le Gouvernement général de l’Afrique occidentale française, explicitement voulu pour harmoniser la politique française, trois colonies étaient concernées par le Fuuta Djalon : Le Sénégal, le Soudan et la Guinée. Chacune d’entre elles, activait sa propre politique à l’égard de l’État peul encore indépendant. Frictions et conflits divisaient en permanence les trois colonies.Si les almami firent parfois preuve de naïveté en politique, ils surent très bien tirer avantage de ces mésintelligences.Ils instrumentalisaient les contradictions franco-françaises pour retarder la mainmise sur leur pays – On assiste également chez le  » petit peuple  » peul à une résistance sociale : Comme le  » rachat  » de captifs ou l’interception des caravanes – La politique de la France à l’égard des captifs sera faite d’ambiguïté.Elle consiste en particulier à inciter les captifs à s’enfuir de chez leurs propriétaires Peuls, pour les détourner à son propre profit: Beeckman :  » Il serait indispensable de prévenir aux commandants du Soudan de ne pas recevoir aussi facilement les fugitifs du Fuuta Djallon qui servent à peupler les villages de liberté au détriment de notre nouvelle possession, qui a cependant besoin de tous ses bras pour la culture. « 81Las, les Français fourbirent le concept de féodalité, inadapté mais commode, paradigme négatif pour stigmatiser, ouvrir le procès du régime, justifier l’intervention militaire et l’occupation du pays, en se servant des rancœurs et des frustrations du petit peuple opprimé82. Le 14 novembre 1896, les Français défaisait Bokar Biro le neveu de Soriya Ibrahima qui lui avait succédé après sa mort en juillet 1890 (alternance Amadu / Bokar Biro, 1891-1896) à la bataille de Poredaka83. Contrairement aux autres colonies françaises, ils ne seront pas intégrés dans l’armée. Officiellement pour des raisons  » physiques « 84.La résistance peule est notée sur le plan historique par un certain nombre d’études et d’ouvrages, textes, lettres manuscrites par des Peuls eux-mêmes et archivées, au Archive Nationales du Sénégal (ANS) et en France8586. Le référendum du 28 septembre 1958 la Guinée, sonnera la fin de la période coloniale.
1958 – À partir des années 1960, la montée des nouvelles générations non soumises à l’esclavage, permirent aux jiyaabe et aux descendants des Bourouré d’autrefois, de jouer un rôle politique indéniable dans différents pays. Au Sénégal, Mamadou Dia, élu Président du Conseil de Gouvernement en novembre 1958, le demeura après la proclamation de l’indépendance du pays en 1960, mais, accusé d’une tentative de coup d’État en 1962, il fut destitué. Dès 1960, Ahmadou Ahidjo, se trouva à la tête du Cameroun. C’est aussi le temps de brefs sursauts nationalistes. De 1983 à 1987, Thomas Sankara présida aux destinées du Burkina-Faso.En Guinée, les opposants Peuls au régime politique dictatorial de Sékou Touré furent persécutés, entraînant au début des années 1970 un million de Peuls dans la diaspora. Aujourd’hui la diaspora peule concerne les États-Unis, le Canada, l’ Angleterre , la France, le Portugal, les îles du Cap-vert et les pays africains limitrophes.

Religions

Les Peuls de nos jours sont presque tous musulmans. Une partie des Peuls d’Afrique de l’Ouest, ont été parmi les propagateurs de l’islam sunnite, notamment avec des personnages de l’ethnie Tekrour (TorooBé), comme Ousmane Dan Fodio, fondateur de l’empire du Sokoto (Dèm du Sokoto), Sékou Amadou, fondateur de l’empire Peulh du Macina, et Amadou Lobbo Bari « Emir du Macina », Muhammad Bello « sultan du Haoussa », Modibo Adama, fondateur du royaume Peulh de l’Adamaoua. Sur le plan socio-géographique, les Peuls conquérants pratiquant le djihad sont souvent des familles Peules sédentaires (en particulier en Afrique de l’Ouest) et métissées avec les populations avec lesquelles ils cohabitent. Création d’écoles coraniques, propagateurs de confréries soufies, soufisme87.
Cependant, le syncrétisme d’Orient est toujours présent. Ainsi on peut trouver des Peuls musulmans, des Peuls chrétiens et des Peuls animistes parfois au sein d’une même famille.
Nomadisants aux frontières des cultures des peuples d’Orient, de la méditerranée, des autochtones d’Égypte-Libye, et de Nubie (actuel Soudan), on retrouve dans le corpus peul ces diverses influences accumulées au cours des siècles… Notamment avec le symbolisme de l’Égypte antique par rapport aux bovidés, liés a de nombreuses hypostases du divin: Apis, Hathor, Isis. Tout comme ses hypostases du démiurge Amon, sont représentés portant un disque solaire entre leurs cornes, Géno ( divinité présente en Numidie et en Grèce ancienne où elle était un rite civique relié aux Mystères d’Éleusis ), qui est le nom traditionnel donné à Dieu par les Peulhs, crée en premier la vache sacrée qui porte l’univers entre ses cornes. On retrouve également la clé Ankh, Ankh qui signifie : Vie en Égyptien ancien, que l’on retrouve dans le vocabulaire Pulaar, sous le nom de Wonki, Onki en Copte, Yonki dans les langues Mandées. Le mot Wonki, Onki, Yonki, gardant le même sens. La notion ontologique du Ka qui signifie en égyptien ancien, le souffle divin, kin en Pulaar, pour le rapport avec le nez, par lequel l’homme respire donc vie, Ka en pulaar, qui veut dire : être, exister. Car pour le Peulhs on ne vit que lorsque le souffle divin anime le corps physique.
Sur un plan moins symbolique, il convient de ne pas oublier la lente pénétration des bergers vivants en marge des grands centres urbains, s’enfonçant toujours plus avant dans les brousses du Ghana, du Togo, du Bénin, du Nigéria, du Tchad, du Centre-Afrique…Mais c’est chez eux que persistent des traditions pré-islamiques – ( persistance d’un shamanisme d’élevage ) : génie du cheptel Kumen ; génie de la chasse Kondoron ( nomades ) – ( résidus de religion shivaïte shivaïsme et védique védisme ): Trinité et triades des contes initiatiques ; rite du feu ; croyances aux génies tutélaires ( de type lunaires ); traces d’une religion solaire ( Œil solaire de Géno dieu Créateur ); esprits des eaux (ondines) ; esprits aériens (sylphes); Ketiol dieu des arbres; génies-nains (gnomes); habitants minuscules et invisibles des forêts ; génie de l’eau Tyanaba ; génie du feu ; génie du vent ; Dieu-initiateur émanation de Géno, Kaïdara ; Lâred’i ou génies gardiens honorés sur un autel domestique (kaggu) – sont toujours présentes au quotidien 88,89.
Anthropologie sociale et culturelle[modifier]

Village peul aux environs de Ndioum (Nord du Sénégal)
Héritage culturel[modifier]
La transmission orale des traditions et des légendes est très importante chez les Peuls. Enseignée auprès des adolescents par les personnes les plus âgées et en particulier les femmes au travers de chants, de contines. La langue est encore essentiellement orale et transmise par les femmes. Elles véhiculent l’histoire du peuple, ses exploits, ses rites et ses vertus.
Goût prononcé pour les langues, la poésie, les louanges, les épopées ( joutes verbales : Kirlé au plur. ; Hiirdé au sing. ), développement d’une littérature. Dans cette transmission orale des traditions, n’oublions pas de mentionner le role important qu’y jouent les griots (historiens). La plupart des Peuls sont polyglottes. La beauté est recherchée, la probité, la sagesse, l’intelligence et la discrétion figurent parmi les règles à suivre du pulaaku, ces règles souples régissant la « pulanité ».

Artisanat

L’artisanat peul est également important : couvertures munja. La manufacture est l’affaire des « actants ». Les nomades peuls ne sont pas artisans, ils passent des commandes chez les autochtones des pays qu’ils traversent. Les nomades fabriquent eux-mêmes les calebasses, les chapeaux coniques, leurs tabliers de cuir. Les Peuls sédentaires pratiquent l’artisanat, un artisanat typiquement peul, mais on peut trouver dans certaines zones des fusions de styles ethniques.Les Peuls sont d’excellent tisserands90.Ils tissent le coton et la laine avec un métier à tisser dont l’importation viendrait d’Asie d’après Henri Lhote.Ce sont à l’image des Touaregs des orfèvres.Ils sculptent des bijoux en or et en fer qu’ils associent au cuir et à des perles.Le sens esthétique chez les Peuls est très poussé et célèbre91. Chez les Peuls sédentaires, il existe des castes d’artisans, les maboulé, qui sont des tisserands ; les wailoubé s’occupent des productions en métal, alors que leurs femmes pratiquent la poterie ; les garankobé s’occupent du cuir, les laobés travaillent le bois.

Habillement
On ne dispose d’aucune représentation en dehors de celle de Médinet-Habou sur l’habillement et l’allure générale des ancêtres des Peuls… Néanmoins, la plume d’autruche que l’on voit porté par des Wodaabe ( Photo ) durant certaines de leurs cérémonies n’est pas sans rappeler une célèbre et unique représentation d’un Libyen peint sur la tombe de Séti 1er.(tunique fermée à l’épaule, tresse devant l’oreille et coiffure de plume). Les Peuls ont des tatouages faciaux qui leurs sont propres. Les nomades portent également des tabliers de cuir colorés de dessins géométriques et des tuniques sans manches, les yeux sont cernés de khôl.Le  » chapeau pointu « , est également une exclusivité Peule. Coiffures en gourdes, en cimier, à cadenettes sont visibles sur les peintures du Sahara relevées par Henri Lhote et sont dites « sahariennes ». Avec les métissages des éléments des cultures négro-africaines sont apparus (comme les marques faciales ou scarifications que l’on trouve chez certains groupes).
Les hommes peuls nomades portent une tunique le bolare, de couleur brune qui arrive à mi-mollet, un bâton, son chapeau de paille conique, un tablier de cuir, des boucles d’oreilles. Ils ont la tête enturbannée, comparable au taguelmoust des Touaregs, et portent un pantalon bouffant. Le chapeau conique (typiquement peul) est porté et souvent ils y accrochent une plume d’autruche. Les talismans ou gris-gris, sont portés pour se protéger des djinns. Les femmes portent le pagne, bleu indigo, et le boubou de couleur très foncée, parfois noire. Les Peuls sédentaires adoptent parfois le style des ethnies avec lesquelles ils cohabitent, chez les hommes le chapeau conique est porté, ils portent aussi des bonnets souvent de couleur blanche, le couffouné, parfois rond ou carré. Ils portent une courte tunique, par dessus laquelle ils mettent un grand boubou, souvent de couleur blanche, bleu foncé, le doloké. Les femmes portent le pagne, et le boubou, et attachent sur leurs têtes un morceau de tissu qui est la version féminine du turban, moussor.
Les femmes peules pratiquent le tatouage des lèvres et des gencives à l’indigo, des paumes de la main et des pieds. Elles percent leurs oreilles et y insèrent des anneaux d’or, ou des boucles d’oreilles d’or imposantes et torsadées. Elles mettent un petit anneau soit en or ou en argent aux narines. Les jeunes filles ont à leurs poignets et à leurs chevilles plusieurs anneaux d’argent ou de cuivre symbolisant leur richesse.
Les Peuls sont un peuple à cheveux longs, lisses à ondulés92 permettant un type de coiffure particulier où les cheveux sont ramenés sur le sommet du crâne, formant une coiffure en  » gourde  » célèbre chez les Wodaabe et les bororo.Les femmes bororo ramènent en chignon leurs cheveux à l’avant, le reste des cheveux sont sectionnés en plusieurs parties qu’elles tressent, et qui retombent sur les côtés de la figure et à l’arrière de la tête. Les métissages ont multiplié les styles de coiffures. Celles-ci sont nombreuses, en forme de losange, triangle, et plusieurs noms leur sont donnés. Malgré la diversité des coiffures chez les femmes Peules, le plus souvent les hommes et les femmes sont coiffés de la même façon. Certains hommes (sédentaires ou nomades) laissent leurs cheveux longs, puis se rasent le crâne vers l’âge de 50 ans. Chez les femmes, l’art de la coiffure est très développé, pour la coiffure elles se servent de pièces de monnaie, de cauris, de beurre de karité, de perles.Les femmes portent des Saris comme les femmes Touaregs au Sahel, des robes multicolores à volants, des pagnes et des blouses indigo clair au Burkina Faso.Chaque groupe possède ses propres couleurs à base d’indigo plus ou moins clair, ses propres liserés, le graphisme est souvent à base de frises, de triangles, de losanges colorés. Les femmes sédentaires réalisent des coiffures en cimier. Les Peuls rasent parfois leurs cheveux suivant la mode arabe de piété, les femmes portent deux ou trois nattes simples avec un voile fin à l’arrière de la tête, simple ou richement décoré. Le « cheveu » est très investi chez les Peuls, et si leur nature le permet, la femme préfèrera les porter aussi longs que possible. Cependant, la coiffure féminine sera toujours « nattée », richement décorée ou semi-couverte en public.
Le pulaaku[modifier]
Pulaaku ou Pulaagu dans certaines régions : « être » Peul »93
Le pulaaku94 est « un ensemble de règles très subtiles »95, morales et sociales, un « code de comportements jugés spécifiquement Peul »96, voire « l’idéal projeté dans la manière d’être peul »97.
« Le pulaaku se retrouve chez tous les groupes Peuls, dans toutes les régions. C’est une preuve de stabilité de la catégorie et une première indication sur sa signification et sa fonction qui, manifestement ne relève pas seulement du besoin d’identification lié à des contextes historiques particuliers. Dans cette acception très générale, on peut parler de la « pulanité » en tant que conscience d’une identité durable, conscience unissant les Peuls, indépendamment de toute explicitation au niveau du contenu — Elizabeth Boesen98. »
L’indianiste Stein ajoutera une note enrichie à la notion de segmentary State élaborée par Aidan Southall, à propos du pulaagu comme critère de sélection à chaque niveau de pouvoir. Il note par exemple, l’absence de « séniorité » (contrairement aux successions et élections des groupes africains et au groupe de culture moyen-orientale proches) mais à « l’empilement d’élection » par le conseil de même niveau et de confirmation ou d’intronisation par le niveau supérieur.
« Dès lors, la langue elle-même, serait le pivot de plusieurs champs de signification, au tuilage des sons correspondants aux glissements de sens et le chevauchement des institutions et des groupes. En témoigne le fait que dans les sociétés peules où la « mise en caste » est la plus poussée, les groupes sociaux sont moins cloisonnés que ne le laissaient penser les taxinomies éthiques élaborées dans les années 196099. »
Parmi ces valeurs peules figure la « suavité » beldum qui n’existerait que chez les Fulbe (bele sey to Pullo) et qui se concrétise non seulement dans leur hospitalité et leur générosité, mais dans tout leur comportement.
On observe également une réticence à dire « non » (e woodi). C’est ainsi qu’un Peul n’opposera jamais un « non » ferme, il dira « e woodi » (c’est bien). Or, quand un Peul donne gentiment son accord, cela ne veut souvent pas dire grand-chose. Ils décrivent leur comportement comme étant forcé : le sentiment de honte, leur pudeur (semteende) ne leur laisse pas le choix. Le comportement peul n’aurait en quelque sorte aucun rapport avec autrui, mais avant tout avec lui-même.
La vie nomade a développé un caractère indépendant et une hypersensibilité ne favorisant pas le contact avec autrui.
La société peule est fortement hiérarchisée : l’aîné est respecté et même craint.
Les formules de politesse et les règles du savoir-vivre sont nombreuses et très importantes : le vouvoiement est prédominant.
Organisation politique et intégration spatiale[modifier]
On décrit parfois les Peuls comme « foncièrement individualistes ». « Être Peul », ce serait être libre. Se réaliser en effet, ne peut se faire ni sous le joug de, ni sous la séduction de, ni même sous les conseils de… La « pulanité » est autonome. Il n’y a pas de communautarisme chez les Peuls, mais il y a des revendications culturelles et identitaires, des clans, des individualités, des groupes épars. Le chef ou une autorité quelconque, est élu à la participation active. On observe ainsi une alternance politique ( Fouta-Djallon ) au xviie siècle – xixe siècle et des audits sont réalisés dès le xvie siècle pour certains groupes. Le Moyen Âge verra l’avènement des chefferies aux petits chefs autoproclamés : impérialismes, servitudes, multiplicité des contacts de populations ont favorisé des contextes d’acculturation, exclusion et / ou marginalisation chez certains groupes. Les actes délictueux sont sanctionnés par une radiation pure et simple de la sphère identitaire. Infiltrations et tactiques de replis : les Peuls se soumettent généralement aux lois des pays qu’ils traversent.
Une nourriture pastorale[modifier]
Souvent, ils pratiquent presque un lacto-végétarisme naturel sans prétentions idéologiques ou religieuses. La consommation de la viande de bœuf en particulier est prohibée sauf en de rares occasions, mariage, naissance, visites importantes.Pour pallier le manque de protéines animales les Peuls nomades pratiquent une « saignée » régulière aux vaches de leurs troupeaux. Consommation de miel sauvage et consommation presque exclusive de lait de vache, jument, chamelle ( rare ) sous toutes ses formes hormis le fromage non acclimaté kétugol : crème de lait ; kosam : lait caillé ; tiakuré : petit lait ; néba : beurre en motte ou clarifié ; komboïri : la soupe au lait est un plat peul.
Dans les villes, la nourriture est plus diversifiée : fruits secs, dattes, miel, riz, mil, couscous, fonio, maïs, taro, patates douces, manioc, oranges, mangues, légumes du jardin, poissons frais, viennent agrémenter des plats en sauces. Chaque groupe Peul répartis par région, cuisine des plats locaux ( plusieurs sortes de couscous ou lacciri en Guinée ( préparé avec de la farine de maïs, de mil, ou de riz ) des plats de céréales comme le fooyo préparé avec le grain de fonio ou le kuuya préparé avec de la farine de manioc. Le petit gibier autrefois chassé à l’arc, petites perdrix sauvages  » gerlal  » et pintades sauvages  » jongal « , sont les viandes préférées des Peuls largement devant le mouton consommé lors des fêtes musulmanes ou plus couramment le poulet. Néanmoins, la frugalité reste une valeur importante (pratique du jeûne), la consommation de viande est toujours rare et vue comme exceptionnelle – Pas de consommation de porc. Les repas sont espacés d’un jour sur deux en moyenne et la journée elle-même peut ne comporter qu’un plat unique (même dans une société d’abondance). Le lait et le thé à la menthe sont les boissons les plus courantes et consommées tout au long de la journée.
Habitat[modifier]
Les Peuls habitent dans plusieurs types d’« habitations » réparties suivant les zones géographiques et le type d’économie ( sédentaires, semi-nomades ou nomades ) :
Chez les sédentaires
Les sédentaires habitent dans des fermes appelées Wuro .
La maison ronde est appelée Suudu, ( pl. Cuudi ) elle est à plan circulaire et dans la plupart des cas en paille tressée.
Les empires mauresques du Moyen Âge, les migrants en Europe, la colonisation ont amené d’autres types de constructions. En Haute-Guinée, les Peuls vivent dans des maisons en ciment, au toit fait de briques, avec petit jardin attenant et entourées de barrières ou d’une clôture formant une concession appelée galle.
L’élévation du site est aussi fréquente que significative. Autrefois, les nobles habitaient en hauteur sur une colline tandis que les autres habitations étaient construites au flanc ou au bas des coteaux. De fait l’habitat du Peul sédentaire est souvent situé à flanc de colline, de montagne ou à leurs sommets.

Chez les nomades
Les groupes nomades vivent sous des huttes rondes de branchages recouverts de couvertures en laine, jamais sous une tente. Parfois il n’y a même pas de constructions, seulement une rangée de branchages rapidement liés, et plantés dans le sable du désert pour constituer une haie de fortune100.
Élevage[modifier]
La plupart des Peuls en milieu rural sont essentiellement éleveurs et leur mode de vie est rythmé par les besoins saisonniers de l’élevage. La vache tient une grande place, non seulement dans l’alimentation et l’économie des ménages, mais aussi dans les relations sociales et dans la mythologie. La colonisation a entraîné une sorte de confusion sur l’économie pastorale. La vache fut considérée comme un animal de prestige par les occidentaux puisque chaque famille tentait d’en avoir le plus possible et refusaient de s’en séparer comme bêtes à viande, c’est-à-dire d’entrée dans une « économie rationnelle », de marché.
L’élevage de bovins zébu ( bos indicus ) est principalement pratiqué pour le lait. Il est extensif c’est-à-dire pratiqué avec un minimum d’investissement monétaire (avec dépenses limitées aux vaccins et aux médicaments) et par l’utilisation de pâturages librement accessibles. Dans un troupeau moyen l’effectif est de cinquante têtes environ, dont les trois quarts sont des femelles. Ces femelles permettent de reconstituer le troupeau rapidement en cas d’épidémie. C’est un type d’élevage « rationnel », mais multimillénaire de survie. Les taureaux mâles sont consommés lors de rites précis et constituent la dote traditionnelle. Les animaux d’une même ferme sont en général conduits ensemble aux pâturages. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils soient la propriété collective des habitants de cette ferme – ni d’ailleurs la propriété privée d’une seule personne. Tous, femmes et enfants peuvent détenir des animaux dans un même troupeau. La descendance de la vache offerte comme don de naissance au mari par le grand-père maternel de l’épousée sera héritée par les enfants de celle-ci101.
L’animal de prestige est le cheval.Il n’est présent que chez les Peuls sédentaires des bassins du fleuve Niger et Sénégal et autour du lac Tchad. Par son entretien délicat, le cheval demande du pâturage ou une coopération avec des céréaliers sédentaires.Le cheval peul est un petit cheval appelé aussi poney, dont la petite taille retint l’attention des premiers lettrés arabes qui visitèrent le Bilad-al-Sudan ( Cuoq 1975 ; Mauny 1961 ). Appelé parfois cheval steppique , il est pour beaucoup de spécialistes, le descendant des premiers chevaux attelés introduit dans l’Aïr et de l’Adrar des Ifora au premier millénaire de notre ère102. Rare à l’état  » pur  » aujourd’hui, nombre de ces chevaux sont croisés avec le barbe lourd et grand cheval rustique du Maghreb. Il sert au gardiennage des bœufs. D’autres croisements avec des pur-sangs arabes donnent des chevaux plus fins et racés pour la cavalerie ou la parade.
Sociétés[modifier]

Il n’existe pas une société peule, mais des sociétés peules ; « Planète Peule ». Le corpus peul est dit « souple » et adaptable. Il est en évolution perpétuelle, tout en conservant ses traits caractéristiques initiaux.
Les Peuls sont endogames semi agnatiques. La femme n’est pas voilée et il n’y a pas de lévirat103.
Il existe quatre mariages traditionnels peuls avec quatre divorces correspondants :
– le premier mariage est décidé par les parents ; ce mariage (dewgal) a lieu vers 21 ans104 ;
– le deuxième après un divorce ou un veuvage ;
– le troisième, le « mariage-don » (politique) ;
– enfin, le culnol, concubinage d’un noble avec une kordo, femme de condition servile est d’importation arabe.
Un cinquième mariage islamique a été rajouté aux alentours du xvie siècle. Il est rendu par le cadi, juge musulman, et possède deux divorces associés. Les « Peuls rouges » sont monogames105. Les Peuls sont monogames dans l’ensemble.
Il existe trois formes de divorce (cergal) chez les Peuls :
- La répudiation (la femme retourne chez ses parents)
- Le divorce par consentement mutuel ou arrangement familial ( le plus fréquent )
- Le divorce judiciaire (exceptionnel)106
Ils peuvent divorcer plusieurs fois et ils contractent souvent plusieurs mariages au cours de leur vie 2 ou 3 ; la polygamie est minoritaire et se rencontre surtout chez les Peuls urbains et islamisés107. Règles du cousinage (cousins de lait endam et cousins de noms, cousins de clans). Chez les Peuls Wodaabe, les enfants sont mariés très jeunes car il existe un mythe fondateur du garçon et de la petite fille. Mais la jeune fille a le droit de vivre sa vie de célibataire jusqu’à ses dix-huit ans. Chez les Bororos, lors du worso « fêtes du Printemps », les hommes dansent le guerewol (photo) où elles peuvent choisir un fiancé. Les Wodaabe sont des monogames « successifs » avec nombreux divorces ou séparations. Le concubinage est interdit et rapidement scellé par un teegal « épousailles ». On note une survivance d’une ancienne gynécocratie, l’héritage est utérin (matrilinéaire).
Les pasteurs[modifier]
La diversité peule tient à un éclatement des cadres géographiques. Autrefois disposé en archipels108 dans la zone sahélo-saharienne, le peuplement tend à se diffuser et à s’atomiser. Contesté par des cultivateurs et des agroéleveurs, le pastoralisme l’est également par d’autres pasteurs du Sahel : Touaregs, Toubous). Dernièrement, les Arabes du Tchad, descendus de façon massive dans les savanes de ce pays, ont poussé les pasteurs Peuls à descendre en Centre-Afrique, Côte d’Ivoire, Cameroun, Nigeria) où la réussite de ce pastoralisme sur de nouvelles bases écologiques en savanes humides est le plus grand défi actuel des pasteurs Peuls 109.
Castes[modifier]
La société Peule est la plus hiérarchisée d’Afrique. Ces règles hiérarchiques sont aussi plus complexes et d’un abord plus difficile pour le regard extérieur, que celles que l’on peut voir dans les chefferies Touaregs ou Maures qui connaissent aussi le maquignonnage…

Dans les villes, il existe trois classes sociales :
Les nobles :
DurooBe nobles ( transhumants )110.
Jaawambe, sing.jaawanndo, conseillers et auxiliaires armés des rimbe.
Les artisans castés :
Regroupés sous le nom de yneebè, sing. nyengno. Les nyeenbè, sont réputés pour leur endogamie strict. les artisans sont:
Wayilbe, Baylo (forgeron)
Lawbe, labbo (boisselier)
Sakkebe, Sakke (cordonnier)(tchagno)
Mabube, Mabo (grios).
Puis les laudateurs et musiciens gardiens des traditions:
Wambabe, Bambado (compteurs guitaristes)
Les serviles :
maccube, maccudo, ou kordofemelle.

L’ensemble comporte de nombreux homonymes suivant les parlers locaux ainsi que des articulations intercastes, mais relèvent toujours des mêmes distinctions sociales. Les Peuls, hormis les castes, sont regroupés en de nombreux clans ou tribus appelés legni:
Les fulbe ururbe ou worworbe présents partout, au Sénégal, Fouta-Djallon, Mali, Niger, Mauretanie, Burkina Faso, ce sont les Peuls de l’ouest, à l’est ils prennent le nom de burure ou bororo’en. Ils sont parmi les premiers Peuls qui se sont sédentarisés.
Les fulbe laace, ce sont des Peuls qu’ont trouve spécialement au Sénégal, dans la région du djolof. Ils sont liés aux Wolofs avec qui ils cohabitent, (interpénétration linguistique), ils gardent les troupeaux des Wolofs, on les trouvait aussi dans le Sine-Saloum, et le Ferlo où ils nomadisaient, ont les appellent aussi fulbe jeeri nom qu’on donne en général à tous les fulbe de cette partie du Sénégal, la plupart sont de patronyme ka.
Les fulbe jaawBe, la plus grande des leyyi peule, ils sont particulièrement présent au Sénégal, Mali, ils pratiquent l’élevage surtout ovin, mais aussi la pêche, pour les jaawBe dalli, ils se fixent parfois près des fleuves, il y a de nombreux sous-groupes jaawbe. Ils sont à l’origine de la caste peule des jaawamBe, réputés pour être de fins stratèges dans l’ancien Fouta-toro.
Les fulbe cuutinkoobe, Peuls originaires de l’ancienne région du Diara entre l’est Sénégalais, et l’ouest malien, ils sont un sous-groupe de la grande famille peule des raneebe, la plupart d’entre eux sont de patronymes Diallo, les cuutinkoobe, étaient à l’origine des jaawBe, ils sont présents au sud du Sénégal, Guinée-Bissau, Guinée.
Les fulbe yirlaabe, ils sont les Peuls les plus à l’est, Tchad, nord-est Nigeria, Adamaoua dans le Nord du Cameroun. Les yirlaabe ou ngiril, sont très présents à l’Ouest également. Ils sont tous originaires du Fouta-Toro.
Les Fulbe wodaabe, surtout présents au Niger aujourd’hui et originaires du Diafunu, certains ce nomme diafunu’en, ancienne région englobant le Sahel mauritanien, le Macina au Mali, le Nord-Est du Sénégal. Ce sont les Peuls ayant le plus conservé leurs traditions nomades et leur culture, ce sont également les plus rustiques, ils sont restés très proches de la nature, ils sont de grands bouviers, et même s’ils sont majoritairement musulmans, ils pratiquent un islam très sommaire. Ils sont présents au Sénégal ou ils sont disséminés un peu partout et ou l’on trouve de nombreux sous-groupe, au Fouta-Djalon, où beaucoup se sont sédentarisés. Dans cette leyyi les sédentaires islamisés sont appelés wolarBe.
Ces clans sont parfois divisés en plusieurs fractions et sous-fractions appelées kinde, selon leurs patronymes, les régions où ils habitent, les animaux qu’ils élèvent bovin, ovin, l’ancêtre (chef clanique) dont ils se réclament, il existe encore d’autres clans, dont les kolyaabe de koli Tenguella, les yaalalbe. Les castes sont les mêmes, pour toutes les leyyi. Certains clans peuls, sont liés par le jongu, un lien de parenté, qui les oblige à l’entraide, au respect mutuel.
Il existe 31 groupes nomades, 48 groupes semi-nomades et 29 groupes sédentarisés11

source WIKIPEDIA

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Traditions peuls : citations, livres et prière : Peuls : 9 citations

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Croire que sa race, ou sa religion, est seule détentrice de vérité est une erreur. Certaines vérités ne nous paraissent invraisemblables que, tout simplement, parce que notre connaissance ne les atteint pas.

Les hommes peuvent atteindre un but commun sans emprunter les mêmes voies.

L’abandon à Dieu prêché par l’Islam ne supprime pas la nécessité de l’action, mais consiste à garder un cœur paisible devant les résultats, car les résultats sont entre les mains de Dieu, alors que l’effort est le propre de l’homme.

Dans son Essence, la Foi est une, quelle que soit la religion qui l’exprime. La foi est l’essence de la religion, atmosphère peuplée de trois catégories d’hommes: la masse crédule, les prédicateurs aveuglés par des luttes de clocher, enfin des initiés qui ont trouvé Dieu et l’adorent en vérité et en silence.

Si par un rite, nous entendons un moyen mystique d’orienter notre être vers Dieu, alors sans doute la Fatiha et le Pater sont du même rite, prière par excellence.

‘homme, c’est l’univers en miniature.
L’homme et le monde sont interdépendants.
L’homme est le garant de l’équilibre de la création.

Dieu a dit: Soixante-dix fois par jour, je regarde dans le cœur de l’homme pour y descendre. Mais je le trouve presque toujours plein de lui-même, et ne puis y pénétrer.

‘écriture est une chose et le savoir en est une autre. L’écriture est la photographie du savoir, mais elle n’est pas le savoir lui-même. Le savoir est une lumière qui est en l’homme; héritage de ce qui lui a été transmis. La parole EST l’homme. Le verbe est créateur. Il maintient l’homme dans sa nature propre.

Dieu est transcendant et immatériel, on ne peut le réaliser, sinon en esprit.
Or les esprits des hommes diffèrent, et chaque homme conçoit Dieu selon ses facultés, à sa manière, à son image.

Peuls et Toucouleurs

Les Peuls sont un peuple important de l’Afrique dans la région sénégambienne et soudanienne. Il est désigné sous les noms les plus divers : Foulahs, Fellatahs, Fellans, Fellanies, etc. La forme fondamentale du nom est Poul, qui signifie, dans la langue de ce peuple, « brun clair, rouge », pluriel Poulbé ou Foulbé. On dit un Poullo, des Foulbé; c’est le nom sous lequel ce peuple se connaît lui-même.
L’origine des Peuls a été très discutée. On a parfois vu en eux les Leuco-Oethiopes de Ptolémée. D’un côté on les verrait bien venir du Soudan central où on les découvre le plus anciennement sous leur désignation actuelle. Mais d’un autre côté, ils parlent une langue apparentée au Sérère et au Ouolof qui sont des populations de la Guinée et de laSénégambie, c’est-à-dire du Soudan occidental. En fait, les Peuls se définissent surtout par leur langue, le fufuldé, et par leur mode de vie qui se centre sur l’élevage du boeuf à bosse (zébu) et qui en fait peut-être les lointains dépositaires d’une ancienne population paléo-saharienne. Quoi qu’il en soit, pour eux, l’élevage du gros bétail n’a pas été une occupation accessoire; elle est devenue en quelque sorte le principe de leur vie nationale. C’est grâce à leurs troupeaux qu’ils ont pu vivre au sein de l’Afrique, errants ou vivant parmi d’autres populations.

On les rencontrera dans toutes la région où cet élevage est possible, dans toute la bande sahélienne entre la Sahara au Nord et la forêt dense au Sud. Actuellement, l’aire d’expansion des Peuls, majoritairement sédentarisés, va de l’Atlantique aux limites du Darfour, de la lisière du Sahara à la Centrafrique. On les trouve, avec une densité variable, dans les trois grandes régions du Soudan occidental, de la Guinée septentrionale et du Soudan central. Dans la région sénégambienne et en Guinée (Fouta-Djalon), ils ont formé de longue date, pense-t-on, par métissage avec la population locale, l’actuelle population des Toucouleurs, dont était issu, El-Hadj Omar, fondateur au XIXe siècle d’un royaume éphémère..

Morcelés en groupes hétérogènes, les Peuls sont surtout liés par l’idée musulmane au service de laquelle ils ont mis leur énergie conquérante. En fait, c’est au XIIIe et au XIVe siècle que paraît avoir commencé la conversion des Peuls à l’islam. Et c’est surtout à partir du XVIIe siècle, qu’ils ont commencé à imposer leur pouvoir un peu partout au Soudan occidental. Faidherbe, dresse de leurs conquêtes le tableau d’ensemble suivant :

1° au début du XVIIIe siècle, fondation de l’État théocratique du Fouta sénégalais;
2° au XVIIIe siècle, fondation de l’État du Fouta-Djalon;

3° à la fin du XVIIIe siècle, fondation du Bondou musulman;

4° vers 1802, Othman, plus connu sous le nom de Dan Fodio, et son fils Bello, fondent un vaste empire peul entre le Niger et le Tchad (royaumes de Sokoto et de Gando; 80 000 km²);

5° au commencement du XIXe siècle, fondation d’un État peul le long du Niger, entre Tombouctou et Ségou;

6° de 1857 à 1891, El Hadj Omar, repoussé par Faidherbe du Sénégal, soumet les puissants États du Kaarta et du Ségou;

7° fin du XIXe siècle, fondation d’un nouvel État peul dans le Djolof et le Cayor.

L’expansion des peuls
Quelle que soit l’origine des Peuls, c’est vers le XIIIe siècle que les auteurs du siècle suivant (Chroniques de Kano, en particulier) placent les début de l’islamisation des Peuls et commencent à les désigner sous ce nom. Ils les signalent dans royaume de Kanem, qui s’étendait au Nord du lac Tchad jusqu’au Fezzan, à l’Est vers le Ouadai, à l’Ouest sur le Bornou. Au XIVe siècle, on en trouve dans le Bakhounou. Au XVIe siècle, le chef peul Tenguella, qualifié du titre d’ardo par ses compatriotes et de celui de silatigui ou siratigui par les Mandingues, nomadisait du Termès au Kingui (province de Diâra et de Nioro). Soutenu vraisemblablement par l’empereur du Mali, il prêcha la révolte contre l’askia et fit la guerre au roi de Diâra parce que celui-ci avait accepté la suzeraineté du Songhaï. L’armée de l’askia, commandée par, son frère Amar, marcha contre Tenguella et le poursuivit jusqu’à Diâra, où elle le défit et le tua en 1512. Les bandes du chef peul se reformèrent sous le commandement de son fils Koli, qui descendait, dit-on, par sa mère des empereurs mandingues. On les trouve nomades et pasteurs guerroyant contre les rois du Baghirmi : ce qui détermine leur émigration vers l’Adamaoua et le Ouassoulou (Haut Niger) d’où ils conquièrent le Fouta-Djalon.

C’est de là que Koli, à la tête de ses Peuls et de nombreux partisans mandingues, devait partir un peu plus tard pour aller faire la conquête du Fouta-Toro sur les derniers gouverneurs sarakollé dépendant de Diâra, y fonder un royaume qu’il agrandit aux dépens du Kaniaga et de la partie orientale du Djolof et y installer une dynastie peule et païenne, dite des Dénianké, qui conserva le pouvoir de 1559à 1776. Les princes de cette dynastie portaient, comme leur ancêtre Tenguella, le titre de silatigui ou siratigui, devenu « siratique » dans les relations des voyageurs français et satigui dans la langue du pays. Le mansa qui régnait alors au Mali, Mamoudou II, avait imploré l’aide du roi Jean III de Portugal contre les empiétements de Koli-Tenguella sur ce qu’il considérait encore comme une partie de ses États; mais Jean III s’était contenté d’envoyer à Mamoudou II, en 1534, au lieu d’une armée, un simple ambassadeur nommé Peros Fernandez.

Au XVIIe siècle, se forme l’État peul du Toro, bientôt maître des deux rives du Sénégal; au XVIIIe siècle, la tribu métisse des Torobé impose aux autres la foi musulmane; vers le même moment, celle-ci prévalait au Fouta-Djalon et y instituait une véritable théocratie. Stimulés par le prosélytisme religieux, les Peuls subjugent jusqu’à l’Océan la plupart des tribus malinké du groupe mandé et les convertissent ; ils fondent les nouveaux États de Houbous, entre le Fouta-Djalon et le Komanko, et de Firdou, entre la Gambie et le rio Grande.

Sur le Moyen Niger, un marabout, Othman-dan-Fodié (Usman Dan Fodio), groupe les pasteurs peuls, conquiert le Kano, le Gouber, tout le pays haoussa, le Noupé, le Yoruba et pénètre jusqu’au golfe du Bénin; le Sokoto, le Bornou à l’Est, le Gando à l’Ouest, sont annexés à ce nouvel empire peul qui s’étend, à la mort d’Othman (1816), du lac Tchad aux monts Hombori et du Sahara au delta du Niger. Son fils Mohammed Bello garde le Haoussa, laissant à son cousin Mohammed ben-Abdallah les pays occidentaux; il agrandit Sokoto fondée par son père, organise une armée, une administration; cependant le Noupé, le Yauri se détachent; le roi du Bornou rejette sa suzeraineté. Après la mort de Mohammed Bello, les pays du Niger se sont aussi détachés, mais tout en reconnaissant la suzeraineté nominale, au moins religieuse, des sultans du Sokoto. Celle-ci a même été admise par les sultans de Gando, successeurs de Mohammed ben-Abdallah; le Borgou, leYoruba, le Kebbi ont recouvré leur autonomie, et vers l’Ouest les progrès des Peuls ont été arrêtés par les Mossi. Derrière ceux-ci était le royaume des Bambara de Ségou; à la mort de leur roi Ngolo, les Peuls du Nord se soulevèrent, appelant à eux tous les sujets musulmans et leurs frères de l’Est; un lieutenant d’Othman dan-Fodié fonda un royaume peul dans le Macina septentrional; ce chef, Abmadou-Ahmed-Lebbo (mort en 1846), réussit au bout d’une quinzaine d’années à soumettre tout le Macina (1822) et fut même un instant maître de Tombouctou; sa capitale était Hamdallahi.

La fondation du dernier empire peul est encore plus directement associée à la propagande islamique. La renaissance religieuse, due au développement des croyances mystiques et hagiologiques répandues à la fin du XVIIIe siècle de l’Orient dans l’Afrique occidentale, religieuses eut pour principaux organes deux grandes confréries : les Qadriya (Kadariyya), qui représentent le groupe arabo-berbère et la tendance pacifique; les Tidjaniya (Tidjaniyya), qui représentent le groupe peul et le prosélytisme à main armée. Plus que les autres, les Peuls réduisent à la condition de classe inférieure et sujette la masse des populations demeurée attachées aux religions traditionnelles; l’antagonisme est plus marqué dans la zone méridionale où ils opèrent que dans la zone plus septentrionale qui est le centre d’action des Maures et des Arabo-Berbères, lesquels se manifestent plus volontiers comme commerçants.

Le royaume toucouleur d’El-Hadj Omar

Les Qadriya sont divisés en trois groupes principaux : les Bekkaya, disciples de Sid-Ahmed-el-Bekkay, prépondérants à Tombouctou et chez les Aouelimmiden; les Fadeliya, disciples de Mohammed el-Fadel, qui ont rayonné de l’Adrar des Lemtouna (ou occidental); les Othmamya, répandus chez les Peuls du Sokoto et de là jusqu’au Lagos et à Kong. Les Tidjaniya ont eu pour chef le fameux El-Hadj Omar, un toucouleur né à Aloar, dans la province de Podor, vers 1797, mais dont l’histoire participe d’événements qui s’étaient déroulés un peu plus tôt. C’est en 1776, que s’était produit en effet dans le Fouta-Toro une révolution qui devait donner un regain puissant à l’islamisation des peuples sénégalais. Les Toucouleurs ( qui sont sans doute une composante peule anciennement sédentarisée et métissée), en majorité musulmans depuis six siècles, triomphèrent des Peuls proprement dit, païens et nomades; l’imam ou almâmi Abdoulkader remporta une victoire définitive sur Soulé-Boubou, le dernier prince de la dynastie dénianké fondée par Koli, et établit au Fouta-Toro un État théocratique, à monarchie élective, qui devait durer jusqu’en 1881, date de l’annexion de ce pays à la colonie française du Sénégal.

Omar Saïdou Tall, qui allait s’emparer en l’espace de huit ans de trois puissants États, et que l’on connaîtrait sous le nom d’El-Hadj Omar, était un Toucouleur de la caste des Torodo, laquelle avait dirigé le mouvement de révolte contre les Dénianké. il entreprit dans les années 1820 de se rendre à La Mecque, où il se fit recevoir dans la confrérie des Tidjania (1828-31) et investir du titre de « calife » de cette confrérie pour le Soudan; à son retour, il séjourna auprès du Kanémi, maître du Bornou, de Mohammed Bello (1833), empereur toucouleur de Sokoto, et de Sékou-Hamadou, roi peul du Macina (1838) au centre musulman de Kankan, et en 1840 au Fouta-Djalon et, en 1848, s’établit à Dinguiraye, où il s’occupa activement de se constituer, une armée avec laquelle il fonda, au profit d’un autre disciple, le royaume peul du Firdou, au Sud de la Gambie; puis souleva les musulmans du Ripp au Nord de ce fleuve, et de là vint, en prophète pacifique, à son pays natal près de Podor (1846); il sut gagner la faveur des fonctionnaires français, s’enrichit des dons des fidèles, recruta des adhérents et, après un nouveau séjour au Fouta-Djalon, reprit la guerre sainte. El-Hadj Omar se bâtit une citadelle à Dinguiray (1849) sur le Tinkisso, détruisit le royaume de Tamba, soumit le pays djallonké, le Ménien, la vallée du Bafing, écrasa les Bambara du Kaarta après des luttes acharnées (1854-55), puis ne tarda pas à soumettre le Manding à son autorité, s’empara du Bambouk, puis, sous prétexte de convertir les Bambara, qui étaient toujours demeurés païens, il marcha contre les Massassi et entra en vainqueur à Nioro (1854).

Après avoir fait à Hamadou-Hamadou, alors roi du Macina, et à Touroukoro-Mari, bambara de Ségou, des propositions d’alliance qui furent repoussées, il se tourna contre le Khasso et, de son nouveau camp de Nioro, vint, le 20 avril 1857, assiéger Médine, capitale de cet État, avec une vingtaine de mille hommes. Le siège fut soutenu pendant trois mois, avec une rare vaillance, par Diouka-Sambala, roi du Khasso, et le mulâtre français Paul Holle, commandant du fort que la France possédait en cette localité (La Conquête française du Soudan). Le gouverneur Faidherbe arriva le 18, juillet avec des renforts et mit en fuite El-Hadj Omar, qui demeura néanmoins maître du Fouta sénégalais (Toro), et conquit le Beledougou (1859). La même année, il passa dans le Boundou et attaqua vainement en 1859 le poste français de Matam où il retrouva en face de lui Paul Holle, retourna à Nioro, marcha contre le Bélédougou et, après toute une série de combats contre les Bambara et les Peuls, s’empara de Ségou le 10 mars 1861. Sans se reposer, il se tourna contre les Peuls du Macina, alliés aux Bambara, qui avaient été vaincus avec eux. El-Hadj Omar les poursuivit, emporta leur capitale Hamdallahi et fit couper la tête au roi du Macina (1862). Cette conquête du Macina, suivie de la soumission de Tombouctou, marque l’apogée de l’empire du chef tidiane; mais l’hostilité des Qadriva ne tarda pas à l’abattre; ils amenèrent à la rescousse les berbères du Nord, les Kountah, soulevèrent les Bambara; séparé de son fils Ahmadou qu’il avait laissé à Ségou, El-Hadj Omar fut battu, assiégé dans Hamdallahi; il s’échappa, mais fut enfumé dans un grotte par les Bekkaya, ses adversaires religieux (septembre 1864).

Un empire fondé dans de pareilles conditions, et n’ayant même pas comme base le pays d’origine de son fondateur, ne pouvait pas durer. El-Hadj Omar avait laissé, dans chacun des royaumes conquis par lui, un de ses fils ou de ses parents comme gouverneur; tous se jalousaient ou ne s’accordaient que pour jalouser l’un d’eux, Ahmadou, qui était installé à Ségou et prétendait au commandement suprême. La lutte continua entre les Bekkaya et Tidiani, neveu du prophète, qui se maintint dans le Macina, à Bandiagara, jusqu’à sa mort (1887); le principal héritier d’El-Hadj Omar fut son fils Ahmadou Cheikhou, lequel demeura maître de Ségou, de Nioro, de Koniakary et Dinguiray, les diverses places fortes de son père, mais vit bientôt son pouvoir effectif réduit au pays de Ségou et au Kaarta. De fait, les peuples opprimés par El-Hadj, ses fils et ses bandes saisissaient toutes les occasions de se révolter contre un joug détesté; païens et musulmans s’unissaient contre le despotisme cruel d’Ahmadou et de ses frères. Aussi les troupes françaises purent-elles profiter de ce chaos pour s’imposer. Le lieutenant-colonel Archinard entrait à Ségou le 6 avril 1890; devenu colonel, il occupait Nioro le ler janvier 1891 et, promu général, il enlevait, le 29 avril 1893, la ville de Bandiagara, dont les Toucouleurs avaient fait leur capitale au Macina. La domination française avait succédé à l’aventure toucouleure. (Delafosse / GE).

L’ORIGINE DES PEULHS



L’origine des Peuls 

L’origine du peuple Peul a soulevé  de nombreuse contre verses, bien des chercheurs de la période coloniale ont voulu faire croire à une origine non Africaine de ce peuple. Ainsi, pour eux, les Peuls ne pouvaient être à l’origine que des blancs, Sémites venus civiliser l’Afrique. Il existe des thèses aussi fantaisistes, que celles de : Lelièvre : pour qui les Peuls étaient des descendants des Gaulois ‘   Le capitaine Figeac : pour qui les Peuls étaient des Pélasges’. M. Delafosse : pour qui les Peuls étaient des judéo Syriens.( ne fut pas le premier à penser ainsi, on peut aussi cité : Winterbottom, Matthews, Grimal de Guiraudon..), thèse qui sera considérée comme un roman par Tauxier dans son livre « M’urs et histoire des Peuls »  Pour Cheikh Anta Diop l’origine égyptienne des Peuls ne fait aucun doute. De par leur nom totémique Ka et Bah et  leur Matriarcat, les Peuls montrent leurs rattachements à l’Égypte. De très nombreux Pharaons seraient issus de ce peuple né d’un métissage avec les étrangers du Delta et des contacts officiels des XVIII et XIX dynasties avec l’étranger (blancs, sémites). Ainsi selon lui :  « le grand père de Ramsès II, Ramsès Ier, n’était qu’un officier de char descendant d’affranchis étrangers du Delta (‘) coopté par Horemheb pour lui succéder sur le trône d’Égypte. Séthi Ier, son fils, dut épouser une princessehttp://mauritanie2007.unblog.fr/files/2011/03/rec0000006.wav de sang royal pour légitimer son pouvoir ; et pour se faire accepter du peuple, associa très tôt au pouvoir Ramsès II qui incarnait la légitimité par sa mère’ Sethi Ier et Ramsès II représentent officiellement ce type peul. » Le nomadisme sporadique des peuls ne constitue qu’un phénomène relativement récent, remontant au démembrement de l’Ancien Empire égyptien et la dislocation de son aristocratie par Cambyse. Pour en revenir au matriarcat Peul, il était avant l’islamisation de ce peuple à la base du système social, la femme étant au centre de toute filiation (don, maladie, etc). Comme pour les égyptiens anciens on hérite non de son père, mais de son oncle maternel. Si pendant longtemps beaucoup de chercheurs perçurent ce matriarcat comme une anomalie, nous trouvons auprès des travaux menés par Cheikh Anta Diop  et par l’ethnologue Marguerite Dupire, les raisons à travers des liens qu’ils tissent entre les Peuls et les égyptiens anciens.

« Dans la mesure où les peuls sont d’origine égyptienne, ils ont été des Africains sédentaires, agriculteurs et pratiquant le matriarcat. A la suite de la dislocation de la société égyptienne ancienne (disparition de la souveraineté) ils ont dû émigrer assez tardivement avec leurs troupeaux de boeufs. Par la force des circonstances, ils seraient ainsi passés de la vie sédentaire à la vie nomade. Mais on comprend alors que le matriarcat de la première époque continue à régler les rapports sociaux, d’autant plus qu’il est sans doute abusif de parler d’un nomadisme absolu du Peul. En réalité, il est semi-nomade. » (Cf: Cheikh Anta Diop : L’Unité Culturelle de L’Afrique Noire.)

De nos jours, malgré une forte présence de l’islam chez les Peuls, on retrouve encore cette affiliation utérine qui confirme l’appartenance negro-africaine de ce peuple.

Nous pouvons donc dire que les Peuls seraient des Nègres qui se sont métissés avec des éléments blancs venus de l’étranger, au sein d’une population Égyptienne noire, qu’il existe aussi un lien linguistique entre l’Égyptien ancien et le Pulaar : la revue Ankh N°12/ 13 nous dit : la terminologie du pouvoir de l’Égypte pharaonique se retrouve dans les titres et noms Peuls : Fari, Labba, Gata. La terminologie agraire de l’Égypte (datt=État, rmnyt=Exploitation agricole) conserve la même signification en Pulaar contemporain. Les deux signes hiéroglyphiques y et  X qui composent d3tt achèvent de prouver que l’état Égyptien était agraire et urbanisé’ Les instruments agricoles utilisés par les Peuls (houe, grande et petite, hache, fourche) ont également une origine égyptienne. On pourrait en dire autant des outils de pêche, de chasse, des bâtons pastoraux, etc. ; l’habillement n’est pas en reste : les pagnes et les coiffures dans leur diversité se retrouvent chez les Peuls d’avant islamisation. »

Quelques proverbes et maximes Peuls:

Ko bi yumma vi’atma hunukoma ïna lùbi  - C’est le fils de ta mère qui te dira que ta bouche pue (seul un véritable ami t’avertira de tes défauts)

yitere ïna yaha do yaha do yida, so koi gal yahata do yida, ‘abada.  - l’oeil va où il ne veut pas, mais le pied ne va pas où il ne veut pas, jamais. (si je ne t’aimais pas, je me contenterais de te voir quand je te rencontre, mais je ne viendrais pas chez toi)

Ber »de wanâ hôfûru saka hôfe – Le cœur n’est pas un genou, pour qu’on le plie

Fayi, fôdi, ko fâli heire?- Gras, maigre, qu’importe au cœur?

Dattu gido yida ko yidi, ngasabu sa vil dum yo dattu ko yidi, yida ko jidno, ‘ayma- Laisse celui qui aime aimer ce qu’il aime, parce que, si tu lui as dit qu’il laisse ce qu’il aime, il aimera ce qu’il aimait, et te haïra.

En conclusion l’origine des Peuls est liée à l’Égypte, ils n’étaient pas blancs, mais Noirs de par leur couleur, leur langue, et leur culture.

  

 

 

 

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