Peulh, Pulloh

Les Peuls (peul : Fulɓe, singulier Pullo; anglais : Fula ou Fulani) sont traditionnellement des pasteurs de la région sahélo-saharienne qui se répartissent dans une quinzaine de pays4, en Afrique de l’Ouest, mais également au Tchad, en République centrafricaine et au Soudan – une implantation géographique liée aux besoins des troupeaux de zébus et de chevaux, que la plupart élevaient à l’origine. D’abord nomades, beaucoup se sont sédentarisés. Ils sont majoritairement musulmans. Leur dispersion et mobilité ont favorisé les échanges et les métissages avec d’autres populations. Leur origine et celle de leur identité, pas uniquement liée à la langue peule (pular ou fulfulde) a longtemps fait débat.

Dénomination

Les natifs se nomment eux-mêmes « Pullo » (sing.) prononcez [poullo], pluriel « Fulɓe »5 [Foulbé]. Nom propre : un Peul, une Peule, des Peuls. Le mot « Pullo » viendrait du verbe « fullade » (éparpiller, disperser au souffle)6. D’après Lam, l’égyptien prr « sortir », aurait donné « Pullo », c’est-à-dire celui qui sort le lait de la vache, mais aussi, celui qui émigre7.
Les termes fula, fulbé, foulbé, fulani, foute sont des termes attribués par d’autres ethnies d’après les Peuls eux-mêmes. Fulla « errants » ( Pullo au singulier). On rencontre aussi d’autres graphies en français, telles que poular ou peulh-
L’ethnonyme apparaît parfois sous la forme de Foulhs, Phouls, Poules, Pouli, (pouli terme qui au fouta djalon islamisé désignait les peuls non converis à la religion islamique) Fouli, foullah, Poullôri – en angl. germ. arab. ful, fula, fulani. « Peul » est le terme le plus utilisé dans les textes contemporains en français. Dans le passé, on l’orthographiait plutôt « Peulh » mais cette forme subsiste parfois et l’on rencontre également « Peuhl ».
En allemand, Ful ou Fulen ; en anglais, Fulani ; en arabe, Fulani ; en wolof, pë’l 8.
« Peul » est la transcription française du mot wolof pë’l qui désigne ce peuple.
Les Fellans, Fellani, Fellahs, Fellatahs sont les Peuls du Soudan et de l’Égypte9.

Étymologie

En langue peule, la racine pul (« se réaliser » et non pas « être ») désignant la fonction – essentiellement la « transhumance du bétail » -10 11.
D’après Jean-Marie Mathieu : cit.  » Le radical peul ful peut être rapproché de l’indo-européen fla qui a donné  » flou  » ,  » flan « …le latin follis désignait un  » soufflet de forge « 12. D’après René Vallette, le radical prr (racine non vocalisée) signifie « blanc », « clair », à l’origine du mot Pullo.
La racine est attestée en indo-européen. On la retrouve ainsi, aussi bien à travers les Pel-esets Libye antique, que les Poulasti (un « peuple de la Mer ») qui deviendront les Philistins et donneront leur nom à la Palestine de même racine13, ou encore les Pel-asges Pelasges (pel-h|2-g + sto ), du nom Pélé-kos14, ou encore en Dorien ( autre branche de l’indo-européen ) Phulè  » tribu  » ; Phulai  » Tribus »15 ; allophulos, allophuloi, allophulismos (allo + Phulè)  » non-grecs « 16.
En pular, fud désigne à la fois la graine et l’origine de [fu] (du grec ancien fûo « faire naître ») et ancêtre éponyme des Peuls17.
Population[modifier]

Les Peuls, ainsi que les Wodaabes (Bororos), sont une ethnie de nomades et semi-nomades vivant en Mauritanie, au Sénégal, en Guinée, au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad, au Soudan mais on les retrouve également au Nigeria, au Cameroun, au Togo.
Au Mali, les Peuls, principalement implantés dans la région de Mopti, constituent la deuxième ethnie après les Bambaras. Au Sénégal, les Haalpulaar (population peule et toucouleur) constituent le deuxième groupe ethnique après les Wolofs. La Mauritanie, le Mali, le Sénégal, le Niger et la Guinée sont des pays à forte population peule.
Les Peuls sont traditionnellement des nomades, essentiellement des éleveurs transhumants de vaches zébus et de chevaux (boucle du Niger).
Les ethnies assimilées qui parlent le peul sont appelées Haal Pulaaren. Ceci concerne, entre autres, les Toucouleurs, les Haoussa, les Soninkés, Mandingues, Wolofs.
Certains Peuls (branches séparées suite à des conflits) se sont mélangés à d’autres populations donnant ainsi naissance à de nombreuses ethnies : les Kourteï (Peuls-Sonrhaïs), les khassonkés (Peuls-Malinkés), les Ouassoulounkés (Peuls-Bambaras). Les Toucouleurs ( Tékrouri ), à l’origine une ethnie distincte, ayant par la suite fusionné avec les Serères et les Peuls.

Origines et Histoire

Les peuls sont un peuple de pasteurs de la région du sud du Sahara, qui ont été souvent rapprochés des Touaregs ou des Maures (p. 75-76 in Figures peules).
L’origine (ou les origines) des Peuls a donné naissance à une littérature abondante de qualité inégale, qu’il est difficile de résumer.De la fin du xixe siècle aux années soixante, on les trouve sous le nom de hamites (terme désignant des tribus du nord-est de langues caucasoïdes)18. Ce terme est aujourd’hui quelque peu abandonné, au profit de celui plus généraliste de berbères (Jean Jolly 2002: p. 14) ou lorsque l’origine est précisée,  » pasteurs d’origine indo-européenne « 19. Néanmoins, on trouve aussi chez certains auteurs, une distinction entre Berbères et  » Indo-européens  » ayant pénétré en Afrique durant la Haute-Antiquité ; Peuples de la Mer, Hittites, Hyksôs (ces derniers étant un mélange d’indo-européens et d’asiatiques )20.D’après le Dr Lasnet (cité par Henri Lhote), ils auraient été connus des auteurs de l’Antiquité ( Pline et Ptolémée ) sous le nom de leuco-Éthiopiens, c’est-à-dire  » Éthiopiens blancs « , thèse reprise par Henri Lhote21.Pour Eichtal et André Arcin, ils seraient les Phout, Fouth, Foud ou Foull de la Bible (Genèse 10-6 , 10-14) où ils sont rattachés aux peuples situés à l’Est de la Mésopotamie22.
 » Le fond de la population égyptienne semble avoir été constitué par une race chamitique à laquelle appartenait aussi les Gallas et les Somalis, qui s’étaient fixés au sud-est de l’Égypte, et les Berbères de Libye  » ( E. Drioton et J. Vandier p. 4 :Introduction )23
D’après leurs légendes orales, les Peuls sont originaires du Levant (terme dévolu à l’Orient). Ce mythe s’inscrit aussi bien dans les rites ( prières matinales au soleil rouge du levant, pour demander le retour à Yôyô, ville mythique située en Orient, les rites funéraires, que dans les mœurs ou la psychologie )24
Le problème des origines…
Les Peuls apparaissent encore sous d’autres appellations : éthiopiens25 ; méditerranéens ; chamites26….
Les Peuls peuple situé à la frontière du monde  » blanc  » et du monde  » noir  » seront vus par les Européens comme un peuple métis, ce qui posera un grand problème aux classifications rigides du xixe siècle et de la première moitié du xxe siècle.Ils furent par conséquent, au centre d’une entreprise de recherches internationales, car leur présence en ces lieux, posait aux chercheurs de l’époque, un double problème ; celui du métissage mais aussi celui de la migration, c’est-à-dire de l’origine (cit. p. 75 Figures Peules ). Ces travaux devaient en outre, permettre de comprendre les migrations humaines en Afrique. Au xixe siècle, ils s’inscrivaient sous l’égide de l’école polygéniste française, proposant le métissage comme modèle explicatif aux multiples interrogations des nombreux observateurs27- Cent ans plus tard, une autre lecture de l’histoire proposée par Diop( 1970-1980 )- conforme aux hypothèses de Sergi (Boëtsch & Ferrié 1994 ) et d’Elliot Smith voyageur écossais au Soudan en 1928 – consiste en une translation entre  » méditerranéens  » et  » noirs « 28 : Trois grandes théories sur l’origine des Peuls ont donc été développées depuis la fin du xixe siècle, durant tout le xxe siècle et début du xxie siècle :
L’Éthiopienne (Verneau : 1895 ; Pales : 1952 ; Lhote 1959)
L’Égypto-nubienne ( Diop : 1967, 1973, 1981 ; Dieng : 1989 ; Froment : 1991 )
La Libyenne ou berbère ( Cortambert : 1860 ; Béranger-Féraud : 1875 ; Deniker: 1900 ; Sarrazin : 1901 ; Lhote : 1958 ; Cavalli-Sforza : 1992 ).

La complexité de l’identité Peule tient précisément à son métissage.Le discours itératif autour des Peuls sera souvent celui de la pureté et du mélange, du vrai et du faux (vrais Peuls ; faux Peuls). Ils seront pour longtemps classés en tant que Peuls  » rouges  » et Peuls  » noirs  » dans l’anthropologie européenne. Les premiers possédants des caractères europoïdes que ne posséderaient pas les seconds. À cette dichotomie, Deniker en 1900 élaborera la théorie du  » métissage en strates discrètes « . Il faut compter en effet quatre ensembles distincts survenus à différentes périodes de l’histoire. Le premier métissage évoqué par les historiens, fut celui d’un apport Berbère important, survenu à différentes périodes. L’un très ancien du néolithique jusqu’à la période islamique. Le deuxième plus récent et géographiquement circonscrit, survient au xviiie siècle avec l’invasion de tribus Maures au Fouta Toro (Oumar Kane : p. 237-252) 29. Ce métissage concerne en particulier les Peuls du Fulaadu, du Fouta Toro et du Burkina Faso, (branche venue de l’Est du Fouta Toro). À ce métissage dit  » régional « , il faut ajouter un élément que les chercheurs s’accordent à considérer comme asiatique. Des historiens et des linguistes soutiennent depuis longtemps l’ascendance indienne de ces pasteurs (Le Mali : p. 7)30.De récentes recherches ont montré que certains rapprochements pouvaient être fait avec certaines tribus pastorales d’Asie Centrale (Moreau)31 ce qui pourrait les rapprocher des Hyksôs dont on pense qu’ils ont introduit le cheval en Afrique. Mais à ces deux apports l’un berbère, l’autre asiatique, un troisième élément vient s’ajouter.Pour certains auteurs, les Peuls auraient été des Hittites perdus en plein désert, pour d’autres des Gaulois ou des Celtes capturés ou employés comme mercenaires par les Égyptiens, pour d’autres encore, les descendants de légionnaires Romains.Depuis ces quelques dernières années, on évoque de plus en plus souvent l’intervention d’un ou plusieurs Peuples de la Mer 32, ( conglomérat de peuples indo-européens ) dans l’ethnogénèse peule et ce pour un évènement historique majeur ; l’introduction du zébu en Afrique – espèce qui n’était pas représentée sur les peintures rupestres du Tassili étudiées par Henri Lhote, mais qui se trouve aujourd’hui entre les mains des Peuls( Figures Peules : p. 66) 33Pour d’autres chercheurs les Peuls auraient été des Palestiniens ou des Mésopotamiens, c’est-à-dire, des éléments du groupe sémite (Le Mali: p. 66)34Ainsi, pour Maurice Delafosse, leur ascendance serait judéo-syrienne. Ces juifs, auraient été chassé de la Cyrénaïque et auraient migré vers le Mali. Cependant des recherches récentes en génétique des populations n’ont pas confirmé cette thèse qui est aujourd’hui abandonnée.L’ensemble de ces différentes  » strates « , se situent sur un substrat soudano-guinéen effectif depuis le viie siècle pour les Peuls d’Afrique de l’Ouest ( Guinée-Bissau, Sierra-Leone, Sénégal, Sénégambie ) et du ixe siècle au xxe siècle pour les Peuls du Mali, du Niger, du Burkina-Faso, de Guinée, du Bénin, du Nigéria, du Tchad, du nord Soudan, ou du nord Cameroun ( migrations par vagues en deux phases )35.
À la recherche scientifique pure, s’ajoute la tradition orale, plus précise et rejoignant parfois les thèses déjà évoquées. Les Peuls descendraient d’ancêtres blancs ayant émigré du nord-est :  » Du pays de Cham ou de Sam, c’est-à-dire de la Syrie ; du pays de Tor, la presqu’île du Sinaï ; de Missira, l’Égypte ; et du pays de Séritou, la Syrte en Libye36.
Sur le plan scientifique, les Peuls sont considérés comme des méditerranéens issus de Protoméditerranéens venus du Proche-Orient au néolithique, ayant participé à l’éclosion du monde Berbère (Horizons Nomades: p. 2-3 )37.Aujourd’hui, la plupart des chercheurs s’accordent à faire de ces pasteurs ; des Syro-libyens38.
Préhistoire[modifier]
Henri Lhote dans son Extraordinaire aventure des Peuls paru en 1958, est le premier à s’intéresser à l’histoire ancienne des Peuls. Il appelle ces pasteurs à bovidés des  » Éthiopiens « . Pour lui, les Peuls sont des Hamites ou des Chamites / kamites. Ils seraient venus du Proche-Orient, des anciennes provinces de la Gédrosie et de la Susiane Suse39.On attribue à ce groupe intermédiaire les premières civilisations du Croissant fertile ; la première dynastie égyptienne, Sumer, Babylone, la Susiane, la Gédrosie (Mésopotamie)40.
Ces anciens royaumes qui se situent à l’est de l’Iran actuel ( proche de l’Afghanistan et du Golfe Persique au sud ), étaient autrefois à la limite de la frontière Ouest de la Chine et de la route du Lapis-Lazuli qui fut l’objet d’un grand commerce avec l’Égypte pharaonique. Les Chamites (berbères, éthiopiens, égyptiens…), ont été étudié par des chercheurs français comme l’ abbé Breuil et par des indianistes européens, indiens et anglais au xixe siècle et au xxe siècle, notamment Budge (1902) et J. Hornell (1924)41. L’étude de l’Égypte ancienne, des langues chamito-sémitiques et de certains faits culturels ont montré une parenté évidente avec l’Inde et le groupe dravidien en particulier. Lilias Homberger évoque une culture indo-africaine en opposition avec le pôle nordiste indo-européen (L. Homberger, L’Inde et l’Afrique, Journal de la société des africanistes, 1951)42.
Des études également menées sur les Peuls ont confirmé l’importance de l’Orient dans l’histoire de ce peuple. On a ainsi trouvé le marqueur M9 (K ) qui est un marqueur ouest-eurasien présent à 97 % en Iran ; le marqueur M89 (F) qui est un marqueur du Moyen-Orient présent à 90 % chez les populations de l’Asie centrale. Il est présent à 18% chez les Peuls, à 19 % chez les Arabes et 21 % chez les Afghans ; le marqueur M20 (L ) qui est un marqueur indien présent à 50 % en Inde du Sud est fréquent chez nombre de peuples de l’Est africain. Ce premier résultat qui date de 1992, confirme l’importance de l’Hindou Kouch, de l’Orient dans l’histoire des Peuls, ainsi que leur affinité profonde avec les populations de l’Est Africain43,44,45,46,47,48,49.
Selon Henri Lhote50, Les Peuls seraient originaires de la Haute vallée du Nil : Haute-Égypte, Nubie et Éthiopie. En étudiant les peintures rupestres du Tassili N’Ajjer, il pensait que les peintures rupestres de bovins permettraient de suivre l’avancée de ce peuple, à travers des représentations stylisées dans le Sahara. Arrivé en Mauritanie et au Sénégal, les traces deviennent plus difficiles à suivre : les grottes et rochers permettant la reproduction sont plus rares. Les Peuls auraient introduit le Bos Indicus (zébu ouest africain) et une race de bœuf à longues cornes en forme de « lyre » (H. Lhote), ainsi que l’Indigo et le métier à tisser en Afrique. Henri Lhote s’appuie sur des phénomènes culturels toujours existants, notamment dans l’esthétique (vêtements, coiffures) de ces pasteurs.Henri Lhote fait des Peuls, des éthiopiens d’après les peintures rupestres, représentant des profils europoïdes ou méditerranoïdes.Par l’arc, les vêtements, la coiffure, l’habitat en hutte hémisphérique, il les rattache au grand rameau de la civilisation hamitique comprenant les Galla mais également les Tébou du Tibesti. Il les fait partir de Haute-Égypte51. L’Éthiopie et l’ Érythrée possèdent aussi des peintures rupestres représentant des bœufs sans bosses (Bos brachycéros et Bos africanus) et identiques à ceux représentés au Sahara.
Henri Lhote signale que l’absence des Peuls dans les représentations d’Éthiopie et d’Érythrée, serait un signe qu’ils ne seraient pas venus en droite ligne de l’Éthiopie. Ils auraient contourné le Sahara par le nord, longeant le Fezzan, le Tell Algérien, jusqu’à parvenir au Maroc, puis la Mauritanie et enfin, le Sénégal vers le viiie siècle de notre ère (Arcin, Tauxier, Béranger-Féraud, Verneau). Ce qui distingue en effet les berbérides des autres couchites, ce sont leurs voies d’expansions. L’ensemble des couchites du sud et des nilotiques sont passés par le sud du Sahara et ont débouché au Tassili, qui était la seule zone de contacts entre les berbérides et les couchites. Les couchites du sud, seront constamment repoussées par les berbérides en particulier les Garamantes et les Gétules. Action qui se verra facilité par l’apparition du cheval et du char dans la deuxième moitié du II°emillénaire, mais aussi par la désertification du Sahara, qui dès lors, formera une frontière géographique, écologique mais aussi ethnique entre le nord et le sud. Rares sont les chercheurs qui font passer les Peuls par le sud du Sahara (Motel )52. Les Peuls ne pénètreront le monde bantou qu’à partir du viiie siècle après J.-C, par le nord, vraisemblablement le Maroc ou la Mauritanie. Henri Lhote les compare également aux Bafour, peuple de la vallée du Niger, vers Diaka, le lac Débo et le Hodh, mélange de sémites venus du nord-est, de Berbères Zénaga (formation Gétules) et de Garamantes (p. 21 in Histoire du Mali).
Les remarques d’Henri Lhote, d’abord contestées par de nombreux spécialistes, notamment pour des raisons chronologiques, certains auteurs ( Dr. Lasnet ) ne font venir les Peuls au Sahara qu’aux alentours des ie siècle, de notre ère, soit à l’époque romaine. Les thèses d’Henri Lhote sont aujourd’hui acceptées par la plupart des spécialistes. Ces « fresques » de l’âge des bovidés, inscrites sur les rochers du Tassili, montrent sous la « lecture » d’ Amadou Hampâté Bâ et G. Dieterlen ( 1961,1966 ) pour les gravures à caractère symbolique ou mythologique, l’œuvre de pasteurs venus d’Égypte et datée entre 4000 et 2000 ans.
~2000 ans – L’introduction du char et du cheval…
L’histoire ancienne des Peuls apparait dans le livre collectif Figures Peules ( p.66-67 ) dans un contexte géographique précis ; le Tassili N’Ajjer et un contexte historique voyant l’ouest du Nil menacé par des tribus libyennes (Ribou de Cyrénaïque et Mashaouash une tribu Gétule), constituant de petites aristocraties locales, suffisamment puissantes cependant pour menacer l’Égypte et faire appel à des peuples situés de l’autre côté de la méditerranée ( porteurs de la culture Mycénienne )Mycène , appelés Peuples de la Mer par les Égyptiens.
On trouve à partir de cette période, d’autres peintures rupestres plus proches de nous et datées de 2000 ans, concernant des images des chars dits à « spirales » de la moitié du IIe millénaire avant notre ère qui étaient des motifs prisés par les Égéens et sans doute repris par des Libyens pour servir au prestige d’aristocraties locales. Ces mêmes chars ont été retrouvés sur des tombes à fosse du cercle A de Mycène et au Péloponnèse (Figures Peules : p. 16 )53 C’est aussi la période de l’introduction du cheval dans le Sahara central par les Hyksôs ou du moins comme pour les chars, sa représentation sur roches54. À partir de 1 500 environ apparaît le char à timon simple ou  » char Égyptien « , qui va encore accentuer les différences entre les populations du nord et les populations du sud, qu’elles vont repousser vers le sud.
Malgré des affinités évidentes avec les peuples de l’Afrique du nord à cause de cette grande migration, les Peuls sont plutôt reliés aux peuples de l’Est africain. La présence de certains noms comme Barii’o ou Kaara que l’on retrouve en afrasien (ancien chamito-sémitique)55, la pratique funéraire des tumulus, certaines pratiques culturelles, l’existence des castes, doivent faire penser un logement ancien à l’Est de l’Afrique, près de la Mer Rouge, dans le monde couchite. On les rapproche généralement des couchites dans leur ensemble ou plus généralement des Égyptiens.
Toutefois l’auteur Christian Dupuy dans Figures Peules (p.55), signale qu’en l’absence d’autres données archéologiques, il demeure prématuré d’identifier les auteurs de ces peintures aux ancêtres des Peuls. De plus, nombre de Peuls ne se reconnaissent pas dans la thèse orientale, ni à travers l’analyse des peintures rupestres d’Henri Lhote. Enfin, l’auteur fait également remarquer que, sans remettre en question l’appartenance à une même entité socio-linguistique des Peuls, les disparités observées entre différents groupes traduisent bien l’existence d’interactions et d’évolutions culturelles à travers le temps et l’espace. Cette diversité des modes de vie suppose des vécus historiques différents selon les groupes et les régions.
Antiquité[modifier]

Les sources documentaires tels que papyrus, ostracas (tessons de poteries gravées), gravures sur des monuments ( statues, tombeaux d’Égypte ), objets en métal (pièces de monnaie, pièces de charrerie, d’équitation, armes, etc. du désert de Libye), tablettes en cunéiformes du Moyen-Orient, les relations épigraphiques entre le grand roi hittite Suppiluliuma I (1355-1320 av. J.-C), les rois hourrites du Mitanni, des rois de Chypre (Enkodia) et des Pharaons Thoutmosis IV (1400-1390 av. J.-C), Aménophis III (1390-1352 av. J.-C), Aménophis IV ( 1352-1320 av J.-C), Mérenptah (1213-1204), Ramsès III (1180 – 1155), et nous permettent de suivre l’avancée des Peuples de la Mer vers l’Égypte aux alentours du XIIe avant J.-C – ainsi que l’ensemble des peuples pénétrant en Égypte depuis les premières dynasties.
L’Égypte pharaonique (~ 2500 av. J.C ?)[modifier]
Les Peuls peuple pasteur, apparaîtraient dans l’histoire de l’Égypte d’après Lilias Homberger à travers une lettre qui leur appartient, ( -ng ) comme un peuple  » entrant  » en Égypte dans des écrits, rédigés par des Égyptiens signalant le passage de pasteurs conduisant des bovins à longues cornes dits -ng ‘ ou -ng.w ( = -ngr ), dit nagor (en langue Brahoui) dans le nord-ouest de l’Inde (Balouchistan) et dans les provinces de l’Est de l’ Iran d’aujourd’hui. Cependant les légendes orales Peules, signalent qu’ils y auraient eu plusieurs vagues d’arrivées, chacune avec leur contexte historique, étalées de manière discontinue de 2500 av. J.-C à l’ère des Ptolémée en 300 av. J. -C où leur ethnonyme, apparaît dans les textes et sur les monuments56 et période d’un important brassage ethnique, opéré à partir de la Basse époque égyptienne avec l’Orient et la méditerranée.

Les Poulasti (~ 1177 av.J.C ?)

Les Poulasti ou Palasti, Pelasi, ou encore Péleshet ou Péléset ( en égyptien ), sont un peuple de la mer, considérés comme d’ascendance grecque, devenus les Philistins, qualifiés de berbères et cousins des Coptes.Les Poulasti, apparaissent pour la première fois dans un cycle des sept tableaux légendés de Médinet-Habou.Leur nom apparaît sous la forme non vocalisé en égyptien prst. Ils livrent une bataille terrestre contre Ramsès III ( 1180-1155 )dans la région de Beth-Shéan, au sud du Lac Tibériade57. – Une deuxième apparition des Poulasti dans la cinquième série de Médinet-Habou, les montre arrivant par mer dans le Delta du Nil en compagnie des Sikala (indo-européens qui peupleront plus tard la Sicile )-58Les Poulasti vaincus par Ramsès III, une partie de ces guerriers seront enrôlés dans l’armée égyptienne, et fourniront les garnisons des forteresses qui surveillaient en Moyenne-Égypte, le désert de Libye et la plupart feront souches dans la région où ils s’établiront en éparchies. Après Ramsès, les Pulasti devenus les Philistins, se fixèrent au Levant, où ils donneront leur nom à la Palestine qui apparaît dans les textes à partir de 800 av. J.-C59. Les Peuples de la Mer sont un rameau de populations indo-européennes, porteuses de la culture mycénienne, établies entre le xve siècle av. J.-C. et le xiiie siècle av. J.-C. sur les bords de la mer Égée et en Anatolie. Ils se livrent à la piraterie et au commerce, mais sont aussi employés comme mercenaires en Haute-Mésopotamie et en Égypte60. Les Poulasti ont été associés aux Pélasge par certains chercheurs. Bien que de nombreux auteurs distinguent encore peuples de la mer (indo-européens) et berbères, après avoir été repoussés par Ramsès III, l’ensemble des Peuples de la Mer ont été, soit inclus dans l’armée Égyptienne elle-même, soit refoulés à l’Ouest où ils ont fusionné avec les Libyco-berbères et constituèrent dès lors pour les égyptiens, l’ensemble des peuples situés à l’ouest du Nil.
Période romaine (~ ie siècle av. J.-C.)[modifier]
L’Afrique numide est l’Afrique des alliances berbères, pour répondre au commerce avec Carthage et à la domination romaine. La plupart des études sur ce sujet portent sur les Berbères des côtes ou des régions agricoles en contacts avec les Romains, aucune sur les  » Berbères sahariens », hormis sur les Garamantes ( considérés parfois comme les ancêtres des Touaregs ), les Musulames, les Gétules et les Nasamons. On peut trouver néanmoins quelques informations concernant des ostraca trouvés en Maurétanie, en Tripolitaine et dans le Fezzan, relatant les relations romano-indigènes dans deux ouvrages ; La résistance africaine à la romanisation de Marcel Bénabou61 et Rome en Afrique de Christophe Hugoniot62.
Le cas Gétules ou Gaetules : À la période romaine ce que l’on entend par  » royaumes berbères  » sont en fait des mouvances, des alliances sporadiques. Ainsi, si les tribus berbères portaient des noms bien individualisés, comme les Suburbures, certaines dénominations recouvraient des entités plus larges et fluctuantes, comme les Libyens, les Massyles, les Masaesyles, les Numides, Les Gétules, ou les Maures. Ces entités semblent avoir compris diverses tribus distinctes. Les Musulames, les Garamantes du Fezzan et peut-être Nasamons en Tripolitaine faisaient partie, selon certains auteurs anciens, du groupe Gétules( p. 280 in Rome en Afrique ).Ainsi le terme Mauri a-t-il varié dans le temps. Il désignait à l’époque romaine, l’ensemble des numidiens, composé de plusieurs ethnies.Les Gétules que l’on distingue parfois mal des Garamantes seraient chez certains auteurs, les descendants des pasteurs blancs du Tassili. Il existe de nombreux écrits sur ces berbères qualifiés de  » Grands nomades  » par les Romains.G. Camps63, les situent à la limite orientale de l’Empire romain en Numidie, nomadisants entre le Chott el Hodna actuel et l’ancienne cité romaine de Sabratha sur la côte, à l’ouest de la Tripolitaine. Ce sont des berbères des steppes de la frange nord saharienne voisins des Bavares ou Davares et des Massyles et Masaesyles. Ils sont souvent comparés aux Garamantes avec lesquels ils partagent un mode de vie similaire. Les Gétules sont le seul groupe libyco-berbère exclusivement nomade à présenter une similarité avec la divinité peule géno, (Le qualificatif gens Numidarum dérivé du genius gentis Numidiae était le nom donné aux berbères de cette région à cause des dédicaces offertes à cette divinité). Comme le note d’ailleurs, Marcel Bénabou, p. 319 : « … Il y a une démilitarisation progressive du culte et une accentuation du caractère religieux à mesure que l’on s’éloigne vers l’est… ).On trouve néanmoins une étude concernant ces dédicaces, les Dii Mauri (dieux Maures) faisant état du problème posé par les dii immortales Getulorum d’ordre similaire au Gens Maura, provenant d’une lecture d’un texte trouvé près d’Horrea commémorant une défaite des tribus Bavares et la mort de leurs rois. G. Camps signale que :  » …la lecture de GETVLO (5° ligne) est loin d’être certaine ; nous avons pu déchiffrer péniblement GEN/O…Or nous avons d’autres exemples où l’on invoque, après d’autres divinités, le genius loci : à Satafis et à Sétif où cette invocation intervient aussi probablement après une victoire sur les Bavares. »64 Il n’est pas à exclure l’alliance ponctuelle d’un élément Peul avec la formation Gétule ou des berbères des régions plus à l’ouest de l’Égypte, dans le Fezzan . On trouve nombre de documents sur le rôle des Gétules dans les guerres menées contre les Romains, sur leurs techniques et qualités guerrières essentiellement de guérilla. (Aristote, Politique 51,5,6,125a, et 7,10,4,1329b ; Strabon, Géographie ; Hérodote, 2,29 ; Pomponius Méla, 3, 107 ; Diodore de Sicile, 3,22,1 ; Pausanias, 8,43,3 ; Lucien de Samosate, Dipsades, 7 ; Pline l’Ancien, Histoire naturelle, 5, 30 ; Ptolémée, 4,3,24)- Rappelons également que les Romains ne modifièrent pas les postes frontières surveillés par les berbères installés à la frontière entre l’Égypte et la Libye mais qu’ils les utilisèrent65.D’après Salluste les Gétules vont fusionner avec les Perses après la mort d’Hercule66

Histoire contemporaine

On ne sait pas exactement quand les Peuls sont partis d’Égypte, cependant André Arcin les fait venir de la lisière nord du Sahara jusque dans le sud Marocain. Tauxier préconise la route du sud de l’Algérie et les ferait émigrer de leur pays d’origine ( moyenne Égypte ) vers le vie siècle avant l’ère chrétienne. Béranger-Féraud, Verneau et d’autres indiquent, également la route septentrionale comme étant celle de leurs migrations67. Le Sahara est exclu car jugé comme étant un pays désertique et inhabitable difficile à traverser pour une population dont l’économie principale est l’élevage. Seul Motel les fait venir du sud Sahara68. Cette première migration d’est en ouest leur fera atteindre la vallée du fleuve Sénégal vers le viiie siècle de notre ère ( Lhote ).Le peuplement Peul s’est par ailleurs effectué par vagues successives, dans différentes régions, à différentes époques69.Tous les historiens cependant soulignent l’ importance historique de cette population en Afrique de l’Ouest où certains s’étant sédentarisés vont créer de petits États théocratiques : le Macina au Mali, le Futa-Toro et le Fuuta Djaloo en Haute-Guinée .

À l’Ouest région du Sahel…
vie siècle av.J.C ? – viiie siècle ap.J.C -Arrivée de pasteurs Peuls dans le Hodh de la Mauritanie actuelle en passant par le nord du Sahara encore vert ( gravures rupestres du Tassili et du Hoggar ).
ixe siècle de notre ère – Dans la légende Futanke, le royaume des Dia Ogo 70 ou Namandirou, serait le premier royaume que les Peuls ont contribué a bâtir parmi d’autre populations notamment Tekrouri, Soninkés, Sereres, tous forgerons, mentionnés par les historiens. Ces Peuls venus du Hodh (Sahel) après la traversé du Tagant, commandaient alors le royaume du Tekrour sur les rives du Bas Sénégal71.
De l’autre côté du Fleuve Niger…
xie siècle-Fondation de l’empire almoravide englobant le Maroc et la Mauritanie, les tribus Peules qui s’étaient converties mais avaient abandonné la religion musulmane, furent contraintes de se convertir à nouveau. Persécutées par ces religieux, elles durent fuir vers le sud ; un premier groupe trouva refuge en Sénégambie et au Boundou , un second groupe se réfugia dans le Bas-Sénégal créant par la suite l’empire du Tekrour, futur Fuuta Toro.Le troisième groupe gagna le Macina et fut rejoint par les tribus foulas qui s’étaient dirigées vers le Nil72.
xiie siècle – des Peuls refusant l’islamisation de l’empire du Ghana, suite a la pression des Almoravides, fuient vers la région du Fouta-Djalon, puis vers le Macina et enfin au nord du pays Haoussa.
xiiie siècle – Dans le Tekrour, d’autres Peuls, se mêlent surtout aux Sérères et aux Tekrouri. Les Peuls avec le nomadisme ouest-est, atteignent les régions du Foutah Djallon en Guinée, jusqu’à atteindre les régions du lac Tchad et le nord du Cameroun. C’est ainsi qu’ils se sont étendus sur une bonne partie de la bande sahélienne, du Sénégal au Soudan.
xiiie siècle – xive siècle – L’Empire du Mandé, intègre dans la paix, des ethnies aussi diverses que sont les Touaregs, Wolofs, Bambara, Songhaï, Tekrours, Dialonké, Malinké, Dogons, etc. Toutes ces populations ayant adhéré a la Charte du Manden.
xve siècle – Sonni Ali Ber empereur de l’Empire songhaï de Gao, grand maître du Soudan Occidental, rattache le Macina, territoire a majorité Peulh, à l’empire de Gao.
xvie siècle – Koli Tenguella dit Puli, à la fois Peulh et Malinké, à la tête de son armée, repousse les Maures, soumet l’État du Fouta-Toro après plusieurs tentatives, soumet également les Wolofs et les Sérères, annexe l’empire toucouleur ( Tekrour ), conquiert toutes les contrées s’étendant entre le Haut-Niger à l’est, le Bas-Sénégal au nord et à l’ouest, le Fuuta Jaloo au sud73. Koly Tenguella une fois roi ( Silatigui ) du Fouta-Toro, installe sa dynastie, les Deniankobé.
xviiie siècle – Création de l’État théocratique du Fuuta Jaloo ( Haute-Guinée ).
xviiie siècle – Arrivée de tribus Maures arabisées Brakna et Trarza au Futa-Toro, le Walo et le Cayor. Les troupes de Tashomba, appuyées de Marocains et de Hormans ( métis de Marocains et de noirs ), mettent à sac le Futa-Toro et renversent le régime des Dényankobe. Ils le remplacent par un régime maraboutique ( tribus Zénaga ). Guerres intestines entre les différents membres de la famille régnante, pillages et razzia fréquentes dans les villages agricoles, appauvrissent rapidement le pays. Mise en place de différents Syratiks au profit soit des Brakna, soit des Trarza.L’action des Maures dans cette région est un échec économique et social.Sous l’influence grandissante des tribus maraboutiques, retrait des Maures en 178674.
xviiie siècle – Les Diallubé (pluriel de Diallo) gouvernent les Peuls du Macina. Amadu Bari reçoit la bannière de la djihad, la guerre Sainte islamique, des mains du toucouleur Ousman Dan Fodio, et le titre de  » cheikou « 75.
xixe siècle – L’empire peul du Macina avec Amadu Bari à sa tête conquiert Tombouctou, contrôle Jelgooji, Liptaako, ainsi que le confluent du Sourou et de la Volta Noire au Sud-Ouest de l’actuel Burkina-Faso. Le xixe siècle verra les conversions de Sékou Amadou et cette islamisation leur permettra d’avoir une certaine unité politique. Seuls les Peuls Bororos, Wodaabe « les bannis », en réchapperont. Les « convertis » fonderont alors un empire, l’Empire peul du Macina au Mali, le royaume Peul et Mandingue du Fouladou, en Guinée le Fouta-Djalon et au Nigéria l’Empire de Sokoto. Tous les États à part les deux Fouta, nés au xixe siècle, ont été très éphémères, malgré cela c’est ce qui leur a permis durant ce siècle, d’établir une certaine unité des fulbé, ce qui n’avait jamais été le cas avant.
1811 – Les Peuls remportent une grande victoire sur les Gourmantché, à Dori. Dix ans plus tard, Ilorin sur la côte du Bénin devient un émirat peul, après la lutte menée par Mallam Alimi. En revanche battus à Kissi par les Touaregs en 1827, les Peuls doivent abandonner l’Oudalan, région située au Nord-Est du Burkina Faso.
1868 – Écrasement de l’État païen rival du Ngaabu ( actuelle Guinée Bissau ) par al-hajj Umar puis Samori.

La période coloniale.
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xxe siècle – L’arrivée des Européens, dans la région de la Guinée stoppa les grands mouvements cavaliers à la lisière des forêts du sud de l’Afrique occidentale et centrale. L’établissement des Européens stoppa également les échanges commerciaux entre États et radicalisa dans l’ouest africain, la pratique déjà ancienne de l’esclavage. Les Peuls constituèrent un mystère pour les Européens incapables de distinguer les alliances et échanges inter-éthniques instaurés par leur économie76. Durant tout le xx e siècle ceux-ci les considéreront pour certains, comme des Mahométans armés ( élites, nobles ) et par conséquent non soumis à l’esclavage (comme les Maures ou les Touaregs), pour d’autres comme des barbares soumis au travail forcé (code de l’Indigénat).

La résistance Peule.

La colonisation fut tardive (Haut-Niger 1854, le Fuuta-Djalon 1896 ; Rivières du Sud 1866) et elle fut relativement brève (à peine 150 ans). Le Gouverneur de la Guinée française était Faidherbe. D’emblée, les Peuls apparaissent aux yeux des Européens comme des Mahométans armés, au même titre que leurs voisins Maures et Touaregs. Leur société extrêmement hiérarchisée parut dès l’abord, trop complexe aux yeux des Européens et difficile a percer (problème de la langue). La France engagea une politique  » diplomatique  » et commerciale avec les différents États Peuls indépendants.Création d’un Gouvernement général de l’Afrique occidentale française visant à harmoniser la politique française, les trois colonies concernées par le Fuuta Djaloo étaient le Sénégal, le Soudan et la Guinée.On assiste dès lors à une résistance diplomatique : Plusieurs traités furent signés77, notamment le  » traité de commerce et d’amitié  » 1881 entre les almami et Bayol qui marqua la première tentative directement impérialiste de la France à l’égard du Fuuta Djaloo : Principalement pour contrer le intérêts Anglais dans la région de la Sierra Leone78. En signant des traités avec la France et l’Angleterre à la fois, en 1881, en leur refusant de ce fait l’exclusivité du commerce, les dirigeants du pays, les almami, affichaient leur indépendance à l’égard des deux puissances impérialistes et du même mouvement, tentaient de les neutraliser : d’abord en rejetant la version française du traité79. La récusation de toute notion de contrôle et d’ingérence, le refus opiniâtre de laisser une puissance étrangère empiéter sur la souveraineté de l’État, non seulement en 1881, mais également lors de tentatives expansionnistes ultérieures, ( colonne Plat 1887-1888, colonne Levasseur 1888, colonne Audéoud 1888 )80, la mission Briquelot en 1888-1889, à l’initiative d’ Archinard, tentera vainement de convaincre les almami des intentions pacifiques de la France.Cette résistance s’appuyait sur un concept lapidaire mais clair :  » Le Fuuta Djaloo doit être aux Peuls et la France aux français « . Ce principe nationaliste réitéré privait la France d’une base  » légale  » d’intervention.Le rejet par les almami de toute notion de protectorat s’accompagnait d’une résistance militaire, consistant à entraver l’expansion de la France au Soudan en s’alliant à Samori, le principal adversaire de la France. En cela, la France se révéla à peu près impuissante à peser sur les relations entre Samori et les almami. D’autant plus, que depuis l’autonomie des Rivières du Sud (août 1889), celle-ci menait une politique d’expansion pacifique à l’égard du Fuuta Djaloo, remettant à plus tard l’éventualité d’une occupation militaire, tandis qu’Archinard multipliait les lettres d’apaisement à l’égard des almami. Pour préserver sa souveraineté, le Fuuta Djaloo sut aussi habilement exploiter les conflits franco-français et franco-anglais.Jusqu’au décret du 11 juin 1865 instituant le Gouvernement général de l’Afrique occidentale française, explicitement voulu pour harmoniser la politique française, trois colonies étaient concernées par le Fuuta Djalon : Le Sénégal, le Soudan et la Guinée. Chacune d’entre elles, activait sa propre politique à l’égard de l’État peul encore indépendant. Frictions et conflits divisaient en permanence les trois colonies.Si les almami firent parfois preuve de naïveté en politique, ils surent très bien tirer avantage de ces mésintelligences.Ils instrumentalisaient les contradictions franco-françaises pour retarder la mainmise sur leur pays – On assiste également chez le  » petit peuple  » peul à une résistance sociale : Comme le  » rachat  » de captifs ou l’interception des caravanes – La politique de la France à l’égard des captifs sera faite d’ambiguïté.Elle consiste en particulier à inciter les captifs à s’enfuir de chez leurs propriétaires Peuls, pour les détourner à son propre profit: Beeckman :  » Il serait indispensable de prévenir aux commandants du Soudan de ne pas recevoir aussi facilement les fugitifs du Fuuta Djallon qui servent à peupler les villages de liberté au détriment de notre nouvelle possession, qui a cependant besoin de tous ses bras pour la culture. « 81Las, les Français fourbirent le concept de féodalité, inadapté mais commode, paradigme négatif pour stigmatiser, ouvrir le procès du régime, justifier l’intervention militaire et l’occupation du pays, en se servant des rancœurs et des frustrations du petit peuple opprimé82. Le 14 novembre 1896, les Français défaisait Bokar Biro le neveu de Soriya Ibrahima qui lui avait succédé après sa mort en juillet 1890 (alternance Amadu / Bokar Biro, 1891-1896) à la bataille de Poredaka83. Contrairement aux autres colonies françaises, ils ne seront pas intégrés dans l’armée. Officiellement pour des raisons  » physiques « 84.La résistance peule est notée sur le plan historique par un certain nombre d’études et d’ouvrages, textes, lettres manuscrites par des Peuls eux-mêmes et archivées, au Archive Nationales du Sénégal (ANS) et en France8586. Le référendum du 28 septembre 1958 la Guinée, sonnera la fin de la période coloniale.
1958 – À partir des années 1960, la montée des nouvelles générations non soumises à l’esclavage, permirent aux jiyaabe et aux descendants des Bourouré d’autrefois, de jouer un rôle politique indéniable dans différents pays. Au Sénégal, Mamadou Dia, élu Président du Conseil de Gouvernement en novembre 1958, le demeura après la proclamation de l’indépendance du pays en 1960, mais, accusé d’une tentative de coup d’État en 1962, il fut destitué. Dès 1960, Ahmadou Ahidjo, se trouva à la tête du Cameroun. C’est aussi le temps de brefs sursauts nationalistes. De 1983 à 1987, Thomas Sankara présida aux destinées du Burkina-Faso.En Guinée, les opposants Peuls au régime politique dictatorial de Sékou Touré furent persécutés, entraînant au début des années 1970 un million de Peuls dans la diaspora. Aujourd’hui la diaspora peule concerne les États-Unis, le Canada, l’ Angleterre , la France, le Portugal, les îles du Cap-vert et les pays africains limitrophes.

Religions

Les Peuls de nos jours sont presque tous musulmans. Une partie des Peuls d’Afrique de l’Ouest, ont été parmi les propagateurs de l’islam sunnite, notamment avec des personnages de l’ethnie Tekrour (TorooBé), comme Ousmane Dan Fodio, fondateur de l’empire du Sokoto (Dèm du Sokoto), Sékou Amadou, fondateur de l’empire Peulh du Macina, et Amadou Lobbo Bari « Emir du Macina », Muhammad Bello « sultan du Haoussa », Modibo Adama, fondateur du royaume Peulh de l’Adamaoua. Sur le plan socio-géographique, les Peuls conquérants pratiquant le djihad sont souvent des familles Peules sédentaires (en particulier en Afrique de l’Ouest) et métissées avec les populations avec lesquelles ils cohabitent. Création d’écoles coraniques, propagateurs de confréries soufies, soufisme87.
Cependant, le syncrétisme d’Orient est toujours présent. Ainsi on peut trouver des Peuls musulmans, des Peuls chrétiens et des Peuls animistes parfois au sein d’une même famille.
Nomadisants aux frontières des cultures des peuples d’Orient, de la méditerranée, des autochtones d’Égypte-Libye, et de Nubie (actuel Soudan), on retrouve dans le corpus peul ces diverses influences accumulées au cours des siècles… Notamment avec le symbolisme de l’Égypte antique par rapport aux bovidés, liés a de nombreuses hypostases du divin: Apis, Hathor, Isis. Tout comme ses hypostases du démiurge Amon, sont représentés portant un disque solaire entre leurs cornes, Géno ( divinité présente en Numidie et en Grèce ancienne où elle était un rite civique relié aux Mystères d’Éleusis ), qui est le nom traditionnel donné à Dieu par les Peulhs, crée en premier la vache sacrée qui porte l’univers entre ses cornes. On retrouve également la clé Ankh, Ankh qui signifie : Vie en Égyptien ancien, que l’on retrouve dans le vocabulaire Pulaar, sous le nom de Wonki, Onki en Copte, Yonki dans les langues Mandées. Le mot Wonki, Onki, Yonki, gardant le même sens. La notion ontologique du Ka qui signifie en égyptien ancien, le souffle divin, kin en Pulaar, pour le rapport avec le nez, par lequel l’homme respire donc vie, Ka en pulaar, qui veut dire : être, exister. Car pour le Peulhs on ne vit que lorsque le souffle divin anime le corps physique.
Sur un plan moins symbolique, il convient de ne pas oublier la lente pénétration des bergers vivants en marge des grands centres urbains, s’enfonçant toujours plus avant dans les brousses du Ghana, du Togo, du Bénin, du Nigéria, du Tchad, du Centre-Afrique…Mais c’est chez eux que persistent des traditions pré-islamiques – ( persistance d’un shamanisme d’élevage ) : génie du cheptel Kumen ; génie de la chasse Kondoron ( nomades ) – ( résidus de religion shivaïte shivaïsme et védique védisme ): Trinité et triades des contes initiatiques ; rite du feu ; croyances aux génies tutélaires ( de type lunaires ); traces d’une religion solaire ( Œil solaire de Géno dieu Créateur ); esprits des eaux (ondines) ; esprits aériens (sylphes); Ketiol dieu des arbres; génies-nains (gnomes); habitants minuscules et invisibles des forêts ; génie de l’eau Tyanaba ; génie du feu ; génie du vent ; Dieu-initiateur émanation de Géno, Kaïdara ; Lâred’i ou génies gardiens honorés sur un autel domestique (kaggu) – sont toujours présentes au quotidien 88,89.
Anthropologie sociale et culturelle[modifier]

Village peul aux environs de Ndioum (Nord du Sénégal)
Héritage culturel[modifier]
La transmission orale des traditions et des légendes est très importante chez les Peuls. Enseignée auprès des adolescents par les personnes les plus âgées et en particulier les femmes au travers de chants, de contines. La langue est encore essentiellement orale et transmise par les femmes. Elles véhiculent l’histoire du peuple, ses exploits, ses rites et ses vertus.
Goût prononcé pour les langues, la poésie, les louanges, les épopées ( joutes verbales : Kirlé au plur. ; Hiirdé au sing. ), développement d’une littérature. Dans cette transmission orale des traditions, n’oublions pas de mentionner le role important qu’y jouent les griots (historiens). La plupart des Peuls sont polyglottes. La beauté est recherchée, la probité, la sagesse, l’intelligence et la discrétion figurent parmi les règles à suivre du pulaaku, ces règles souples régissant la « pulanité ».

Artisanat

L’artisanat peul est également important : couvertures munja. La manufacture est l’affaire des « actants ». Les nomades peuls ne sont pas artisans, ils passent des commandes chez les autochtones des pays qu’ils traversent. Les nomades fabriquent eux-mêmes les calebasses, les chapeaux coniques, leurs tabliers de cuir. Les Peuls sédentaires pratiquent l’artisanat, un artisanat typiquement peul, mais on peut trouver dans certaines zones des fusions de styles ethniques.Les Peuls sont d’excellent tisserands90.Ils tissent le coton et la laine avec un métier à tisser dont l’importation viendrait d’Asie d’après Henri Lhote.Ce sont à l’image des Touaregs des orfèvres.Ils sculptent des bijoux en or et en fer qu’ils associent au cuir et à des perles.Le sens esthétique chez les Peuls est très poussé et célèbre91. Chez les Peuls sédentaires, il existe des castes d’artisans, les maboulé, qui sont des tisserands ; les wailoubé s’occupent des productions en métal, alors que leurs femmes pratiquent la poterie ; les garankobé s’occupent du cuir, les laobés travaillent le bois.

Habillement
On ne dispose d’aucune représentation en dehors de celle de Médinet-Habou sur l’habillement et l’allure générale des ancêtres des Peuls… Néanmoins, la plume d’autruche que l’on voit porté par des Wodaabe ( Photo ) durant certaines de leurs cérémonies n’est pas sans rappeler une célèbre et unique représentation d’un Libyen peint sur la tombe de Séti 1er.(tunique fermée à l’épaule, tresse devant l’oreille et coiffure de plume). Les Peuls ont des tatouages faciaux qui leurs sont propres. Les nomades portent également des tabliers de cuir colorés de dessins géométriques et des tuniques sans manches, les yeux sont cernés de khôl.Le  » chapeau pointu « , est également une exclusivité Peule. Coiffures en gourdes, en cimier, à cadenettes sont visibles sur les peintures du Sahara relevées par Henri Lhote et sont dites « sahariennes ». Avec les métissages des éléments des cultures négro-africaines sont apparus (comme les marques faciales ou scarifications que l’on trouve chez certains groupes).
Les hommes peuls nomades portent une tunique le bolare, de couleur brune qui arrive à mi-mollet, un bâton, son chapeau de paille conique, un tablier de cuir, des boucles d’oreilles. Ils ont la tête enturbannée, comparable au taguelmoust des Touaregs, et portent un pantalon bouffant. Le chapeau conique (typiquement peul) est porté et souvent ils y accrochent une plume d’autruche. Les talismans ou gris-gris, sont portés pour se protéger des djinns. Les femmes portent le pagne, bleu indigo, et le boubou de couleur très foncée, parfois noire. Les Peuls sédentaires adoptent parfois le style des ethnies avec lesquelles ils cohabitent, chez les hommes le chapeau conique est porté, ils portent aussi des bonnets souvent de couleur blanche, le couffouné, parfois rond ou carré. Ils portent une courte tunique, par dessus laquelle ils mettent un grand boubou, souvent de couleur blanche, bleu foncé, le doloké. Les femmes portent le pagne, et le boubou, et attachent sur leurs têtes un morceau de tissu qui est la version féminine du turban, moussor.
Les femmes peules pratiquent le tatouage des lèvres et des gencives à l’indigo, des paumes de la main et des pieds. Elles percent leurs oreilles et y insèrent des anneaux d’or, ou des boucles d’oreilles d’or imposantes et torsadées. Elles mettent un petit anneau soit en or ou en argent aux narines. Les jeunes filles ont à leurs poignets et à leurs chevilles plusieurs anneaux d’argent ou de cuivre symbolisant leur richesse.
Les Peuls sont un peuple à cheveux longs, lisses à ondulés92 permettant un type de coiffure particulier où les cheveux sont ramenés sur le sommet du crâne, formant une coiffure en  » gourde  » célèbre chez les Wodaabe et les bororo.Les femmes bororo ramènent en chignon leurs cheveux à l’avant, le reste des cheveux sont sectionnés en plusieurs parties qu’elles tressent, et qui retombent sur les côtés de la figure et à l’arrière de la tête. Les métissages ont multiplié les styles de coiffures. Celles-ci sont nombreuses, en forme de losange, triangle, et plusieurs noms leur sont donnés. Malgré la diversité des coiffures chez les femmes Peules, le plus souvent les hommes et les femmes sont coiffés de la même façon. Certains hommes (sédentaires ou nomades) laissent leurs cheveux longs, puis se rasent le crâne vers l’âge de 50 ans. Chez les femmes, l’art de la coiffure est très développé, pour la coiffure elles se servent de pièces de monnaie, de cauris, de beurre de karité, de perles.Les femmes portent des Saris comme les femmes Touaregs au Sahel, des robes multicolores à volants, des pagnes et des blouses indigo clair au Burkina Faso.Chaque groupe possède ses propres couleurs à base d’indigo plus ou moins clair, ses propres liserés, le graphisme est souvent à base de frises, de triangles, de losanges colorés. Les femmes sédentaires réalisent des coiffures en cimier. Les Peuls rasent parfois leurs cheveux suivant la mode arabe de piété, les femmes portent deux ou trois nattes simples avec un voile fin à l’arrière de la tête, simple ou richement décoré. Le « cheveu » est très investi chez les Peuls, et si leur nature le permet, la femme préfèrera les porter aussi longs que possible. Cependant, la coiffure féminine sera toujours « nattée », richement décorée ou semi-couverte en public.
Le pulaaku[modifier]
Pulaaku ou Pulaagu dans certaines régions : « être » Peul »93
Le pulaaku94 est « un ensemble de règles très subtiles »95, morales et sociales, un « code de comportements jugés spécifiquement Peul »96, voire « l’idéal projeté dans la manière d’être peul »97.
« Le pulaaku se retrouve chez tous les groupes Peuls, dans toutes les régions. C’est une preuve de stabilité de la catégorie et une première indication sur sa signification et sa fonction qui, manifestement ne relève pas seulement du besoin d’identification lié à des contextes historiques particuliers. Dans cette acception très générale, on peut parler de la « pulanité » en tant que conscience d’une identité durable, conscience unissant les Peuls, indépendamment de toute explicitation au niveau du contenu — Elizabeth Boesen98. »
L’indianiste Stein ajoutera une note enrichie à la notion de segmentary State élaborée par Aidan Southall, à propos du pulaagu comme critère de sélection à chaque niveau de pouvoir. Il note par exemple, l’absence de « séniorité » (contrairement aux successions et élections des groupes africains et au groupe de culture moyen-orientale proches) mais à « l’empilement d’élection » par le conseil de même niveau et de confirmation ou d’intronisation par le niveau supérieur.
« Dès lors, la langue elle-même, serait le pivot de plusieurs champs de signification, au tuilage des sons correspondants aux glissements de sens et le chevauchement des institutions et des groupes. En témoigne le fait que dans les sociétés peules où la « mise en caste » est la plus poussée, les groupes sociaux sont moins cloisonnés que ne le laissaient penser les taxinomies éthiques élaborées dans les années 196099. »
Parmi ces valeurs peules figure la « suavité » beldum qui n’existerait que chez les Fulbe (bele sey to Pullo) et qui se concrétise non seulement dans leur hospitalité et leur générosité, mais dans tout leur comportement.
On observe également une réticence à dire « non » (e woodi). C’est ainsi qu’un Peul n’opposera jamais un « non » ferme, il dira « e woodi » (c’est bien). Or, quand un Peul donne gentiment son accord, cela ne veut souvent pas dire grand-chose. Ils décrivent leur comportement comme étant forcé : le sentiment de honte, leur pudeur (semteende) ne leur laisse pas le choix. Le comportement peul n’aurait en quelque sorte aucun rapport avec autrui, mais avant tout avec lui-même.
La vie nomade a développé un caractère indépendant et une hypersensibilité ne favorisant pas le contact avec autrui.
La société peule est fortement hiérarchisée : l’aîné est respecté et même craint.
Les formules de politesse et les règles du savoir-vivre sont nombreuses et très importantes : le vouvoiement est prédominant.
Organisation politique et intégration spatiale[modifier]
On décrit parfois les Peuls comme « foncièrement individualistes ». « Être Peul », ce serait être libre. Se réaliser en effet, ne peut se faire ni sous le joug de, ni sous la séduction de, ni même sous les conseils de… La « pulanité » est autonome. Il n’y a pas de communautarisme chez les Peuls, mais il y a des revendications culturelles et identitaires, des clans, des individualités, des groupes épars. Le chef ou une autorité quelconque, est élu à la participation active. On observe ainsi une alternance politique ( Fouta-Djallon ) au xviie siècle – xixe siècle et des audits sont réalisés dès le xvie siècle pour certains groupes. Le Moyen Âge verra l’avènement des chefferies aux petits chefs autoproclamés : impérialismes, servitudes, multiplicité des contacts de populations ont favorisé des contextes d’acculturation, exclusion et / ou marginalisation chez certains groupes. Les actes délictueux sont sanctionnés par une radiation pure et simple de la sphère identitaire. Infiltrations et tactiques de replis : les Peuls se soumettent généralement aux lois des pays qu’ils traversent.
Une nourriture pastorale[modifier]
Souvent, ils pratiquent presque un lacto-végétarisme naturel sans prétentions idéologiques ou religieuses. La consommation de la viande de bœuf en particulier est prohibée sauf en de rares occasions, mariage, naissance, visites importantes.Pour pallier le manque de protéines animales les Peuls nomades pratiquent une « saignée » régulière aux vaches de leurs troupeaux. Consommation de miel sauvage et consommation presque exclusive de lait de vache, jument, chamelle ( rare ) sous toutes ses formes hormis le fromage non acclimaté kétugol : crème de lait ; kosam : lait caillé ; tiakuré : petit lait ; néba : beurre en motte ou clarifié ; komboïri : la soupe au lait est un plat peul.
Dans les villes, la nourriture est plus diversifiée : fruits secs, dattes, miel, riz, mil, couscous, fonio, maïs, taro, patates douces, manioc, oranges, mangues, légumes du jardin, poissons frais, viennent agrémenter des plats en sauces. Chaque groupe Peul répartis par région, cuisine des plats locaux ( plusieurs sortes de couscous ou lacciri en Guinée ( préparé avec de la farine de maïs, de mil, ou de riz ) des plats de céréales comme le fooyo préparé avec le grain de fonio ou le kuuya préparé avec de la farine de manioc. Le petit gibier autrefois chassé à l’arc, petites perdrix sauvages  » gerlal  » et pintades sauvages  » jongal « , sont les viandes préférées des Peuls largement devant le mouton consommé lors des fêtes musulmanes ou plus couramment le poulet. Néanmoins, la frugalité reste une valeur importante (pratique du jeûne), la consommation de viande est toujours rare et vue comme exceptionnelle – Pas de consommation de porc. Les repas sont espacés d’un jour sur deux en moyenne et la journée elle-même peut ne comporter qu’un plat unique (même dans une société d’abondance). Le lait et le thé à la menthe sont les boissons les plus courantes et consommées tout au long de la journée.
Habitat[modifier]
Les Peuls habitent dans plusieurs types d’« habitations » réparties suivant les zones géographiques et le type d’économie ( sédentaires, semi-nomades ou nomades ) :
Chez les sédentaires
Les sédentaires habitent dans des fermes appelées Wuro .
La maison ronde est appelée Suudu, ( pl. Cuudi ) elle est à plan circulaire et dans la plupart des cas en paille tressée.
Les empires mauresques du Moyen Âge, les migrants en Europe, la colonisation ont amené d’autres types de constructions. En Haute-Guinée, les Peuls vivent dans des maisons en ciment, au toit fait de briques, avec petit jardin attenant et entourées de barrières ou d’une clôture formant une concession appelée galle.
L’élévation du site est aussi fréquente que significative. Autrefois, les nobles habitaient en hauteur sur une colline tandis que les autres habitations étaient construites au flanc ou au bas des coteaux. De fait l’habitat du Peul sédentaire est souvent situé à flanc de colline, de montagne ou à leurs sommets.

Chez les nomades
Les groupes nomades vivent sous des huttes rondes de branchages recouverts de couvertures en laine, jamais sous une tente. Parfois il n’y a même pas de constructions, seulement une rangée de branchages rapidement liés, et plantés dans le sable du désert pour constituer une haie de fortune100.
Élevage[modifier]
La plupart des Peuls en milieu rural sont essentiellement éleveurs et leur mode de vie est rythmé par les besoins saisonniers de l’élevage. La vache tient une grande place, non seulement dans l’alimentation et l’économie des ménages, mais aussi dans les relations sociales et dans la mythologie. La colonisation a entraîné une sorte de confusion sur l’économie pastorale. La vache fut considérée comme un animal de prestige par les occidentaux puisque chaque famille tentait d’en avoir le plus possible et refusaient de s’en séparer comme bêtes à viande, c’est-à-dire d’entrée dans une « économie rationnelle », de marché.
L’élevage de bovins zébu ( bos indicus ) est principalement pratiqué pour le lait. Il est extensif c’est-à-dire pratiqué avec un minimum d’investissement monétaire (avec dépenses limitées aux vaccins et aux médicaments) et par l’utilisation de pâturages librement accessibles. Dans un troupeau moyen l’effectif est de cinquante têtes environ, dont les trois quarts sont des femelles. Ces femelles permettent de reconstituer le troupeau rapidement en cas d’épidémie. C’est un type d’élevage « rationnel », mais multimillénaire de survie. Les taureaux mâles sont consommés lors de rites précis et constituent la dote traditionnelle. Les animaux d’une même ferme sont en général conduits ensemble aux pâturages. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils soient la propriété collective des habitants de cette ferme – ni d’ailleurs la propriété privée d’une seule personne. Tous, femmes et enfants peuvent détenir des animaux dans un même troupeau. La descendance de la vache offerte comme don de naissance au mari par le grand-père maternel de l’épousée sera héritée par les enfants de celle-ci101.
L’animal de prestige est le cheval.Il n’est présent que chez les Peuls sédentaires des bassins du fleuve Niger et Sénégal et autour du lac Tchad. Par son entretien délicat, le cheval demande du pâturage ou une coopération avec des céréaliers sédentaires.Le cheval peul est un petit cheval appelé aussi poney, dont la petite taille retint l’attention des premiers lettrés arabes qui visitèrent le Bilad-al-Sudan ( Cuoq 1975 ; Mauny 1961 ). Appelé parfois cheval steppique , il est pour beaucoup de spécialistes, le descendant des premiers chevaux attelés introduit dans l’Aïr et de l’Adrar des Ifora au premier millénaire de notre ère102. Rare à l’état  » pur  » aujourd’hui, nombre de ces chevaux sont croisés avec le barbe lourd et grand cheval rustique du Maghreb. Il sert au gardiennage des bœufs. D’autres croisements avec des pur-sangs arabes donnent des chevaux plus fins et racés pour la cavalerie ou la parade.
Sociétés[modifier]

Il n’existe pas une société peule, mais des sociétés peules ; « Planète Peule ». Le corpus peul est dit « souple » et adaptable. Il est en évolution perpétuelle, tout en conservant ses traits caractéristiques initiaux.
Les Peuls sont endogames semi agnatiques. La femme n’est pas voilée et il n’y a pas de lévirat103.
Il existe quatre mariages traditionnels peuls avec quatre divorces correspondants :
– le premier mariage est décidé par les parents ; ce mariage (dewgal) a lieu vers 21 ans104 ;
– le deuxième après un divorce ou un veuvage ;
– le troisième, le « mariage-don » (politique) ;
– enfin, le culnol, concubinage d’un noble avec une kordo, femme de condition servile est d’importation arabe.
Un cinquième mariage islamique a été rajouté aux alentours du xvie siècle. Il est rendu par le cadi, juge musulman, et possède deux divorces associés. Les « Peuls rouges » sont monogames105. Les Peuls sont monogames dans l’ensemble.
Il existe trois formes de divorce (cergal) chez les Peuls :
- La répudiation (la femme retourne chez ses parents)
- Le divorce par consentement mutuel ou arrangement familial ( le plus fréquent )
- Le divorce judiciaire (exceptionnel)106
Ils peuvent divorcer plusieurs fois et ils contractent souvent plusieurs mariages au cours de leur vie 2 ou 3 ; la polygamie est minoritaire et se rencontre surtout chez les Peuls urbains et islamisés107. Règles du cousinage (cousins de lait endam et cousins de noms, cousins de clans). Chez les Peuls Wodaabe, les enfants sont mariés très jeunes car il existe un mythe fondateur du garçon et de la petite fille. Mais la jeune fille a le droit de vivre sa vie de célibataire jusqu’à ses dix-huit ans. Chez les Bororos, lors du worso « fêtes du Printemps », les hommes dansent le guerewol (photo) où elles peuvent choisir un fiancé. Les Wodaabe sont des monogames « successifs » avec nombreux divorces ou séparations. Le concubinage est interdit et rapidement scellé par un teegal « épousailles ». On note une survivance d’une ancienne gynécocratie, l’héritage est utérin (matrilinéaire).
Les pasteurs[modifier]
La diversité peule tient à un éclatement des cadres géographiques. Autrefois disposé en archipels108 dans la zone sahélo-saharienne, le peuplement tend à se diffuser et à s’atomiser. Contesté par des cultivateurs et des agroéleveurs, le pastoralisme l’est également par d’autres pasteurs du Sahel : Touaregs, Toubous). Dernièrement, les Arabes du Tchad, descendus de façon massive dans les savanes de ce pays, ont poussé les pasteurs Peuls à descendre en Centre-Afrique, Côte d’Ivoire, Cameroun, Nigeria) où la réussite de ce pastoralisme sur de nouvelles bases écologiques en savanes humides est le plus grand défi actuel des pasteurs Peuls 109.
Castes[modifier]
La société Peule est la plus hiérarchisée d’Afrique. Ces règles hiérarchiques sont aussi plus complexes et d’un abord plus difficile pour le regard extérieur, que celles que l’on peut voir dans les chefferies Touaregs ou Maures qui connaissent aussi le maquignonnage…

Dans les villes, il existe trois classes sociales :
Les nobles :
DurooBe nobles ( transhumants )110.
Jaawambe, sing.jaawanndo, conseillers et auxiliaires armés des rimbe.
Les artisans castés :
Regroupés sous le nom de yneebè, sing. nyengno. Les nyeenbè, sont réputés pour leur endogamie strict. les artisans sont:
Wayilbe, Baylo (forgeron)
Lawbe, labbo (boisselier)
Sakkebe, Sakke (cordonnier)(tchagno)
Mabube, Mabo (grios).
Puis les laudateurs et musiciens gardiens des traditions:
Wambabe, Bambado (compteurs guitaristes)
Les serviles :
maccube, maccudo, ou kordofemelle.

L’ensemble comporte de nombreux homonymes suivant les parlers locaux ainsi que des articulations intercastes, mais relèvent toujours des mêmes distinctions sociales. Les Peuls, hormis les castes, sont regroupés en de nombreux clans ou tribus appelés legni:
Les fulbe ururbe ou worworbe présents partout, au Sénégal, Fouta-Djallon, Mali, Niger, Mauretanie, Burkina Faso, ce sont les Peuls de l’ouest, à l’est ils prennent le nom de burure ou bororo’en. Ils sont parmi les premiers Peuls qui se sont sédentarisés.
Les fulbe laace, ce sont des Peuls qu’ont trouve spécialement au Sénégal, dans la région du djolof. Ils sont liés aux Wolofs avec qui ils cohabitent, (interpénétration linguistique), ils gardent les troupeaux des Wolofs, on les trouvait aussi dans le Sine-Saloum, et le Ferlo où ils nomadisaient, ont les appellent aussi fulbe jeeri nom qu’on donne en général à tous les fulbe de cette partie du Sénégal, la plupart sont de patronyme ka.
Les fulbe jaawBe, la plus grande des leyyi peule, ils sont particulièrement présent au Sénégal, Mali, ils pratiquent l’élevage surtout ovin, mais aussi la pêche, pour les jaawBe dalli, ils se fixent parfois près des fleuves, il y a de nombreux sous-groupes jaawbe. Ils sont à l’origine de la caste peule des jaawamBe, réputés pour être de fins stratèges dans l’ancien Fouta-toro.
Les fulbe cuutinkoobe, Peuls originaires de l’ancienne région du Diara entre l’est Sénégalais, et l’ouest malien, ils sont un sous-groupe de la grande famille peule des raneebe, la plupart d’entre eux sont de patronymes Diallo, les cuutinkoobe, étaient à l’origine des jaawBe, ils sont présents au sud du Sénégal, Guinée-Bissau, Guinée.
Les fulbe yirlaabe, ils sont les Peuls les plus à l’est, Tchad, nord-est Nigeria, Adamaoua dans le Nord du Cameroun. Les yirlaabe ou ngiril, sont très présents à l’Ouest également. Ils sont tous originaires du Fouta-Toro.
Les Fulbe wodaabe, surtout présents au Niger aujourd’hui et originaires du Diafunu, certains ce nomme diafunu’en, ancienne région englobant le Sahel mauritanien, le Macina au Mali, le Nord-Est du Sénégal. Ce sont les Peuls ayant le plus conservé leurs traditions nomades et leur culture, ce sont également les plus rustiques, ils sont restés très proches de la nature, ils sont de grands bouviers, et même s’ils sont majoritairement musulmans, ils pratiquent un islam très sommaire. Ils sont présents au Sénégal ou ils sont disséminés un peu partout et ou l’on trouve de nombreux sous-groupe, au Fouta-Djalon, où beaucoup se sont sédentarisés. Dans cette leyyi les sédentaires islamisés sont appelés wolarBe.
Ces clans sont parfois divisés en plusieurs fractions et sous-fractions appelées kinde, selon leurs patronymes, les régions où ils habitent, les animaux qu’ils élèvent bovin, ovin, l’ancêtre (chef clanique) dont ils se réclament, il existe encore d’autres clans, dont les kolyaabe de koli Tenguella, les yaalalbe. Les castes sont les mêmes, pour toutes les leyyi. Certains clans peuls, sont liés par le jongu, un lien de parenté, qui les oblige à l’entraide, au respect mutuel.
Il existe 31 groupes nomades, 48 groupes semi-nomades et 29 groupes sédentarisés11

source WIKIPEDIA

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Croire que sa race, ou sa religion, est seule détentrice de vérité est une erreur. Certaines vérités ne nous paraissent invraisemblables que, tout simplement, parce que notre connaissance ne les atteint pas.

Les hommes peuvent atteindre un but commun sans emprunter les mêmes voies.

L’abandon à Dieu prêché par l’Islam ne supprime pas la nécessité de l’action, mais consiste à garder un cœur paisible devant les résultats, car les résultats sont entre les mains de Dieu, alors que l’effort est le propre de l’homme.

Dans son Essence, la Foi est une, quelle que soit la religion qui l’exprime. La foi est l’essence de la religion, atmosphère peuplée de trois catégories d’hommes: la masse crédule, les prédicateurs aveuglés par des luttes de clocher, enfin des initiés qui ont trouvé Dieu et l’adorent en vérité et en silence.

Si par un rite, nous entendons un moyen mystique d’orienter notre être vers Dieu, alors sans doute la Fatiha et le Pater sont du même rite, prière par excellence.

‘homme, c’est l’univers en miniature.
L’homme et le monde sont interdépendants.
L’homme est le garant de l’équilibre de la création.

Dieu a dit: Soixante-dix fois par jour, je regarde dans le cœur de l’homme pour y descendre. Mais je le trouve presque toujours plein de lui-même, et ne puis y pénétrer.

‘écriture est une chose et le savoir en est une autre. L’écriture est la photographie du savoir, mais elle n’est pas le savoir lui-même. Le savoir est une lumière qui est en l’homme; héritage de ce qui lui a été transmis. La parole EST l’homme. Le verbe est créateur. Il maintient l’homme dans sa nature propre.

Dieu est transcendant et immatériel, on ne peut le réaliser, sinon en esprit.
Or les esprits des hommes diffèrent, et chaque homme conçoit Dieu selon ses facultés, à sa manière, à son image.

Peuls et Toucouleurs

Les Peuls sont un peuple important de l’Afrique dans la région sénégambienne et soudanienne. Il est désigné sous les noms les plus divers : Foulahs, Fellatahs, Fellans, Fellanies, etc. La forme fondamentale du nom est Poul, qui signifie, dans la langue de ce peuple, « brun clair, rouge », pluriel Poulbé ou Foulbé. On dit un Poullo, des Foulbé; c’est le nom sous lequel ce peuple se connaît lui-même.
L’origine des Peuls a été très discutée. On a parfois vu en eux les Leuco-Oethiopes de Ptolémée. D’un côté on les verrait bien venir du Soudan central où on les découvre le plus anciennement sous leur désignation actuelle. Mais d’un autre côté, ils parlent une langue apparentée au Sérère et au Ouolof qui sont des populations de la Guinée et de laSénégambie, c’est-à-dire du Soudan occidental. En fait, les Peuls se définissent surtout par leur langue, le fufuldé, et par leur mode de vie qui se centre sur l’élevage du boeuf à bosse (zébu) et qui en fait peut-être les lointains dépositaires d’une ancienne population paléo-saharienne. Quoi qu’il en soit, pour eux, l’élevage du gros bétail n’a pas été une occupation accessoire; elle est devenue en quelque sorte le principe de leur vie nationale. C’est grâce à leurs troupeaux qu’ils ont pu vivre au sein de l’Afrique, errants ou vivant parmi d’autres populations.

On les rencontrera dans toutes la région où cet élevage est possible, dans toute la bande sahélienne entre la Sahara au Nord et la forêt dense au Sud. Actuellement, l’aire d’expansion des Peuls, majoritairement sédentarisés, va de l’Atlantique aux limites du Darfour, de la lisière du Sahara à la Centrafrique. On les trouve, avec une densité variable, dans les trois grandes régions du Soudan occidental, de la Guinée septentrionale et du Soudan central. Dans la région sénégambienne et en Guinée (Fouta-Djalon), ils ont formé de longue date, pense-t-on, par métissage avec la population locale, l’actuelle population des Toucouleurs, dont était issu, El-Hadj Omar, fondateur au XIXe siècle d’un royaume éphémère..

Morcelés en groupes hétérogènes, les Peuls sont surtout liés par l’idée musulmane au service de laquelle ils ont mis leur énergie conquérante. En fait, c’est au XIIIe et au XIVe siècle que paraît avoir commencé la conversion des Peuls à l’islam. Et c’est surtout à partir du XVIIe siècle, qu’ils ont commencé à imposer leur pouvoir un peu partout au Soudan occidental. Faidherbe, dresse de leurs conquêtes le tableau d’ensemble suivant :

1° au début du XVIIIe siècle, fondation de l’État théocratique du Fouta sénégalais;
2° au XVIIIe siècle, fondation de l’État du Fouta-Djalon;

3° à la fin du XVIIIe siècle, fondation du Bondou musulman;

4° vers 1802, Othman, plus connu sous le nom de Dan Fodio, et son fils Bello, fondent un vaste empire peul entre le Niger et le Tchad (royaumes de Sokoto et de Gando; 80 000 km²);

5° au commencement du XIXe siècle, fondation d’un État peul le long du Niger, entre Tombouctou et Ségou;

6° de 1857 à 1891, El Hadj Omar, repoussé par Faidherbe du Sénégal, soumet les puissants États du Kaarta et du Ségou;

7° fin du XIXe siècle, fondation d’un nouvel État peul dans le Djolof et le Cayor.

L’expansion des peuls
Quelle que soit l’origine des Peuls, c’est vers le XIIIe siècle que les auteurs du siècle suivant (Chroniques de Kano, en particulier) placent les début de l’islamisation des Peuls et commencent à les désigner sous ce nom. Ils les signalent dans royaume de Kanem, qui s’étendait au Nord du lac Tchad jusqu’au Fezzan, à l’Est vers le Ouadai, à l’Ouest sur le Bornou. Au XIVe siècle, on en trouve dans le Bakhounou. Au XVIe siècle, le chef peul Tenguella, qualifié du titre d’ardo par ses compatriotes et de celui de silatigui ou siratigui par les Mandingues, nomadisait du Termès au Kingui (province de Diâra et de Nioro). Soutenu vraisemblablement par l’empereur du Mali, il prêcha la révolte contre l’askia et fit la guerre au roi de Diâra parce que celui-ci avait accepté la suzeraineté du Songhaï. L’armée de l’askia, commandée par, son frère Amar, marcha contre Tenguella et le poursuivit jusqu’à Diâra, où elle le défit et le tua en 1512. Les bandes du chef peul se reformèrent sous le commandement de son fils Koli, qui descendait, dit-on, par sa mère des empereurs mandingues. On les trouve nomades et pasteurs guerroyant contre les rois du Baghirmi : ce qui détermine leur émigration vers l’Adamaoua et le Ouassoulou (Haut Niger) d’où ils conquièrent le Fouta-Djalon.

C’est de là que Koli, à la tête de ses Peuls et de nombreux partisans mandingues, devait partir un peu plus tard pour aller faire la conquête du Fouta-Toro sur les derniers gouverneurs sarakollé dépendant de Diâra, y fonder un royaume qu’il agrandit aux dépens du Kaniaga et de la partie orientale du Djolof et y installer une dynastie peule et païenne, dite des Dénianké, qui conserva le pouvoir de 1559à 1776. Les princes de cette dynastie portaient, comme leur ancêtre Tenguella, le titre de silatigui ou siratigui, devenu « siratique » dans les relations des voyageurs français et satigui dans la langue du pays. Le mansa qui régnait alors au Mali, Mamoudou II, avait imploré l’aide du roi Jean III de Portugal contre les empiétements de Koli-Tenguella sur ce qu’il considérait encore comme une partie de ses États; mais Jean III s’était contenté d’envoyer à Mamoudou II, en 1534, au lieu d’une armée, un simple ambassadeur nommé Peros Fernandez.

Au XVIIe siècle, se forme l’État peul du Toro, bientôt maître des deux rives du Sénégal; au XVIIIe siècle, la tribu métisse des Torobé impose aux autres la foi musulmane; vers le même moment, celle-ci prévalait au Fouta-Djalon et y instituait une véritable théocratie. Stimulés par le prosélytisme religieux, les Peuls subjugent jusqu’à l’Océan la plupart des tribus malinké du groupe mandé et les convertissent ; ils fondent les nouveaux États de Houbous, entre le Fouta-Djalon et le Komanko, et de Firdou, entre la Gambie et le rio Grande.

Sur le Moyen Niger, un marabout, Othman-dan-Fodié (Usman Dan Fodio), groupe les pasteurs peuls, conquiert le Kano, le Gouber, tout le pays haoussa, le Noupé, le Yoruba et pénètre jusqu’au golfe du Bénin; le Sokoto, le Bornou à l’Est, le Gando à l’Ouest, sont annexés à ce nouvel empire peul qui s’étend, à la mort d’Othman (1816), du lac Tchad aux monts Hombori et du Sahara au delta du Niger. Son fils Mohammed Bello garde le Haoussa, laissant à son cousin Mohammed ben-Abdallah les pays occidentaux; il agrandit Sokoto fondée par son père, organise une armée, une administration; cependant le Noupé, le Yauri se détachent; le roi du Bornou rejette sa suzeraineté. Après la mort de Mohammed Bello, les pays du Niger se sont aussi détachés, mais tout en reconnaissant la suzeraineté nominale, au moins religieuse, des sultans du Sokoto. Celle-ci a même été admise par les sultans de Gando, successeurs de Mohammed ben-Abdallah; le Borgou, leYoruba, le Kebbi ont recouvré leur autonomie, et vers l’Ouest les progrès des Peuls ont été arrêtés par les Mossi. Derrière ceux-ci était le royaume des Bambara de Ségou; à la mort de leur roi Ngolo, les Peuls du Nord se soulevèrent, appelant à eux tous les sujets musulmans et leurs frères de l’Est; un lieutenant d’Othman dan-Fodié fonda un royaume peul dans le Macina septentrional; ce chef, Abmadou-Ahmed-Lebbo (mort en 1846), réussit au bout d’une quinzaine d’années à soumettre tout le Macina (1822) et fut même un instant maître de Tombouctou; sa capitale était Hamdallahi.

La fondation du dernier empire peul est encore plus directement associée à la propagande islamique. La renaissance religieuse, due au développement des croyances mystiques et hagiologiques répandues à la fin du XVIIIe siècle de l’Orient dans l’Afrique occidentale, religieuses eut pour principaux organes deux grandes confréries : les Qadriya (Kadariyya), qui représentent le groupe arabo-berbère et la tendance pacifique; les Tidjaniya (Tidjaniyya), qui représentent le groupe peul et le prosélytisme à main armée. Plus que les autres, les Peuls réduisent à la condition de classe inférieure et sujette la masse des populations demeurée attachées aux religions traditionnelles; l’antagonisme est plus marqué dans la zone méridionale où ils opèrent que dans la zone plus septentrionale qui est le centre d’action des Maures et des Arabo-Berbères, lesquels se manifestent plus volontiers comme commerçants.

Le royaume toucouleur d’El-Hadj Omar

Les Qadriya sont divisés en trois groupes principaux : les Bekkaya, disciples de Sid-Ahmed-el-Bekkay, prépondérants à Tombouctou et chez les Aouelimmiden; les Fadeliya, disciples de Mohammed el-Fadel, qui ont rayonné de l’Adrar des Lemtouna (ou occidental); les Othmamya, répandus chez les Peuls du Sokoto et de là jusqu’au Lagos et à Kong. Les Tidjaniya ont eu pour chef le fameux El-Hadj Omar, un toucouleur né à Aloar, dans la province de Podor, vers 1797, mais dont l’histoire participe d’événements qui s’étaient déroulés un peu plus tôt. C’est en 1776, que s’était produit en effet dans le Fouta-Toro une révolution qui devait donner un regain puissant à l’islamisation des peuples sénégalais. Les Toucouleurs ( qui sont sans doute une composante peule anciennement sédentarisée et métissée), en majorité musulmans depuis six siècles, triomphèrent des Peuls proprement dit, païens et nomades; l’imam ou almâmi Abdoulkader remporta une victoire définitive sur Soulé-Boubou, le dernier prince de la dynastie dénianké fondée par Koli, et établit au Fouta-Toro un État théocratique, à monarchie élective, qui devait durer jusqu’en 1881, date de l’annexion de ce pays à la colonie française du Sénégal.

Omar Saïdou Tall, qui allait s’emparer en l’espace de huit ans de trois puissants États, et que l’on connaîtrait sous le nom d’El-Hadj Omar, était un Toucouleur de la caste des Torodo, laquelle avait dirigé le mouvement de révolte contre les Dénianké. il entreprit dans les années 1820 de se rendre à La Mecque, où il se fit recevoir dans la confrérie des Tidjania (1828-31) et investir du titre de « calife » de cette confrérie pour le Soudan; à son retour, il séjourna auprès du Kanémi, maître du Bornou, de Mohammed Bello (1833), empereur toucouleur de Sokoto, et de Sékou-Hamadou, roi peul du Macina (1838) au centre musulman de Kankan, et en 1840 au Fouta-Djalon et, en 1848, s’établit à Dinguiraye, où il s’occupa activement de se constituer, une armée avec laquelle il fonda, au profit d’un autre disciple, le royaume peul du Firdou, au Sud de la Gambie; puis souleva les musulmans du Ripp au Nord de ce fleuve, et de là vint, en prophète pacifique, à son pays natal près de Podor (1846); il sut gagner la faveur des fonctionnaires français, s’enrichit des dons des fidèles, recruta des adhérents et, après un nouveau séjour au Fouta-Djalon, reprit la guerre sainte. El-Hadj Omar se bâtit une citadelle à Dinguiray (1849) sur le Tinkisso, détruisit le royaume de Tamba, soumit le pays djallonké, le Ménien, la vallée du Bafing, écrasa les Bambara du Kaarta après des luttes acharnées (1854-55), puis ne tarda pas à soumettre le Manding à son autorité, s’empara du Bambouk, puis, sous prétexte de convertir les Bambara, qui étaient toujours demeurés païens, il marcha contre les Massassi et entra en vainqueur à Nioro (1854).

Après avoir fait à Hamadou-Hamadou, alors roi du Macina, et à Touroukoro-Mari, bambara de Ségou, des propositions d’alliance qui furent repoussées, il se tourna contre le Khasso et, de son nouveau camp de Nioro, vint, le 20 avril 1857, assiéger Médine, capitale de cet État, avec une vingtaine de mille hommes. Le siège fut soutenu pendant trois mois, avec une rare vaillance, par Diouka-Sambala, roi du Khasso, et le mulâtre français Paul Holle, commandant du fort que la France possédait en cette localité (La Conquête française du Soudan). Le gouverneur Faidherbe arriva le 18, juillet avec des renforts et mit en fuite El-Hadj Omar, qui demeura néanmoins maître du Fouta sénégalais (Toro), et conquit le Beledougou (1859). La même année, il passa dans le Boundou et attaqua vainement en 1859 le poste français de Matam où il retrouva en face de lui Paul Holle, retourna à Nioro, marcha contre le Bélédougou et, après toute une série de combats contre les Bambara et les Peuls, s’empara de Ségou le 10 mars 1861. Sans se reposer, il se tourna contre les Peuls du Macina, alliés aux Bambara, qui avaient été vaincus avec eux. El-Hadj Omar les poursuivit, emporta leur capitale Hamdallahi et fit couper la tête au roi du Macina (1862). Cette conquête du Macina, suivie de la soumission de Tombouctou, marque l’apogée de l’empire du chef tidiane; mais l’hostilité des Qadriva ne tarda pas à l’abattre; ils amenèrent à la rescousse les berbères du Nord, les Kountah, soulevèrent les Bambara; séparé de son fils Ahmadou qu’il avait laissé à Ségou, El-Hadj Omar fut battu, assiégé dans Hamdallahi; il s’échappa, mais fut enfumé dans un grotte par les Bekkaya, ses adversaires religieux (septembre 1864).

Un empire fondé dans de pareilles conditions, et n’ayant même pas comme base le pays d’origine de son fondateur, ne pouvait pas durer. El-Hadj Omar avait laissé, dans chacun des royaumes conquis par lui, un de ses fils ou de ses parents comme gouverneur; tous se jalousaient ou ne s’accordaient que pour jalouser l’un d’eux, Ahmadou, qui était installé à Ségou et prétendait au commandement suprême. La lutte continua entre les Bekkaya et Tidiani, neveu du prophète, qui se maintint dans le Macina, à Bandiagara, jusqu’à sa mort (1887); le principal héritier d’El-Hadj Omar fut son fils Ahmadou Cheikhou, lequel demeura maître de Ségou, de Nioro, de Koniakary et Dinguiray, les diverses places fortes de son père, mais vit bientôt son pouvoir effectif réduit au pays de Ségou et au Kaarta. De fait, les peuples opprimés par El-Hadj, ses fils et ses bandes saisissaient toutes les occasions de se révolter contre un joug détesté; païens et musulmans s’unissaient contre le despotisme cruel d’Ahmadou et de ses frères. Aussi les troupes françaises purent-elles profiter de ce chaos pour s’imposer. Le lieutenant-colonel Archinard entrait à Ségou le 6 avril 1890; devenu colonel, il occupait Nioro le ler janvier 1891 et, promu général, il enlevait, le 29 avril 1893, la ville de Bandiagara, dont les Toucouleurs avaient fait leur capitale au Macina. La domination française avait succédé à l’aventure toucouleure. (Delafosse / GE).

PODOR : Troisième édition du Festival des Blues du Fleuve

 

PODOR : Troisième édition du Festival des Blues du Fleuve dans article 8e64b2a903 

Podor ou Doueîré (le nom maure de la localité Sénégalaise riveraine du fleuve) était l’hôte en cet après midi du vendredi saint des musulman du coup d’envoi officiel de la 3èmè édition du Festival des Blues du Fleuve.

Un évènement culturel qui depuis sa première édition a pris les allures d’une manifestation internationale.

Le quai du fort colonial érigé dans la ville au siècle dernier et rebaptisé le quai El Hadj Boubou Sall était le point de convergence de milliers de personnes (artistes, personnalités politiques, hommes, femmes et jeunes…) venues de tous les continents marquer leur présence à l’évènement.

Outre le ministre Sénégalais de la culture et du patrimoine historique classé, M Mame Birame Diouf, cet évènement était rehaussé par la présence d’importantes personnalités comme M. Mohamed Vall O/ Cheîkh, le ministre mauritanien de la culture et de la communication, Cellou Dalane Diallo, l’ex premier ministre de Guinée-Konakry (président d’honneur du festival), le gouverneur de la région de Saint Louis, Me Aîssata Tall Sall (marraine de l’évènement) en plus de plusieurs artistes et cantatrices de renom (Binta Lally Sow, Omar Pène, Vieux Farka Touré, Ma Kouyaté, Dicko…) sans compter l’ensemble lyrique traditionnel de Daniel sorano et de nouveaux talents et musiciens du terroir .

Les Temps Forts

Une impressionnante sonorisation crachant une musique continue était sur le quai du fleuve. La cérémonie a débuté avec une procession des groupes folkloriques où l’on pouvait observer des femmes joliment parées (boucles d’oreilles et colliers en or, lèvres tatouées, bracelets en argent et or à la main, fresques sur les visages…) portant des boubous teints à l’indigo et des pagnes traditionnels et chaussées de babouches artisanales. Leurs coiffures étaient décorées de perles.

Certaines griottes étaient déguisées en tenue d’apparats chantant et dansant tout le long de la soirée devant les invités officiels et le public du festival. A chaque fois un tir d’artifice nourri ponctuait le déroulement de la cérémonie. Des parades de piroguiers magnifiquement habillés déclenchaient instantanément une bousculade dans les rangs des nombreux participants au festival des blues. Les sons et lumières projetant leurs rayons sur le fleuve offraient un spectacle « paradisiaque » sur le bord du fleuve mais que l’absence du Bou El Moghdad a rendu un peu triste.

Après cette procession riche en couleurs, le rituel des discours débute avec le mot de bienvenue du maire de la ville,M. Oumar M’bengue qui a salué les délégations étrangères présentes à Podor pour prendre par au festival. Il a remercié et rendu un vibrant hommage à l’initiateur du festival, en l’occurrence Baba Maal qu’il a qualifié de fils prodige .Il a dit que Baba Maal a brisé les frontières de la sous région ouest africaine et a mis tout son talent au service de la population de Podor dont la forte mobilisation est le fruit des relations excellentes tissées au pays et à travers le monde.

« On ne peut pas décréter cette mobilisation, il faudra l’avoir travaillé à l’avance ! » a déclaré le maire. Il a prié pour la longévité de l’artiste qui dira t-il a ressuscité les coutumes et le folklore des Halpular de toute l’Afrique. Il a délivré un cours plein d’enseignement historique et faisant référence aux illustres fils du département de podor que sont El Omar Tall, Souleymane Ball, Elimane Boubacar pour ne citer que ceux là .

Ramata Sall lira l’hommage pathétique des populations de la ville à l’endroit du lead vocal de Dandé Léniol. Après ce, Baba descendra de la tribune sous les applaudissements du public pour recevoir des mains de la dite dame, le cadeau offert par les femmes de Podor à l’artiste. Prenant la parole à cette occasion, Baba Maal a remercié l’assistance et les délégations officielles. Il a fait les éloges du ministre Sénégalais de la culture et de Tahra Mint Hembara, avant de gratifier le ministre mauritanien d’une courte chanson en hassaniya .

Il a clamé avec ardeur une fois de plus son appartenance à la communauté Peulh quand il rendait hommage à l’ex chef du gouvernement de Guinée Konakry. Dans la foulé, il a indiqué que Podor est un creuset de la culture de l’Afrique de l’ouest où toutes les composantes ethniques ont toujours vécu en harmonie. Il a demandé au premier magistrat de la ville d’élever M. Cellou Dalane Diallo au rang de citoyen d’honneur de la ville de Podor.

Le chanteur peulh a exprimé à cette occasion ses futurs projets pour la ville de Podor et annoncé qu’il a offert un matériel de sonorisation aux jeunes, une motopompe aux femmes de N’Gawlé. La star du yéla a annoncé son ambition d’accompagner l’Etat du Sénégal dans son objectif de résorber le déficit vivrier en investissant désormais dans l’agriculture. Tahra, la « princesse mauritanienne » a plaidé pour l’unité du continent en affirmant qu’on ne peut plus vivre dans l’autarcie.

Quant à notre ministre de la culture et de la communication, il a exprimé sa joie d’être présent à la cérémonie d’ouverture de la 3ème édition des Blues du Fleuve en affirmant que sa présence est un message de paix, de fraternité et d’amitié entre les peuples des deux pays et partant pour toute l’Afrique. Il a salué la mobilisation des populations mauritaniennes de Lexeîba pour assister sur l’autre rive aux festivités. A Baba Maal, il a adressé ses vifs remerciements pour le combat qu’il mène pour la promotion de la langue et de la culture pulaar.

Clôturant le rituel des discours, le ministre sénégalais de la culture et de la communication s’exprimant au nom du président Wade a félicité les organisateurs du festival la marraine, son homologue mauritanien, l’ex PM de la Guinée et Ramatoulaye Sall qui dira t-il a su traduire les talents difficilement égalés des pulsions du peuple du département de Podor et du Fouta. De l’artiste, il dira que c’est un monument culturel de toute l’Afrique, un des plus dignes fils du Sénégal. Le sérère ne s’empêcha pas de taquiner ses cousins de plaisanterie, les pulaar avant de boucler son oral.

Sur ces notes, se termine la cérémonie inaugurale des festivités de la 3ème édition du Festival des Blues du Fleuve.

Thierno Souleymane
Envoyé spécial à Podor

L’organisation

Sur le plan de l’organisation, il faut noter que cette 3ème édition a été quelque peu chaotique. Plusieurs invités ont été laissés à eux même errant dans la ville sans trouver de site d’hébergement auprès des organisateurs. Chose inacceptable de la part des organisateurs qui ont déplacé des personnalités artistiques et politiques de renom. Beaucoup de choses sont à revoir à l’avenir sur l’organisation du festival car il en va de la crédibilité du maître d’œuvre de ce festival qui n’est autre que le Roi du yéla.

Invite du Site flamnet: Docteur Babah Ould Mohamed Ali Es Salah, Membre des FLAM

Invite du Site flamnet: Docteur Babah Ould Mohamed Ali Es Salah, Membre des FLAM  dans article salah_es_ali_mohamed_ould_babah » Les FLAM symbolisent aux yeux de tous les mauritaniens sincéres la résistance au racisme, à l’esclavage et à la dictature « 

A l´occasion du 25éme anniversaire des FLAM, Flamnet reçoit aujourd´hui un invité pas comme les autres, un jeune camarade, combattant de la liberté, chercheur et intellectuel qui a le courage de ses idées et de ses positions. Notre invité est docteur Babah Ould Mohamed Ali Es Saleh membre des Flam et chercheur-consultant résident en Algérie.

Rares sont des jeunes comme Mohamed qui résistent à toutes les pressions tribales et raciales pour se consacrer à leur idéal et à leurs convictions. Babah est cette perle rare dans la jeunesse mauritanienne. Il revient avec nous sur son adhésion aux Flam, sa vision et ses rêves pour la Mauritanie de demain, l´identité du pays, le passif humanitaire et la question des réfugiés.

Entretien…..

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FLAMNET : Cher camarade, voulez-vous vous présenter aux mauritaniens et aux lecteurs de Flamnet?

Babah : Oui , je me présente et avec plaisir ! Je m´appelle Babah Ould Mohamed Ali Es Saleh, je suis né à Atar, je suis de la région de Tiris Zemour et j´ai 27 ans. Je suis chercheur en sciences politiques et anthropologie. Je continue toujours mes études et mes recherches malgré mes occupations de consultant dans une société de la place.

FLAMNET : Vous avez décidé de rejoindre les FLAM, qu´est-ce qui a justifié cette adhésion et pourquoi vous avez choisi les FLAM pamis les centaines d´organisations mauritaniennes qui existent ?

Babah : Je pense que j´ai déjà répondu à cette question dans un article intitulé « Pourquoi j´adhère aux Flam » publié sur le forum flamnet, le site cridem, traduit et publié dans d´autres sites arabophones. Mais pour revenir à cette question,je veux d´abord commencer par rendre hommage à nos frères martyrs de Oualata, de l´enfer d´Inal et de Jreida, ils sont morts mais ils ne disparaitront jamais dans nos coeurs et dans notre mémoire. Je trouve que ce n´est pas étrange ou étonnant quand je milite au sein des FLAM.

Je suis par nature contre toute forme d´injustice et je suis un révolutionnaire et mes amis me surnomment d´ailleurs Che Guevarra parce que je milite pour toutes les bonnes causes sans distinction de frontiéres . Nos compatriotes négro-mauritaniens ont souffert très longtemps sous le régne du dictateur ould Taya et c´est par miracle qu´ils ont survécu à l! a purge ethnique et au génocide. Les FLAM symbolisent aux yeux de tous les mauritaniens sincéres la résistance au racisme, à l esclavage et à la dictature, qu´on les aime ou qu´on les déteste on doit leurs reconnaitre ce courage.

Mon adhésion aux FLAM n´était pas un simple hasard, c´était très bien programmé mais il fallait bien connaitre l´organisation et m´imprégner de son idéologie. Après un long échange et des débats intéressants qui ont duré plus d´une année avec le camarade Kaaw Touré j´ai découvert l´humanisme et le vrai visage des FLAM en dehors des clichés et des préjugés. Je pense que pour connaitre un mouvement il faut aller à la source et non se contenter des accusations gratuites de ses détracteurs et adversaires.

Parallélement j´ai mené des recherches sur le passif humanitaire, j´étais abasourdi par cette réalité injuste et j´ai commencé à bien comprendre ce que nos frères négro-mauritaniens ont subi dans notre pays. Tués, pillés , tortures et déportés, dans le silence coupable de l´immense majorité des intellectue! ls maures, c´est plus qu`une honte pour moi. Le despote Taya a executé sa politique au nom de l´arabité alors que personne ne l´a mandaté pour cette sale besogne.

Cette situation dramatique me pousse en tant que mauritanien honnête et combattant de la liberté à assumer mes responsabilités devant l´histoire et rejoindre mes frères des Flam main dans la main pour lutter ensemble contre l esclavage, le racisme, la corruption, la mal gouvernance pour une Mauritanie réconciliée avec elle-même. Notre combat est celui des hommes justes pour que tous les mauritaniens vivent en paix dans l´égalité et la justice et dans le respect de nos différences. Nous voulons une vraie unité et non de l´unitarisme.

Nous ne voulons pas de l´unité entre le cheval et le chevalier comme le disait tout récemment dans le forum flamnet notre camarade monsieur Ibrahima Sow de Baltimore. C´est pour toutes ces raisons que ! j´ai décidé d´adhérer aux Forces de libération afr icaines de Mauritanie (les Flam). Car je crois fortement et profondement que cette lutte doit être mènee et soutenue par tous les patriotes mauritaniens qu’ ils soient maures, peulhs, wolofs, soninkés ou autres .

Nous devons tous condamner ce qui s´est passé dans ce pays, Nous devrons tous demander le pardon aux victimes, travailler pour leur rendre justice et faire de sorte que cela ne se reproduise plus. Je soutiens aussi tous les autres mouvements qui oeuvrent dans ce sens tels que le mouvement El Hor, Sos esclaves, Avomm, le CR et j´en passe, je les soutiens fortement dans leur lutte noble contre l´oubli et l´impunité.

FLAMNET : N´avez-vous pas reçu des pressions de vos proches ou connaissances pour avoir pris cette décision parce que les FLAM ont été diabolisées auprès de nos frères Maures par l´ancien régime et ses partis satellites.

Babah : Aujourd´hui tout le monde crie et chante la démocratie en Mauritanie et que le pays est devenu démocratique mais la vraie démocratie commence par le respect des libertés de choix et d´opinion. Je pense que tout le monde doit respecter mon choix d´adhérer au parti qui me convient, c´est un choix personnel et individuel, mais malheureusement en déclarant ma décision, j´ai eu des petits problèmes avec quelques amis que je considérais chers à moi. Certains m´ont même traité d´être malade mental, d´autres de corrompu et certains au delà m´ont qualifié de traitre.

Un ami m´a envoyé un email prive’ dans lequel il écrit: { tu était marxiste, laïc, et aujourd’hui tu es flamiste, je peux jurer que tu va devenir athée dans les jours à venir ..je te conseille cher ami d´aller consulter un médecin}. Par ailleurs d´autres amis et proches m´ont bien encouragé, de! toute façon c´est un choix personnel qui n´a rien à voir avec les autres. Je suis un homme libre et majeur et je me moque de toutes les pressions. Justement je veux leur dire que je ne suis pas corrompu encore moins déraciné’, je suis un maure berbère , je le revendique et je suis fier de ma culture maure qui me fait honneur même si l´ appartenance ethnique reste toujours secondaire pour moi.

Je crois à la diversité culturelle, à la nation mauritanienne dans son ensemble avant toute autre considération.

FLAMNET : On parle beaucoup maintenant du retour des réfugiés et du passif humanitaire en tant que mauritanien comment avez vous vécu et appris ces évenements douloureux et pensez-vous qu´après tout ce qui s´est passé la réconciliation est encore toujours possible en Mauritanie?

Babah : On l´espère, on espère que ce rêve se réalise un jour, vous savez bien que j´ai soutenu et apprécié le pas courageux de notre président monsieur Sidi ould Cheikh Abdallah même si ca reste toujours précaire et insuffisant, il doit aller plus loin. Nous refusons la division du pays sur des bases ethniques ou autres. C´est dans ce cadre que je suis là avec vous pour une Mauritanie réconciliée avec elle-même et égalitaire.

Je pense que demander un retour digne des réfugiés, la reconnaissance des purges ethniques, l´indemnisations des ayant droit, la demande du pardon, le débat national sur la question nationale ne sont que des exigences réalistes et justes et on ne peut construire l´avenir en commun en refusant de crever l´abcès.

FLAMNET : Que pensez-vous de la question de l´esclavage en Mauritanie, l’esclavage existe-il selon vous et croyez-vous qu´avec la nouvelle loi on va finir avec l´esclavage en Mauritanie?

Babah : J’ espère et je souhaite de tout coeur qu’ on finisse avec toute sorte d´ esclavage en Mauritanie . Je trouve que cette loi est un bon début pour éradiquer ce phénomène catastrophique mais je pense que la seule solution est la bonne éducation et le métissage. Un homme éduqué ne peut pas être esclavagiste et un homme éduqué ne va jamais accepter d´être esclave même si on le force. L´esclavage est le résultat de l´ignorance et la mauvaise interprétation religieuse du Coran.

L´esclavage est un acte sauvage et mauvais. Rien n´est mauvais ou pire dans le monde que l´esclavage comme disait Abraham Lincoln. C´est toujours dans cet esprit que je suis entrain de créer une initiative pour l´encouragement du métissage culturel en Mauritanie, on a déjà regroupé pas mal de sympathisants, nombreux sont les jeunes qui sont prêts a se marier avec leurs compatriotes noi! rs, maures, blancs, jaunes ou rouges, l´amour n´a pas de frontiére et la société doit évoluer. Je pense que c´est une bonne voie pour éradiquer le racisme et l´esclavage, il nous suffit de voir le cas du Brésil où le métissage a réussi à unir cette grande nation malgré leur diversité ethnique.

Pour être honnête il faut aussi souligner que les victimes de cette barbarie doivent être indemnisés et intégrés dans la société. Je souhaite vivement que l´État mauritanien débloque un budget considérable pour financer des projets d´insertion de ces anciens esclaves.

FLAMNET : Que pensez-vous de la question de l´identité de la Mauritanie?

Babah
: Je pense qu’ il est méchant, injuste et offensant d´imposer son identité aux autres. Je suis contre la marginalisation d´une race ou ethnie ou le favoritisme d´une ethnie au détriment des autres ! Celui qui veut être berbère , africain est libre de l´être ; celui qui veut être arabe ou touareg est libre d´être mais son droit s´arrête là et il ne doit imposer sa culture, sa langue aux autres. Moi je trouve que l´arabisation de l´ enseignement est injustifiée et catastrophique pour le pays. Ils ont divisé les enfants mauritaniens, qui ne se fréquentent plus et ne se connaissent plus à cause de ces barriéres linguistiques.

Je trouve que le français qui est une langue neutre peut bien être un dénominateur commun entre tous les mauritaniens et c´est juste mon point de vue même si je suis arabisant de formation. Je ne me sens pas arabe ,mais plus tôt un maure Berbè! ;re qui est amoureux de sa culture et fier de ses origines. Je me considère moi aussi victime de l´impérialisme arabe et de l´arabisation à outrance qu’on veut imposer chez nous je suis personnellement contre l´arabisation tout court.

FLAMNET : Pensez-vous que le changement est possible avec l´avènement de SIDIOCA ou qu´il est toujours prisonnier des forces rétrogrades qui l´entourent?

Babah : Le président sidi est un homme démocrate et de foi mais malheureusement il est entouré par des virus qui se nourrissent de la chair de ce peuple qui vit la pauvreté et la misère .

C est un homme qui ½uvre à unir et réconcilier son pays mais les forces obscurantistes ne cessent de l´empêcher à aller sur la bonne voie et cela s´est concretisé par le sabotage du retour du premier groupe des réfugiés mauritaniens au Sénégal. Je pense qu´il ne doit pas rester prisonnier des chauvins et des racistes qui sont les véritables ennemis de la nation, il doit s´émanciper de ces forces rétrogrades et anciens valets de Taya s´il veut vraiment réconcilier les mauritaniens avec l´Etat.

FLAMNET : Que pensez-vous du site Flamnet?

Babah : Flamnet est un excellent et super site c´est lui qui m´a permis de connaitre les FLAM. Je vois en ce site un berceau de la libre expression, l´appel à la réconciliation et à l´unité nationale. Je remercie et félicite Flamnet et ses animateurs pour ce grand travail qu’ ils font pour notre pays. Mais j´ai tout simplement une petite suggestion ; Je souhaiterai qu´on puisse traduire certains de nos textes fondamentaux en arabe pour que nos compatriotes arabophones puissent connaitre l´organisation et son discours.

FLAMNET : Avez-vous un dernier mot à lancer à nos camarades et aux mauritaniens d´une manière générale et surtout à la jeunesse mauritanienne?

Babah : Je m´adresse d abord à la jeunesse de mon pays, je leurs dis, que la Mauritanie compte beaucoup sur vous. L´avenir de ce pays c´est sa jeunesse et nous ne devons jamais déséperer et nous devons ½uvrer à l´ unité nationale , lutter contre le tribalisme, le racisme et le népotisme. Les mauritaniens doivent s’entendre pour construire un avenir commun qui ne soit pas seulement celui que le destin et les événements choisiront de nous imposer.

Ensuite je m´adresse à mes camarades et frères et soeurs des Flam , je les encourage à poursuivre leur ouverture d’esprit, à continuer la lutte , à travailler dur et à aller plus loin dans le renforcement de l’unité des mauritaniens , à l’intérieur et à l’extérieur du pays . Enfin j´ invite tous les mauritaniens à plus de patriotisme et de responsabilité pour construire ce pays sur des bases justes et saines.

C´est la meilleure solution avec laquelle on peut contribuer à construire un pont d’amitié et une fenêtre de compréhension entre le peuple mauritaniens lui même et les peuples du reste du monde. Pour terminer je vous encourage chers camarades une fois de plus et j´espère de tout coeur qu’ Allah guide nos pas et inchaallah nous vaincrons il suffit d´y croire!

Bonne chance à tous et la lutte continue.

FLAMNET : Merci camarade et nous disons comme toujours la lutte continue!

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Propos recueillis à Paris par Kaaw Touré et Abdoulaye Thiongane.

Le vendredi 14 mars 2008

www.flamnet.net

Note: Info source : Flamnet via AVOMM

Ballet incessant autour des rapatriés

Ballet incessant autour des rapatriés dans article rosso_00518_ACCUEILLe mardi 18 février une importante délégation dirigée par le wali du Trarza s’est rendue dans les sites de rapatriés du Pk 6, de Démal Deuk, Toulel Dièri et Médina Salam. Outre le wali la délégation comprenait le hakem Sidi Sow, le directeur régional de la sûreté, le subdivisionnaire des TP, le chef d’agence de la SNDE, un responsable du HCR, le délégué régional de la jeunesse Ciré Sow, le chef de brigade de la gendarmerie, le commissaire de police.

Dans chaque site le wali a expliqué les motifs de sa visite et a tenu à demander aux rapatriés quels étaient les problèmes auxquels ils faisaient face. Toutes les questions ont été abordées, de la vaccination des enfants, à leur scolarisation en passant par l’approvisionnement en eau. Il a demandé que les permis d’occuper soient remis aux ayants droits et que des conduites d’eau soient posées et que les enfants soient scolarisés.
A Toulel Dièri, le wali a notamment donné des instructions pour l’extension de la coopérative afin d’accueillir les familles qui viennent d’arriver. Dans la même localité, les populations par la voix de Mme Fatimata Diallo ont demandé une borne fontaine en lieu et place du système qu’elles ont actuellement et qui leur revient très cher.

Quelques jours après, vendredi dernier c’est le ministre de l’intérieur, Yall Zakariya, accompagné d’une forte délégation qui a visité les sites des rapatriés du Sénégal. Quelques jours avant le mardi 18 février, les autorités administratives ( wali et hakem) ainsi que plusieurs chefs de service( snde, santé , éducation, travaux publics etc.), le directeur régional de la sûreté, le commandant de brigade étaient venus rencontrer les rapatriés. Le wali avait alors donné des instructions pour régler plusieurs problèmes soulevés.

Dans son allocution le maire a réaffirmé l’engagement de sa commune pour la réinsertion des rapatriés avec la signature de contrats avec des rapatriés. Il a proposé un comité de suivi piloté par la commune pour évaluer toutes les actions et apporter les correctifs nécessaires.
Moussa Fall directeur de l’ANAIR (agence nationale d’appui et d’insertion des réfugiés) a décliné son programme : une première phase d’urgence avec des dotations en fonction des besoins exprimés par les rapatriés ; c’est ainsi que les rapatriés du PK6 et ceux de Toulel ont reçu des vaches laitières (deux par famille), un magasin communautaire avec un stock de départ de deux tonnes de riz et deux tonnes de blé, des médicaments de base, etc
A Madina Salam, c’est dix moutons par famille, un groupe électrogène pour l’alimentation en eau potable, un hectare pour la coopérative, un poulailler et un magasin communautaire. Notons que l’ANAIR a reçu un coup de main pour le règlement des questions foncières avec les 421 hectares remis à l’état par le député de Nouadhibou Ghassem Ould Bellal.
La deuxième phase du programme consiste en une stratégie de développement des régions d’accueil qui sera engagée par le Secours International pour le Développement associé à l’université de l’Arizona au bénéfice de l’ensemble des populations du bassin du fleuve Sénégal. Il s’agit d’identifier les moyens de valoriser le potentiel de ces régions.
M. Yall Zakariya, ministre de l’intérieur insistera sur l’importance que le président accorde au règlement définitif des problèmes nés des événements 89 et sur la nécessité de concrétiser les orientations du président.
Le 24 février c’était au tour du sénateur Mohsen de rendre visite aux rapatriés et leur apporter en signe de solidarité son soutien. C’est ainsi que les sept familles installées au Pk 6 ont reçu chacune un sac de riz, un sac de sucre, 5 litres d’huile et 1 kg de thé. A Toulel Diéri vers l’ancien lycée de Rosso, quatre familles de rapatriés ont reçu la même quantité.

Après Toulel Diéri, Mohsen s’est rendu à Demal Deuk pour répéter la même opération. Partout les rapatriés ont remercié le sénateur en soulignant que le simple fait de venir leur rendre visite était une action qui leur allait droit au cœur. A Toulel Diéri les populations ont remercié Slama le directeur de la SNDE qui a été très compréhensif avec le village.
Djigo Aboubakry



01 mars 2008 : Les rapatriés au cœur des préoccupations

du citoyen lambda :

Deux semaines après leur retour au pays les rapatriés de Toulel, Demal Deuk et Pk 6 ont reçu le 11 février la visite d’un (com)patriote exemplaire. M. Mohamed Ould Mohamed El Hacen est venu de très loin accompagné de quelques amis pour leur souhaiter la bienvenue et leur apporter son soutien. Les cinq familles réparties entre Demal Deuk et Toulel ont reçu un bovin tandis que les habitants du site du Pk 6 en recevaient un autre.

Cérémonie émouvante qui montrait le visage d’une Mauritanie plurielle mais unie. Il fallait voir ces peuls fiers remercier leur compatriote maure.
 
M. Mohamed Ould Mohamed El Hacen, a expliqué à ses hôtes que par ce geste, il ne faisait que perpétuer une tradition séculaire de solidarité entre les composantes de notre peuple. ‘mon père avait l’habitude chaque année en revenant d’une visite à un guide religieux au Sénégal, de passer par Boghé où ilavait un disciple. Ce dernier ne manquait jamais de le combler de cadeaux. Qu’il rapportait chez nous ; le premier boubou que j’ai porté m’a été offert par feu Abdourahmane Sakho de Boghé’. Une façon de souligner l’excellence des rapports entre les composantes de notre peuple.

M.Mohamed Ould Mohamed El Hacen a rappelé que par cette visite il tenait une promesse qu’il avait faite sur les antennes de la TVM lors d’une émission sur le retour de nos compatriotes en ajoutant que d’autres visites suivront pour venir en aide aux rapatriés.

des politiciens

Trois jours après cette visite c’est une délégation de l’AJD-MR qui s’est rendue le 14 février dans les sites du Pk6, Demal Deuk et Toulel Diéri. Ibrahima Moctar Sarr, Lemrabott Ould Menda premier vice présideent, Cissé Mody secrétaire général, Tabara Ba chargée des droits humains , Hawa Dia trésorière, Bouly Traoré chargé de la culture et Ciré Kane chargé de la communication, se sont entretenus avec les rapatriés pour les écouter et s’enquérir des difficultés qu’ils rencontrent. Ibrahima Moctar Sarr a rappelé le combat qu’il a mené depuis sa sortie de prison pour le retour des déportés.

Il a également précisé que l’Etat n’avait pas pris toutes les dispositions pour leur retour, ce qui explique les difficultés rencontrées. Il a promis de faire au président de la République un compte rendu fidèle de ce qu’il aura vu et entendu. L’après midi Ibrahima Sarr a tenu un point de presse à la maison des jeunes devant une assistance littéralement en délire.

Le président de l’AJD-MR a tenu à expliquer qu’il n’était pas venu faire de la propagande mais qu’il se devait de prendre contact avec les anciens déportés afin de constater par lui même la situation qui est la leur. Il a insisté sur l’impréparation de l’état par rapport au retour des déportés et promis que son mouvement ne ménagera aucun effort pour que les choses changent. Il a assuré les rapatriés du soutien moral de son parti. Il a recommandé la vigilance car au sein même de l’appareil d’état, il y a des personnes qui font tout pour faire échouer le processus du retour.

Les rapatriés quant à eux commencent à se réadapter avec l’aide du HCR et de son partenaire l’ALPD (Association pour la Lutte contre la pauvreté et pour le développement). L’ONG est entrain de construire des latrines et de creuser un bassin pour l’approvisionnement du site en eau. Les matériaux de construction sont sur place pour la construction d’une chambre de 4 m sur 5 m pour chaque famille.

Djigo Aboubakry
La Tribune

Bilan: 50 ans de marginalisation et d’exclusion systématiques des Haratines

I- Aperçu historique

1- Les Haratines ou les autochtones à travers les âges:

Ce territoire a toujours été peuplé depuis la nuit des temps. Certes, plusieurs populations s’y sont succédées. Mais on retiendra qu’au delà des multiples relectures contemporaines de l’histoire tenant à la diversion, à la manipulation et la falsification du passé et ses nombreuses péripéties, au delà des nombreuses vérités inhumées de gré, l’archéologie et les anciens objets ramassés sont en train d’exhumer du fin fond des entrailles millénaires du désert des pages entières, naguère tues, lesquelles pages sont des preuves incontestables que les premiers occupants de cette terre furent bien les noirs et que l’arrivée des blancs (beïdanes) est très récente.

D’ailleurs, tel est l’avis de tous les historiographes arabes qui se sont rendus en Mauritanie et dont les plus célèbres restent, évidemment, El Messaoudi et El Bekri. Ces derniers affirment qu’à leurs passages respectifs les habitants de cette contrée étaient des noirs. Ainsi la dénommèrent-ils Bled es soudan (pays des Noirs). C’est un terme qui va même intégrer la langue française pour y désigner aujourd’hui tout type de climat identique à celui qui régnait dans cette partie du monde.

Or, ces témoignages de taille qui ne font l’ombre d’aucun doute sont sciemment occultés par les intellectuels organiques du système Beïdane qui leur préfèrent des récits oraux fruits de l’imagination. Le plus ancien peuple et le plus illustre fut celui des baffours décrits comme étant une population de forte corpulence et de traits négroïdes. Chasseurs, éleveurs et cultivateurs leurs dessins rupestres, encore, gravés sur les parois des montagnes escarpées de Tayarett, dans la région d’Adrar, demeureront d’éternels témoins vivants d’une ère et d’un peuple à jamais présent dans l’imaginaire de l’altérité.
Mais, au fil des temps, les baffours allaient se sédentariser. Ils se reconvertirent en agriculteurs donnant ainsi naissance à une population baptisée Haratines étymologiquement Harathines, c’est-à-dire, cultivateurs selon les termes du marocain Allal El Fassi dans, son livre, « Menhej El Istiqlaliya » traduit par « Méthode de l’Indépendance ». Il rappelle, par ailleurs, que le « t »de Haratines et le « th »de Harathines sont, des variantes de même phonème, comme c’est la tradition de l’arabe dialectal au Maghreb. Les Haratines sont donc un peuplement noir descendant des aborigènes, autrement dit, la première population de la sous région et que trouvèrent sur place respectivement les berbères et les arabes. Ils se définissent comme une communauté nègre d’origine et arabo- berbère de langue (Hassa nia), mais qui n’est, par-dessus tout ni nègre ni Beïdane; car ils ont leur spécificité socioculturelle propre et partant une identité qui a su résister à toutes les adversités sociales et temporelles: les tentatives de phagocytose, de dissolution et d’aliénation.
Il y a lieu de citer parmi les particularités Haratines:
- Le maintien des noms Haratines au coté des noms de familles négro-africaines et arabo- berbères;
- particularité culturelle des instruments et musique Haratines: guembra (mouz gheyga), r’bab, zega’ari (boubou), chenna, t’bel, baïlel, Neyfara, Zewzaya, abalangue etc.
- Les danses et les jeux: er retha, bondia, t’bal lekbir, tegra, knou, laab debbous, Heïba, (Hemba), Chaate, etc.
- Les chants: El medh (Gosels Haratine), ej jar, keynouni matt, Danse des cultivateurs, zakh (chant de virilité), etc.
- La littérature orale: légendes, contes, devinettes, charades, les proverbes, etc.
- Le pouvoir occulte: litanies, sorcellerie, secrets de l’eau, soins incantatoires, etc.
- La médecine traditionnelle: la pharmacopée (soins grâce aux plantes).
- L’apport au dialecte Hassania de plusieurs lexèmes incontestables, substrat linguistiques des langues locales.
- Les us et coutumes: rites de circoncision, Dermise (c’est lors que la personne atteint la maturité; cela se célèbre par une cérémonie au cours de la quelle le concerné est rasé), l’importance des classes d’âge dans l’éducation (Laassar), le rôle de la sagesse et l’oralité dans cette communauté sempiternellement analphabète.
- Les localités Haratines sont appelées Debay qui vient des langues mandingues. Et cela confirme que les Haratines sont sédentaires contrairement aux Beïdanes, nomades.

2- La Mauritanie à l’arrivée des arabes:
Chassés de l’Arabie parce qu’ils se livraient au pillage, les arabes ne changèrent pas de comportement, à leur arrivée, vers 1400, en Afrique. Ce sont d’abord les berbères et plus précisément les Zanagas, très présents au nord, qui vont en subir les pratiques de brigands et l’hégémonie. Conquis et soumis, ils seront transformés en éleveurs. Ceci donna lieu à la genèse d’une nouvelle société hybride au XVII siècle, selon le professeur Seydou Kane: » la communauté maure beïdanes (blanche) est née de la rencontre des Berbères d’Afrique du Nord et des Arabes Beni Hassan en mal de territoire et à la recherche d’un pays d’accueil. Après que leurs ancêtres Beni Hilal furent chassés d’Arabie par les khalifes abbassides au XIe siècle, et après une longue odyssée au Maghreb, les Beni Hassan sont eux-mêmes chassés du Maroc au XIVe siècle. Berbères et Arabes fusionnent à l’issue de longs conflits et d’alliances qui tournèrent en faveur des seconds dans le contrôle de la société maure. »

La plupart des berbères vont s’investir dans la théologie et s’adjuger le pouvoir moral et spirituel. Ils changèrent de statut et de nom pour prendre celui des Zouayas, d’où l’occupation de la deuxième place dans la hiérarchie sociale d’une société qui, en ce temps-là était en reconstruction sur le modèle négro-africain, à l’image du reste des populations de l’Afrique de l’ouest. L’autre partie restante des berbères ne connaîtra pas, quant à elle, l’émancipation. Elle vit, toujours les stigmates du passé et parle, en cachette, dans quelques zones se situant sur tout le long du fleuve Sénégal. Une autre frange, les Touaregs, quant à eux, parlent toujours le Tamashek au sud-est du pays, sur la frontière malienne.

Ensuite, les arabes vont se lancer dans les razzias contre leurs voisins négro-africains, après avoir établis des relations mitigées avec les Haratines ou « Harathines » qu’ils ont trouvés sur place et qui constituent la majorité de ceux qui, par extension, seront connus sous cette appellation. Mais contrairement à ce que l’on pense, ils n’ont jamais vécu l’esclavage, même si comme tous les tributaires, ils versèrent des dîmes ou des tributs (Leghrama), contre une hypothétique protection par les guerriers. Les preuves concrètes existent en grand nombre. On peut en citer, l’existence aujourd’hui de plusieurs tribus exclusivement Haratines comme Ou lad Begnoug et autres; la présence aussi de très larges composantes nobles et jamais asservies. Selon les régions, celles-ci sont appelées soit EL Khathara soit Nanma.
Tous les villages Peulhs, Soninkés, Ouolofs et Bambaras furent attaqués. Leurs enfants victimes de rapts ont été asservis et vendus qui sur les marchés du Maghreb qui sur les comptoirs Hollandais et Portugais du XV siècle, vérité que mettent en exergue les écrits occidentaux encore présents à l’Université Cheïkh Anta Diop de Dakar. Plusieurs marchés d’esclaves dont le plus célèbre était celui de la ville d’Atar avaient participé à encourager le vol des êtres humains. Les rebelles étaient châtiés à mort, une manière de dissuader tout soulèvement d’asservis. Néanmoins l’histoire retiendra plusieurs révoltes d’esclaves. La plus connue c’est celle de DIABDIOULA qui eut lieu, à la fin du XIX siècle, aux environs d’Aleg où en réaction contre l’oppression, les esclaves exterminèrent leurs maîtres, décimèrent leur bétail et se libérèrent du joug de l’asservissement.
L’intérêt accordé à l’esclavage exercé par les guerriers et justifié par les Zouayas (les législateurs et les théologiens de la féodalité) ne détourna pas les tribus Beïdanes des guerres intestines auxquelles elles avaient pris l’habitude de se livrer. En effet, les batailles se multiplièrent prenant plus d’intensité. Certes des tentatives furent entreprises par beaucoup de notables, des chefs de tribus de surcroît. Mais toutes avaient, au bout du compte, fini par échouer, laissant place à des siècles d’instabilité, d’horreur et de sang, des siècles de banditisme, de rapt et de désordre qui conduiront Cheïkh Mohamed El Mamy à dénommer la partie peuplée par les Beïdanes « Trabe Esseïba »: Terre d’anarchie.
Cependant, très vite, les conflits tribaux prirent une autre forme marquée par une grave opposition entre les guerriers et les marabouts qui entraînent la bataille de trente ans: Charr Boubba (1644 – 1674) dont les impacts politiques et socio-économiques étaient déterminants.
3- La Mauritanie pendant la colonisation:

Avec la poursuite de l’anarchie, installant le chaos, Cheïkh Sidiya El Kabîr décréta une fatwa qui plaide en faveur de l’affiliation à la colonisation laquelle, pense-t-il, pourrait assurer la sécurité et la stabilité. Si cette décision fut bien appréciée dans les milieux maraboutiques qui payèrent de lourds tributs pendant la guerre de Char Bebba, elle fut, en revanche dénoncée par les guerriers lesquels voyaient dans cette décision un alibi visant à renverser les rapports de force entre les pôles Beïdanes.
Certes, les rapports entre les guerriers et les marabouts avaient été relativement pacifiés par l’administration coloniale. Mais les Haratines (libres de naissance, affranchis ou esclaves) étaient victimes de mépris d’une société raciste. Avec la colonisation, ils vont connaître une nouvelle forme d’exploitation. En effet, toutes les corvées leur seront affectées. Et leur labeur ne sera point rétribué. Ainsi construisent-ils à leurs risque et péril des routes entières, cassant et concassant les pierres qu’ils transportèrent à l’instar du sable, de l’eau.
Mauritaniens et colons ont encore en mémoire ces longues routes dites « Menkoussa » et pour lesquelles nuls moyens technologiques ni financiers n’avaient été mobilisés. Les Haratines s’en rappellent toujours, comme ils se rappellent encore de « El Mouzabya » (mise à pied) pour laquelle les révoltés contre l’esclavage avaient été mobilisés par milliers et moururent soit d’inanition et de soif, soit de maladies comme la tuberculose et le paludisme. Cette page, inhumaine et barbare, qui mérite autant d’indignations et d’excuses solennels, ses auteurs lui voulaient l’oubli, ce qui est inadmissible; car les Haratines en réclament le droit de mémoire.
L’autre injustice sociale subie par les Haratines se rapportait aux paiements des impôts (Elbatana) et des taxes (Lighrama) très discriminatoires, du reste. Prévus pour être donnés par tout le monde, ces derniers sont versés seulement par la communauté Haratine et ce au nom de toute la tribu. Ceci n’est pas du tout surprenant lorsqu’on sait que les registres (kennache) et la tâche de recouvrement sont le privilège des chefs traditionnels qui sont soit nouveaux et imposés par l’Administration coloniale, soit anciens mais confirmés. Et ceux-ci n’hésitèrent pas d’abuser de ces atouts pour exercer leur domination et bâillonner les cris de colère et réprimer les révoltes

Il s’en ressort que la période coloniale a contribué à la cristallisation des stigmates de la discrimination vis-à-vis des Haratines, en renforçant leurs souffrances à travers la détérioration de leurs conditions de vie déjà précaires et l’instrumentalisation de leur assujettissement au profit du système Beïdane tribaliste et féodal.
Par ailleurs, même les écoles n’échappèrent pas à la discrimination. En effet, celle qui fut ouverte par la colonisation était aussi exclusive que les écoles coraniques. Evoquant dans son rapport qui porte sur l’enseignement du français en Mauritanie, l’administration coloniale dit dans Archives de la République Islamique de Mauritanie: « l’existence de castes nettement différenciées ne permettent pas d’envisager l’instruction à la fois aux descendants des familles des chefs, guerriers ou religieux, et aux enfants des gents du commun ». Elle ajoute: qu’ »Il suffirait d’admettre à la médersa de Boutilimit un fils de serviteur ou d’artisan pour qu’elle soit immédiatement désertée par les enfants des familles libres qui la fréquentent actuellement. »

Il est donc indéniable que pour plaire à la féodalité déterminée à s’approprier le pouvoir, la colonisation avait décidé de créer l’Ecole des fils des chefs et d’en exclure les Haratines. Voilà qui justifie l’absence des Haratines dans toute la hiérarchie de l’administration de la première république taillée sur mesure.

II- La Mauritanie Post-coloniale:

Après 50 ans d’indépendance nationale au cours desquels se sont succédés des régimes civils et militaires atypiques que caractérisent l’archaïsme, le monolithisme, l’injustice sociale, l’ostracisme, la discrimination et les contrevérités, l’heure est venu de faire un bilan exhaustif sur fond d’examen minutieux de la nature d’exercice du pouvoir dans un Etat dont tous les régimes se sont absurdement acharnés sur les Haratines craints à cause de leur impressionnant poids démographique lequel en fait la composante nationale la plus importante,une force redoutable pouvant, dans le moyen ou le long terme, ébranler un système, déjà, aux prises avec la désuétude et l’usure.
 
Evoquant le poids démographique des Haratines, le professeur, feu Seydou Kane dit dans l’un de ses écrits consacré à la question de l’esclavage: « Haratines et Abîd, forment la composante sociale démographiquement la plus importante du pays, selon tous les recensements de ces dernières années. » Ce pendant, tout est déployé par les régimes du système Beïdane afin de continuer à divertir et cacher la vérité pour pouvoir se servir du nombre Haratines dans un rapport de force à leur détriment.

La politique d’exclusivisme menée de façon systématique et sans ménagement constitue le sacre de plusieurs décennies de recherche effectuée par les intellectuels organiques du système féodal pour la conception d’un plan d’action devant exécuter les desseins d’une idéologie Beïdane égocentrique qui prit corps dans les enceintes de l’Ecole des fils des chefs laquelle, comme son nom l’indique, était le réceptacles des théoriciens du chauvinisme à qui revenait la tache de perpétuer la tradition incarnée par un pouvoir bicéphale: marabouts et guerriers, de protéger la pérennisation de la hiérarchisation de la société en castes et de monopoliser les privilèges socioculturels, économiques et politiques.
Ainsi, forts du soutien incontestable et inconditionnel de l’administration coloniale française, aux lendemains de l’indépendance, les stratèges du system.

République Islamique de Mauritanie
Front Unit Pour l’Action des Haratines

Le bout du tunnel

Mouhamadou Moustapha Ndaw gouverneur de Saint Louis, Mamadou Diom préfet de Dagana, Colonel Camara commandant de la zone militaire nord, colonel Diédhiou commandant de la légion de gendarmerie, lieutenant Ibrahima Faye chef de la subdivision régionale des douanes, SE Mohamed Ould Belal, ambassadeur de la Mauritanie au Sénégal, le consul de Mauritanie à Dakar, Roselyne Idowu représentante du HCR à Dakar, Ibrahima Diallo chef du secteur frontalier de Rosso Sénégal, les chefs des services techniques du département de Dagana, le maire de la commune de Rosso, le sénateur maire de Richard Toll, Anta Diop, représentante du maire de Dagana, le directeur de l’OFADEC , les chefs religieux et coutumiers, tout ce beau monde était mardi 29 à l’embarcadère de Rosso Sénégal pour une cérémonie émouvante organisée à l’occasion du rapatriement du premier contingent des déportés mauritaniens après un exil forcé de 19 ans au Sénégal voisin.
 102 personnes dont 56 âgées de moins de 18 ans composaient ce premier contingent. Si la moitié de cette première vague est née en terre africaine du Sénégal, la fibre patriotique était aussi forte que pour ceux qui connaissaient le pays qu’ils allaient retrouver ce jour là. Ce premier contingent est composé essentiellement de peulhs originaires du Pk 6, de Tulel Jeeri ou de Médina Salam. Toutes ces personnes étaient basées dans les camps de Dagana et Thiabakh 4 (périphérie de Richard Toll). Elles auront vécu 19 ans tout près d’un pays qu’ils aimaient bien mais qui les avait ‘rejetés’ durant les malheureux événements d’avril 89.
 Ce 29 janvier 2008 (21 Muharram 1429), plusieurs autorités sénégalaises, les responsables du HCR et leur partenaire au Sénégal, l’ OFADEC ainsi que l’ambassadeur de la Mauritanie au Sénégal et le consul de Mauritanie à Dakar ont pris part à la cérémonie organisée sur la rive gauche en présence de nombreux journalistes (presse écrite mauritanienne, TVM, Jazira, RFI, France 24, DW, l’hebdomadaire Politis, etc).
Le maire de Rosso Sénégal, le représentant des rapatriés, le directeur de l’OFADEC, la représentante du HCR à Dakar et le gouverneur de Saint Louis ont successivement pris la parole pour situer l’événement dans son contexte et saluer les efforts et le courage politique des présidents sénégalais et mauritanien pour le retour organisé des déportés.
Par la suite, les rapatriés se sont dirigés vers le bac où il a été procédé à l’identification de tous les membres du contingent.
C’est vers 11 heures 30 que le bac est arrivé sur la rive droite où une foule importante était mobilisée dès les premières heures de la matinée pour accueillir nos compatriotes.
La délégation officielle comprenait notamment Ould Waqhef, le ministre secrétaire général de la Présidence, le ministre de l’intérieur, Yall Zakaria, le directeur de la toute nouvelle agence chargée d’insérer les réfugiés, Moussa Fall, le wali du Trarza, Abdallahi Ould Mohamed Mahmoud, la wali mouçaid, le hakem Sidi Sow, l’adjoint au maire de Rosso et d’autres personnalités parmi lesquelles MM. Ndiaye Kane, Diallo Mamadou Bathia, Wane Birane.
Outre la délégation officielle, il y avait des représentants de partis de l’opposition et des délégués de la société civile. Aucun membre des partis de la majorité na fait le déplacement. Seule l’APP avait déployé des banderoles tardivement avec ses militants du Trarza. Les autres partis d’opposition sont venus en fortes délégations. Délégation commune de trois membres pour chaque parti et délégations distinctes pour chaque parti (RFD, UFP, RNDR, HATEM, AJD/MR).
Sidi Ould Messoud, adjoint au maire de Rosso, Ba Amadou, représentant des rapatriés, Didier Laye, représentant du HCR à Nouakchott, Ould Waqhef, ministre secrétaire général de la Présidence, Yall Zakaria, ministre de l’intérieur prendront la parole pour s’adresser aux rapatriés et souligner le courage de leur décision ; ils remercieront tous ceux qui ont contribué à la réussite de l’opération.
Les rapatriés seront ensuite conduits au site de transit installé devant la Maison du livre en face du domicile du wali. C’est dans les locaux de la Maison du livre que les services de l’Etat civil et de la carte d’identité les attendaient. Tous les rapatriés ont été recensés et ceux parmi eux qui étaient majeurs ont accompli les formalités pour l’obtention de la carte nationale d’identité.
Le repas a été servi sur place et tard dans l’après midi, les rapatriés de Médina Salam ont été acheminés à leur site d’accueil par l’ALPD, partenaire du HCR en Mauritanie. Ceux du PK 6, de Demal Deuk et de Tulel Jeeri rejoindront leurs sites vers 23 heures après l’accomplissement de toutes leurs formalités d’enregistrement.

                                               Encadré : Conditions précaires

Quatre jours après leur arrivée sur les sites d’accueil, nous avons rendu visite aux rapatriés pour nous assurer de leurs conditions de vie. Au Pk 6 ceux que nous avons rencontrés (Aliou Sow, sa sœur et quelques autres rapatriés) nous ont fait part de leur satisfaction par rapport à l’accueil chaleureux qui leur a été réservé et de leur profonde gratitude à l’égard du président de la République, de son gouvernement, du président Abdoulaye Wade, du HCR, de toutes les ONG et de tous ceux qui ont contribué à la réussite de l’opération.

Pourtant, il y a des problèmes. Au Pk 6 les rapatriés se plaignent : ils sont confrontés à un problème d’eau. L’unique borne fontaine du village a un débit très faible ce qui provoque des queues interminables ; un deuxième problème vient du fait que les femmes sont contraintes de faire la cuisine en plein air car il est impossible de le faire dans les tentes en toile. Un troisième problème est celui de latrines. Il n’y en a pas dans le site et il faut s’éloigner du site pour faire ses besoins en plein ai ; pour se baigner, il faut attendre la nuit pour chauffer de l’eau et s’abriter tant bien que mal derrière quelque bâtiment en ruine.

Les rapatriés du PK6 qui s’étaient retrouvés à l’étroit dans les tentes du HCR ont obtenu pour chaque famille une tente supplémentaire. A Demal Deuk où il y a trois familles, ce sont les mêmes problèmes. Ils sont à l’étroit et comptent demander au HCR de nouvelles tentes.

A Tulel Jeeri vers l’ancien lycée de Rosso, deux familles ont été installées. Elles ont reçu comme les autres la ration alimentaire distribuée par le PAM (du riz, de l’huile, des lentilles) et la somme forfaitaire de 3500 UM par personne et par semaine. Les rapatriés de Tulel Jeeri déplorent le fait que depuis leur arrivée aucune autorité administrative n’est venue les voir pour s’enquérir de leurs problèmes. Ils ont reçu la visite du HCR, du PAM et d’un imam de Ndiourbel, Ka Amadou accompagné de son fils Abass. Ces chefs religieux sont venus les rassurer et les encourager.

Encadré : Ils ont dit :

Didier Laye, Représentant du HCR en Mauritanie

‘Je souhaite m’adresser aux mauritaniens qui aujourd’hui sont rentrés dans leur pays. En tant que HCR, nous sommes avant tout très heureux d’être ici pour cet heureux événement et surtout très honoré d’avoir pu y participer. Ce rapatriement que vous avez souhaité est également le fruit d’un travail en commun entre le gouvernement mauritanien, le gouvernement sénégalais et le HCR que nous avons mené à bien aujourd’hui après plusieurs mois de travail assidu. Ce premier mouvement je l’espère, montrera à d’autres le chemin, conduira d’autres à prendre la même direction. Nous savons qu’ils sont désireux de le faire et nous espérons voir se réaliser ce souhait.

En tant que HCR, nous nous tenons prêts pour les autres mouvements qui nous n’en doutons pas se succèderont au cours des prochains mois. Nous continuerons à prodiguer l’assistance nécessaire dès le retour de ces populations et surtout, le plus important, faciliter leur réinsertion dans la communauté nationale dans la dignité et d’une manière durable c’est-à-dire en s’assurant qu’ils aient des conditions de vie qui soient dignes d’un citoyen mauritanien’.

Ould Waqhef, Ministre secrétaire général de la présidence
 
‘Je voudrais au nom du président de la République exprimer la bienvenue à nos compatriotes qui sont rentrés du Sénégal ;leur dire bienvenue chez vous et exprimer également mes remerciements au peuple sénégalais à travers lui,le gouverneur de la région de Saint-Louis ici présent et au président de la République du Sénégal pour les efforts qui ont été fournis par le peuple sénégalais afin de recevoir nos compatriotes pendant toute cette période ;mais également pour les efforts qu’ils ont fourni pour assurer le succès de cette opération.

Je voudrais également remercier le HCR pour les efforts qu’il a fournis non seulement dans le cadre de cette opération mais dans le cadre des opérations antérieures pour le retour de nos compatriotes en Mauritanie. Je voudrais également rassurer nos compatriotes que le gouvernement avec la collaboration du HCR a pris toutes les dispositions pour que leur retour se passe dans de bonnes conditions pour que les lieux d’accueil soient préparés et pour que les projets assurant leur insertion soient mis en œuvre dans les conditions les meilleures.
Je vous remercie’.

Yall Zakaria, ministre de l’intérieur

‘Le président de la République nous a délégué de venir vous accueillir pour vous souhaiter la bienvenue au nom du gouvernement et au nom du peuple mauritanien. Vous vous rappelez lors de son discours adressé au peuple le 29 juin pour confirmer votre retour dans la dignité avec tous les honneurs. Nous devons prendre acte de ces engagements. Pour un retour organisé, des accords ont été signés entre notre pays, le Sénégal et le HCR et cela faisait partie des conditions de votre retour. Nos remercions Dieu et par la suite le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui a eu le courage de s’attaquer à ce dossier pour consolider l’unité nationale tout en assurant une justice.

Au nom du gouvernement et du peuple mauritanien, nous remercions le peuple et le gouvernement sénégalais qui ont assisté depuis plus de 19 ans nos compatriotes et d’avoir participé au processus de leur retour dans la dignité et en toute sécurité. Nous remercions également le HCR quia été présent pour son assistance et les efforts pour votre retour. Nous disons à toutes les autorités du Sénégal, le HCR et les ONG que le gouvernement Mauritanien vous remercie. Nous disons à nos compatriotes qu’ils soient les bienvenus. Et soyez rassurés, le Président tiendra toutes ses promesses.

Tous vos droits vous seront restitués. Lorsque le Président avait fait son discours, beaucoup doutaient de sa franchise, mais cela s’est concrétisé et toutes les promesses seront tenues par le président puisqu’il est honnête, patriote et respecte les droits humains. Nous devons nous rassembler pour consolider l’unité nationale pour le bonheur de notre peuple. Pour finir je vous dis encore bienvenue parmi nous ; vous êtes chez vous’.

Sidi Ould Messoud, premier adjoint au maire de Rosso

‘Aujourd’hui par la volonté d’Allah, une douloureuse parenthèse ouverte depuis 19 ans, se referme avec le retour parmi nous, de nos compatriotes, nos frères longtemps chassés de leur pays et privés de leurs droits. En cette circonstance, notre pensée pieuse va particulièrement à ceux parmi nos frères qui ne sont pas là aujourd’hui parce que Dieu dans sa Miséricorde les a rappelés à Lui. Que la terre leur soit légère. Amine !

Nous avons également une pensée particulière à l’égard de nos jeunes compatriotes, nés durant l’exil de leurs parents et qui foulent pour la première fois, le sol de leur patrie.
En juin dernier, le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi s’était engagé à régler définitivement ce problème. Ce qui se concrétise aujourd’hui sous la direction du premier ministre Zeïne Ould Zeïdane, dont le gouvernement s’est attelé à mettre cette volonté en pratique. C’est le lieu de lui exprimer toute notre reconnaissance.

S’il n’est pas nécessaire de faire la genèse des évènements malheureux et regrettables qui se sont produits en 1989, 1990 et 1991 et qui ont conduit à cette si longue séparation, il y a lieu de rappeler que depuis 19 ans, des patriotes sincères et engagés n’ont jamais cessé de se battre pour que les victimes de ces événements, injustement déportées de leur patrie, soient de retour et remis dans leurs droits. Ce combat pour la justice a été mené du temps du régime d’exception par des femmes et des hommes convaincus du bien fondé de leur action et déterminés à aller jusqu’au bout de leur conviction.

Parmi eux, l’actuel président de l’assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheïr, le chef de file de l’opposition, Ahmed Ould Daddah et bien d’autres grands leaders politiques nationaux. Nos vifs remerciements leurs sont adressés. Ce 29 janvier 2008 correspondant au 21 Mouharam 1429 restera une date mémorable dans notre histoire car une page douloureuse se tourne.

La Mauritanie en engageant le processus du retour des déportés, fait preuve de sa capacité de résoudre les problèmes auxquels elle est confrontée. Ce retour de nos frères dans leur pays est un pas important dans la consolidation de notre unité nationale. Car il faut bien reconnaître que la Mauritanie est un pays multiculturel dont tous les fils doivent être égaux en droit et en devoir.

Sans aucun doute, nos frères qui nous reviennent ont souffert durant toutes ces années d’exil mais nous avons souffert aussi de cette séparation injuste car au-delà de l’Islam que nous avons en commun, des liens de sang nous unissent et nous espérons que pareille chose ne se répètera plus.

Bien entendu, dans ces moments douloureux la Mauritanie a su compter sur des partenaires comme le HCR, l’Etat sénégalais et d’autres pays amis qui n’ont ménagé aucun effort pour contribuer au règlement de cet épineux problème. Nos sincères remerciements vont également à ces partenaires.

Du plus profond de nous-mêmes, nous souhaitons la bienvenue chez eux, à nos frères qui reviennent parmi nous après toutes ces années en les assurant de notre entière disponibilité à œuvrer pour leur réinsertion.

Le retour du premier contingent de déportés est la première étape d’un processus qui permettra à notre pays de tourner définitivement cette page sombre de son histoire.
Vive la Mauritanie réconciliée avec elle-même !
Vive La Mauritanie unie et prospère !
Je vous remercie’.

Amadou Samba Ba :

Aujourd’hui est une journée historique pour les réfugiés mauritaniens au Sénégal ;nous voilà au terme de deux décennies d’errance pour essayer de retrouver la mère patrie ; grâce à Dieu et grâce à la bonne volonté de nos dirigeants, SE Sidi Ould Cheikh Abdallahi et Me Abdoulaye Wade protecteur des réfugiés installés au Sénégal, ; nous voulons remercier l’ensembles des opérateurs qui ont aidé à réclamer ce vieux rêve de 18 ans ;

M. Cissé, de l’OFADEC

Cette cérémonie de lancement officiel de rapatriement des réfugiés mauritaniens ; cette présence marque tout l’intérêt que les autorités du pays attachent à cet événement. Ce mardi 29 janvier est une date historique pour les populations locales ; le rêve est devenu une réalité ; l’OFADEC, a toujours été présente depuis 89 en tant que partenaire du HCR ; je remercie vivement sa de sa confiance sans cesse renouvelée ; également à tous les refugiés à travers leurs associations sans oublier les autorités administratives et les forces armées ; c’est le premier départ du premier convoi et espérons que d’autres convois suivront le même chemin

Roselyne Idowu représentante du HCR Dakar

Bonjour à tout le monde ; d’abord mes respect monsieur le gouverneur d’avoir voulu rehausser cette manifestation par votre présence ; monsieur l’ambassadeur de la Mauritanie, monsieur le consul de la Mauritanie à Dakar, M. Le préfet de Dagana, le maire, de Richard Toll, le maire de Rosso , Mme le maire de Dagana ; le conseil municipal de Rosso ; le directeur de l’OFADEC, et le comité de refugié ici présent ; et les organisations non gouvernementales, les journalistes et tout ce monde qui a bien voulu venir aujourd’hui particoper à ce jour historique ;

Tout d’abord je voudrais rendre grâce à Allah pour avoir fait en sorte que ce jour soit possible ; je voudrais aussi remercier le président du Sénégal Me Abdoulaye Wade, le président de la Mauritanie Sidi Ould Cheikh Abdallahi, pour la détermination et pour les grands pas que tous les deux ont accepté de faire ; maintenant je félicite les réfugiés qui ont pris la décision de rentrer dans leur pays d’origine ; parce qu’on ne peut pas être mieux que chez soi ; aux autre qui n’ont pas encore pris la décision, je les encouragent vivement pour qu’ils prennent leur décision parce que le rapatriement est librement consenti et nous serons là pour les assister ; je voudrais par ailleurs les assurer que le Haut commissaire des réfugiés M …….

Est très intéressé à voir la réussite de ce rapatriement et actuellement tout le monde à notre siège à Genève suit ce qui se passe aujourd’hui avec beaucoup d’intérêt ; mes collègues de l’autre coté en Mauritanie vont recevoir les réfugiés ; je vous remercie .

Gouverneur de Saint Louis

‘Vous me permettrez pour commencer de vous dire la satisfaction des plus hautes autorités de la République qui suivent avec la plus grande attention la mise en œuvre effective de l’accord tripartite signé depuis le mois de novembre dernier entre le gouvernement du Sénégal, le gouvernement de la Mauritanie et le HCR ; ce jour est un grand événement pour les autorités du Sénégal, de la Mauritanie mais aussi un grand jour pour les organisations humanitaires qui sont à pied d’œuvre depuis plusieurs années ; ceux qui volontairement ont choisi le retour dans leur pays démontrent la grandeur de leur esprit d’ouverture de tolérance et de responsabilité ; je salue leur courage et leur dignité ;

cette journée c’est également le résultats des efforts consentis par les ONG et la communauté internationale ; je voudrais en cette occasion remercier particulièrement le travail de protection et d’assistance fourni pendant près de 20 ans par le HCR ; connu dans la vallée depuis 1989 et son partenaire opérationnel l’OFADEC ; je vous fait l’économie de présenter un bilan de tout ce qui a été réalisé depuis le début des opérations humanitaires en faveur du retour des réfugiés mauritaniens ;

le moment est venu de rendre hommage aux populations riveraines qui pendant les tristes événements ont apporté à leurs voisins, frères et sœurs de la Mauritanie toute l’hospitalité digne de la téranga sénégalaise ; les pouvoirs publics ne sont pas en reste si nous tenons compte des actions des communautés rurales, des sous préfectures, des préfectures, des régions du pouvoir central dans le domaine de la fourniture d’eau, des soins de santé primaires, de l’éducation, l’état civil et la sécurité des biens et des personnes ;

MM les représentants des ONG et de la communauté internationale, la cérémonie de ce jour qui nous réunit dans cette ville frontalière de Rosso Sénégal est aussi le fruit d’un travail inlassable de coordination et de concertation réalisé par les organisations et associations des réfugiés se trouvant dans la vallée du fleuve ; ce projet de rapatriement, dont la première pierre a été posée le 12 novembre à Nouakchott, a permis de renforcer les liens d’amitié et de solidarité séculaires entre les peuples et les états du Sénégal et de la Mauritanie ; c’est avec cette note d’optimisme et d’espoir que nous assistons en ce jour mémorable du 29 janvier 2008 au départ du premier convoi de rapatriés qui ont décidé de retourner librement dans leurs villages d’origine.
Mesdames, messieurs, je vous remercie’.

Francis Kpatindé, porte parole HCR
 
‘En principe les gens sont libres de retourner ou non : le rapatriement est volontaire ; ceux qui ont choisi de rentrer sont au nombre de 103 ; au départ ils étaient 118 puis 114 ; après on a parlé de 94 mais hier nuit une famille s’est enregistrée.

Ce premier contingent vient de deux sites : Dagana et Thiabakh dans la périphérie de Richard Toll ; ils retournent essentiellement à Rosso, au Pk 6 et à Médina Salam.
L’ambiance était émouvante : la joie de rentrer, la tristesse de quitter un lieu où on a longtemps vécu…Ils ont égorgé des moutons ; il y avait SE l’ambassadeur de la Mauritanie au Sénégal qui était venu les voir ; les femmes étaient parées de leurs plus beaux boubous et maquillées pour la circonstance…’

Barry Ousmane, coordinateur des associations de réfugiés

‘Il s’agit là d’un retour test ; notre délégation les accompagne jusqu’à la berge puis on retourne. Après 18 ans d’attente nous voyons aujourd’hui l’aboutissement de notre combat. Nous sommes satisfaits ; il est très tôt pour dire que les engagements ont été respectés ; des structures qui devraient être mises en place pour l’évaluation ne le sont pas mais la volonté y est ; nous sommes contents de retourner ; nous remercions les sénégalais qui ont été très solidaires avec nous depuis plus de 18 ans ; nous avons toujours souhaité rentrer dans la dignité et retrouver tous nos biens ; c’est cet espoir qui nous rassure de rentrer ; Jusqu’à présent le gouvernement a tenu ses promesses et nous y croyons.’

Encadré : Coulisses

Visites

Les rapatriés du Pk 6 ont reçu mercredi 30 janvier dans l’après midi la visite du fils du président de la République. Il est entré dans les tentes et s’est rendu compte lui-même que la chaleur était insupportable à l’intérieur dès que le soleil était haut. Il a promis que des solutions seront trouvées pour améliorer la situation des rapatriés. Le fils du président a offert un téléphone à Aliou Moussa Sow (un Nokia 1110 avec l’effigie de Sidi Ould Cheikh Abdallahi sur le couvercle).

Selon une source digne de foi le fils du président était accompagné de membres d’une Ong américaine, il est venu constater lui-même les conditions dans lesquelles vivent les rapatriés. Le matin du 30 janvier, les rapatriés du Pk 6 avaient également reçu la visite du préfet Sidi Sow accompagné du commandant de brigade de la gendarmerie.

Déception

Contrairement aux rapatriés du Pk 6, ceux de Demal Deuk et de Tulel Jeeri n’ont pas reçu la visite des autorités administratives. Ils sont plutôt frustrés par cette situation. Ils s’attendaient au moins à voir un représentant de l’administration pour poser leurs problèmes. Peut-être que les autorités sont un peu prises et qu’elles voudront bien se rendre très prochainement sur les différents sites.

Gazra

Une des familles installées à Demal Deuk a eu la surprise de voir son terrain squatté. Le squatteur a prétendu avoir acheté le terrain avec un autre. Finalement le hakem a fait installé la tente donnée par le HCR dans la cour. Selon le rapatrié que nous avons interrogé, le squatteur constatant le fait est parti à la recherche de celui qui lui avait vendu le terrain. Il n’est pas encore revenu sur les lieux.

Absence remarquée
 
Lorsque le maire de Rosso a été annoncé, un rapatrié a dit ‘C’est Fassa qui va parler’. Il savait qui était le maire de sa commune. Quand on lui a dit que c’était le maire adjoint Sidi Ould Messoud qui prenait la parole, il a demandé comment le maire avait-il pu s’absenter en pareilles circonstances. Il ne savait pas que le maire était quelque part en Europe et que l’adjoint n’a même pas pu avoir l’écharpe. C’est lorsque Sidi Ould Messoud avait demandé au secrétaire général d’appeler le maire pour lui demander où était l’écharpe qu’il a appris que la ligne de la commune était suspendue.

ALPD partenaire du HCR

L’ALPD est l’association pour la lutte contre pauvreté et le sous développement. C’est une ONG à vocation nationale qui travaille dans le cadre de la lutte contrée la pauvreté, pour un projet qui vise l’éradication de la pauvreté. D’autre part l’ALPD a un volet qui concerne la protection des droits de l’homme. Dans ce cadre, nous travaillons avec les agences des Nations Unies concernées ; par exemple nous sommes l’ONG qui prend en charge l’accueil et l’enregistrement des demandeurs d’asile en Mauritanie. Nous essayons d’assurer leur protection, de défendre leurs droits et de les assister.

Nous travaillons aussi avec la FAO avec un appui aux coopératives maraîchères, aux agriculteurs. Nous avons mené plusieurs campagnes de sensibilisation sur les dangers de fléaux comme le Sida, le paludisme, etc. Avec l’invasion acridienne de 2004 il y a eu 1 million de litres de pesticide pulvérisés en Mauritanie. En raison des dangers consécutifs à la réutilisation par les populations des emballages de pesticide vides, nous avons mené une vaste campagne surtout dans les zones où il y avait eu des pulvérisations. Cette campagne auprès des autorités, des élus et des populations a donné des résultats satisfaisants.

L’ALPD est le partenaire opérationnel du HCR. A ce titre nous sommes concernés par l’opération de rapatriement des mauritaniens qui a commencé aujourd’hui. Nous sommes chargés de gérer toute la logistique : accueillir les rapatriés, les assister, les transporter jusqu’aux sites C’est une première tache que nous assurons.

Ensuite quand les rapatriés sont dans les sites de retour c’est-à-dire dans leurs villages nous avons des actions étalées sur trois périodes : des actions immédiates ; cela consiste à distribuer des produits non alimentaires comme le matériel domestique (cuisinières, nattes en plastiques, des couvertures, des draps, des seaux, des bouilloires, des tentes, lampes, etc.) ; cette première étape se fait en une semaine au plus ; pour ce premier contingent c’est déjà fait ; la deuxième action est une action à court terme qui doit durer un mois ; elle consiste à distribuer le matériel de construction ( ciment, fer, portes et fenêtres, etc. ) ; la troisième action est à moyen terme et se déroule en trois mois ; elle se fait en collaboration avec les autorités elle consiste à mettre en place des infrastructures sociales des écoles, des postes de santé, des puits cimentés, etc.
 
Pour le contingent qui vient d’arriver nous avons donné des enveloppes (3500 UM par personne) et des moutons pour les différents sites afin de leur permettre de se prendre en charge pour leurs premiers jours en Mauritanie.

Encadré : La position de l’opposition

Dans un communiqué daté du 28 janvier, différents partis de l’opposition (AJD-MR, Hatem, Tawassoul, RFD, UFP) annoncent l’arrivée d’une délégation pour accueillir la première vague de rapatriés. Le communiqué précise que ‘cet événement majeur de l’histoire de notre pays était très attendu’ en soulignant que le ‘retour des déportés est une question essentielle pour la consolidation de l’unité nationale’.

Ces partis de l’opposition invitent la population à accueillir chaleureusement les braves compatriotes qui ont décidé de rentrer après ce long exil forcé.’ Le communiqué précise que ce retour est l’aboutissement d’une longue lutte pour un retour digne et organisé. L’opposition se félicite que cette position ‘naguère difficile à tenir’ sont aujourd’hui ‘communément admise’ et assurent les victimes de la continuité du combat pour appuyer leur revendication.

Le REVE 89/91 (Regroupement des Victimes des Evénements 89/91) a publié le 22 janvier une déclaration dans laquelle il précise qu’aucun ‘règlement juste, équitable, transparent et durable du problème ne peut se faire sans l’implication directe des victimes rentrées volontairement au pays …’

Le REVE 89/91rappelle les démarches infructueuses entreprises par l’ARMS au cours de missions en 92, 95 et 96 auprès des autorités de Nouakchott et la campagne d’explication dans tous les camps pour ‘l’auto rapatriement’ après le désengagement du HCR de l’assistance aux réfugiés en décembre 1995.

Le REVE 89-91 entend être impliqué dans le processus du règlement définitif du dossier des déportés réfugiés et exprime sa satisfaction sur la volonté politique du président de la République et fait part de sa volonté de mettre son expérience au service des autorités.

L’ORIGINE DES PEULHS



L’origine des Peuls 

L’origine du peuple Peul a soulevé  de nombreuse contre verses, bien des chercheurs de la période coloniale ont voulu faire croire à une origine non Africaine de ce peuple. Ainsi, pour eux, les Peuls ne pouvaient être à l’origine que des blancs, Sémites venus civiliser l’Afrique. Il existe des thèses aussi fantaisistes, que celles de : Lelièvre : pour qui les Peuls étaient des descendants des Gaulois ‘   Le capitaine Figeac : pour qui les Peuls étaient des Pélasges’. M. Delafosse : pour qui les Peuls étaient des judéo Syriens.( ne fut pas le premier à penser ainsi, on peut aussi cité : Winterbottom, Matthews, Grimal de Guiraudon..), thèse qui sera considérée comme un roman par Tauxier dans son livre « M’urs et histoire des Peuls »  Pour Cheikh Anta Diop l’origine égyptienne des Peuls ne fait aucun doute. De par leur nom totémique Ka et Bah et  leur Matriarcat, les Peuls montrent leurs rattachements à l’Égypte. De très nombreux Pharaons seraient issus de ce peuple né d’un métissage avec les étrangers du Delta et des contacts officiels des XVIII et XIX dynasties avec l’étranger (blancs, sémites). Ainsi selon lui :  « le grand père de Ramsès II, Ramsès Ier, n’était qu’un officier de char descendant d’affranchis étrangers du Delta (‘) coopté par Horemheb pour lui succéder sur le trône d’Égypte. Séthi Ier, son fils, dut épouser une princessehttp://mauritanie2007.unblog.fr/files/2011/03/rec0000006.wav de sang royal pour légitimer son pouvoir ; et pour se faire accepter du peuple, associa très tôt au pouvoir Ramsès II qui incarnait la légitimité par sa mère’ Sethi Ier et Ramsès II représentent officiellement ce type peul. » Le nomadisme sporadique des peuls ne constitue qu’un phénomène relativement récent, remontant au démembrement de l’Ancien Empire égyptien et la dislocation de son aristocratie par Cambyse. Pour en revenir au matriarcat Peul, il était avant l’islamisation de ce peuple à la base du système social, la femme étant au centre de toute filiation (don, maladie, etc). Comme pour les égyptiens anciens on hérite non de son père, mais de son oncle maternel. Si pendant longtemps beaucoup de chercheurs perçurent ce matriarcat comme une anomalie, nous trouvons auprès des travaux menés par Cheikh Anta Diop  et par l’ethnologue Marguerite Dupire, les raisons à travers des liens qu’ils tissent entre les Peuls et les égyptiens anciens.

« Dans la mesure où les peuls sont d’origine égyptienne, ils ont été des Africains sédentaires, agriculteurs et pratiquant le matriarcat. A la suite de la dislocation de la société égyptienne ancienne (disparition de la souveraineté) ils ont dû émigrer assez tardivement avec leurs troupeaux de boeufs. Par la force des circonstances, ils seraient ainsi passés de la vie sédentaire à la vie nomade. Mais on comprend alors que le matriarcat de la première époque continue à régler les rapports sociaux, d’autant plus qu’il est sans doute abusif de parler d’un nomadisme absolu du Peul. En réalité, il est semi-nomade. » (Cf: Cheikh Anta Diop : L’Unité Culturelle de L’Afrique Noire.)

De nos jours, malgré une forte présence de l’islam chez les Peuls, on retrouve encore cette affiliation utérine qui confirme l’appartenance negro-africaine de ce peuple.

Nous pouvons donc dire que les Peuls seraient des Nègres qui se sont métissés avec des éléments blancs venus de l’étranger, au sein d’une population Égyptienne noire, qu’il existe aussi un lien linguistique entre l’Égyptien ancien et le Pulaar : la revue Ankh N°12/ 13 nous dit : la terminologie du pouvoir de l’Égypte pharaonique se retrouve dans les titres et noms Peuls : Fari, Labba, Gata. La terminologie agraire de l’Égypte (datt=État, rmnyt=Exploitation agricole) conserve la même signification en Pulaar contemporain. Les deux signes hiéroglyphiques y et  X qui composent d3tt achèvent de prouver que l’état Égyptien était agraire et urbanisé’ Les instruments agricoles utilisés par les Peuls (houe, grande et petite, hache, fourche) ont également une origine égyptienne. On pourrait en dire autant des outils de pêche, de chasse, des bâtons pastoraux, etc. ; l’habillement n’est pas en reste : les pagnes et les coiffures dans leur diversité se retrouvent chez les Peuls d’avant islamisation. »

Quelques proverbes et maximes Peuls:

Ko bi yumma vi’atma hunukoma ïna lùbi  - C’est le fils de ta mère qui te dira que ta bouche pue (seul un véritable ami t’avertira de tes défauts)

yitere ïna yaha do yaha do yida, so koi gal yahata do yida, ‘abada.  - l’oeil va où il ne veut pas, mais le pied ne va pas où il ne veut pas, jamais. (si je ne t’aimais pas, je me contenterais de te voir quand je te rencontre, mais je ne viendrais pas chez toi)

Ber »de wanâ hôfûru saka hôfe – Le cœur n’est pas un genou, pour qu’on le plie

Fayi, fôdi, ko fâli heire?- Gras, maigre, qu’importe au cœur?

Dattu gido yida ko yidi, ngasabu sa vil dum yo dattu ko yidi, yida ko jidno, ‘ayma- Laisse celui qui aime aimer ce qu’il aime, parce que, si tu lui as dit qu’il laisse ce qu’il aime, il aimera ce qu’il aimait, et te haïra.

En conclusion l’origine des Peuls est liée à l’Égypte, ils n’étaient pas blancs, mais Noirs de par leur couleur, leur langue, et leur culture.

  

 

 

 

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